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L’Alternance au Nigéria, les enseignements à tirer par Faure Gnassingbé, les politiques et le peuple togolais

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L’alternance au pouvoir, voilà une vertu de la démocratie derrière laquelle courent les Togolais depuis un demi-siècle. Cet idéal s’est réalisé dans tous les pays voisins, que ce soit au Bénin, au Ghana, au Burkina Faso et dans bien d’autres pays du continent africain. L’un des tous derniers à y (re)goûter, c’est le grand Nigeria, avec la victoire de l’opposant Muhammadu Buhari sur le président sortant Goodluck Jonathan, au terme de l’élection présidentielle des 28 et 29 mars derniers. Au-delà de cette victoire collective du peuple nigérian pleine d’enseignements pour les Togolais, c’est surtout la bonne mentalité du président sortant qui devra faire école chez Faure Gnassingbé.
 
Le pouvoir change de main au Nigeria
 
Muhammadu Buhari, retenez bien ce nom. C’est celui qui devra présider le géant Nigeria durant les quatre prochaines années. Il est le grand vainqueur de l’élection présidentielle organisée au Nigeria le 28 mars dernier. Les chiffres communiqués au compte-goutte par la Commission électorale, notamment ceux de l’Etat de Borno au Nord sont venus officialiser la victoire du candidat du All Progressives Congress (APC).
 
Si les résultats officiels ont été donnés tard dans la nuit de mardi, la victoire de Buhari ne faisait l’ombre d’aucun doute au fur et à mesure que la journée avançait et que les chiffres partiels tombaient. Selon les résultats communiqués, Muhammadu Buhari remporte vingt et un (21) Etats sur trente-six (36). Son avance s’est creusée pour atteindre une marge finale de deux millions cinq cent soixante-dix mille (2 570 000) voix.
 
Le nouvel élu du Nigeria s’est imposé dans le Nord d’où il est originaire, devançant largement son adversaire dans l’Etat de Kano, le plus peuplé du septentrion avec 1,7 million de voix, et dans celui de Kaduna avec 650 000 voix recueillies. Goodluck Jonathan a été plébiscité dans la région pétrolifère du Delta du Niger au Sud avec 98 % des suffrages dans son fief de Bayelsa et environ 95 % dans le Rivers. Si le sortant a gardé la mainmise sur le Sud et le centre du pays, son adversaire et vainqueur, en plus d’avoir raflé la mise dans le Nord, a marché sur les plates bandes de Goodluck Jonathan, gagnant du terrain dans le Sud-ouest, notamment dans l’Etat de Lagos, la capitale économique du Nigeria.
 
Ce sont près de quatorze millions (14 000 000) de voix au total qui ont été recueillies dans les trente-six (36) Etats par Muhammadu Buhari, contre un peu plus de onze millions (11 000 000) pour Goodluck Jonathan. En termes de pourcentages, la Commission électorale évoque un taux de 53,24 % des suffrages pour le nouvel élu, contre 45,67 % pour le sortant.
 
Voilà une belle page de plus écrite par le peuple nigerian. La particularité de cette élection, c’est que c’est la toute première fois qu’un opposant vient au pouvoir par les urnes. Bien évidemment, c’est la joie dans tout le pays, notamment dans les rangs des partisans de Muhammadu Buhari. D’ailleurs sûrs de leur victoire, ils ont même débuté la fête avant la proclamation officielle des résultats. Une belle issue qui doit faire pâlir d’envie les Togolais.
 
Le Nigeria marque encore un but au Togo
 
Que ce soit sur les plans superficie, populations, politique, force militaire, économie…aucune comparaison n’est a priori possible entre le Nigeria et le Togo. La seule qui tienne serait que les deux pays sont situés en Afrique occidentale. Mais on ose faire une comparaison car le Nigeria et le Togo font partie des pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique (Cedeao) appelés à organiser des élections présidentielles au cours de la période 2015-2016 pour élire celui qui devra présider à leurs destinées lors des prochaines années. Si l’inquiétude était réelle sur l’apaisement de ces scrutins, le Nigeria, lui, vient de franchir le pas, en organisant son élection plus ou moins dans le calme. Mais la grande victoire est l’alternance qui s’est une fois de plus opérée au sommet de l’Etat, avec l’élection d’un opposant au pouvoir.
 
Cette fois-ci aura été la bonne pour cet ancien dignitaire de l’armée recalé déjà à deux reprises. Avec son élection à la tête du pays, le Nigeria en est à son 4e président depuis 2003, avec Olusegun Obasanjo (29 mai 1999 – 29 mai 2007), Umaru Yar’Adua ( élu le 29 mai 2007 et décédé le 5 mai 2010) et Goodluck Jonathan élu le 16 avril 2011 après un intérim à la présidence. Contre pratiquement un seul au Togo, Faure Gnassingbé dans la même période, ou deux au plus. C’est le 14e dirigeant en tout connu par ce géant d’Afrique depuis 1966. Contre deux seulement pour le Togo au cours de la même période. Notre pays constitue d’ailleurs l’exception de la sous-région où il n’y a pas de limitation du mandat présidentiel, le scrutin est à un tour et où il n’y a jamais eu d’alternance au pouvoir.
 
La plupart des Nigérians se sont dits contents du déroulement du scrutin et louent sa transparence que reconnaissent d’ailleurs les observateurs. Le fair-play dont a fait preuve le sortant Goodluck Jonathan est salué par le peuple entier qui y voit un ancrage de la démocratie au Nigeria, sa bonne vitalité.
 
Malgré les efforts louables déployés à la tête du pays par Goodluck Jonathan, les Nigérians ne s’en sont pas contentés. Ils ne lui ont surtout pas trouvé de circonstances atténuantes, avec les ravages de la secte Boko Haram. Au contraire, ils l’ont sanctionné dans les urnes. Rêvant en grand et en voulant plus pour leur pays, ils ont succombé aux belles promesses de Muhammadu Buhari : L’électricité permanente et partout, un meilleur système de santé, des routes en bon état, une éducation de qualité, des emplois, notamment pour tous les diplômés, une meilleure répartition équitable des richesses, la lutte contre la corruption, contre Boko Haram…voilà ce qu’il a promis et que ses compatriotes attendent donc de lui. Ils veulent sentir dans leur quotidien la place de première économie du continent africain. Et ils sont convaincus de le renvoyer à ses chères études quatre ans plus tard lorsqu’il n’aura pas honoré ses engagements. C’est le signe de la maturité politique du peuple nigérian. Une mentalité qui devra inspirer les Togolais qui rêvent trop souvent petit, se satisfont du peu, de quelques routes retapées et quelques actions qui n’ont aucune incidence sur leur vie.
 
Étant le candidat le mieux placé, la meilleure alternative à l’alternance, l’opposition a adoubé Buhari. Ce sont quatre de ses formations qui se sont coalisées pour former le All Progressives Congress (APC) et le désigner comme leur porte-flambeau. Aucun leader n’a privilégié les intérêts partisans, comme au Togo où les loosers naturels s’évertuent à s’opposer à leur camarade le mieux placé, Jean-Pierre Fabre. Muhammadu Buhari a en plus reçu le soutien d’Olusegun Obasanjo, l’ancien président du Nigeria qui a publiquement déchiré en février dernier sa carte de membre du parti au pouvoir, le Parti Démocratique Populaire (PDP). C’est une sorte d’union sacrée qui a été scellée autour de lui. Autant de choses qui doivent faire école au Togo où l’hypocrisie et la perfidie sont les choses les mieux partagées.
 
L’élégance de Goodluck Jonathan et la belle leçon à Faure Gnassingbé
 
Au-delà du peuple qui a toutes les raisons de se tisser des lauriers, cette élection met en lumière un homme : le sortant Goodluck Jonathan et son fair-play. Bien que disposant du pouvoir, de la force militaire et de l’argent de son côté, autant de moyens qui suffisent en Afrique pour capter le fauteuil présidentiel et s’y accrocher, il n’a nullement cherché à s’en servir et s’imposer. Surtout que les scores sont dits serrés, il lui aurait suffi d’un petit effort (sic) pour faire faire pencher la balance de son côté.
 
Mais en homme vertueux, il ne s’est pas laissé aller à cette basse besogne. La transparence de l’élection est d’ailleurs ce qui est salué le plus par les observateurs. On parle d’un scrutin à biométrie intégrale qui, selon les experts, a permis d’éviter les fraudes. Non seulement Jonathan a organisé le scrutin dans la transparence, mais en plus il s’est engagé, à travers un accord signé la veille avec son challenger et futur vainqueur, à respecter le verdict des urnes.
 
Et il a tenu parole. Goodluck Jonathan a reconnu sa défaite au soir de ce mardi et félicité son adversaire pour sa victoire. « Le président Jonathan a appelé à 17h15 (16h15 GMT), pour reconnaître sa défaite, a déclaré à l’AFP Shehu Garba, le directeur de campagne de M. Buhari. Le général Buhari a accepté et il l’a remercié pour cela». Quelle élégance !
 
Les Togolais devront simplement pâlir d’envie devant ces péripéties heureuses et cette mentalité de grand de Goodluck Jonathan, Faure Gnassingbé faisant tout le contraire du président nigérian sortant. Ici au Togo, on ne veut sentir l’alternance sous aucun prétexte.
 
Alors qu’il est au terme de ses deux mandats acceptés en démocratie et devrait vider le plancher, le Prince de la République a refusé de mettre en œuvre les réformes constitutionnelles et institutionnelles recommandées par l’Accord politique global (Apg) et pris prétexte sur la Constitution du 31 décembre 2002 qui a sauté le verrou de la limitation du mandat présidentiel pour candidater à un 3e mandat au pouvoir.
 
Et la transparence est ce qui manque le plus au processus électoral actuel, les dés sont pipés à l’avance. Des experts en manipulations électorales à l’instar de ceux de la société Zétès et du Béninois Clément Aganahi sont recrutés pour les traditionnelles basses besognes.
 
Le pouvoir s’oppose à l’audit demandé par l’opposition pour apurer le fichier électoral qui contient des centaines de milliers de doublons et d’électeurs fictifs qui faussent souvent le jeu électoral en faveur du pouvoir.
 
Par ailleurs, il est procédé aux achats des consciences des électeurs par de grands gestes électoralistes. Avec un éventuel 3e mandat, adieu l’alternance au Togo. Le règne des Gnassingbé qui dure déjà depuis quarante-huit (48) ans, devrait donc continuer, au grand désarroi des populations qui aspirent à autre chose.
 
Le processus électoral au Togo est dans sa phase décisive ; mais il est encore possible pour Faure Gnassingbé de revenir à de meilleurs sentiments. C’est juste une question de volonté. Vivement que les bonnes vertus de Goodluck Jonathan l’inspirent !
 
Source : [02/04/2015] Tino Kossi, Liberté N°1917 / via 27avril.com

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Publié le 5 avril 2015


Catégorie(s) : Politique
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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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