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Les autorités togolaises à l’école du devoir de sincérité envers les populations

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Epidémie de la fièvre à virus Ebola
Le gouvernement a longtemps tu le SIDA avant d’avouer son existence au Togo

 
Le ministère béninois de la Santé a tenu la semaine dernière une conférence de presse pour un cas suspect de malade Ebola pour édifier les citoyens. Au Togo, des situations identiques n’ont pas encore décidé les autorités à affronter les médias et la population pour faire le point. Et lorsqu’on revoit les conditions dans lesquelles certains éléments des forces de l’ordre ont évolué devant le cas suspect à Lomé, il ressort qu’un premier cas avéré risque d’être la catastrophe. Mais le black-out que les autorités font planer sur cette épidémie fait penser aux méthodes utilisées il y a des dizaines d’années face au virus du Sida avant que finalement, elles concèdent à reconnaître l’existence de cette maladie au Togo.
 
Vendredi dernier, lorsqu’un premier cas suspect à virus Ebola a été signalé au Bénin, voici ce que le gouvernement a sorti comme communiqué : « C’est un patient de 21 ans venu du Nigéria admis au Chd de l’Ouémé/Plateau. La personne ne pouvait plus s’exprimer. Il faisait la diarrhée et le vomissement. Il n’était plus en bon état physique. Ce sont les cas que nous recevons souvent dans nos hôpitaux. Le malade et ses accompagnateurs ont été isolés. Il s’agit d’un cas suspect, mais ce n’est pas encore confirmé. Des prélèvements ont été faits pour confirmer ou non la maladie d’Ebola…. ». Le communiqué du Directeur adjoint du cabinet du ministre de la Santé précise en toute humilité que « …toutefois, lesdits prélèvements seront analysés à l’extérieur, car le Bénin ne dispose pas pour l’heure d’un laboratoire capable de détecter des cas d’Ebola ».
 
Dans la même journée au Togo, un cas suspect signalé la veille a obligé le ministère de la Santé à la sortie suivante : « A ce jour, aucun cas suspect de malade à virus Ebola n’est signalé sur le territoire national… Il s’agit d’informations non fondées qui sèment une psychose générale dans la population ». Voilà comment les autorités béninoises qui ont demandé à tout citoyen de signaler tout cas suspect et qui ont mis à sa disposition un numéro vert, gèrent les cas suspects signalés moins de 24 heures avant. Mais rien n’a été dit sur d’autres cas ayant débarqué à l’aéroport de Lomé. De sources proches du personnel de l’aéroport, quatre cas suspects ayant pris un vol d’Asky jeudi dernier, ont été signalés dans la zone de transit et seraient en centre d’isolement. Le lendemain, quatre nouveaux cas sur la compagnie Air Ivoire seraient également détectés et ont rejoint le même centre.
 
Il est vrai que le service de prévention n’a pas la cote au Togo, mais il est tout aussi vrai que le Togo ne dispose pas de centre d’analyses pour détecter la présence ou non du virus dans les liquides biologiques d’un suspect et que c’est au Sénégal ou ailleurs que les analyses se feront. Et ça, aucune autorité n’a le courage de l’avouer aux populations comme le Bénin l’a humblement reconnu. La sortie de vendredi dernier mérite quelques remarques. Si la durée d’incubation du virus varie entre 2 et 21 jours, et si le suspect évacué jeudi soir au centre d’isolement n’a pas atteint la période de « maturité » qui pût permettre à d’autres signes de se révéler, sur la base de quelle certitude les services de santé ont-ils pu se prononcer sur la non existence du virus chez ce suspect ? Ou bien a-t-on pu envoyer des prélèvements nuitamment au Sénégal pour des analyses? Tout paraît dans le communiqué gouvernemental comme si le souci majeur était de rassurer, plus que de montrer aux populations que les cas suspects sont traités avec diligence. Et dans ce cas de figure, les autorités togolaises ne seront pas à leur coup d’essai.
 
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En effet, pour ceux qui peuvent encore s’en souvenir, la maladie du Sida a proprement fauché des vies de Togolais longtemps avant que le régime qui tenait plus à ripoliner son image aux yeux du monde entier, ne finît par reconnaître qu’effectivement le Sida existe bel et bien au Togo. En toute probabilité, le Togo aurait bénéficié plus tôt d’assistance si les gouvernants avaient fait profil bas et dit la vérité sur la maladie. Sans être alarmiste, le pays se trouve encore dans ce cas de figure.
 
Au-delà de la présence ou non du virus Ebola au Togo, le pays n’est pas prêt à faire face à une épidémie de ce genre. Pas parce qu’il n’existe pas de personnel qualifié, mais du fait de l’amateurisme dont fait preuve la hiérarchie. Jeudi dernier, à l’annonce du cas suspect, des éléments des forces de l’ordre se sont rendus sur les lieux sans mesures de protection et il a fallu l’arrivée d’un agent de santé pour qu’ils se couvrent le nez non pas avec des masques de protection, mais avec des cache-nez. Et pourtant, on parle d’un virus hautement transmissible. L’autre aspect que les autorités tardent à expliquer concerne la configuration des centres d’isolement. Ces lieux sont-ils constitués de pièces séparées et isolées pour éviter la circulation des gouttelettes de Pflügge ou alors, sont-ce des lieux où chacun regarde l’autre ? Loin d’être anodine, la réflexion trouve son importance lorsqu’on sait que tous les cas suspects ne sont pas susceptibles d’être des cas déclarés et qu’une dizaine de citoyens peuvent se retrouver pendant une période donnée dans ces lieux comme c’est actuellement le cas. Qu’arrivera-t-il aux suspects sains s’ils devraient côtoyer pendant la période d’incubation un seul porteur sain parmi eux?
 
Il est tout aussi étonnant que face à une maladie à si fort taux de mortalité, ce soit le Premier ministre n’ayant aucune formation médicale qui demeure le responsable de la santé au Togo. Puisque la semaine dernière, l’homme s’est éclipsé pour éviter les questions des médias en rapport avec le fret aérien et le virus Ebola. C’est le Colonel Gnama Latta ne sachant pas tenir la seringue, qui tient à expliquer la situation épidémiologique aux médias. C’est à se demander à quoi servent tous les docteurs dont regorge le Togo.
 
S’agissant des forces de l’ordre, même s’ils se sont souvent illustrés négativement vis-à-vis de la population, on doit avouer que leurs vies sont en danger. Pas qu’une « agression terroriste » viendra les défier, mais parce que l’ennemi est invisible dans cette lutte préventive. Et c’est ici que leur sacro-sainte maxime « exécution avant réclamation » doit être remise en question. Malgré ce qui se passe dans les « pays épicentres » de l’épidémie, la hiérarchie, dans son souci de préserver l’image du Prince de la République, n’hésitera pas à envoyer des policiers ou militaires vers des zones où des cas suspects seraient signalés. Mais à l’heure où l’Organisation Mondiale pour la Santé (OMS) veut fait de la maladie à virus Ebola un problème de santé publique, existera-t-il encore des soldats à qui on demandera d’aller dans des foyers suspects sans les pourvoir en équipements protecteurs ? En Sierra Leone, on enregistre des défections au sein du corps médical et ce sont des bénévoles qui, au péril de leurs vies, ont accepté mettre la main à la pâte pour enterrer des morts du virus. Une situation qui fait voler en éclats le serment d’Hippocrate prêté par le corps médical.
 
En l’état actuel de l’épidémie, certains Etats ont émis le vœu d’utiliser un anticorps expérimental développé aux Etats-Unis, le ZMAPP, jamais testé sur l’homme, et qui a été administré à deux Américains infectés au Liberia. Ces deux personnes – un médecin et une religieuse – ont été transférées aux Etats-Unis et placés à isolement à Atlanta. Selon les dernières informations, l’OMS doit se réunir la semaine prochaine pour examiner l’éventualité d’utiliser le ZMAPP en Afrique de l’Ouest. Sur le continent européen, un traitement préventif contre Ebola mis au point par le laboratoire britannique GSK pourrait faire l’objet d’essais cliniques en septembre, et s’ils sont concluants, être disponible courant 2015, d’après Jean-Marie Okwo Bélé, directeur du département des vaccins et immunisation de l’OMS. Mais en attendant cet horizon si proche et si lointain, la seule alternative reste la prévention et la considération de tout cas suspect détecté. Car on le ne dira jamais assez, « prévenir vaut mieux que guérir ».
 
On vient d’apprendre que le Ghana a enregistré son premier cas mortel. L’homme serait rentré du Burkina Faso après une période de maladie et c’est lors de son rapatriement qu’il a clamsé.
 
Godson K.
 

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Publié le 12 août 2014


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