L’étau se resserre sur le Prince, les Nations-Unies exigent la libération immédiate de Kpatcha Gnassingbé

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C’est un vrai coup de tonnerre qui semble passer inaperçu.
 
Depuis le 19 novembre 2014, le groupe de travail sur la détention arbitraire de l’Assemblée Générale des Nations Unies est parvenu à des conclusions aussi claires que limpides concernant la détention de Kpatcha Gnassingbé et coaccusés.
 
Il s’agit bien d’une détention arbitraire qui ne repose sur aucun principe juridiquement défendable.
 
« Le Groupe de travail rend l’avis suivant : La privation de liberté de Messieurs Kpatcha Gnassingbe, Ougbakiti Seïdou, Esso Gnassingbe, Abi Atti, Soudou Tchinguilou, Kokou Tchaa Dontema, et Efoé Sassouvi Sassou est arbitraire et constitue une violation des droits et libertés proclamés dans les articles 9, 10 et 11 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme ainsi que dans les articles 9 et 14 du Pacte International sur les Droits Civils et Politiques.
 
Par conséquent, elle relève de la catégorie III des critères applicables à l’examen des affaires soumises au Groupe de travail.
 
En conséquence, le Groupe de travail prie le Gouvernement de la République du Togo de procéder sans attendre à la libération de Messieurs Kpatcha Gnassingbe, Ougbakiti Seïdou, Esso Gnassingbe, Abi Atti, Soudou Tchinguilou, Kokou Tchaa Dontema, et Efoé Sassouvi Sassou et d’ordonner une enquête indépendante et impartiale sur les actes de tortures dont ceux-ci auraient fait l’objet pendant leur détention au secret, d’en tirer toutes les conséquences légales relativement à ses engagements internationaux, soit en révisant leur procès et le cas échéant, en procédant à la réparation intégrale du préjudice, conformément à l’article 9(5) du Pacte International sur les Droits Civils et Politiques. »
 
Voilà qui devient plus clair, les masques sont enfin tombés. Pitié pour tous les petits esprits qui, au lendemain de l’arrêt rendu par la cour de justice de la CEDEAO, avaient aveuglement et cyniquement soutenu que celle-ci n’avait pas ordonné la libération des détenus sous prétexte que leur détention reposait sur une base légale.
 
A l’époque, le Prince s’était contenté de payer l’amende requise par la cour pour faire croire qu’il avait réparé le tort causé aux détenus. Quelques avocaillons d’un niveau primaire et aveuglement gourmands, avaient soutenu cette démarche pour le moins suicidaire et lâche.
 
Voici à cet effet, l’avis rendu par le groupe de travail sur la détention arbitraire :
 
« En dépit d’avoir payé à chaque requérant selon le critère retenu par la Cour de Justice de la communauté CEDEAO, le Gouvernement n’a pas assuré la réparation au sens de l’article 14 de la Convention contre le torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. (…) La Cour de Justice a ordonné à l’Etat togolaise de prendre les dispositions nécessaires et urgentes pour faire cesser la violation du droit au procès équitable ; ce qu’il n’a pas fait jusqu’à présent ».
 
Finalement sommé de s’expliquer sur son refus de libérer Kpatcha Gnassingbé et coaccusés après l’arrêt de la cour de justice de la CEDEAO et interrogé clairement sur les allégations de torture et de traitements inhumains et dégradants dont les détenus ont fait l’objet, leur détention au secret, l’absence d’une enquête judiciaire sur les allégations de torture, la privation de l’exercice des garanties juridiques fondamentales comme l’accès à un avocat, l’Etat du Togo a choisi la voie du mutisme. Ce qui a amené le groupe de travail des nations unies à observer ce qui suit :
 
« Le Gouvernement dans sa réponse, n’apporte pas des réponses spécifiques aux allégations, incluant celles relatives aux actes de torture pendant leur détention au secret. Ce silence est d’autant plus troublant, que non seulement il s’agit d’allégations confirmées par la Cour de Justice de la CEDEAO et par un rapport de CNDH, mais il ne dit pas pourquoi une enquête n’a pas été ordonnée, ni sur le plan administratif, ni sur le plan judiciaire, surtout que les supposés aveux obtenus par la torture, ont été des preuves déterminantes dans la lourde condamnation de ces sept personnes ».
 
Mais à l’analyse, que pouvait réellement répondre l’Etat du Togo face à l’évidence ?
 
Les conclusions auxquelles ce groupe de travail est parvenu ont le mérite de clarifier de façon limpide et sans ambages les choses. L’on s’attendait à ce que depuis décembre où il a reçu le rapport, le Prince s’empresse de s’acquitter de cet acte ignoble qui a consisté à détenir tout à fait arbitrairement et sur un coup de tête, d’honnêtes citoyens.
 
Mais jusqu’à ce jour, il les garde encore en prison. Voilà qui illustre parfaitement, le niveau de sadisme et de cynisme du Prince du Togo, celui-là même qui s’érige en chantre de la démocratie et du respect des principes républicains.
 
C’est encore lui qui, pris par le virus d’une avidité sans pareille du pouvoir, veut multiplier des mandats alors que tous les indices de son incapacité à gérer un Etat moderne sont là.
 
La légèreté et l’immoralité qu’il a introduites dans le mode de vie des togolais inquiètent plus d’homme averti.
 
Quel est ce dirigeant qui n’a de prouesse que la navigation à vue et qui s’oublie constamment dans la jouissance et les privilèges sans se donner la moindre chance de poser d’actes nobles qui pourraient l’aider à rentrer un jour dans l’histoire ?
 
Il faut bien que les togolais soient aussi idiots pour l’aider à se maintenir dans ce piédestal à partir duquel il nargue tout le monde, use et abuse des biens de l’Etat et instrumentalise avec autant d’outrance et de flagrance, l’armée et la justice pour assouvir ses montrueux désirs de la chair qui, malheureusement, ne peuvent flatter que son égo.
 
source : togoinfos
 

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