Alberto Olympio, candidat à la présidentielle 2015, va publier sa vision du Togo

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C’est une première dans l’histoire du processus démocratique au Togo qu’un candidat à la présidentielle écrive un livre dans lequel il expose son projet politique. C’est ce que fait Albert Olympio, le président du Parti des Togolais, dont le livre Je prends le parti des Togolais paraîtra le 16 octobre prochain aux Editions du Moment. Le livre est un entretien conduit par la journaliste Véronique Elbaz. Il est préfacé par Jacques Attali, l’ex sherpa de François Mitterand, convaincu du projet politique porté par le Togolais.

Petit-neveu de Sylvanus Olympio, le père de l’indépendance du Togo, sauvagement assassiné le 13 janvier 1963, Alberto est un brillant homme d’affaires tel que le Togo en produit très souvent. Cet informaticien sorti de l’Ecole supérieure d’informatique de Montreuil, est une success story. Passé par Microsoft, où il a travaillé pendant une quinzaine sur le système d’exploitation windows, il est aujourd’hui le fondateur d’Axxend, une société d’ingénierie informatique implantée dans une quinzaine de pays d’Afrique. Axxend est surtout l’informaticien d’Ecobank. L’année dernière, la société, qui a aussi pour client l’éditeur allemand SAP, fait un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros en Afrique.

Reste à savoir pourquoi un tel homme d’affaires entre en politique. C’est peut-être la honte qu’il ressente face à la « misère de [ses] concitoyens”, lui qui vit dans l’aisance. Cette misère, il l’a vécu en direct en 2005 avec la mort dans ses bras d’un enfant d’à peine 5 ans, fauché par les balles de la soldatesque lors des violences avant, pendant, après la présidentielle d’avril. Une misère dont il s’est senti responsable.

Alberto Olympio a pris la mesure des abîmes dans lesquels le pays se désintègre : économie déglinguée, paupérisation, le tout sur fond d’un peuple divisé par des passions politiques extrêmes et des haines recuites. Un pays dévoré par des ogres, une minorité a mis le grappin sur les ressources, aveu même du Président de la République.

Il constitue un think thank, une équipe jeune et dynamique pour réfléchir sur les données de la crise. C’est le résultat qui se trouve dans ce livre-programme. Son projet (Le Temps reviendra là-dessus à la sortie du livre) tranche avec les offres sur la scène politique.

Il n’est pas encore entré dans les arènes qu’il suscite la peur dans le camp du pouvoir. Même son cousin Gilchrist Olympio, qui file le parfait amour avec Faure Gnassingbé, en a pris ombrage. Son Grand concert de l’indépendance programmé le 27 avril, a été annulé in extremis par la Mairie de Lomé. Sans motif. Pourtant, parmi les artistes invités, il n’y en a pas un seul qui tienne un discours politique !

Pour la première fois, le régime au pouvoir à Lomé a rencontré un opposant qui pourrait lui créer des ennuis. Ecce homo :un homme jeune, à peu près du même âge que Faure Gnassingbé, un solide background, de l’entregent, des relations et des influences à l’internationale. Et cerise sur le gâteau, il tient non seulement un discours rassembleur mais programmatique et cohérent.
 
Le Temps
 

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