Faure veut ronger Kpatcha jusqu’aux os

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L’on a souvent l’habitude de dire que l’argent saoule. Il saoule les âmes légères qui, au lieu de mettre cet argent en poche, le mettent plutôt dans leur tête au point de perdre très vite les pédales, la raison, le sens de la mesure, de l’humilité etc.Mais ici, avec le Prince, fils-héritier du feu général, l’on observe que beaucoup plus que l’argent, le pouvoir aussi saoule. Il le saoule tellement plus gravement que l’on est bien obligé de s’interroger sur ce que va devenir le Prince lui-même s’il se laisse autant emporter par cet opium qu’est le pouvoir.
 
C’est en effet avec grand étonnement et beaucoup de désarroi que l’on observe que le Prince s’est résolu à ne plus rien respecter d’orthodoxe, de droit ou de juste. Le cas le plus frappant, ces dernières semaines, vient naturellement de l’affaire Kpatcha Gnassingbé et coaccusés.
 
En effet, lorsqu’en juillet de l’année dernière, la Cour de Justice de la CEDEAO avait rendu son arrêt dans cette affaire, quelques avocaillons acquis à la cause du Prince et commis par le pouvoir de Lomé s’étaient lâchement affichés à la place publique pour soutenir que cette cour n’avait pas ordonné la libération des détenus.
 
Ils s’étaient à l’époque versés dans une masturbation juridico-intellectuelle qui tendait à faire croire que la Cour communautaire avait juste demandé le dédommagement de Kpatcha et ses coaccusés sans se prononcer sur leur libération.
 
Et pourtant, déjà à l’époque, l’arrêt était tout à fait clair en soutenant sans ambages que le procès qui a condamné Kpatcha Gnassingbé et ses codétenus était inéquitable en ce sens que le droit de la défense n’avait pas été respecté.
 
Mais des magiciens du droit n’ont pas eu honte de sortir à la place publique, devant médias pour soutenir l’insoutenable.
 
Leur raisonnement était tout à fait absurde mais l’on avait bien compris qu’étant à la solde du Prince et ayant perçu toute la difficulté qu’éprouvait celui-ci pour libérer son frère, ces avocaillons de l’autre siècle s’étaient alors résolus à tomber dans la déraison et même l’immoralité afin de sauver, ne serait-ce qu’en apparence, la face du Prince.
 
Puis le temps passa et soumis à une pression terrible des nations unies, le Prince s’est résolu à « dédommager » les détenus dans cette affaire sans pour autant se donner le courage de les libérer.
 
Il n’a non plus compris qu’il lui fallait saisir l’occasion d’une telle décision pour faire semblant de donner une suite au recours en grâce présidentielle fait par ces derniers depuis 2011.
 
Les choses sont restées là jusqu’à ce que le comité de travail des nations-unies contre la torture et la détention arbitraire se saisisse du dossier et rende, depuis novembre ses conclusions qui sont tout à fait claires :
 
Kpatcha Gnassingbé et ses codétenus sont en détention arbitraire, autrement dit, leur détention actuelle ne repose sur aucun principe juridique fiable et soutenable.
 
Le comité est allé encore très loin en rappelant au Togo, son devoir de se soumettre à ses conclusions et donc de les exécuter sans attendre.
 
Le comité a par ailleurs recommandé une enquête sérieuse sur les allégations de tortures des détenus et d’envisager un dédommagement à la hauteur du préjudice subi par ceux-ci.
 
Dans un pays normal, où les principes orthodoxes du droit et de la raison prévalent, Kpatcha Gnassingbé et ses codétenus auraient recouvré leur liberté depuis plus de trois mois déjà. Mais que constatons-nous ?
 
Un silence total qui frise un mépris ou même une arrogance à l’égard les nations-unies de la part des autorités togolaises.
 
Qui plus est, Kpatcha Gnassingbé est un frère de sang du Prince, fils d’Eyadema exactement comme lui l’héritier. Quelle raison objective et soutenable Faure Gnassingbé peut-il encore avancer pour justifier le continuel maintien de Kpatcha en prison ?
 
Aucune…Voilà pourquoi lui et son garde des sceaux ont choisi de se taire et d’esquiver proprement tous les appels des avocats de son frère.
 
Quelle cruauté !!! Mais qu’à cela ne tienne, cette attitude ne peut guère s’expliquer au sein de la communauté des hommes.
 
Le sadisme, le cynisme tels qu’ils sont développés au Togo inquiètent et abasourdissent les togolais. Ils ne sont nullement des vertus, mais plutôt des vices qu’aucun dirigeant digne ne saurait promouvoir dans un pays.
 
Cet exemple Kpatcha Gnassingbé n’est justement qu’un exemple parmi tant de dossiers et de sujets dans lesquels le Prince a perdu complètement la voie de la raison et de la sagesse obligeant ainsi les togolais à conclure à son immersion totale dans l’opium du pouvoir.
 
Il s’est certainement laissé aller dans l’illusion complète d’un pouvoir qu’il n’a en réalité pas. Du coup, il n’a point de repère, vacillant dans tous les sens sans pour autant disposer d’un fil conducteur fiable et repérable.
 
Jusqu’où espère-t-il aller avec cette méthode absurde de gestion des hommes en ce 21ème siècle ?
 
Il est certes vrai que la raison s’envole là où résident les penchants de la chair, notamment la gloire, les privilèges matériels, l’orgie sexuelle etc. Mais ici, est bien question du devenir de tout un peuple.
 
Il est question de bâtir les socles et principes républicains pouvant mettre égaux tous les citoyens devant la loi.
 
Ceux qui les dirigent se doivent de savoir raison gardée afin d’éviter de plonger le pays entier dans un précipice et un abîme sans issue….
 
source : togoinfos
 

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