Adji Otèth Ayassor plus préoccupé par l’image de Faure Gnassingbé

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Adji Otèth Ayassor, ministre de l’Economie et des Finances


« Une offensive de charme en direction du grand public, au Togo comme à l’étranger », c’est ainsi que le site gouvernemental republicoftogo.com qualifie l’initiative du ministre de l’Economie et des Finances Adji Otèth Ayassor. Mais la question est de savoir si le ministre, dans sa tentative de ripoliner une image écornée à travers ses œuvres, a eu le courage d’« appeler un chat un chat » en référence aux malaises sociales qui minent bien des secteurs d’activités du pays.
 
« « Togo en marche, réformes, croissance et perspective », rappelle que l’Etat a investi 1000 milliards de FCFA dans le secteur des infrastructures au cours des 4 dernières années. Le gouvernement a décidé de consacrer annuellement 20% de ses revenus à l’investissement public », écrit le site du gouvernement republicoftogo.com. La question est de savoir en quoi une telle démarche est-elle urgente en cette fin d’année ?
 
Pendant qu’ailleurs dans d’autres pays on court pour que le budget de l’année prochaine soit étudié, amendé et voté avant la fin d’année de peur d’être puni, au Togo, le ministre en charge d’apprêter ce budget consacre son temps à « présenter de manière exhaustive les progrès réalisés par le pays depuis 10 ans. Une campagne qui s’articule autour d’un site internet, d’un film et d’un document d’information économique et financière », lit-on sur ce site. Sans vouloir encore entrer dans les détails, nous nous demandons si les investissements dont parle l’initiative du ministre de l’Economie et des Finances sont en conformité avec les directives contenues dans les DSRP devenues la SCAPE ont été suivies. Et lorsqu’on voit le timing choisi, il apparaît de plus en plus que le but recherché dans pareil projet n’est autre que d’endormir le monde et faire croire qu’avec Faure Gnassingbé au pouvoir, la relance économique est assurée. Mais heureusement que tout le monde n’est pas dupe.
 
Adji Otèth Ayassor parle de « Togo en marche, réformes, croissance et perspective », mais dans le même temps, les réformes constitutionnelles et institutionnelles viennent de se voir opposer une fin de non recevoir par celui dont le ministre tente de polir l’image. Une autre preuve, dans le domaine des libertés, des organisations de défense des droits de l’Homme s’apprêtent à battre le macadam dès demain et il apparaît de plus en plus que les jours et semaines à venir risquent de voir monter le mercure sur le plan social. Etant donné que les travailleurs du Togo regroupés au sein de la Synergie des travailleurs du Togo (STT) s’apprêtent dans quelques jours à entrer en grève pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail. Dans le domaine éducatif, une visite de certaines écoles de la capitale et à l’intérieur du pays dépeint avec effarement l’état d’abandon dans lequel se trouvent bien des « bâtiments scolaires », euphémisme oblige.
 
Le système sanitaire n’est pas en reste et dispute la palme d’or de la décrépitude à l’éducation. Tant et si bien qu’il y a moins de deux ans, plus précisément le 26 avril 2013, le chef de l’Etat lui-même a comparé les centres de santé à des mouroirs. Et par deux fois déjà, Faure Gnassingbé a eu à décréter les « Grandes assises de la santé au Togo », mais par deux fois, il les a reportées et à ce jour, plus aucun mot n’est soufflé sur ce sujet. Alors que c’aurait été une occasion pour dire les maux dont souffre le système de santé du pays.
 
Sur le plan agricole, tout le monde a été informé en amont que selon les dispositions du Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA), ce sont plus de 600 milliards qui devraient être mobilisés en faveur du secteur agricole pour un impact réel sur le PIB du pays. Mais à moins d’un an de la fin d’un des projets du programme, le Projet d’Appui au Secteur Agricole (PASA) et à deux ans de la fin du reste des projets, quels comptes pour quel bilan ont-ils été faits aux citoyens pour leur permettre d’évaluer l’effectivité du programme? Les exemples dans d’autres domaines sont légion et prétendre les énumérer tous relèverait d’une gageure, tant ils sont multiples.
 
Alors, il revient au ministre Adji Otèth Ayassor et à l’équipe qui l’a aidé dans son aventure de savoir si oui ou non, il a eu l’honnêteté intellectuelle de soulever les lacunes ô combien multiples qui jonchent le chemin de la croissance au Togo. Et au lieu de s’échiner à ripoliner une politique dont les retombées se font difficilement constater dans le quotidien et l’assiette du citoyen lambda, il a mieux à faire en apprêtant le budget de l’année prochaine, car au final, c’est comment les autorités actuelles entendent encore gérer les fonds publics qui seront mis à leur disposition qui importe et non « la politique des grands travaux de Faure ». C’est à croire que cette politique entamée depuis la captation du pouvoir par son feu père est un fil d’Ariane dont on ne voit jamais le bout.
 
A ce jour, aucune mouture du budget 2015 n’est encore présentée en conseil des ministres pour ensuite atterrir sur la table des députés à l’Assemblée nationale. L’année dernière, ce projet de budget était parvenu aux députés le 10 décembre et c’était à pas chassés que les élus du peuple avaient été « pressés » de le voter. Il y a un an, on pouvait excuser le gouvernement du fait qu’il avait été constitué trois mois avant l’expiration de l’année. Cette fois-ci, bien malin qui pourra deviner l’argumentaire que le ministre de l’Economie et des Finances pourra développer pour justifier le retard pris sur le dépôt de la loi des finances 2015 sur la table des élus du peuple.
 
Abbé Faria
 
source : Liberté Togo
 

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