Le monde tel qu’on l’aime

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Certains l’aiment arc-en-ciel, d’autres tricolore, d’autres encore l’aiment métissé, une chose est sûre, le monde ne peut plus se passer de sa diversité. L’Afrique n’est plus le continent noir et l’Europe non plus le continent blanc. Préjugés et reflets d’un passé révolu au regard des nouvelles dynamiques sociales qui contraignent les pays à tant de mutation. Double nationalité en voie d’adoption en Allemagne, politique de régularisation au Maroc… Ces réponses politiques suivent, comme toujours, assez tardivement les réalités sociales de nos sociétés aujourd’hui métissées. Il suffit de voir une cour de recréation dans une école en Europe ou la ligne d’arrivée des nationaux au poste d’immigration d’une frontière africaine pour se persuader de ce « melting pot ». Pour autant le vivre ensemble reste toujours un combat de chaque jour pour des êtres déracinés dont le rappel de la couleur fait partie du lot quotidien des préjudices.

L’appartenance à une double culture, loin d’être une source de prestige, est un blâme pour ceux qui dans leur désir de réalisation on fait le pas pour suivre l’élan de la mondialisation. Cette réalité est d’autant plus mal vécue pour des jeunes dits de la « énième » génération jamais acceptés dans un pays qu’ils ont toujours connu et qui les renvoie à leur origine. Ce pays lointain qu’ils ne connaissent pourtant pas et que quittèrent leurs grands parents. Jeunesse meurtrie, qui pour survivre se rabat sur l’identité communautaire et les quelques repères pouvant encore assurer un lien aux lointaines origines.

Le devenir dans un monde de mélange où les repères spatiaux s’estompent, oblige à ce débat douloureux et ce questionnement sur les identités nationales. Entre assimilation à une culture maîtresse, dite des premiers natifs ou considérée supérieure par certaines élites, ou le respect de cette diversité naturelle, offerte par le monde, le choix ne peut plus être laissé au seul apanage des pays au risque d’accentuer des conflits dramatiques. Les récentes décisions au niveau de la FIFA sur le port de voile et des turbans sikhs sur les terrains de football apparaissent comme une première approche internationale d’un problème devenu planétaire et menaçant aussi bien des cultures millénaires que des hommes. Ce geste se doit d’être félicité en cette journée dédiée à l’élimination des discriminations au niveau mondial tout en laissant voir la lourde responsabilité des institutions internationales dans le respect des cultures et des religions aujourd’hui menacées.

Malgré la somme de connaissances anthropologiques accumulées, il est difficile à l’heure actuelle de comprendre comment dans certains pays du monde, au nom d’une conception de l’identité nationale, des milliers de femmes instruites sont exclues du monde du travail à cause de leur choix religieux et que des filles dans les lycées se voient contrôler la taille de leur bandeau attachant leur cheveux pour que cela ne dépasse un certaine mesure. Il est également difficile de concevoir que des communautés refusent le droit de vivre en couple à des êtres s’aimant sous prétexte d’appartenance du garçon ou de la fille à une culture différente considérée inférieure. Un cri du cœur pour des millions d’humains qui souffrent dans leur chair et qui ont juste une envie : Vivre respecté et épanoui.

 
Source : Visions Solidaires
 
photo : bamako.diplo.de
 

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