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Une complicité de tant de mois en un jour brutalement perdue.

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Il ne fait l’ombre d’aucun doute que, ces derniers mois, le Président de la République du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé entretenait une complicité parfaite avec son frère et ami du Burkina Faso, Blaise Compaoré.Cette complicité était tellement évidente et flagrante qu’elle était naturellement devenue suspecte. Presque tous les mois, le Chef de l’Etat du Togo se rendait officiellement ou officieusement au pays des hommes intègres.
 
L’on sentait d’emblée que le fils-héritier du Togo se heurtant à ce mur quasi infranchissable des réformes politiques à initier pour lancer le Togo vers la voie de la démocratie, avait besoin de subterfuges habiles pour le contourner.
 
De ce fait, il s’était subitement noué d’amitié avec celui-là qui s’y connaît le mieux, Blaise Compoaoré qui, par ruse et par dribble a réussi à franchir le cap de 27 ans au pouvoir sans que personne ne crie gars dans ce pays qui regorge autant d’intellectuels et d’hommes politiques avertis.
 
La démarche avait commencé à bien marcher quand, subitement une fronde sans précédent a fait irruption chez cet aîné du Nord.
 
Une bonne frange des cadres de son parti se sont désolidarisés de lui début 2014 suite à ses velléités de sauter le verrou de l’article 37 de la Constitution pour briguer un autre mandat et par conséquent s’éterniser au pouvoir.
 
Cela a manifestement fait trembler le dinosaure du Burkina mais il n’en eu cure. Il a aveuglement foncé tête baissée jusqu’à cette date du jeudi 28 octobre où, subitement, il s’est aperçu que tout son pouvoir était finalement assis sur un sable mouvant.
 
Quarante-huit heures de manifestations dans les rues de Ouaga et d’autres villes ont suffi pour faire déguerpir celui qui, après la mort du feu général Eyadema, détenait fièrement le titre de doyen des chefs d’Etat de l’Afrique de l’Ouest du fait de sa longévité au pouvoir.
 
Il avait certainement l’ambition de faire autant d’années que le feu général du Togo qui, lui a totalisé 38 ans avant de tirer sa révérence un 05 février 2005.
 
L’on s’aperçoit finalement qu’étant né et n’ayant vécu que dans un tel système de royauté où la conservation absolue du pouvoir est la règle et l’alternance l’exception, Faure Gnassingbé ne pouvait semer et entretenir un nouvel environnement qui promouvrait la démocratie et l’alternance pacifique au pouvoir.
 
C’est donc naturellement qu’il s’est lié d’amitié et d’affinité avec son grand-frère et ami du Burkina Faso chez qui il puisait régulièrement les recettes des dribbles et du cynisme politique.
 
Il en faisait aussi autant avec un autre dinosaure de l’Afrique centrale, Denis Sassou N’Guesso chez qui le Prince du Togo multipliait des voyages parfois curieux et naturellement suspects. Mais passons sur ce volet des liens que le Prince du Togo a tout fait pour nouer avec le vieux congolais malgré les multiples différends qui les avaient opposés ces dernières années.
 
Son dernier voyage au pays des hommes intègres remonte en effet au mois d’octobre où le Prince du Togo était aux côtés de Fo Blaise pour remettre les diplômes de fin de formation aux élèves officiers de l’école de formation des officiers du Burkina Faso, comme l’indique ci-bien la photo d’illustration.
 
Et pourtant, déjà en ces moments, Blaise Compaoré était totalement sur les braises d’une fronde sans précédent aussi bien à l’intérieur de son pays que de par le monde devant son envie inextinguible de supprimer de la Constitution burkinabè, l’article 37 qui limite les mandats présidentiels.
 
Maintenant que celui-ci a fini par payer de façon fracassante le prix de cette cécité politique ou même de cette naïvement à se croire intouchable, Faure Gnassingbé saura-t-il se raviser pour prendre enfin la voie du salut au Togo ?
 
Il est certes vrai que le pouvoir, tel qu’il est conçu et exercé en Afrique rend fou et dévie parfois certains Chefs d’Etats de la voie de la lucidité et de la sagesse, mais le Prince du Togo qui dispose désormais de toutes les preuves évidentes des conséquences désastreuses et humiliantes d’une telle conception maladroite du pouvoir, prendra-t-il le risque de se maintenir dans un tel travestissement déloyal des prescrits d’un pouvoir décent ?
 
La morale, le bon sens, la raison et l’ensemble des règles d’éthique qui nous distinguent des animaux nous recommandent de ne guère imaginer une telle formule pour un ci-jeune Président, au regard du fait que le cas du Togo est encore plus qu’atypique.
 
Le père a déjà fait 38 ans au pouvoir après avoir tripatouillé lâchement la Constitution de notre pays en 2002, alors que le fils dont l’arrivée dans le fauteuil a engendré un lourd tribut au peuple togolais, est lui aussi, en train de boucler 10 ans. Le Togo n’étant pas un royaume qui promouvrait la monarchie, le Prince se doit, avant trop tard, de s’imposer une discipline décente et responsable.
 
Tout citoyen ou observateur avisé qui l’aime vraiment ne peut que lui recommander de céder le pouvoir le plus sagement possible à la fin de ce deuxième mandat en 2015.
 
Cela ne saura que l’anoblir et lui ouvrir la porte d’une sortie honorable quelle que soit la dette qu’il aura déjà laissée au peuple togolais.
 
Mais tous ceux qui oseront l’encourager dans une démarche délirante qui consisterait à forcer le passage en 2015 ne peuvent qu’être enregistrés comme de vrais ennemis à la fois de Faure Gnassingbé lui-même et du peuple togolais.
 
Pour empêcher l’extinction définitive du nom « Gnassingbé » des anales de l’histoire du Togo, le fils se doit, impérativement de corriger les actes lâches et indécents posés par son père défunt contre l’intérêt du peuple togolais en vue de rester au pouvoir et d’y mourir.
 
Parmi ces actes lâches et immoraux, l’on cite au premier plan le fameux toilettage de la Constitution en 2002 avec la complicité manifeste de Natchaba Fambaré et de Faure Gnassingbé en leur qualité de députés et très proches collaborateurs du feu général.
 
Car de l’aveu même de certains caciques du pouvoir actuel, c’est Faure Gnassingbé et Fambaré Natchaba qui ont été les principaux artisans de cet acte criminel contre le peuple togolais en 2002. C’est donc pour lui, un sacré devoir de le corriger par le canal des réformes politiques avant de quitter le pouvoir dès la fin de son deuxième mandat en 2015.
 
Envisager une autre démarche ne peut que relever d’une témérité béate et naïve dont le prix à payer risque de lui rester trop élevé comme c’en a été le cas pour Fo Blaise et bien d’autres dinosaures en Afrique.
 
Car ce qui est arrivé à Blaise Compaoré n’est que le début d’un naufrage collectif pour tous ces chefs d’Etats gourmands qui veulent faire du pouvoir, une propriété privée en Afrique.
 
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Publié le 5 novembre 2014


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