L’homme des petits débats

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S’il y a une chose que le fils héritier du feu général a manqué réellement de comprendre, c’est que dans une cour royale, il y a nécessairement certains pillons que le roi ne déplace guère.
 
Dans une cour royale, il est des hommes qui, naturellement incarnent l’âme du pouvoir et constituent la pierre angulaire de ce pouvoir que le roi est appelé à exercer.
 
Sans chercher à être prétentieux, nous sommes fondés à dire aujourd’hui, au regard du vacillement constant auquel le régime du Pince est confronté que dans la Cour de celui-ci, seul un Pascal Bodjona incarnait réellement ce rôle dont nous venons de faire état à l’instant.
 
C’est l’homme qui, au temps au chaud comme au temps de quiétude, était là, prêt à veiller aux grains et à donner le meilleur de lui pour la sauvegarde et l’entretien d’une image saine et propre du Prince.
 
Sur les fronts, l’homme ne manquait pas d’arguments pertinents pour convaincre et en même temps apaiser. Dans des débats, il laissait couler l’expression et la langue de Molière dans un style dans lequel tout le monde se retrouvait.
 
Il faut le dire, Pascal Bodjona a marqué son temps dans l’entourage immédiat du fils héritier. Il était le seul qui, tel le Cerbère dans la mythologie grecque, défendait sans faille et avec pertinence, les intérêts de cour du Roi.
 
Mais il a fallu que par la force des choses, ce dernier subisse l’ingratitude et les bassesses de cette cour qu’il défendait tant pour que les togolais se rendent compte qu’en réalité, la cour en question n’était composée à tous égards, que d’hommes de bas niveau.
 
Le constat a été évident et le vide s’est ressenti d’emblée dès le lendemain de l’arrestation de Pascal Bodjona à travers l’incohérence des initiatives que prenaient le Prince et les acteurs de sa nouvelle cour.
 
Ecarts de langage par ici, impertinence dans l’action par là…bref les togolais et l’ensemble des observateurs de la scène politique togolaise ont réalisé que Faure Gnassingbé manquait cruellement de stratège abouti qui soit en mesure de concevoir des plans stratégiques politiquement soutenables.
 
Il manquait et continue d’ailleurs de manquer de jokers raffinés et politiquement futés capables de développer un argumentaire qui convainque l’opinion.
 
Certainement qu’il avait cru, en entamant maladroitement le projet de démolition politique de Pascal Bodjona que le combat pour protéger l’image de son régime et le défendre sur tous les fronts n’était plus nécessaire.
 
Certainement que Faure Gnassingbé s’était empressé de croire que son régime s’était suffisamment coagulé pour être à l’abri d’une quelconque fonte. Une vraie illusion !!! Une erreur grave d’appréciation !!!
 
Justement, aujourd’hui plus que jamais, le Prince éprouve un besoin cuisant de se défendre, de se protéger contre les intempéries et surtout la tempête politique qui se sont subitement soulevées contre sa personne et qui l’exposent gravement au soleil.
 
Malheureusement, il n’a aucune couverture. Et tel un naufragé qui s’accroche à tout pour se sauver, le Prince envoie dans le combat, des abrutis, des agoutis qui le rongent plus qu’ils le défendent.
 
C’est exactement le rôle que semble jouer Christophe Padoumhèkou Tchao, l’actuel président du Groupe de la Majorité Présidentielle à l’Assemblée Nationale.
 
Il suffit d’entendre celui-ci raisonner dans des débats pour se rendre à l’évidence de son manque de flair politique surtout en ces moments où, la question sur les réformes politiques se pose avec acuité au Togo.
 
C’est lui qui, dès le lendemain du rejet incongru du projet de Loi introduit par le gouvernement par sa propre majorité, a cru devoir jeter le tort sur l’opposition qui aurait été trop intransigeante à ses yeux. Mon Dieu !
 
L’intransigeance de l’opposition a été tellement puissante qu’elle a amené la majorité à s’égarer et à défier le Président de la République en rejetant le projet que celui-ci a introduit pour le vote !!! Qui peut croire à une telle argumentation d’un si bas niveau ?
 
Pire, c’est encore le même Tchao qui soutient aujourd’hui que la majorité hésite de faire les réformes du fait qu’elle soupçonne l’opposition de descendre dans la rue pour demander l’application immédiate du dispositif limitant les mandats présidentiels.
 
« Nous savons le jeu auquel nos amis de l’opposition veulent jouer, il suffit de voter cette loi pour que demain ils descendent dans la rue pour réclamer l’application immédiate de la loi » avait-il déclaré sur une radio privée de Lomé.
 
Faut-il peut-être lui rappeler que depuis 2010, l’opposition a toujours marché au Togo pour réclamer des choses que le pouvoir n’a daigné satisfaire ? Faut-il lui rappeler que dans une République, seule la Cour Constitutionnelle valide les candidatures à une élection présidentielle ?
 
Les marches de l’opposition peuvent avoir quel impact sur une Cour Constitutionnelle si celle-ci dispose d’arguments pertinents pour valider la candidature de Faure Gnassingbé ?
 
Au final, concluons simplement que Christophe Padoumhèkou Tchao s’est plutôt spécialisé dans les petits débats. Il doit certainement aller à l’école de Pascal Bodjona pour apprendre à élever le niveau de la réflexion avant d’accoucher son raisonnement à la place publique.
 
source : togoinfos
 

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