Faure en 2009 : « Je ferai les réformes avant la présidentielle de 2010 ». Oubli ou mensonge?

image_pdfimage_print

kodjo_epou_500


Réécoutons Faure Gnassingbé sur la question des réformes. C’était lors d’une interview avec FM Liberté à New York en 2009.
 

 
Entre ce discours et celui d’Accra, se découvre l’homme qui rame à contre courant de l’histoire. Au lieu de se fier à des individus ayant perdu toute forme de conscience et d’humanité, à des associations de zombies en T-shirt, porteurs de pancartes infamantes pour notre pays, Faure Gnassingbé a intérêt à écouter la voix de la raison: le Togo doit commencer à se démocratiser, ne pouvant plus poursuivre ses errements avec la « constitution Natchaba ».
 
Chronique de Kodjo Epou
 
Le passé a ceci d’inaltérable qu’il ne sombre jamais dans l’oubli, qu’il n’est jamais définitivement effacé. Quand ce passé ressurgit, il frappe aux fenêtres de nos consciences, il titille nos méninges pour rappeler que rien n’est définitivement joué et que le temps, dans toute sa complexité, toujours, demande des comptes, sanctionne et rend justice. Ce temps arrivera un jour et certains Togolais devront répondre de leurs crimes et abominations qu’aucune nation au monde ne peut laisser passer. Fambaré Natchaba est au rang de ces Togolais-là. C’est ce brumeux président de l’Assemblée Nationale qui avait commis l’inénarrable forfaiture en faisant de la constitution que notre peuple s’est souverainement donné en 1992 une loi personnalisée en faveur de son mentor, Eyadéma. Cet acte d’une ignominie inqualifiable fait toujours courir au Togo des risques d’explosion.
 
La déclaration de Faure Gnassingbé, à Accra, de « respecter scrupuleusement la constitution en vigueur » est une provocation insupportable. Ce président veut-il qu’on lui rappelle que la seule loi fondamentale pour laquelle les Togolais de tout bord avaient voté, c’est bien celle de 1992, celle que l’infâme Fambaré Natchaba et la caramilia du RPT avaient nuitamment modifiée ? Ce douloureux épisode de la gouvernance par Kalachnikov interposé a de quoi heurter durablement tout Togolais honnête et digne. Cela nous rappelle aussi, forcément, les années sombres de notre histoire jalonnées d’attentats, d’assassinats, d’enlèvements et de destructions massives de bien, des hauts faits macabres perpétrés de père en fils, d’Eyadéma à Faure et dont la culminance aura été un mois d’avril 2005:plus de cinq cents personnes assassinées.
 
Au nom de quelle logique ou de quelle morale humain ce peuple togolais traumatisé jusque dans son âme doit-il continuer à subir les dérives totalitaires de la même famille au pouvoir depuis maintenant 50 ans ? A Accra, Faure a évoqué des raisons de stabilité, la même défense biscornue face à son crime qu’il avait, en 2005, brandie pour justifier son coup d’état constitutionnel. Non : trêve de statu quo, fin des manœuvres dilatoires, et place au bon sens, à l’éthique politique qui fait cruellement défaut dans notre pays et sans laquelle toute société ne serait qu’une jungle régie par la loi des bêtes sauvages.
 
En réalité, le Grand fauteur de Troubles, au Togo, c’est Faure Gnassingbé. C’est lui qui, mu par des ambitions démesurées, imméritées, a mis dans les placards, non seulement l’APG (Accord Politique Global), mais surtout, contre toute attente, les recommandations judicieuses de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR), préférant provoquer continuellement le peuple en utilisant des sous-contractants, de petites milices qui se font passer pour des associations de soutien à son régime puant. N’est-ce pas lui, le président qui s’est publiquement, en 2005, lavé les mains du sang des Togolais ? Il est, pour notre peuple, à la fois Judas et Ponce Pilate réunis. A l’instar de ces traîtres qui avaient vendu et condamné Jésus, Faure envoie ses concitoyens au Golgotha. Non sans les avoir affaiblis par la faim et toute sorte de misères, non sans avoir royalement jeté certains d’entre eux en prison après les avoir déshumanisés.
 
Ce que le RPT/UNIR et son président oublient, c’est que « parfois, des décennies passent et rien ne se passe, et parfois, quelques jours passent et des décennies trépassent ». Beaucoup trop d’exemples, sur le continent, illustrent de façon éclatante cette citation de Lénine. Le peuple, fâché, est de nouveau dans la rue. Les forces vives, abusées, n’attendent pas baisser les bras tant que l’autocrate ne fera pas preuve d’un peu d’humilité pour comprendre que le Togo doit être doté, ici et maintenant, d’une constitution républicaine résolument tournée vers le développement et le futur. Eyadéma mort, sa constitution personnelle est morte! Ce qui suppose que le départ de Faure après dix ans de pouvoir est bien à l’ordre du jour, au Togo comme à l’extérieur du pays.
 
Kodjo Epou
Washington DC
USA
source :@Fmliberte.com
 

Commentaires

comments

Ecrire un commentaire

Saisissez votre mail.

Please type the characters of this captcha image in the input box

Merci de taper les caractères de l'image Captcha dans le champ

*