La danse anachronique de Simféitchéou Pré à la salle des banquets

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Simfeitcheou-Pre


L’on aura vraiment tout vu au Togo sous Faure Gnassingbé. En effet, comme il est de coutume à chaque fin d’année, le Président de la République a reçu la semaine écoulée, la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux.
 
Tout a justement commencé mercredi avec les institutions de la République et naturellement le gouvernement.
 
Aussitôt après les salutations d’usage, le Prince a jugé opportun d’offrir un déjeuner à tout ce monde qui représente essentiellement la poignée d’accaparateurs des biens de la République dont lui-même avait parlé dans l’un de ses discours en avril 2012.
 
La réception était pompeusement agrémentée par le riche répertoire de l’orchestre dont les prestations ont tout de suite exhumé en la plupart des convives, le réflexe des bons vieux temps.
 
De façon spontanée, les députés avec leurs écharpes, les membres du gouvernement, les représentants des différentes institutions de la République se sont levés pour esquisser des pas de danse.
 
Avec des mouchoirs blancs à la main, ils ont chanté et loué le Seigneur. Ils ont aussi imploré la bénédiction de Dieu sur le Prince, lui qui leur a permis d’occuper ces postes privilégiés dans l’appareil de l’Etat et à partir desquels ils usent et abusent des biens de l’Etat au point de narguer l’écrasante majorité des togolais qui, eux tirent le diable par la queue.
 
Débbash, Assouma, Yark, Dramani, Dogbé, Ahuéfa, Légzim, Sémondji, Katanga …tous sont sortis dans l’arène pour danser et exprimer tout le bien qu’ils pensent de Dieu et de leur mentor, Faure Gnassingbé.
 
Tout cela est sans doute bien car après 12 mois de durs labeurs et de siphonage réussi des richesses du Togo, il était de bon ton que nos chers dirigeants se défoulent devant le Prince pour lui faire à nouveau allégeance et lui dire combien ils comptent encore sur lui pour être promus et jouir davantage des privilèges du pouvoir.
 
Mais le plus saisissant dans tout ce cinéma a été, de toute évidence, la danse effrénée de Simféïtchéou Pré, actuel directeur de cabinet du Premier Ministre.
 
L’homme est de Pagouda dans la Binah. Fils du défunt chef canton du milieu, M. Pré a fait de ce déjeuner une occasion unique pour se révéler par sa danse anachronique à la face du Prince et de toutes les convives qui étaient dans la salle. Mon Dieu !
 
Vêtu d’un costume bleu-ciel et coiffé d’une cravate raillée, le directeur de cabinet du PM a dansé du début jusqu’à la fin sans répit. Il était de toutes les sauces, particulièrement agité à tous égards.
 
Malheureusement l’homme avait un vrai problème de rythme et de cadence. Il a certainement confondu Kamou, la danse traditionnelle de chez lui au gospel que chantait l’orchestre.
 
La confusion dans ses mouvements de pas était tellement frappante qu’il a réussi à étouffer pendant des minutes, mme Dogbé Victoire à qui il s’était maladroitement accroché pour offrir son spectacle des siècles éculés.
 
Mais non…. La dissonance de ses mouvements était évidente, vacillant de gauche à droite pendant que tout le monde allait de la droite vers la gauche. Il est le premier à se lever pour danser et le dernier à s’assoir. Et quand mme Dogbé a réussi à sortir de ses longs bras, elle a vite fait de s’échapper pour se débrouiller toute seule, loin de l’homme de la Binah.
 
Au total, la fête a tout de même été belle. La minorité qui entoure Faurevi a pu bien se défouler. Le champagne a coulé à flots, les vins de marque ainsi que les bons plats.
 
Ils ont goulûment mangé et transpiré dans leur costume avant de dire au revoir au Prince avec l’intime conviction que Dieu saura protéger celui-ci et le maintenir autant que possible dans ce piédestal afin qu’eux continuent de profiter de son manque de vigilance et de leadership pour s’accaparer de l’essentiel des richesse du pays.
 
Quant à Simféïtchéou Pré, il espère vraiment que ce que lui reprochait le Prince à propos de la sulfureuse entreprise Yamen qui a laissé un très mauvais souvenir au Togo, est désormais oublié. Il espère aussi que le Prince ne lui tiendra plus rigueur pour tout le flou et l’opacité qui ont entouré sa gestion de la Commission Nationale de Passation des Marchés Publics.
 
Certainement qu’il se dit que si Pagouda venait à voter massivement Faure en 2015, celui-ci acceptera enfin de le nommer ministre, poste qu’il a longtemps convoité en vain sous le Prince (il avait été ministre du plan sous le papa défunt).
 
Mais pour l’instant, il se contente des projets du ministère de la santé dans lesquels il fait la pluie et le beau temps avec des surfacturations et des mains basses sur certains marchés dont a parlé récemment le journal Alternative dans l’une de ses parutions. Ainsi va la République du Togo sous le Prince bien-aimé.
 
source : togoinfos
 

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