Les imminentes annonces du Prince au peuple togolais

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Plus que quelques heures et le Président de la République du Togo, Faure Essozimna Gnassingbé devra faire le traditionnel discours à la nationale, pour présenter ses vœux de nouvel an au peuple togolais.
 
Il faut le reconnaître, c’est un exercice particulièrement fastidieux dont il aurait bien souhaité se passer mais qui malheureusement le tient par le cou.
 
Qu’il pleuve ou qu’il neige, il devra immanquablement faire ce discours et dire au peuple ce qu’il pense de l’année qui est en voie de s’achever et bien sûr des perspectives qu’il espère pour la nouvelle qui s’annonce.
 
D’avance, le Prince-héritier sait d’emblée que la quasi-totalité du peuple togolais l’attend sur la question des réformes politiques à opérer avant la Présidentielle de 2015.
 
Il sait aussi que tout le monde au Togo sait que c’est lui qui bloque tout le processus de ces réformes du fait de son désire vorace et inextinguible de s’accrocher indéfiniment au pouvoir à la suite de son père défunt.
 
Mais l’homme fera semblant de regretter le piétinement actuel de ces réformes et exhorter les députés des deux mouvances à prendre de la hauteur et favoriser ces réformes. Il fera semblant de se mettre au-dessus de la mêlée pour donner au peuple l’illusion d’une sagesse qu’il incarnerait.
 
Mais jamais il n’osera donner une orientation claire et précise sur ce qu’il attend de ces réformes au risque de désaxer ses propres députés qu’il manipule à sa guise.
 
Il va inviter les députés à cultiver l’esprit du consensus sans pour autant avoir l’humilité de reconnaître que lui et son défunt père n’avaient pas recherché ce fameux consensus lorsqu’ils s’étaient grossièrement résolus à toiletter la Constitution le 31 décembre 2002 et qui a créé la situation chaotique actuelle. Mais vraiment la politique au Togo est trop vilaine !
 
Sans scrupule, Faure Gnassingbé va aussi se féliciter de certaines « prouesses » de son régime au cours de l’année qui s’achève. La réforme de l’armée, les infrastructures routières, le troisième quai, la darse en construction, la nouvelles aérogare, les réformes économiques notamment l’OTR dont il a déjà commencé à se venter à n’en plus finir au point de faire sa publicité sur la quasi-totalité des chaînes internationales.
 
Mais il ne dira pas que la douane a créé un manque à gagner de plus de 104 milliards de fcfa qui a obligé le gouvernement à faire un collectif budgétaire. Il ne parlera pas non plus du surendettement fantaisiste à partir duquel son pouvoir a fait les infrastructures routières en question.
 
Tout comme il n’osera jamais parler des faillites des sociétés d’Etat comme Togotelecom, la BTCI, la SNPT et autres.
 
Naturellement, le Prince se contentera de se féliciter de la « stabilité politique » retrouvée tout en invitant les togolais à tout faire pour la préserver. Il nous exhortera à rester pacifique et espérer que le Togo connaîtra un processus électoral apaisé.
 
L’homme ne reconnaîtra jamais que les mots justes qui conviendraient dans le cas du togolais est la « résignation », « la lassitude ». Pour lui, le calme apparent qui se note au Togo est synonyme de la stabilité du pays comme s’il pouvait trouver un seul togolais qui se féliciterait des 48 ans que son père et lui sont en train de boucler à la tête du pays.
 
Il ne fera aucune allusion aux errements de la justice togolaise qui ont conduit à l’incarcération abusive d’un Pascal Bodjona que lui Faure redoute à mort comme étant le seul vrai danger pour son fauteuil.
 
Le Prince va certainement parler aussi du nouveau budget qui prend en compte un certain nombre de préoccupations sociales. Il nous dira naturellement que son gouvernement s’active au quotidien pour résoudre les problèmes du peuple togolais.
 
Il ne prendra jamais le risque de rappeler les multiples faux-fuyants de son gouvernement après les fallacieuses promesses qui ont été faites aux syndicats des travailleurs de l’administration publique au Togo.
 
Il va parler des « efforts » que le gouvernement a faits dans tous les secteurs d’activités pour assurer la relance de l’économie nationale qui serait aujourd’hui de plus de 5% de croissance.
 
Mais jamais il n’aura l’humilité de reconnaître que la fameuse croissance en question n’est ressentie que par sa minorité qu’il épaule et qui, depuis des années s’est toujours accaparée de l’essentiel des biens du pays au détriment de l’écrasante majorité des togolais qui tirent le diable par la queue.
 
Tout ce que nous disons est certes malhonnête mais, à quelques nuances près, c’est pratiquement ce que le Prince nous dira au soir de ce 31 décembre 2014. Attendons simplement de voir s’il saura avoir la lucidité de nous démentir.
 
source : togoinfos
 

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