Kenya, Coup de tonnerre : La Cour suprême kényane invalide la victoire du président Uhuru Kenyatta !

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Le président sortant kényan Uhuru Kenyatta délivre un discours à Nairobi, Kenya, 14 août 2017.


La Cour suprême du Kenya a invalidé vendredi la victoire du président sortant, Uhuru Kenyatta, à l’issue du scrutin du 8 août dernier en raison d’irrégularités et a ordonné la tenue d’un nouveau vote dans les deux mois à venir.
 
« [La victoire de Kenyatta] est déclarée invalide, nulle et non avenue », a dit le juge David Maranga. « [La commission électorale] n’a pas réussi à [organiser] ou a refusé d’organiser l’élection présidentielle en accord avec les règles constitutionnelles ».
 
Réagissant à cette décision, la commission électorale kényane a déclaré qu’elle allait remplacer le personnel impliqué dans les irrégularités.
 
« Pour garantir l’intégrité de la volonté souveraine du peuple, la commission a l’intention de procéder à des changements en interne », a indiqué Wafula Chebukati, le président de la commission électorale, précisant qu’il ne comptait pas démissionner.
 
Le président Uhuru Kenyatta s’est dit en « désaccord » avec la décision de la Cour suprême, tout en affirmant la « respecter », lors d’une adresse en direct sur les chaînes de télévision.
 
Le président sortant avait été déclaré vainqueur par 1,4 million de suffrages d’écart.
 
Le chef de file de l’opposition, Raila Odinga, avait crié à la fraude massive après l’annonce des résultats et, le 18 août, la coalition de l’opposition a déposé un recours devant la Cour suprême pour contester les résultats.
 
« C’est une journée historique pour le peuple kényan », a réagi Raila Odinga à l’annonce de cette décision.
 
« Pour la première fois dans l’histoire d’une démocratie africaine, une décision prise par un tribunal a invalidé l’élection frauduleuse d’un président » – Le chef de file de l’opposition, Raila Odinga
 
Pour un député du camp d’Uhuru Kenyatta, la commission électorale n’a rien à se reprocher, ajoutant que cette décision était « très politique » et qu’elle devait être respectée.
 
« Tournons-nous vers le peuple et les Kényans s’exprimeront de nouveau », a dit Ahmednasir Abdullahi.
 
Précédemment, la mission d’observation de l’Union européenne et un groupe d’observateurs indépendants avaient validé le scrutin, estimant qu’il n’y avait aucune fraude.
 
Raila Odinga, 72 ans, issu de l’ethnie Luo majoritaire dans l’ouest du pays et qui se sent marginalisée par les Kikuyu de Kenyatta, a déjà été battu lors des élections présidentielles de 2007 et 2013. Il a à chaque fois contesté les résultats.
Le président sortant kényan Uhuru Kenyatta délivre un discours à Nairobi, Kenya, 14 août 2017.
 
De nombreuses voix s’étaient élevées pour demander à Odinga de contester le résultat du scrutin devant les tribunaux, et non dans la rue, afin d’éviter une répétition des violences interethniques après le vote de 2007, qui avaient fait plus de 1200 morts et 600 000 déplacés.
 
Source : Reuters
 

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