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Faure Gnassingbé reste dans la logique du coup de force et annonce le scrutin pour avril prochain

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Présidentielle de 2015 et risques de dérapages
 
Le lundi dernier, à la veille du démarrage de la suite de sit-in et de grève des travailleurs togolais, Faure Gnassingbé était en visite d’amitié et de travail (sic) de 24 heures à Abidjan. Comme motivation de ce voyage, les préoccupations d’ordre commun, la coopération bilatérale, entre autres. C’était également l’occasion pour Alassane Ouattara et son hôte togolais d’aborder la problématique des élections présidentielles attendues dans leur deux pays. Et à propos du scrutin à venir au Togo, le locataire du palais de la Marina a laissé entendre que le scrutin va se dérouler en avril prochain. Mais dans quelles conditions et quel climat ?
 
Faure annonce le scrutin à avril prochain…
 
Au cours de cette fugue ( sic) à Abidjan, la question des élections à venir en Côte d’Ivoire et au Togo a été évoquée entre les deux hommes. On retiendra, à en croire les titres parus, qu’Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé se sont engagés à des scrutins libres, apaisés et transparents dans leur deux pays. Ce qui nous intéresse, nous autres Togolais, c’est sans doute l’élection au Togo, d’ailleurs plus problématique que le cas ivoirien. Ici l’enjeu c’est l’alternance, car Faure Gnassingbé est au bout de ses deux mandats légitimes au pouvoir et devra vider le plancher, au contraire de son hôte ivoirien qui devra briguer son second quinquennat. La grande annonce de cette visite sur cette question des élections aura concerné la date du scrutin. A en croire les déclarations de l’hôte togolais devant la presse, le scrutin devrait avoir lieu en avril prochain. « Nous espérons qu’au mois d’avril, nous irons aux élections », a-t-il déclaré.
 
C’est décidément devenu un réflexe pour le locataire du palais de la Marina de ne faire les grandes annonces relatives au scrutin qu’à l’extérieur du pays. On se rappelle que c’est depuis Accra où il était en une curieuse visite de 72 heures, qu’il a levé le voile le 25 novembre dernier, sur le sort qu’il compte réserver aux réformes et sur la problématique de sa candidature qui triturait les méninges. « La Constitution en vigueur sera rigoureusement respectée », avait-il déclaré, répondant à une question d’un journaliste sur les réformes, et d’ajouter réserver la primeur de l’annonce de sa candidature ou pas à ses compatriotes et aux militants de son parti, s’ils le désignent. Passons.
 
Selon la procédure, c’est au gouvernement d’arrêter une date pour le scrutin, sur proposition de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), et de prendre un décret pour l’annoncer officiellement. Ce décret n’est pas encore pris, à deux mois et demi de la fin du mandat de Faure Gnassingbé. Mais l’homme lui-même vient d’en donner la primeur. Sauf revirement, c’est cette période indiquée que va choisir l’exécutif. C’était d’ailleurs le souhait du pouvoir qui, par la voix du ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Gilbert Bawara, dardait, au lendemain du communiqué de la Cour constitutionnelle annonçant le scrutin entre le 17 février et le 5 mars 2015 avant de se raviser quelques heures après, que le scrutin doit se tenir en avril. Pas plus tard que la semaine écoulée, la Ceni sous l’impulsion du pouvoir, a arrêté en plénière la date du 21 avril prochain à proposer au gouvernement. Une décision qui a suscité le courroux des délégués du Combat pour l’alternance politique en 2015 (Cap 2015) au sein de la Ceni qui se sont désolidarisés de la suite du chronogramme.
 
…mais dans quelles conditions ?
 
Avec cette annonce, les Togolais devront se faire une idée sur la période à laquelle ils seront appelés aux urnes pour élire celui qui devra présider aux destinées du pays durant les cinq prochaines années. Mais dans quels conditions et climat ce scrutin tant attendu va-t-il se dérouler ? Voilà la grande question qu’il urge de se poser.
 
Le processus se déroule bien, a déclaré en substances Faure Gnassingbé devant son hôte ivoirien au cours de son séjour. Des propos qui sont à des années-lumière de la réalité. Car l’une des actions devant rendre libre, apaisé et un tant soit peu transparent le scrutin à venir, comme s’y est engagé le numéro 1 togolais, c’est la mise en œuvre des réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées par l’Accord politique global (Apg) signé depuis le 20 août 2006, réitérée par la Commission Vérité, Justice et Réconciliation créée par Faure Gnassingbé lui-même. L’opposition et la société civile ont multiplié les appels et marches pour les réclamer, les églises ont fait des exhortations et les diplomates entrepris des pressions. Mais Faure Gnassingbé est resté impassible et les réformes se font toujours attendre. Les députés de son parti ont curieusement rejeté le 30 juin dernier le projet de loi soumis par son propre gouvernement, et la proposition de loi de l’opposition qui est la dernière tentative de mise en œuvre introduite le 19 novembre 2014 a été enterrée le 21 janvier dernier par les mêmes députés pour refus de leurs collègues de l’opposition de concéder la rallonge requise à Faure Gnassingbé. Le Prince a fait tout pour repousser les réformes aux calendes grecques et ainsi prétexter des dispositions de la Constitution tripatouillée de 2002 pour briguer un 3e mandat au pouvoir. Contre la volonté du peuple togolais qui aspire à l’alternance et les évolutions géopolitiques enregistrées aujourd’hui sur le continent africain. Même le monde civilisé affiche ouvertement son penchant pour l’alternance. François Hollande n’use pas de langue de bois quand il s’agit d’aborder la problématique. Le Secrétaire général des Nations Unies est le tout dernier à recommander aux dirigeants africains de « ne pas s’accrocher au pouvoir » ou prétexter des « échappatoires que l’on trouve dans certaines législations » pour s’accrocher.
 
Quant à la préparation proprement dite du processus, elle fait couler autant d’encre et de salive. Au-delà du fait que les institutions électorales sont caporalisées par le pouvoir, le régime fait preuve d’un obscurantisme total, s’opposant par exemple à l’audit du fichier électoral réclamé par le Parti des Togolais et l’Alliance nationale pour le changement (Anc). La révision des listes électorales ne s’est pas déroulée au mieux. C’est dans ces conditions que le pouvoir s’apprête à convoquer un corps électoral fictif le 24 février prochain, juste au lendemain de la clôture officielle de l’opération. Faut-il le rappeler, les corps habillés sont instrumentalisés par le Prince pour l’accompagner dans son aventure périlleuse. Avec autant de faits, d’insuffisances et de récriminations, il va de soi que le scrutin soit loin des vertus chantées par Faure Gnassingbé à Abidjan.
 
Même le choix d’avril pour abriter le scrutin va poser un problème de légalité constitutionnelle. Le débat a été ébauché avec les deux sorties contradictoires de la Cour constitutionnelle les 2 et 3 février derniers. Même si Aboudou Assouma a fait une mise au point pour faire croire que c’est plutôt la convocation du scrutin présidentiel qui doit se situer entre le 17 février et le 5 mars, il est évident que c’est juste une interprétation pour brouiller les pistes et sauver le pouvoir du pétrin. Devant cette situation, seuls un dialogue et la fixation consensuelle d’une date par la classe politique peuvent permettre de régler le problème. Mais visiblement le pouvoir Faure Gnassingbé reste dans sa logique de faire les choses de façon cavalière. Toutes choses qui ne risquent pas d’apaiser le climat.
 
Tino Kossi
 
source : Liberté Togo
 

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Publié le 20 février 2015


Catégorie(s) : Politique
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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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