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Il n’y a qu’un seul problème vraiment sérieux au Togo : C’est la question morale

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Pourquoi la République est-elle si couverte de fraudes et de crimes ?
 
Il n’y a qu’un seul problème vraiment sérieux au Togo : C’est la question morale

 
«Une nation périclite quand l’esprit de justice et de vérité se retire d’elle ». La réflexion de Jean PAULHAN dans sa Réponse à Martin-chauffier illustre éloquemment la trajectoire du Togo sous la dynastie GNASSINGBE I et II où le pays, en cinquante ans, a produit deux générations d’hommes dont une partie qui n’a pas pu être sauvée par le miracle de l’éducation est tombée carrément dans le gouffre de l’immoralité avec une série d’exploits renouvelés dans la sottise, la criminalité, la violation des civilités et des Droits humains. Le Togo est une République où triomphe l’arbitraire, le crime de sang, le crime économique.
 
La couche de la médiocrité supérieure qui n’a ni scrupule ni sensibilité morale écrase de sa bestialité par un brigandage assidu tous ceux qui sont encore dans la socialité républicaine pendant qu’ils s’arment du courage de la raison et d’humanité pour tenter de ramener dans la cité ceux qui ont déjà pris la dimension redoutable des fauves. Voilà le paradoxe d’un piège sans fin de la tragédie qui s’étend sur un demi siècle au Togo dont toutes les approches de solution prises en engagements, en traités, en accords ou en contrats républicains, s’essoufflent vite pour se transformer en paillasson sur lequel s’essuient les pieds la frange inclinée dans la bestialité. Elle est constamment dans la tyrannie et elle n’accorde aucun prix à la vie des citoyens épris de responsabilité et du sens de reconstruction d’une cité rougie par la barbarie, le sang d’innocents ou d’honnêtes gens.
 
Au confluent de l’histoire d’Afrique, notre rendez-vous sur le parvis des échanges nous courbe la tête de honte. Nous n’avons que les absurdités de notre foire aux cancres à exhiber sans conviction, sans honneur, sans gloire. Nous manquons au bon sens et à la morale, aux principes de justice, d’éthique et d’équité sur lesquels se bâtissent la foi en l’avenir et le devoir d’exemplarité.
 
Nos éclats de bêtise et de transgression abjects étonnent le monde qui doute de ce que nous faisons de notre vie, de notre cité, de notre République encore au stade primaire de la conception du vivre-ensemble à cette époque de luminosité et d’élévation fulgurantes des hommes dans la course des grandeurs qui préservent les peuples de l’hécatombe. L’esprit qui gouverne le Togo dans le mépris de la vie avec un coefficient de négativité pour la justice, la vérité est une risée de gouvernance. La rapine, la fabrication du faux, les falsifications ubuesques, la tradition du mensonge, la délinquance judiciaire, les crimes de sang, les crimes économiques ont fait de nous des détraqués qui ont perdu la boussole de l’humanité. Nous sommes éteints de notre rayonnement d’hommes précieux, dignes, travailleurs que la terre entière a connu avant l’indépendance et juste après l’accession à la souveraineté nationale. Même le commerce qui faisait de nos femmes les plus entreprenantes dans le monde des affaires sur l’échiquier mondial s’est glissé pour être recueilli par la main d’une légion étrangère sur notre sol. On fait la promotion de cette main avec laquelle on partage l’exploitation d’un peuple.
 
La gouvernance sauvage ne pense que le pouvoir pour le pouvoir. Les pratiques de la violence et d’usurpation entretiennent l’enrichissement illicite et inhibent la pensée pour la grandeur et le bien-être des populations. Ceux qui sont dans la Caverne d’Ali Baba de « Baba et fils » n’ont pas de chapitre à faire triompher de l’histoire. Ils sont dans la course à l’accumulation de fortunes insolentes et ne peuvent se préoccuper de la déchéance d’un peuple jadis célébré de ses compétences, de sa droiture et des valeurs qu’il incarnait.
 
La moule politique du faux qui fabrique des hommes standardisés avec souvent un repli identitaire n’est-il pas la source des malheurs inextricables qui répand sur la République la désolation et le renoncement à l’espoir ?
 
Quand le scandale du faux prend des proportions multidimensionnelles dans un pays, la délinquance de gouvernance n’est-elle pas contagieuse pour ensevelir chez les citoyens, le civisme et la morale ?
 
N’y a-t-il pas une gravité de destruction du principe d’identité de nos gouvernants et une imitation de leurs tares qui ont transformé notre nation en une poubelle de l’histoire ?
 
Sans révolution morale, éthique, y a-t-il une révolution spirituelle, économique, politique ?
 
1)Togo, terre des artifices et de la tyrannie du faux
 
L’évidence de la personnalité d’Eyadéma se poursuit dans le fils. La succession de son règne est une démonstration par l’exemple que le faux est ce que est génétiquement caractériel de la descendance. L’histoire du Togo en cinquante ans est balafrée par une mythomanie congénitale dans le principe d’accès au pouvoir et dans les manœuvres cruelles de s’y maintenir à n’importe quel prix.
 
Le père se vantait fièrement d’un régicide pendant de très longues années avant que d’autres personnalités historiques n’apportèrent des contradictions sur l’assassinat de Sylvanus OLYMPIO, père de l’indépendance et de la nation togolaise. Le « Timonier national » gonflé de mensonge comme un paon a cru devoir s’attribuer un rôle qui n’était pas de son ressort. Ses relents de criminalité se manifestèrent vite dans la gouvernance sans partage jalonnée d’épisodes de faux coups d’Etat, d’un prétexte de guerre civile, d’une prostitution de luxe instituée par l’imaginaire d’un creuset national où tout le monde dansait à sa gloire et les filles et femmes servaient à une planification du service libre ou de séances de partouze. Pour éviter la guerre civile, Eyadéma a l’ingéniosité de créer une armée ethnicisée, une milice aux crimes multiples, une chaîne de lecteurs de motion, une administration coiffée de préférence ethnique, une évolution séparée avec un repli identitaire. L’hymne nationale est falsifiée au même titre que l’histoire du Togo en bande dessinée dont le titre Il était une fois révèle un contenu de sottise d’une rare prétention morbide.
 
Le fils dont on dit qu’un testament du père l’a désigné comme son successeur dans une République est une boule de mensonge qui s’égrène sur son parcours hors catégorie de normalité en éthique, en morale en logique et en humanité comme le témoigne, du reste, son triple coup d’Etat constitutionnel, militaire et électoral. La tromperie aggravée dans un accord républicain qu’il refuse d’appliquer est aussi le signe d’une asocialité qui ne peut donner légitimité à l’application de l’Accord Politique Global et à une Renaissance quelconque d’une nation raviné par l’instinct meurtrier du camp GNASSINGBE. La bouffonnerie de Réconciliation aux recommandations jetées par-dessus la République, la création d’un ministère en charge de la réconciliation et le cirque désolant d’un Haut commissariat au manteau de faiseur de la paix au Togo constituent des morceaux choisis d’un banditisme politique. Ce pays est sauvagement embrigadé dans le culte du faux, de père en fils, étayé par des armes de guerre, une barbarie aux rebonds multiples couronnée des fleurs de l’impunité comme si un complot noir se déroulait contre tout un peuple qui a déjà perdu plus d’un millier de ses fils dans les phases crapuleuses d’une gouvernance par le sang, le faux que la communauté internationale a du mal à condamner et à mettre au pas.
 
Le visage de notre Assemblée nationale est unique au monde dans la transgression de la normalité. Des suffrages minoritaires exprimés en faveur du parti de la délinquance et du faux, lui taille une majorité confortable de députés au détriment de l’Opposition qui, rassemblée en voix, dépasse le vote quantifié au compte de la « minorité-majoritaire ». Le paradoxe de la majorité à l’Assemblée nationale est symptomatique d’une gouvernance par la rapine, par l’effraction, le coup de force et le mensonge institutionnalisés.
 
Nos institutions sont proprement fossilisées, inopérantes avec une seule preuve de vie, leurs écriteaux à titre indicatif. La cour de justice communautaire de la CEDEAO a, à maintes reprises, crié l’ignominie de la criminalité judiciaire dans ce pays qu’est le nôtre et nous frappe d’une avalanche de condamnations pour les coups tordus au droit, à la justice. L’Affaire Kpatcha GNASSINGBE, l’affaire dite d’escroquerie internationale, celle des neuf (09) députés ANC attestent le gouffre judiciaire d’un règne couvert d’une impossibilité à dire le vrai, à respecter les droits des citoyens, la justice qui est devenue l’arme fatale de règlement de compte. Nous ne sommes pas prêts d’oublier la honte nationale de l’insulte adressée contre la Cour Constitutionnelle togolaise par le Tribunal d’Abuja qui, noir sur blanc, écrit dans l’arrêt des neuf députés ANC : « La cour constitutionnelle a ignoré le droit ». Quand un organe supposé de régulation du droit et de la conformité des textes de la République s’écarte de son rôle avec des éclats de parti pris et de contorsions abominables, l’état de la nation se lit ainsi à travers les absurdités épouvantables du droit.
 
Au Togo, un clan veille dans le faux avec des institutions de surface dont les exploits de falsification ont pris des proportions outrageantes au cœur de la citoyenneté qui n’a plus aucune résonnance de fierté. La Cour des comptes est un enjoliveur de la surfacturation que le chef de l’Etat dénonça par un gros lapsus sans le moindre effet. De même par erreur, Faure GNASSINGBE a signalé à la nation que sa richesse est confisquée par une minorité qui est la source du mal d’indigence grandissante à l’intérieur de notre cité. Face à l’insoutenable, le pouvoir discrétionnaire d’un chef peut-il être l’inertie ? Quand un drame se déroule sous nos yeux, à plus forte raison sous une gouvernance dont le chef déclare en avoir conscience, la conséquence est exprimée dans Situation I de Jean-Paul SARTRE : « Serions-nous muets et cois comme des cailloux, notre passivité même serait une action » et peut-être, ajoutons le une onction.
 
2) Pour une révolution morale
 
Le spectacle auquel s’est livré la CENI pour donner unilatéralement des résultats contestés en direct sur un plateau de télévision par son vice-président suite à la présidentielle du 25 avril 2015 interpelle tout citoyen de bonne foi à repenser la République et à lui imposer un sursaut éthique, moral, civique, c’est à dire des valeurs par opposition au folklore d’un civisme dont les concepteurs sont au cœur d’une politique marchande et de la corruption active qui chosifient nos populations. Nous n’avons nullement besoin d’un civisme à la criée avec des actes de pacotille des concepteurs de fortune qui se signalent çà et là du cercle d’un pouvoir d’insolence et d’effraction. Ce qui nous importe, c’est l’avenir national frappé du sceau de la modernité et de l’exemplarité qui mobilise une adhésion plantureuse sur des valeurs de partage, d’égalité de droit à la jouissance de la citoyenneté. La comédie de propagande d’un civisme malhonnêtement servi par ceux qui cultivent le faux, le repli identitaire, la falsification de l’histoire, les coups de force est d’un dégoût nauséeux et d’un rachitisme rebutant pour oser fédérer l’espoir d’une Renaissance nationale.
 
Il nous faut des hommes d’exception d’une « race de modernité » avec une perception intégrée de l’avenir commun sans un cramponnement à un compartiment de profit de la vie publique à leur propre compte et sans une « politique de broutage », c’est-à-dire, une course à l’enrichissement illicite. Comment est-il possible d’imaginer que ceux qui excellent dans les coups de force, dans la délinquance judiciaire, dans la violence fauve, dans les violations des Droits humains et des civilités républicaines aient des sacs en bandoulière pour nous distribuer des manuels de civisme ? Le civisme est la forme la plus vivante de la morale des cités et plus particulièrement du vivre-ensemble. L’outrecuidance de bouffonnerie des troubadours de la dynastie GNASSINGBE qui parle du civisme n’inspire la moindre confiance. La théâtralisation des concepts creux, franchement vidés de leur substance est le propre des faussaires de la République.
 
Quant au peuple lucide et démocratique du Togo, il s’est longtemps détourné de la poule à caqueter qui cherche là où elle va pondre ses œufs de malheur pour un civisme rachitique qui traîne dans les rues un balai. La révolution éthico-morale procède par l’exemple. CORNEILLE a vu juste dans le CID lorsqu’il écrit : « Les exemples vivants sont d’une autre valeur ». La perception réductrice du civisme au balayage sporadique de petits coins de nos agglomérations n’emballe personne. Les vrais exemples sont toujours si corrects, si édifiants qu’ils sont au-dessus du superflu, de la propagande.
 
Ceux qui vont comme des oiseaux migratoires à l’assaut du trafic des procès-verbaux et des urnes par le bourrage systématique par-delà l’achat de consciences dont ils sont des experts impunis ont des mains qui ne tolèrent plus de gants dans l’exercice de leur forfait. Ils n’ont ni orgueil à s’élever de leurs pourritures, ni une sensibilité morale de respect de soi. Pour sortir le pays de l’engrenage de la nullité éthique, civique et morale, une révolution morale est absolument nécessaire parce que toute gouvernance qui se borne à la valeur marchande des choix politiques et au traficotage de la vérité se trompe sur les grandes questions humaines et celles de la République.
 
L’honneur ou la chute d’une République est parfois d’un seul tenant. Le passage à vide de notre pays sur la défense des valeurs est épouvantable. Mais, nous croyons que la nécessité est le ferment des exploits. Au Ghana, RAWLINGS a été sécrété par l’histoire des pourritures de la République ; au Burkina Faso, SANKARA émergea d’un contexte socio politique qui clouait à l’inertie les leviers à réinventer l’avenir de ce pays. Il est fort à parier que nous sortirons de la traversée du désert à condition que la conscience d’un enlisement ne se transforme en un dédain populaire. Le ressentiment de notre peuple sur le gouffre politique aux crimes multiples est un fait indéniable qui se traduit dans les urnes massivement. A chaque fois que nous renversons légalement le cours de notre sombre destin, il y a des mains de sales voyous qui nous replongent dans la caverne exaspérante de l’abîme morale, politique, éthique.
 
Si le peuple togolais en lutte pour un meilleur devenir commun et un mieux-
 
être pour tous refuse de capituler devant l’épreuve de la liberté, la convergence des valeurs qui déterminent son combat sortira l’homme providentiel qui mènera la ligue de la Renaissance. Un peuple majoritairement acquis à une cause et qui se sent volé ne peut refouler indéfiniment l’outrage qui lui est fait.
 
La terre togolaise a besoin de nouvelles semences. Mais elle doit être retournée pour donner une chance de réussite à la moisson des semences. La forme que prend pour la troisième fois la présidentielle au Togo est le point de départ d’une légitime-défense de notre avenir commun. La conscience d’une prise en otage de notre destin provoque des intuitions infaillibles de notre libération. N’ayons pas l’illusion que notre libération politique, morale, éthique est du ressort de l’étranger, d’une communauté internationale qui se met du côté de la force. La puissance populaire est la première force qui ordonne l’assistance étrangère. La révolution morale ne peut prendre son envol sans la révolution politique. Il est insoutenable que la courbe de la mort à petit feu par le sadisme politique s’élargisse. L’avenir est à nous peuple. Décidons-le !
 
Didier Amah DOSSAVI
 
L’Alternative N° 422 du 12 Mai 2015
 

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Publié le 16 mai 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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