Nicolas Berlanga recadre Aboudou Assouma suite à sa bourde sur les réformes

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Il y a deux jours, le Président de la Cour Constitutionnelle du Togo, Aboudou Assouma qui venait à peine d’être reconduit à ce poste par Faure Gnassingbé, affirmait béatement sur republicoftogo.com, que la page des réformes était tournée.
 
Il avait par ailleurs proclamé haut ce que pensent Faure Gnassingbé et ses amis du pouvoir tout bas : « L’APG est caduc ». Les prescrits de l’APG sont révolus.
 
Pour lui, comme pour tant de gens dans l’environnement immédiat du Prince, l’esprit dans lequel l’APG était signé n’est plus le même qu’aujourd’hui et dès lors que le Togo dispose désormais d’une Assemblée Nationale plurielle et pluraliste, il n’est plus opportun de revenir sur les recommandations de cet APG.
 
« L’Assemblée Nationale doit jouer pleinement son rôle à travers les élus du peuple et elle l’a fait le 30 juin dernier en tournant définitivement la page des réformes politiques au Togo » avait-il gratuitement affirmé.
 
Cette interview a été publiée à la Une du site officiel du Togo dès le dimanche après-midi.
 
Comme on pouvait bien s’y attendre, les propos du Président de la Cour Constitutionnelle du Togo, une des institutions dont la réforme a également été prescrite par cet APG, ont suscité un tollé général au sein de la classe politique togolaise, dans le monde des médias et naturellement dans les chancelleries en poste au Togo.
 
Pour la première fois, le représentant de l’Union Européenne au Togo, Nicolas Berlanga-Martinez a twitté sur sa page : « Nous ne pensons pas que la question des réformes soit clôturée ».
 
Cet ancien gendarme espagnol a ainsi donné une réponse très courte, mais suffisamment révélatrice de la grande indignation que les propos de Aboudou Assouma ont suscité auprès de l’Union Européenne et des autres chancelleries partenaires du Togo.
 
Voilà qui relance sérieusement le débat sur la question des réformes au Togo.
 
Comment les tenants du pouvoir peuvent-il clôturer aussi hâtivement les prescrits de l’APG avant de les avoir mis en œuvre alors même que les réformes dont s’agit constituent la clé de voûte qui devra permettre non seulement l’organisation d’une élection présidentielle apaisée dans notre pays, mais surtout assurer sa transparence effective à travers les institutions fiables et consensuelles qui seraient mises en place pour conduire ce processus électoral ?
 
La question taraudait l’esprit des nombres de leaders d’opinion quand subitement, Gilbert Bawara, le ministre de l’administration territoriale s’évertuait en France à affirmer le premier, l’impossibilité pour le pouvoir de Lomé de revenir sur cette question de réformes.
 
Beaucoup d’observateurs avisés de la scène politique togolaise avaient à l’époque cru, à une blague de très mauvais goût de Bawara.
 
Aujourd’hui, les affirmations de Assouma confirmant cette position du pouvoir du Prince, ont donc eu le mérite d’ouvrir largement les yeux à tout le monde au Togo.
 
Faure n’entend plus revenir sur la question des réformes politiques au Togo. Il ne veut plus entendre parler de l’Accord Politique Global et de ses prescrits.
 
La seule chose qui compte pour lui, est naturellement de verrouiller autant que possible tout, pour pouvoir s’assurer sa réélection en 2015, point barre.
 
Tant le pouvoir l’a tellement saoulé qu’il voit dans les réformes, la porte-ouverte à son inconcevable départ du pouvoir puisque le scrutin risque ainsi d’être transparent avec des garde-fous qui empêcheront naturellement toute velléité de trucages et de fraudes des résultats issus du vote populaire.
 
Voilà une habitude de fraudes et de passages en force qui a élu domicile au sein du RPT défunt et de l’avorton d’UNIR et que l’on veut déloger brutalement sous le prétexte que le Togo doit évoluer vers la démocratie, l’Etat de droit, la transparence électorale etc.
 
Le fils-héritier n’a que faire de ces concepts qui obstruent ses ambitions de se pérenniser autant que possible dans le fauteuil à lui gracieusement laissé par son père défunt.
 
Le décor de l’état mental du Prince et de ses affidés étant ainsi planté, que doivent faire les leaders de l’opposition au Togo, eux qui ont pris le risque de s’engluer dans des querelles intestines puériles et dans la déchirure continue du tissu unitaire qui pourrait faire trembler le Prince ?
 
Comment devront agir ces opposants à Faure, ceux-là même qui, très souvent, s’oublient dans les miettes que leur laisse ou leur promet le pouvoir par moment au point de sacrifier gratuitement la lutte politique sur l’autel de leurs intérêts personnels ?
 
Que doivent-ils faire dès lors que Nicolas Berlanga leur a offert tel sur un plateau d’or, la position de l’Union Européenne, principale partenaire économique du Togo ?
 
Sauront-ils saisir la balle au bond ? Auront-ils l’intelligence et le génie de dynamiser leur combat à travers une nouvelle stratégie de lutte plus efficace et plus rentable pour le peuple togolais ?
 
C’est vrai que la culture du résultat n’est pas trop le propre du politique au Togo. Il préfère naviguer à vue, chanceler en permanence, insulter et accuser ses adversaires y compris ceux du même bord, pour ensuite crier haro sur le pouvoir qui aurait volé ou truqué les résultats.
 
Comment faire pour empêcher le pouvoir de continuer à vous voler à chaque scrutin ??? La balle est totalement installée dans votre camp messieurs les opposants.
 
Les partenaires ont déjà joué leur partition et sont d’ailleurs prêts à poursuivre leur action de pression….. Que faites-vous ?
 
Allez-vous continuer à vous entredéchirer sur vos places à la CENI ? Sur la candidature unique de l’opposition ? Sur tel ou tel pain que Faure vous aurait cédé ?
 
Ce que vous ferez aujourd’hui et dans les jours qui viennent, déterminera si vous possédez ou non, l’esprit des rares valeureux de ce monde qui sont prêts à frapper droit au coeur de ce système centenaire pour obtenir la libération effective de ce peuple du joug de la tyrannie et du despotisme des Gnass.
 
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