L’opposition burkinabè réclame une transition civile

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L’opposition et la société civile burkinabè contestent la désignation par l’armée du lieutenant-colonel Isaac Zida pour conduire la transition politique au Burkina Faso. Un vaste rassemblement s’est déroulé dans le calme dimanche à Ouagadougou.
 
À l’appel des partis politiques d’opposition et d’une partie de la société civile, un rassemblement s’est déroulé dimanche 2 novembre à Ouagadougou pour dénoncer la prise de pouvoir par l’armée. Selon Anna Sylvestre-Treiner, envoyée spéciale de France 24 au Burkina Faso, la place de la Nation a accueilli « plusieurs dizaines de milliers de personnes » venues écouter les discours des chefs de l’opposition. Les manifestants « sont venus rappeler aux militaires que leur place est dans les casernes », rapporte-elle. « Ils ne cessent de nous le rappeler : le combat continue. »
 
Samedi 1er novembre, les principaux commandants de l’armée du Burkina Faso ont annoncé qu’ils avaient choisi le lieutenant-colonel Isaac Zida pour mener la transition politique, dissipant ainsi l’incertitude qui régnait depuis la démission du président Blaise Compaoré. Une désignation qui n’est pas du goût de l’opposition et de la société civile burkinabè.
 
Pour l’opposition, il est hors de question que l’armée prenne la tête de l’État. « La victoire issue de l’insurrection populaire appartient au peuple, et par conséquent la gestion de la transition lui appartient légitimement et ne saurait être en aucun cas confisquée par l’armée », ont écrit les partis de l’opposition et les associations de la société civile dans un communiqué commun, samedi. Elles ont souligné dans ce document « le caractère démocratique et civil que doit avoir cette transition ».
 


Le nouvel homme fort du Burkina déjà contesté par l’opposition

 
Si les militaires burkinabè ont affirmé que la transition se ferait de manière démocratique, en concertation avec l’opposition et avec la société civile, ils sont restés flous sur les modalités pratiques.
 
L’UA demande une « transition civile, l’ONU menace de « sanctions »
 
L’Union africaine (UA) a réclamé samedi une « transition civile et consensuelle », demandant à l’armée « d’agir dans un esprit républicain ». L’UA a exhorté « les acteurs politiques et la société civile du Burkina Faso à travailler ensemble (…) pour convenir d’une transition civile et inclusive devant déboucher sur la tenue, aussi rapidement que possible, d’élections libres ».
 
La médiation internationale a appelé à la mise en place d’un régime de transition « conduit par un civil » et « conforme à l’ordre constitutionnel ». « Sinon les conséquences sont assez claires. Nous voulons éviter pour le Burkina Faso la mise en place de sanctions », a déclaré l’émissaire de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest, Mohamed Ibn Chambas. Il s’exprimait lors d’une conférence de presse au nom de la mission de concertation tripartite ONU-Union africaine-Cédéao, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest.
 
Les États-Unis ont également appelé l’armée burkinabè à transférer « immédiatement » le pouvoir aux autorités civiles, exhortant ces dernières à se « laisser guider par l’esprit de la constitution du Burkina Faso » en passant « immédiatement à des élections présidentielles libres et justes ».
 
AFP via France 24
 

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