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Mensonges au sommet de l’Etat ; le Togo, premier cobaye du Groupe Bolloré dans le stockage d’énergie solaire dans le monde

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Boucle ferroviaire ouest-africaine, Blue Line

 

Le Togo ne ferait pas partie de la boucle ferroviaire malgré

son port en eau profonde et ses multiples quais

 
Les investissements dans la réfection des routes demeurent colossaux sous n’importe quel ciel. Le chemin de fer devient alors une alternative pour « soulager » la charge imposée à la route par les gros porteurs. Contrairement à ce qui est claironné depuis quelque temps, le Togo ne fait pas partie des pays devant bénéficier de la boucle ferroviaire ouest-africaine. D’autre part, le pays se propose d’être le premier cobaye de par le monde en matière de stockage d’énergie solaire développé par le Groupe Bolloré. Mais qui payera l’addition en cas de fiasco, comme ce fut le cas avec Contour Global si ce n’est le contribuable togolais?
 
Lors du lancement de la boucle ferroviaire à Niamey, Faure Gnassingbé s’est arrangé pour figurer parmi les invités. A Cotonou, idem, du moins à en croire la partie gouvernementale. Mais chose curieuse, aucun des deux présidents, nigérien et béninois n’a daigné lui rendre la politesse en répondant présent le 26 avril dernier pour « inaugurer à la gare de Lomé la première rame du train qui assurera la boucle ferroviaire Lomé-Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan. Un projet ambitieux destiné à faciliter l’intégration régionale », selon les propres termes du site gouvernemental republicoftogo.com.
 
Il est vrai que le 16 octobre 2013, une réunion s’est tenue à Abidjan ayant regroupé les chefs d’Etat ivoirien, burkinabé, nigérien, béninois et togolais et l’Agence Ecofin a repris un communiqué de la présidence ivoirienne le 22 octobre qui disait : « Le président Alassane Ouattara a révélé avoir rencontré avec ses pairs du Conseil de l’Entente les deux grands opérateurs, en l’occurrence, le groupe Bolloré et Frank Timis, qui se proposent de travailler sur la réhabilitation et l’extension du chemin de fer qui ira d’Abidjan (Côte d’Ivoire) à Lomé (Togo) en passant par Ouagadougou, Dori et Tambao (Burkina Faso), Niamey (Niger), Parakou et Cotonou (Bénin). Le Chef de l’Etat a indiqué que ses homologues et lui, ont demandé aux deux groupes de s’associer pour la réalisation de ce projet de boucle ferroviaire ». Blaise Compaoré avait évoqué l’intégration économique des Etats pour justifier le projet : « Nous sommes très attachés à l’UEMOA et à la CEDEAO. Notre ambition, c’est de toujours pousser en avant le progrès de nos Etats, de nos populations. Il se trouve que dans cette démarche, il est essentiel, de nos jours, de fluidifier les échanges, les trafics, les mouvements des hommes et des marchandises. Et nous avons, comme projet prioritaire en cette période de notre histoire, la construction de la boucle ferroviaire », déclarait-il.
 
Qui dit intégration économique, dit possibilité de commercer entre les Etats. La distance Lomé-Cinkassé fait 659 km et Lomé-Sanvee-Condji fait 53 km. Si le Togo aussi est pris en compte dans le projet de boucle ferroviaire, pourquoi ne lui avoir concédé que 53 km sur une distance totale approximative de 2.500 km de voies, quand on sait qu’il a peu à commercer avec le Bénin qui dispose également de port? En plus, lorsqu’on parle de boucle, le projet de chemin de fer ne devrait-il pas continuer de Lomé à Cinkassé afin qu’une partie de la boucle soit bouclée ? Il y a des non-dits qu’il urge de découvrir absolument.
 
Le 15 novembre 2013, sur le site web du Groupe Bolloré, http://www.bollore-africa-logistics.com, on lit : « Le président de la République du Niger, Mahamadou Issoufou et son homologue du Bénin, Thomas Boni Yayi ont procédé le 7 novembre 2013 à Cotonou, au Bénin, à la signature d’un mémorandum d’entente pour la réalisation de la liaison ferroviaire Cotonou-Niamey. Les deux chefs d’Etats ont décidé de retenir comme partenaire stratégique le groupe Bolloré. A ce titre, le groupe Bolloré se chargera de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des travaux de construction et de réhabilitation qui démarreront en mars 2014. La liaison Cotonou-Parakou-Niamey entre dans le cadre du grand projet d’intégration régionale de la boucle ferroviaire ouest africaine. Il vise à connecter les villes d’Abidjan (Côte d’Ivoire), de Ouagadougou (Burkina Faso), de Niamey (Niger) et de Cotonou (Bénin) grâce à 2.500 km de chemin de fer et ainsi participer au développement économique de toute la région ». Plus loin, il est indiqué que sur les 1.000 km de voies issues de la réhabilitation, de la construction et de l’exploitation, les deux Etats auront chacun 10 % de part dans le capital de la société, 20 % reviendront au secteur privé béninois, 20 % au secteur privé nigérien et 40 % au Groupe Bolloré en tant que partenaire stratégique. Autrement, même le Groupe Bolloré savait que le Togo ne faisait pas partie de cette fameuse boucle ferroviaire ouest-africaine. A quoi serviront alors les quais et l’agrandissement du port ? Et combien de temps dureront les routes refaites si tout doit emprunter la voie terrestre ? Dans le cas où les marchandises devraient transiter par Cotonou, le manque à gagner serait énorme pour l’économie togolaise.
 
Une autre preuve que le Togo n’est pas pris en compte est la parution du 24 avril 2014 du site lesechos.fr. « …Le projet de Boucle Ferroviaire, initié par le Niger en novembre 2011, vise en effet la mise en place d’une voie ferrée continue sur le parcours Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan. Traversant quatre pays, long de plus d’environ 3 000 km, ce projet se caractérise surtout par deux ambitions hors du commun… ».
 
Mais comme pour bleuir les citoyens, les autorités togolaises sortent une autre trouvaille, Blue zone de la société Blue Line. Bien que les gares du Togo n’existent plus que de nom, les autorités estiment qu’avec cette trouvaille, « chaque gare et de nombreux villages disposeront d’une Blue zone, un système de stockage d’énergie révolutionnaire développé par le Groupe français ». Et dans un entretien avec Vincent Bolloré, le site gouvernemental rapporte que le Togo est le 1er pays au plan mondial à disposer de cette technologie. Autrement dit, le pays servira de cobaye pour tester la batterie lithium métal polymère du groupe Bolloré. Aného, Tsévié et d’autres villes du pays en seront bientôt pourvues, bien que les voies ferrées n’y soient pas encore installées. Mais aucune garantie n’est offerte par Vincent Bolloré quant au succès de ce projet. « Quand on croit à quelque chose, on le fait. Si ça marche, c’est une révolution ; et si ça ne fonctionne pas, on aura au moins essayé », a-t-il répondu à la question de sa foi en sa technologie.
 
Les Togolais ont encore en mémoire le scandale financier engendré par l’installation de Contour Global censé palier les problèmes de délestage. Aujourd’hui, c’est le contribuable togolais qui a endossé la douloureuse facture énergétique. Les autorités se sont-elles assurées que l’échec éventuel du projet Blue zone ne les engagerait pas ? Le doute est permis lorsqu’on réalise que les sommes colossales investies dans la construction du 3è quai il y a peu de temps, sont l’œuvre du même Groupe Bolloré. Ce 3è quai risque de placer le Togo en position de cobaye devant subir les desiderata de Vincent Bolloré, car on voit mal les autorités tenir la dragée haute à ce groupe qui « fait déjà tant » pour le pays.
 
Abbé Faria
 
Liberté Togo
 

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Publié le 9 mai 2014


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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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