Il est
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Faure E. Gnassingbé – Jean P. Fabre, Portrait croisé de deux candidats : L’artisan de la faillite nationale contre l’éternel otage de la fraude

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Vaille que vaille, advienne que pourra, Faure Gnassingbé tient à son troisième mandat. L’élection, oui, mais sera-t-elle transparente ? A coup sûr non. Tout le monde au Togo est conscient que la présidentielle d’avril 2015 sera tout, sauf transparente. On y est presque tout de même. Après avoir fait économie des reformes, la présidentielle s’organise à pas de charge aux rythmes et conditions du RPT-UNIR. Le désormais candidat Faure comptait sur le boycott pour se retrouver face aux opposants apprivoisés. Mais Jean Pierre Fabre, le candidat du CAP 2015, s’y accroche. Le plan ‘’A’’ du régime a échoué, le plan ‘’B’’ c’est la fraude en live. Au centre de la parade, deux candidats sérieux et trois ‘‘Adani Ifè’’. Si Faure Gnassingbé, après avoir mis la République en faillite, est limité dans l’opinion, il compte sur l’art du rebond à travers une fraude institutionnalisée. Autant Faure est limité par les crimes de sang, les crimes économiques et une gestion approximative, autant Fabre est limité par son impuissance devant la fraude. Oui, le plus grand adversaire de J.P.F, ce n’est pas Faure Gnassingbé mais la fraude. Faure Gnassingbé – Jean P. Fabre, une élection, un peuple, un fauteuil, deux hommes que tout oppose sauf une élection aux issues incertaines.
 
Forces et faiblesses, portrait croisé. Similitudes
 
Faure E. Gnassingbé – Jean P. Fabre, même obsession : gouverner un pays. Si loin si proches des loges, les deux ont étudié l’économie et la gestion. « Absence d’expérience », avance-t-on souvent pour sous-estimer JPF. L’homme ne gère encore rien de publique, certes, mais si l’expérience devait être un atout, aussi bien que Fabre, Faure Gnassingbé devait être écarté. Le bon leader n’est pas seulement celui qui donne les ordres, mais celui qui donne l’exemple. Faure n’est ni l’un ni l’autre malgré qu’il a l’avantage de s’essayer à la tête d’un pays. Si l’expérience était un atout pour choisir un dirigeant, à la mort d’Eyadema, Faure avait toutes les qualités sauf celles d’un homme politique expérimenté. Grand inconnu derrière un silence maladif, à la mort de son géniteur, Faure ignorait tout du protocole élémentaire et de la gestion des hommes. Peut-être, avait-il une avance dans les magouilles au sommet des grandes sociétés étatiques. L’homme était un grand outsider qui doit sa place à la filiation et à la succession difficile des longs règnes. Même dix ans après, l’image du pays ne présente pas le prince comme un dirigeant expérimenté. S’il a un avantage sur Fabre, c’est sa capacité à broyer, dans l’indifférence générale, les artisans de sa survie politique. Chat échaudé craint l’eau froide, dit-on. Depuis la volte-face de son ancien patron, Fabre a de bonnes raisons de se méfier d’un entourage de plus en plus réduit à un cercle congru. Autant Faure est un loup solitaire depuis même sa tendre jeunesse, autant Fabre a des raisons de filtrer son dernier cercle, tous sont réservés à la limite de la méfiance. Sur ces considérations les deux concurrents se rejoignent.
 
Différences
 
Jean Pierre Fabre
 
La soixantaine, regard perçant, l’homme paraît plus jeune que son âge. Derrière ses allures athlétiques se cache une maitrise des arts martiaux. Sans avoir gravi les échelons à l’allure des hommes politiques européens, Fabre est un animal politique déjà bien parti pour marquer son temps. Plutôt que d’en pâtir, il a été forgé par un environnement politique hostile. Cet économiste gestionnaire a le rare mérite d’être un des rares opposants qui n’est connu d’aucune relation incestueuse, financièrement parlant, avec le régime, même si le détracteur ne manque pas de distiller des informations à faire dormir débout. Pendant que, le jadis emblématique opposant se cachait dans son exil pour se préserver des thuriféraires du régime, son chien de chasse, désormais chef de fil de l’opposition, était sur le terrain. Quand il lui a plu d’emprunter un raccourci au chevet du régime, Gil Christ Olympio est parti seul. L’UFC qui a fait trembler Lomé II, c’était Fabre la Cheville ouvrière. Homme de terrain dans la gueule du loup, le cow-boy, était celui qui installe et supervise les fédérations et autres représentations du parti. Jamais une menace n’a suffit pour le faire traverser les frontières des pays voisins. L’ANC, transfuge de l’UFC, est devenu l’héritier d’un terrain sans leader. La formation est jeune mais son porteur revenait de loin, c’est un homme de terrain avec un carnet d’adresses auprès des populations. La deuxième force politique du pays a résisté et résiste encore aux lynchages médiatiques, aux intimidations et aux débats de circonstances pour faire le lavage de cerveaux dans l’opinion. Imperturbable, l’homme est resté unique en son genre après des décennies de lutte contre un régime.
 
Participationnisme risqué, le tendon d’Achille
 
Fabre est en lice pour une élection des incertitudes. Du moment où les réformes ne sont pas opérées, la fraude est garantie. Du coup, sans contre-stratégie face à une fraude institutionnalisée, l’opinion est divisée sur la participation de l’ANC. L’Alliance prend le risque d’y être, elle a très peu de chance de s’en tirer d’affaire. Mais elle a le mérite de maintenir la pression. Si cela marche, elle a gagné, si cela échoue, elle aurait aidé à légitimer un pouvoir issu d’une élection fraudée. En tout cas, le non boycott du CAP 2015 est suivi de beaucoup de « pourquoi ».
Fabre n’est pas rassembleur dit-on Oui, si être rassembleur c’est accepter faire avec des infiltrés et des agents doubles, il est évident que Fabre n’est pas rassembleur. Comment vouloir à tout prix rassembler les loups et les agneaux. Il lui est également reproché de manquer de charisme. Là encore, si le charisme c’est signer des engagements qu’on ne respecte pas ou encore se couvrir de poussière à la première volonté d’un régime cinquantenaire qui n’a plus rien à démontrer, Fabre n’a vraiment pas de charisme.
 
Faure Gnassingbé
 
La cinquantaine, un peu plus vieux que son âge, le regard plutôt résigné mais qui est toujours ce qu’il cache. Lui c’est le candidat qui doit défendre l’image funeste d’une faillite nationale. Il a le mérite d’avoir présidé les plus grands scandales de l’histoire récente du Togo. C’est sous sa ‘’bienveillante’’ présidence que le plus grand crime économique de l’histoire du Togo a été commis, les incendies des grands marchés du pays. Pire, quand les pyromanes ne sont pas loin du dernier cercle de monsieur le président, le bilan est robuste. Faure Gnassingbé, c’est le candidat des compromissions économiques. Certes le régime précédent n’était pas un paradis, toutefois, il est reconnu que les recettes douanières ont été une fierté qui permettait à Eyadema de payer les fonctionnaires au temps forts de la rupture de la coopération. Sous son fils, la douane est réduite à son image. II arrive souvent à la direction de la douane du port, celle-là même qui fournit normalement 80% des recettes, de se rabaisser au ras du sol au point de demander des prêts aux gros importateurs de motos chinois et autres Libanais pour combler le quota mensuel qui lui est fixé. In fine, l’on a fondu la douane et les impôts pour fabriquer une structure, un vrai machin, lui aussi balbutiant, l’OTR. Il y’a encore pire dans la gestion. Nulle part au monde, on n’a jamais connu une extraction d’un minerai aussi précieux que le phosphate, et dont l’exploitation est déclarée déficitaire au point de mettre la société en faillite. Mais le régime en place s’est débrouillé à exploiter à perte le phosphate togolais. Ailleurs, il faut creuser des centaines de mètres pour découvrir un minerai. Il arrive que les coups de grisou emprisonnent des mineurs ou encore des effondrements spectaculaires qui font des victimes. Au Togo, la plus grande profondeur pour atteindre le phosphate est de 38 mètres. Mais selon les lieux ailleurs il faut seulement caper quelques mètres pour exploiter la plateforme phosphatée. L’exploitation se fait depuis les temps coloniaux avec les mêmes installations techniques aujourd’hui vétustes. A cent mètres du sol, on présentement le phosphate carbonaté qui attend. Il est plus précieux. Quatrième exportateur et troisième qualité du monde, le Togo est le seul exportateur de phosphate qui n’a pas son usine chimique. Les employés de ces usines, des plus malheureux des agents de l’Etat, sont présentement en grève et la chaîne de production est arrêtée avec une hypothétique reprise. Le nom de monsieur Faure Gnassingbé est intimement associé à cette exploitation à perte. Il faut être titulaire d’un MBA particulier pour exploiter à perte la nature. Togotélécom, l’autre scandale du deuxième mandat Faure. Malgré sa position de monopole, la plus grande société de téléphonie s’est effondrée comme un château de cartes. On parle de 240 milliards volatilisés dans la nature. Ce fut une caverne d’Ali Baba où les nombreuses maitresses de la République se sucraient. La plus audacieuse y a pris 40 milliards pour importer de l’engrais. La société est enrhumée, personne ne peut demander des comptes à personne. Il faut être un drôle de chef d’Etat gestionnaire pour être incapable de situer les responsabilités quand un trou de 240 milliards se constate dans la gestion d’une société. Certainement que les gestionnaires sortis des universités américaines ont des qualités qui échappent aux autres. Partout où le nom de monsieur le président est associé à l’argent, c’est la faillite que le pays récolte. Contour global, un projet de 125 milliards. Il n’a pas résisté plus de trois ans, un éléphant blanc. Le projet prévu pour juguler le délestage, celui-ci vient de reprendre de plus belle. Même les banques ne sont pas épargnées. En difficulté, les plus chanceuses, ont été privatisées. Les plus pourries comme la BTCI n’ont pas pu trouver preneur jusqu’aujourd’hui. On y voit l’ombre de Faure Gnassingbé. Cette banque étant la branche financière de l’exploitation du phosphate, les carrières de Hahotoe et les usines de traitement de Kpémé ne peuvent pas patiner sans que la banque prenne un coup. Partout où il existe l’argent à gérer, l’Etat récolte la banqueroute. Tout est plombé, aucune économie ne tourne à plein temps. Peut-être les travaux publics. Là encore, les entreprises BTP qui ont les grands marchés ne sont que des cache-sexes. Les actionnaires sont à chercher entre monsieur le président et certains de ses ministres. C’est à ciel ouvert que les délinquants économiques opèrent et il est quasiment impossible de vivre un grand scandale financier loin de l’ombre de monsieur le Président, d’où l’impunité. Qui peut discipliner qui quand le maître et ses élèves portent les mêmes caleçons ? Le pays est en difficulté financière, la grogne sociale se fait plus pressante, une économie souterraine se développe entre les gens du même cercle. Les bailleurs n’arrivent plus à contrôler leur investissement. Fabre inexpérimenté, Faure Gnassingbé de plus en plus rassurant, oui diront les partisans de la présidence à vie du prince. Mais, l’expérience de la gestion des affaires publiques, si elle se résume aux scandales financiers, Faure Gnassingbé en a vraiment une. Sinon, Monsieur le Président n’a aucun bilan à défendre. D’où il ne peut que compter sur la fraude qui lui sourit et qui marche à merveille. Il lui suffit seulement de revisiter la machine. Ainsi, la présidentielle arrive à grands pas. Bientôt, comme à l’accoutumé, des dispositifs informatiques de fraudes vont s’installer parallèlement à ceux de la CENI. A la présidentielle passée c’était le VSAT qui était délibérément mis en difficulté pendant que les PV se traficotaient à coup de millions sous la bienveillante vigilance de Bodjona. M. Bodjona n’est plus présent pour traficoter les PV mais grâce à lui l’on sait désormais que les PV valent de l’or dans une fraude électorale. Des cellules parallèles de production de PV fictifs seront d’ici peu installées pour la ‘’bonne cause’’. Parallèlement à ces dispositifs, le pouvoir cherchera, à coup sûr, s’il ne le fait déjà, à infiltrer le système de sécurité informatique que compte mettre en place le CAP 2015 pour la compilation des résultats. Quand c’était chaud en 2005, des inconditionnels ont pris des urnes pour prendre la fuite. Au niveau de la CENI c’est un désordre savamment organisé, une CENI dans la CENI. Un vrai vote dans l’Amazonie sauvage. Peut être même que 2015 damera le pion à 2005. Face à ce schéma, Faure a beau être le plus impopulaire des candidats, il obtiendra ce qu’il veut. Voilà pourquoi il est frappé d’un autisme face aux cris incessants des Togolais. Voilà pourquoi les compromissions dans tous les scandales financiers ne lui font rien. C’est aussi pour cela qu’il nargue les fonctionnaires dans la revendication de leurs droits. Mais jusqu’où sa machine à fraudes de tous les temps peut le conduire ? On attend de voir.
Faure Gnassingbé, Jean P. Fabre, deux candidats, l’un compte sur les hommes, l’autre sur l’argent volé et le glaive. Un artisan de la faillite nationale qui utilise la fraude comme dernier rempart contre un adversaire toujours otage et incapable de sécuriser l’expression populaire d’une population qui lui fait toujours confiance. Tous en lice pour un fauteuil. Aussi longtemps que les balles ne crépitent pas, la communauté internationale accompagne le calme, soit-il précaire. Silence, deux candidats que tout oppose s’affrontent.
 
Portrait réalisé par Abi-Alfa Izotou
 
source :togonews
 

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Publié le 28 mars 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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