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Gilbert Bawara : «La CENI existante travaille sur la préparation de la révision des listes électorales»

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Le Togo se prépare à avoir des élections présidentielles dans moins de 10 mois. Les partis politiques et les états-majors affutent leurs armes. Mais les incompréhensions subsistent toujours. L’opposition réclament toujours les réformes avant les élections présidentielles pendant que le gouvernement qui soutient des reformes mais à l’assemblée nationale ne trouve aucun lien entre les reformes et le processus électoral. Dans ce tohu bohu, la CENI a engagé le processus pour la présidentielle. Et c’est le ministre de l’administration territoriale de la décentralisation et des collectivités locales qui nous l’apprend. Bref, l’ancienne CENI travaille en attendant une nouvelle selon la configuration de l’actuelle assemblée nationale.
 
Voici notre entretien !
 
pa-lunion.com : Monsieur Gilbert Bawara, bonjour !
 
Gilbert Bawara : Bonjour !
 
pa-lunion.com : En mars 2015, les Togolais seront très certainement appelés aux urnes pour élire un nouveau président de la République à la succession de Faure Gnassingbé. Mais pour l’heure, le débat se fait autour des réformes. Question M. le ministre, Est-ce qu’on ira à l’élection présidentielle sans les réformes ?
 
Gilbert Bawara : D’abord, Il n’y a pas de lien direct entre les réformes qui étaient débattues et le processus électoral. L’élection présidentielle est une échéance constitutionnelle.
 
Partant de la précédente élection présidentielle et de la date de prise de fonction du président de la république, on doit s’attendre impérativement à avoir une nouvelle élection présidentielle en 2015. Et donc, c’est une échéance constitutionnelle. Les réformes peuvent arriver un jour comme un autre au gré des contextes et des circonstances politiques. Donc, les débats qui ont lieu à l’assemblée nationale sont un épisode, mais il y aura d’autres réformes demain peut être avant ou après l’élection présidentielle. Donc, il n’y a pas de lien.
 
pa-lunion.com : L’opposition demande ces réformes qui sont les prescriptions d’un accord politique depuis 2006. Mais il y a un blocage à l’assemblée. Vous-mêmes, le texte que vous avez envoyé a été rejeté. Est-ce que vous trouverez une solution pour décrisper l’atmosphère avant justement d’aller à cette élection ?
 
Gilbert Bawara : Je dis, les envies, les revendications, les demandes des partis politiques, c’est une chose. C’est quelque chose de permanent d’ailleurs. Ce n’est pas parce qu’on aurait opéré une réforme il y a une semaine, un mois ou une année, que dans les années qui viennent, il n’y aura plus de réformes. Il y aura toujours des réformes. Les efforts pour décrisper le climat socio-politique, c’est des efforts également permanents et constants du gouvernement. Nous le faisons parce que notre pays a besoin de cohésion, de paix sociale, de stabilité, afin que nous puissions nous concentrer résolument sur les défis économiques et sociaux. En revanche, le renouvellement des instances démocratiques doit se faire à intervalle régulière selon ce que la loi prévoit. Donc, je ne vois pas pourquoi il faut nécessairement chercher à établir des liens ou des conditionnalités entre ces différents sujets.
 
pa-lunion.com : Monsieur le Ministre, on ne définit pas de lien. Mais, le délai de six mois réglementaire au cours duquel il ne faudra pas toucher les textes dans l’espace CEDEAO étant, les réformes doivent se faire avant de rentrer dans cette période. La question est de savoir si on va réussir à s’entendre sur le minimum, pour éviter justement, des tiraillements pendant les périodes d’organisation des élections ?
 
Gilbert Bawara : Notre pays ne vit pas dans un vide juridique. La constitution existe et continue à régir notre pays. La loi électorale existe. Une CENI existe et est d’ailleurs entrain d’être recomposée avec la contribution et la participation de toutes les entités. Le problème qui se pose à moi est que je ne comprends pas le lien que vous voulez établir entre des réformes qui devraient être faites impérativement et les scrutins. Il y a eu un débat, ce débat est clos.
 
Maintenant, il faut passer à une phase opérationnelle, et veiller à ce que les partis politiques, les organisations de la société civile, dans le respect du cadre légal et institutionnel existant, prennent les dispositions qui s’imposent et travaillent.
 
pa-lunion.com : Vous êtes ministre de l’administration territoriale, ça suppose que vous êtes même à la base de l’action politique du pays. La présidentielle, nous le disons, c’est dans huit ou neuf mois maximum maintenant. Où est-ce qu’on en est ? Le processus est-il enclenché ?
 
Gilbert Bawara : Oui, bien sûr. Vous savez que le code électoral prévoit que la CENI reste en fonction, jusqu’à ce qu’elle soit renouvelée, et qu’il y ait donc une nouvelle CENI. La CENI existante qui comprend en son sein, les représentants de toutes les tendances politiques, ainsi que de la société civile, travaille sur la préparation de la révision des listes électorales, et nous-mêmes, le gouvernement a pris les initiatives pour saisir l’assemblée nationale en vue de la recomposition de la CENI, parce que l’assemblée nationale actuelle est faite d’une certaine configuration politique, qui détermine la composition prochaine de la CENI. Et donc, la CENI recomposée va poursuivre les préparatifs. Le gouvernement va mobiliser les moyens et les ressources nécessaires, pour permettre à la CENI de prendre les dispositions qui s’imposent avec l’engagement politique ferme du président de la république et du gouvernement, de faire en sorte que, nous continuons à améliorer les conditions d’organisation des élections dans notre pays. Nous avons à cet effet, tirer les enseignements par rapport aux insuffisances qui ont pu apparaître lors des élections législatives de 2013, et sur cette base, nous allons améliorer d’avantage.
 
C’est dire que les élections ont vocation à être de plus en plus apaisées, consensuelles, transparentes et crédibles, comme notre pays a pu en connaître dans son histoire.
 
pa-lunion.com : Le processus vers 2015 est enclenché dites vous, mais cela ne se sent pas. De façon stratégique, est-ce que partout, on prépare cette élection ou bien ça se prépare dans le carré de la CENI ou encore dans les bureaux de vous, Monsieur le Ministre ?
 
Gilbert Bawara : Non, le Ministre de l’Administration territoriale que je suis a vocation à canaliser la contribution et l’appui des services de l’Etat, pour permettre à la CENI de fonctionner dans de bonnes conditions, de préparer et d’organiser les élections dans de bonnes conditions. Maintenant, est-ce que la priorité quotidienne des Togolais, c’est les élections. Si c’est çà la question, je vous dirai carrément, non ! Mais je suis certain, qu’au delà du gouvernement et de la CENI, les partis politiques, les états-majors, les potentiels et futurs candidats, s’organisent et se préparent.
 
pa-lunion.com : Déjà en pré-campagne comme vous ?
 
Gilbert Bawara : Non, le gouvernement n’a pas de campagne à mener. Nous sommes dans le cas d’une élection présidentielle et puis, c’est la rencontre entre une femme ou un homme et le peuple, ce n’est pas une affaire en tant que telle du gouvernement. Le rôle du gouvernement, c’est d’aider à organiser les élections dans de bonnes conditions et de permettre une compétition saine et loyale ; de faire en sorte que toutes les exigences et tous les facteurs qui concourent à un scrutin transparent, démocratique, libre et équitable, soit réunis. Ça s’arrête là.
 
pa-lunion.com : A la dernière présidentielle, Monsieur le Ministre, toutes les recommandations formulées rentraient dans le cadre de l’organisation des locales avant les présidentielles de 2015. Il est aujourd’hui loisible de constater que cela n’est pas le cas, et vous avez été clair d’ailleurs qu’on ne fera pas les élections locales avant les prochaines présidentielles. Est-ce que Monsieur le Ministre, vous pouvez rassurer tout Togolais X ou Y qui sera candidat demain, qu’il peut aller dans toutes les préfectures sans avoir à faire avec des préfets zélés, des préfets qui dépassent même des fois l’autorité de votre ministère, pour faire des choses qu’il ne faut pas ?
 
Gilbert Bawara : Non, ne soyez pas un peu prisonnier de l’histoire et d’un passé révolu. Il y a beaucoup d’efforts qui sont consentis par le gouvernement, par le président de la république. Des initiatives sont prises par fois à l’instigation et à la demande des partis politiques, la société civile, les chefferies, tout cela, nous voulons que chacun reste dans son rôle.
 
Ma responsabilité, c’est de veiller à ce que, les préfets qui sont des démembrements de l’Etat ne prennent pas une part partisane dans les processus électoraux et sur les débats politiques, et c’est ce qui se passe.
 
En ce qui concerne les élections locales, ce n’est pas une position dogmatique du gouvernement de dire que ces élections n’auront pas lieu avant l’élection présidentielle. C’est tout simplement, une analyse lucide des conditions sur le terrain et des exigences qu’impose la réussite de la décentralisation.
 
Vous savez, nous parlons beaucoup d’élections locales et nous oublions que c’est un maillon d’un processus d’ensemble qui s’appelle décentralisation et qui doit permettre aux Togolais de se sentir partie prenante des délibérations sur les questions qui les touchent, sur leurs projets, de participer à l’élaboration et à l’adoption des projets de développement et de participer à leur mise en œuvre. C’est ça l’objectif. Et pour cela, il faut un minimum de conditions et de mesures, de structures, de capacités sur le terrain. Il faut un cadre concernant la fiscalité locale, concernant le régime financier des collectivités, il faut également qu’il y ait un minimum de consensus sur un certain nombre d’aspects de l’organisation des élections locales.
 
pa-lunion.com : Mais, considérant les choses comme ça, on risque de ne jamais faire les élections locales. Puisque, si vous voulez doter toutes les localités de structures adéquates, on va à 2020, 2030, Monsieur le Ministre.
 
Gilbert Bawara : Non, telle n’est pas notre intention. L’objectif, c’est de dire qu’il faut un minimum de conditions. Et ce minimum de conditions, nous nous attelons déjà à les mettre en place, et j’ai indiqué que le gouvernement va mettre incessamment sur pied, un comité technique chargé de l’élaboration d’une feuille de route, des élections locales et de la décentralisation, le processus d’élaboration et de mise en œuvre de cette feuille de route, doit être fait de manière concertée avec la contribution et l’implication active et effective des partis politiques et des organisations de la société civile, qui sont intéressés par la question des gouvernances locales, sur le terrain avec les populations. Donc, nous allons faire les choses de manière méthodique, organisée et structurée, et nous allons le faire dans un esprit d’écoute et de concertation avec l’ensemble des acteurs qui sont concernés.
 
pa-lunion.com : Donc, c’est parti pour 2015, et tous les acteurs peuvent avoir accès à toutes les localités sans contrainte, sinon, votre téléphone est ouvert au cas où il y a des problèmes.
 
Gilbert Bawara : (Rire). Non, vous êtes en train de parler des problèmes virtuels. Aujourd’hui, ces problèmes là n’existent pas. Mais, je ne vais pas non plus nier qu’il y a eu parfois des difficultés sur le terrain avec certains préfets. Mais lors des dernières élections législatives, vous connaissez un seul endroit où les candidats, les partis politiques auraient eu des difficultés ?
 
pa-lunion.com : Mais l’ambiance dans l’organisation d’une élection législative est toujours différente d’une ambiance dans l’organisation d’une élection présidentielle, Monsieur le Ministre et vous le savez bien…
 
Gilbert Bawara : Mais ça va de soi. J’ai une responsabilité et je dois l’assumer. Si ça arrive et je suis informé, ensemble avec mon collègue chargé de la sécurité, ensemble avec les autres membres du gouvernement, nous agissons pour garantir et assurer la liberté de circulation et d’activité des partis politiques. Nous avons opté en tant que pays pour la démocratie, ça a des exigences et des contraintes, pas seulement de la part des partis politiques, mais de la part aussi des pouvoirs publics. Donc, il faut éviter des prises de position partisane des démembrements de l’Etat sur le terrain.
 
pa-lunion.com :Monsieur Gilbert Bawara, merci !
 
Gilbert Bawara : C’est moi qui vous remercie.
 

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Publié le 17 juillet 2014


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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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