Dialogue : la coalition des 14 pense avoir la faveur du rapport de forces

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« Si le régime de Faure Gnassingbé croit pouvoir s’obstiner à faire de son référendum sur le projet de loi incongru qu’il a fait adopter en septembre dernier par les seuls députés de son parti, une épée de Damoclès sur la tête de l’opposition, il trouvera un peuple togolais à la colère encore plus exacerbée sur son chemin ».

Tel est l’avertissement et la réponse que la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a adressés ce lundi au pouvoir en place, au cours d’une conférence de presse de présentation des vœux de nouvel An au peuple togolais.

Selon la coalition des 14, le combat de libération actuel n’est plus un combat politique entre le parti au pouvoir et l’opposition mais « un conflit ouvert entre un régime héréditaire qui a confisqué le pouvoir et la souveraineté depuis plus de 50 ans et un peuple décidé à conquérir sa souveraineté ».

Brigitte Adjamagbo Johnson, coordinatrice de ce regroupement de partis politiques qui déverse depuis plus de 4 mois les Togolais dans les rues, estime qu’il y a de bonnes raisons de penser que le pouvoir, convaincu d’un rapport de forces défavorable, n’a aucune envie ni aucun intérêt à aller à un dialogue avec l’opposition. « Pour une fois, il ne lui sera pas possible d’imposer un marché de dupes pour continuer à instaurer le statu quo », a-t-elle lancé.

La coalition des 14 dit ne pas vouloir d’un dialogue où les opposants feraient ce que le pouvoir veut. « Cela reviendrait à légitimer et à prolonger la monarchie », a indiqué Mme Adjamagbo Johnson qui ajoute : « la coalition réaffirme sa disponibilité pour un dialogue sincère sous la double médiation guinéenne, pour les mesures d’apaisement et ghanéenne, pour les discussions proprement dites ».

Pour continuer de mettre la pression sur le régime de Faure Gnassingbé, la coalition des 14 a voulu organiser des meetings politiques à Mango, Bafilo et Sokodé, respectivement les 10, 11 et 12 janvier prochains, meetings qui seront suivis d’une marche sur toute l’étendue du territoire national le 13 janvier.

Le gouvernement togolais, selon les responsables de la coalition, continue d’interdire toute manifestation politique dans ces trois (3) villes, arguant qu’il y a dans la nature des armes non encore retrouvées.

Selon Jean Kissi du Comité d’action pour le renouveau (CAR), l’un des représentants de la coalition des 14 qui ont discuté vendredi dernier avec les ministres de l’administration et de la sécurité, comme pour la « décapitation » ou l’ « égorgement » de deux (2) militaires à Sokodé, il n’y a aucune preuve de la disparition d’armes.

La coalition des 14, tout compte fait, ne fera pas de meeting politique dans ces villes cette semaine. « Ils nous disent que si nous allons faire une manifestation de foule dans ces villes et on nous crible de balles, ils ne répondront pas », a ajouté M. Kissi. Cependant, selon la coalition, la marche du 13 janvier sur toute l’étendue du territoire tient. Elle sera suivie le 20 janvier par une manifestation des femmes dans plusieurs localités.

Les 14 partis prennent l’engagement « solennel » de poursuivre leur combat pour la reprise d’une vie normale dans, disent-ils, « toutes les zones encore assiégées du territoire national ».

Ils disent également faire de l’aboutissement de leurs revendications actuelles, une étape incontournable vers leur objectif ultime, « celui de bâtir ensemble une société togolaise réellement démocratique, prospère et solidaire ». Car, soutiennent-ils, « plus vite nous nous débarrassons de ce régime, plus vite nous nous attellerons aux grands défis qui nous attendent et que nous devons relever pour faire du Togo l’Etat moderne qu’il aurait dû être ».

source : Global actu

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