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Nathaniel Olympio : « Nous souhaiterions que la CENI nous appelle et qu’ensemble nous définissions les voies et moyens pouvant nous permettre d’avoir un fichier propre et une élection totalement transparente »

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Les togolais iront aux urnes probablement en avril prochain pour la présidentielle. Pour l’instant, aucune date n’a encore été fixée pour la tenue de ce scrutin. Au Parti des Togolais (Opposition), l’état-major s’active et se bat pour un fichier électoral « propre ».
Comment se prépare cette formation politique ? Pourquoi cette bataille pour un fichier électoral ? Quel regard sur la situation au sein du Combat pour l’Alternance Politique (CAP 2015). Autant de questions dans une interview exclusive à M.Nathaniel Olympio, directeur de cabinet de M. Alberto Olympio, candidat du Parti des Togolais à la présidentielle.

 

Savoir News : Comment se porte le Parti des Togolais


 

Nathaniel Olympio : Le Parti des Togolais se porte très bien. Le parti est en pleine forme, combatif et surtout focalisé sur la transparence totale de la présidentielle en cours de préparation, sans altérer son engagement pour les réformes.

 

Q : C’est-à-dire ?


 

R : Cela veut dire tout simplement que nous sommes à une étape cruciale de la vie politique de notre pays. Nous sommes dans une situation où le chef de l’Etat sortant est en train de boucler ses 10 années après les 38 ans de son père ; nous sommes dans une situation où la Constitution a été retouchée de manière unilatérale depuis 2002 par le parti au pouvoir ; nous sommes dans un contexte où l’Accord Politique Global (APG) a été signé depuis 2006 et le Chef de l’Etat sortant s’est personnellement engagé publiquement pour faire les réformes constitutionnelles et institutionnelles ; nous sommes dans une situation où 85% de la population Togolaise, selon un sondage publié par Afrobaromètre, souhaitent que la fonction présidentielle soit limitée à deux mandats ; nous sommes dans une situation où la grande majorité des Togolais et Togolaises veut le changement et appelle à une alternance politique maîtrisée. Ils veulent une nouvelle équipe dirigeante, mais surtout de nouvelles méthodes, un projet de société et un programme de développement pour le Togo. Et tout cela constitue des points cruciaux que nous devons prendre en considération sur le plan politique.

 

Les réformes politiques ne sont pas opérées, les recommandations de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation (CVJR) ne sont pas mises en exécution etc… Tout cela crispe le climat politique.

 

Et sur le plan social, beaucoup de choses sont en train de se produire. Les travailleurs ne sont pas contents, car depuis une dizaine d’années, le panier de la ménagère se remplit difficilement. Dans un pays qui affiche 6% de taux de croissance, seulement 43% des togolais mangent à leur faim.

 

La croissance n’est pas inclusive. L’urgence est à l’action. Il est temps !
A travers toutes ces situations réunies, nous estimons que le pouvoir public doit prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la prochaine présidentielle soit un scrutin qui apaise les esprits, un scrutin qui se déroule dans les conditions de sérénité, gage d’une période post-électorale apaisée.

 

Mais si nous allons à cette élection et que les acteurs politiques et les populations ne sont pas rassurés sur la transparence totale du scrutin, je puis vous assurer que nous sommes alors en train de mettre en place les ingrédients d’une implosion sociale.

 

Q : Nous avons vu ces dernières semaines, certains partis politiques descendre dans la rue pour exiger les réformes politiques. Le Parti des Togolais était complètement absent.


 

R : La question des réformes est une question centrale. Le parti au pouvoir et les acteurs politiques ont décidé que ce sujet soit traité l’Assemblée nationale. Le Parti des Togolais n’étant pas représenté au Parlement, nous avons néanmoins apporté tous nos soutiens à tous les acteurs engagés dans les débats. Nous avons même écrit au chef de l’Etat sortant, pour l’interpeller sur la nécessité d’opérer ces réformes. Nous lui avons aussi rappelé son engagement public à ce sujet. Malheureusement, nous avons constaté que les élus du peuple n’ont pu trouver un terrain d’entente.

 

Q : Qui condamnez-vous dans cette situation ?


 

R : La question n’est pas de condamner, car ce ne sont pas les condamnations qui apporteront la solution. Mais, nous faisons plutôt le constat sur les difficultés de faire rejoindre les points extrêmes à l’Assemblée nationale.

 

Et rien ne peut se faire à l’Assemblée nationale, si ces deux parties extrêmes ne trouvent pas un point d’accord. Malheureusement, la politique politicienne a pris le dessus à l’hémicycle et le peuple qui a mandaté les députés, ne s’y retrouvent pas, dans la mesure où ce peuple exige les réformes. Et pourquoi elles ne sont pas faites ? C’est l’échec de toute la classe politique togolaise. Il est donc très important que la sérénité revienne et que l’intérêt supérieur de la Nation soit pris en compte pour que chacun dans son coin, puisse apporter la contribution qui permettra d’aboutir à ces réformes.

 

Q : Depuis quelques jours, le Parti des Togolais s’est lancé dans une bataille sur les médias : celle d’un fichier électoral « propre ». Que voulez-vous au juste ?


 

R : Vous avez tort de penser que ce n’est qu’une bataille sur les médias. Les médias ne sont que le reflet des actions menées sur le terrain. La question de la transparence électorale est cruciale, elle est la condition de départ pour des lendemains électoraux paisibles. Les contestations viennent avec les soupçons de fraudes. Et aujourd’hui tout porte à croire que la CENI souffre de sérieux dysfonctionnements.

 

Outre les démissions en cascade et ceci même du côté du pouvoir en place, nous avons noté aussi des dysfonctionnements au niveau des kits de recensements, une présence de doublons dans la base de donnée électorale reconnue par le ministre de l’administration territoriale lui-même, sans parler des récentes violences ayant eu lieu à dans la préfecture de l’Ogou, avec encore comme pomme de discorde la question du recensement.

 

Q : Une présence de doublons ?? Mais comment ?


 

R : Ce logiciel permet l’inscription en mettant deux doigts (les deux +index+). Mais nous avons dix doigts et toute personne mal intentionnée peut utiliser les autres doigts pour s’enregistrer plusieurs fois, sur le même kit. Le mal, c’est que le système ne le saura pas. Sans compter ceux qui vont de bureau de vote, en bureau de vote pour se faire enrôler.On cite aussi des inscriptions de mineurs, un grand nombre de personnes qui s’inscrivent sans pièce d’identité et bien d’autres points d’inquiétude. Ce que nous demandons concrètement à la CENI :

 

- Qu’un contrôle du fichier électoral soit inscrit au chronogramme de la CENI, et qu’à cet contrôle puissent participer des spécialistes de chaque parti engagé dans cette élection.

 

- Un contrôle des bases de 2010 et 2013

 

- Que les recensements soient repris dans les zones ayant soufferts de graves dysfonctionnements notamment dans les zones 1 et 2, actuellement.

 

- Que l’on dispose de la liste exhaustive des bureaux de vote et le nombre d’électeurs par bureau de vote.

 

- Que les dates d’élections proposées par la CENI et objet de tension au sein même de ses membres soient revues et fixées en tenant compte de l’exigence des prérequis ci-dessus.

 

- Pour finir nous souhaitons qu’un chronogramme nous soit remis, ce qui est le minimum, parce qu’à ce jour nous n’avons rien reçu.

 

Q : N’est-ce pas le même système utilisé dans les pays voisins (deux doigts) ?


 

R : Il est difficile de comparer le niveau de démocratisation du Togo à ce qui se passe au Ghana, au Bénin ou au Sénégal. Dans la sous-région, nous sommes un pays aux règles démocratiques atypiques.

 

Nous sommes le seul pays dans la sous-région à avoir une élection à un tour, nous sommes le seul pays de la sous-région qui ne donne pas le droit de vote à ses compatriotes de la diaspora, nous sommes le seul pays de la sous-région où le mandat présidentiel n’est pas limité… Toutes ces singularités du Togo, font qu’il est difficile de faire des comparaisons sur la manière dont les élections sont organisées dans les autres pays.

 

Nous pensons que la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) doit particulièrement veiller à ce qu’il n’y ait pas de possibilité de fraude dans le logiciel qui est utilisé Ce n’est pas le cas aujourd’hui. Donc le système n’est pas fiable et cela ne rassure pas.

 

Q : Et que voulez-vous maintenant ?


 

R : Nous voulons que l’élection soit organisée de manière transparente, pour qu’à la fin, les résultats publiés soient acceptés par tous et qu’il n’y ait pas de violences post-électorales. Il faudrait que dès le départ, tous les togolais soient rassurés que le scrutin est équitable et que nous partons sur les mêmes règles. Et que personne n’a l’avantage sur l’autre.

 

Nous devons connaitre la liste exhaustive des bureaux de vote et le nombre d’électeurs par bureau avant l’élection. Cela nous permettra de faire des comparaisons lorsque les résultats seront publiés bureau de vote par bureau de vote.

 

Q : Vous demandez que tout le système soit repris ? Que tout le logiciel soit repris ? Bref, qu’on reprenne tout à zéro ? Car c’est le même fichier qui a été utilisé les années antérieures et les électeurs se sont inscrits avec les deux doigts.


 

R : Nous ne demandons pas à ce qu’on mette ce fichier de côté, mais que les dispositions soient prises pour le rendre fiable. Aujourd’hui, il n’est pas fiable. Nous demandons juste que la loi électorale soit respectée et qu’on nous donne l’accès aux fichiers électoraux pour un contrôle. C’est un préalable pour les élections, même si cela doit prendre du temps pour faire un travail professionnel.Et c’est à ce prix que nous aurons la paix sociale.

 

Q : Vous pensez vraiment qu’on a le temps de tout reprendre ?


 

R : Vous préférez qu’on aille à ces élections dans la précipitation et qu’il y ait par la suite, l’explosion sociale ?

 

Q : Ou bien, vous avez autre chose à proposer à la CENI, au lieu de tout reprendre ?


 

R : Nous souhaiterions que la CENI nous appelle et qu’ensemble nous définissions les voies et moyens pouvant nous permettre d’avoir un fichier propre et une élection totalement transparente. Nous n’imposons rien à la CENI. La Commission électorale est mandatée pour cela et nous autres, sommes des acteurs politiques.

 

Aujourd’hui, le code électoral nous donne le droit d’avoir accès au fichier électoral. Si nous constatons que les choses sont faites proprement, on continue, sinon, il va falloir nettoyer le fichier et prévenir le bourrage électronique. Ceci n’est pas négociable.

 

Q : Mais aujourd’hui, la CENI estime que vous n’aurez pas droit au fichier brut.


 

R : La CENI doit se conformer à la loi. Si elle fonctionne en dehors de la loi, elle se déclare incompétente. Et si tel était le cas, nous demanderions que la CENI soit dessaisie de cette élection.

 

Q : Et si vous ne l’avez pas, qu’allez-vous faire ?


 

R : Nous attendons cette hypothèse. Et nous aviserons. Pour le moment, ce n’est qu’une supputation. Nous disons simplement que le système n’est pas fiable. Et les textes de lois, les mêmes qui donnent à la CENI ses prérogatives, nous donnent le droit d’accès et de contrôle au fichier électorale. La CENI se doit de respecter la loi ou bien elle déclare implicitement son incompétence et doit démissionner.

 

Q : Pour terminer, quel regard jetez-vous sur la situation au sein du CAP 2015 ?


 

R : Ce qui est important pour nous, c’est ce que nous proposons au peuple togolais. Nous allons vers les populations, pour leur expliquer notre projet de société. Sincèrement, notre préoccupation n’est pas de porter des jugements de valeur sur ce que fait tel parti politique ou tel regroupement de partis de l’opposition, mais c’est plutôt de porter notre attention sur ce qui intéresse les togolais : l’emploi, la redistribution des richesses du pays, la santé, l’éducation, la croissance économique etc.

 

Nous ne pouvons pas laisser toutes ces préoccupations des togolais de côté et nous intéresser à ce qui ce passe dans les autres partis politiques.

 

Q : Le Parti des Togolais est toujours confiant de la victoire de son candidat Alberto Olympio ?


 

R : Le Parti des Togolais est certain de gagner les élections, si le scrutin se déroule dans la transparence totale et que chacun arrive à exprimer sa voix de manière libre. Et sachez que, quand c’est la volonté du peuple qui triomphe, la victoire revient à tout le peuple Togolais. FIN

 

Propos recueillis par Junior AUREL

 
source : savoir news
 

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Publié le 17 février 2015


Catégorie(s) : Interview
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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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