Candidature unique et agitations puériles à la Coalition Arc-en-ciel : Un complot téléguidé depuis le sérail contre Jean-Pierre Fabre ?

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Réformes et candidature unique, ce sont là deux problématiques qui mobilisent actuellement les deux regroupements majeurs de l’opposition. Les leaders du Collectif « Sauvons le Togo » et de la Coalition Arc-en-ciel planchent là-dessus en conclave depuis un moment. C’est un secret de Polichinelle, la Coalition connaît des dissensions internes au sujet du choix de Me Dodji Apévon dans la perspective de la candidature unique de l’opposition. On peut y voir juste une guerre d’ego. Mais à en croire des sources, cette agitation va au-delà et répond à des desseins secrets.
 
Le choix d’Apévon suscite des remous
 
Me Dodji Apévon, président du Comité d’action pour le renouveau (Car) dégagé par la Coalition Arc-en-ciel comme son choix pour la candidature unique de l’opposition. L’information a été officialisée par Mme Brigitte Adjamagbo-Johnson lors d’une sortie médiatique. Mais ce choix de raison va susciter un concert de désapprobations au sein de la Coalition.
 
C’est d’abord Gerry Taama du Nouvel engagement togolais (Net) qui lança les hostilités. Il sera suivi par Me Tchassona Traoré du Mouvement citoyen pour la démocratie (Mcd) qui, dans une lettre adressée début août aux autres composantes de la Coalition, parle de « simulacre de vote » et dit ne pas s’y reconnaître ; puis tout dernièrement Bassabi Kagbara, le président du Parti démocratique panafricain (Pdp) et de la Coalition. « Je n’étais pas au pays quand la réunion du 27 juillet s’est tenue. Et en tant que Président en exercice de la Coalition, je n’ai pas été informé de la tenue d’une telle réunion. C’est par les médias que j’ai appris que Me Apevon a été désigné comme candidat unique de la Coalition Arc-en-ciel pour la présidentielle de 2015. Par qui ? Je ne sais ! En ce qui nous concerne au Pdp, cette désignation ne nous engage aucunement ! C’est un non évènement… La désignation d’un candidat de la Coalition doit se faire dans les règles de l’art. Deux leaders étaient absents à la réunion du 27 juillet, moi je n’ai même pas été informé, bien que je sois encore le président en exercice de la Coalition. Vous voyez que la démarche est vraiment déplorable ! Ce genre d’attitude n’est pas de nature à renforcer la cohésion au sein de la Coalition. Et c’est bien dommage !», a-t-il relevé dans une interview en début de semaine passée.
 
Même au Car, une certaine frange coachée par Me Yawovi Agboyibo militerait contre le président officiel du parti. De toutes les composantes de la Coalition, seuls la Convention démocratique des peuples africains (Cdpa), l’Union des démocrates socialistes du Togo (Uds-Togo) et Santé du peuple semblent ne pas trouver à redire.
 
Un brin de malhonnêteté
 
On peut s’étonner que ce choix de Me Dodji Apévon fasse autant polémique et que certains partis viennent à le rejeter publiquement, alors même que tous ont été bien représentés à la séance du 27 juillet dernier qui y a procédé. Si certains frondeurs reconnaissent la participation de leur formation politique, ce n’est pas le cas du patron de la Coalition. A lire sa réaction, on ne croyait pas que Bassabi Kagbara avait été avisé de la réunion et que des délégués du Pdp y ont bien participé. Et pourtant ! Ce que ce dernier et Me Tchassona Traoré ne disent pas aux Togolais, c’est qu’ils ont une conception assez régionaliste de cette problématique, ne concevant pas que le pouvoir puisse aller de si tôt au Sud et ambitionnent aussi d’être ce candidat unique de la Coalition. Sans blague, devrait-on dire !
 
Sur la légitimité même du choix de Dodji Apévon, on peut s’étonner qu’il puisse être remis en cause. Car il est simplement logique. De toutes les composantes de la Coalition Arc-en-ciel, le Car est de loin le parti le plus représentatif. Cette formation politique peut se targuer d’avoir un électorat, même s’il se réduit aux préfectures de Yoto et de Vo. Contrairement aux autres partis qui ne sauraient nullement s’en prévaloir ou dont l’électorat est confidentiel. Tout rejet de ce choix ne serait que mauvaise foi de la part de ses auteurs et répondrait à des desseins obscurs. C’est justement ce que rapportent des indiscrétions.
 
Un complot contre Jean-Pierre Fabre ?
 
Le rapport est assez lointain et cette assertion difficile à accepter. Mais c’est ce qu’il nous revient des sources informées. L’agitation notée dans les rangs de la Coalition répondrait donc à des desseins secrets et à un complot ficelé depuis les officines du sérail. Et une analyse approfondie pousse à donner du crédit à cette thèse.
 
Au-delà de la personne de Dodji Apévon dont le choix ne contente pas tout le monde, même au sein de son propre parti – c’est un secret de Polichinelle que l’opposant has been manœuvre pour se porter candidat de la Coalition et de l’opposition -, c’est en fait le sort de Jean-Pierre Fabre, probable candidat unique de l’opposition à la présidentielle de 2015, qui se joue indirectement. Que cela plaise ou non, c’est une question de logique, il est issu du parti le plus populaire du Collectif « Sauvons le Togo » et de l’opposition, l’Alliance nationale pour le changement (Anc). C’est sur la popularité que doit se baser le choix du candidat unique de l’opposition, qui serait capable de concurrencer celui du pouvoir dans les urnes. Toute tentative visant à faire croire le contraire, à servir des morceaux du genre ce personnage doit être aimé des autres ou humble, ne relèverait que de la malhonnêteté. Comme le dit l’adage, entre le lézard et le crapaud, s’il y a une bestiole à aider à grimper àun arbre, c’est bien la première. Jean-Pierre Fabre apparaît comme le candidat unique naturel de l’opposition. Et sur la base de l’audience, il n’aurait pas de concurrent.
 
Aux yeux de certains, tout le conclave et ce processus de choix ne seraient qu’une préparation de son adoubement futur. Et si au niveau de la Coalition Arc-en-ciel on ne réussit pas à s’entendre, la candidature unique de l’opposition au scrutin de 2015 est donc vouée à l’échec. Il faut craindre que l’agitation enregistrée ces derniers ne réponde à cet enjeu caché et ne vise à saboter la dynamique.
 
Les « anti-Fabristes » de service
 
Comme par hasard, c’est en pleine crise à la Coalition Arc-en-ciel sur cette problématique de la candidature unique de l’opposition, avec vue sur Jean-Pierre Fabre que certaines analyses « anti-Fabristes » se font jour.
 
Tout en reconnaissant la nécessité et les bienfaits de la candidature unique – mobilisation du peuple, campagne électorale à l’unisson, meilleure lisibilité des messages, plus grande visibilité du candidat retenu, meilleure représentativité du candidat dans les bureaux de vote, meilleure surveillance du déroulement du scrutin et de la collecte des résultats, coordination idoine des stratégies pour défendre la victoire à l’intérieur et à l’extérieur du Togo -, ces analyses font une bien curieuse fixation sur Jean-Pierre. On tente de démontrer que le poids réel de l’Anc et son président n’est pas connu, sous prétexte que le parti est allé aux dernières législatives sous la bannière du Cst – on connaît les adeptes de ce raisonnement – et de minimiser l’accueil réservé par les populations à sa délégation lors de la tournée du parti, entre autres petitesses.
 
Pour des observateurs, cette sortie est loin d’être fortuite et viserait à dégonfler Jean-Pierre Fabre, doper le moral de ses détracteurs au sein de la Coalition Arc-en-ciel qui ne manqueront pas de s’illustrer le moment venu pour plomber la dynamique de candidature unique de l’opposition. « Comment peut-on designer le candidat unique en écartant de facto celui qui, avec son parti, a eu le plus de députés? Que l’électorat ait changé entre 2013 et 2014 est une supposition. Mais aujourd’hui, c’est incontestablement l’Anc qui a le plus de députés, et on doit en tenir compte. Pour avoir une chance de gagner, on doit compter sur l’Anc…Pendant que l’Anc est sur le terrain, que font les autres? Quelles activités politiques les autres mènent? Je ne suis pas partisan de l’Anc, mais je trouve injustes certains procès qui lui sont faits. On ne veut pas de Jean-Pierre Fabre, mais on veut profiter de son travail sur le terrain », a réagi un compatriote sur la toile. Et comme par hasard, c’est l’autre Docteur dont l’état d’esprit tue chez tout jeune étudiant toute envie de pousser loin les études et devenir Docteur, qui est spécialiste de sondages « Fauristes » et dont la haine pour l’Anc et son président est un secret de Polichinelle, a récupéré tout de suite l’analyse à son profit et chanté son traditionnel refrain.
 
Tino Kossi
 

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