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Précipitation organisée à la CENI : L’A.N.R. au rendez-vous de la fraude

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Tout est sens dessus-dessous, on dirait que les choses se font de façon à décourager l’aile dure de l’opposition et la forcer à jeter l’éponge. Le fichier électoral est un tas de doublons. Personne ne pourra percer son mystère, même si Alberto Olympio en fait un objectif capital. De sources informées, pour l’organisation des élections de 2010, une société proche du président du parti des Togolais a été pour quelque chose dans la confection du système électoral. C’est ce système qui est normalement reconduit au départ. Dès que M. Alberto a commencé par parler de donnés techniques liées au fichier, l’on se serait rendu en Afrique du Sud pour trouver un autre système. C’est la fraude en direct, peu importe si cela doit accoucher des violences. Fabre est conscient qu’il ne va pas à cette élection pour la gagner, c’est pour maintenir la pression. Mais la pression elle est forte quand les forces pour l’alternance sont ensemble.
 
Un fichier pourri
 
La révision de la liste électorale de 2013 vise d’abord à actualiser les données des électeurs. Ceci devait se faire par les corrections d’identité, les radiations des absents définitifs pour une raison quelconque, les transferts
pour ceux qui ont changé de localité et les duplicatas. Ensuite cette activité vise à inscrire les nouveaux majeurs et anciens majeurs n’ayant pas été enrôlés en 2013.
 
Organisée en trois zones, la révision de la liste électorale de 2013 a débuté le 19 janvier 2015 dans la première zone. Elle s’est poursuivie dans la deuxième zone pour s’achever le 23 février 2015 dans la troisième zone. A la fin de cette opération de révision commencent, normalement, toute une série d’activités chronologiques qui devaient accoucher du scrutin.
 
En effet, au lendemain du 23 février 2015, se font les travaux informatiques de centralisation des résultats de révision. Après la centralisation, suivent les activités de dé-doublonnage qui consiste à éliminer les noms qui ont été inscrits plusieurs fois. Ceci se fait au Centre National de Traitement de Données (CNTD). A l’issue de ce travail informatique, l’on obtient le fichier électoral national. Pour ce dé-doublonnage, la CENI a besoin d’un temps matériel de deux à quatre semaines. Certes, ce délai n’est pas prévu par la loi, mais c’est ce qu’il faut pour faire un travail sérieux. En temps normal, c’est après ces travaux que l’on peut parler de la constitution du corps électoral dans sa taille et sa composition, le nombre de femmes, d’hommes, le nombre de votants par différence d’âge, la répartition géographique et autres. Ces données sont utiles à tout candidat aux élections.
 
Mais ici, l’on a convoqué un corps électoral dont on ne connait rien, ni dans sa taille, ni dans ses répartitions. Après la constitution du corps électoral, suivent successivement :
– la publication du décret de convocation du corps électoral, le communiqué d’appel à candidature, le dépôt de candidature dont la durée n’est pas prévue par la loi. A la clôture des candidatures, il faut compter 45 jours francs avant le jour du scrutin. Ainsi, en prenant le 24 février 2015 comme la date de publication du décret convoquant le corps électoral qui n’existait pas encore, techniquement, la CENI a proposé la date du 21 Avril comme jour du scrutin. A l’époque, la date de publication du décret convoquant le corps électoral n’était pas encore connue. Cette prévision a été faite en fonction des calculs suivants: 25 février : communiqué annonçant les dates d’ouverture et de clôture de candidature.
– Du 26 février au 7 mars : dépôt de candidature soit 10 jours francs.
– 16 jours avant le jour du scrutin, commence la campagne électorale.
– Entre la clôture de la candidature et le début de la campagne se déroulent un certain nombre d’activités : la publication de la liste des candidats, l’affichage des listes provisoires, la période de recours, la formation des agents électoraux et la sensibilisation des électeurs. Voilà d’une manière ramassée, à quoi devait ressembler le travail de la CENI si les organisateurs veulent y mettre un minimum de sérieux pour donner une chance à l’expression des urnes. C’est la CENI qui est sur le terrain électoral, et ce n’est pas un hasard si la loi prévoit qu’il lui appartient de proposer certaines dates. Elle devait donc faire des propositions qui doivent, en réalité, être entérinées de la part du gouvernement.
 
L’esprit de l’intervention du gouvernement est de donner force de loi à la décision fixant la date du scrutin. Mais la CENI propose le 21 avril comme le minimum possible en deçà duquel rien n’est possible pour le vote, mais le gouvernement impose le 15 avril. On le voyait venir car, depuis un temps, le ministre Bawara circulait avec la date du 15 avril qu’ils voulaient à tout prix imposer. Il fallait, en effet, connaître le corps électoral et savoir sa publication et autres calculs pour avoir la date du scrutin. Mais elle n’est pas encore connue, la CENI a préféré commencer le travail sur la base des prévisions en faisant comme si le corps électoral était connu et qu’on devait le publier le 24 février. Cette prévision faite, la date du scrutin, selon le besoin matériel de la CENI, est ainsi tombée sur le 21 avril au plus tard. Cette date a été donc proposée par la CENI. Mais il n’en faut pas plus pour qu’UNIR soit ulcérée.
 
C’est cette date qui a été proposée et rendue publique par la CENI après un travail avec les membres d’UNIR qui justifient le limogeage et le remplacement, sans autre forme de procès, de ceux-ci par UNIR sous le fallacieux prétexte de « manquement grave ». Bref, en tant que membre représentants de UNIR dans la CENI, on les accuse d’avoir accepté une date proposée par la CENI sans avoir consulté leur base. Ici, on comprend que le schéma de la fraude a un chronogramme qui ne sied pas aux dispositions prévues par la loi et aux besoins matériels de la CENI en termes de temps. Tout porte à croire que, même au sein de UNIR, la fraude s’organise à double vitesse. Certains pensent qu’elle peut se faire intelligemment et d’autres estiment qu’elle peut se faire de façon flagrante sans que cela ne soit un problème. C’est au nom de ce chronogramme ajusté au rythme de la machine à fraude que, même le président de la Cour constitutionnelle fut obligé de se dédire. La première sortie de M. Aboudou Assouma était, en effet, la bonne et elle respectait ce que prévoient les textes. Mais quand une machine à fraude est en marche dans une élection, les textes de loi sont une chose et le chronogramme de la fraude en est une autre.
 
M. Assouma est donc obligé de se rétracter. Après, c’est UNIR qui fait déguerpir ses représentants car, ils ont osé s’aligner derrière la date matériellement correcte de la SENI. Ensuite, on fixe trois jours pour le dépôt
des candidatures et la cour constitutionnelle est obligée de recadrer en y ajoutant un jour de plus. Demain, ce sera une autre boutade au goût d’une organisation à pas de charge.
 
Certes, au temps fort de la dictature, les fraudes s’organisaient. Mais les fraudeurs le faisaient avec un peu de manière et de tact. Par exemple, on a connu des élections anticipées par le passé, ce qui est prévu par les textes quand les circonstances l’exigent. Mais des élections hors délais, on n’en a pas encore vues. Le mandat de M. Faure ayant commencé le 04 mai 2010 par sa prestation de serment, l’actuel président est sensé être au terme de son mandat le 03 mai à minuit. Les élections, à la lecture des textes, devaient se tenir deux mois avant la fin du mandat. Actuellement, le scrutin se tient le 15 avril et le mandat finit le 03 mai. Du 15 avril au 03 mai, est-ce qu’on a une durée de deux mois ? La convocation du corps électoral devait se faire le 17 février au plus tôt et le 05 mars au plus tard. 45 jours après la date limite de dépôt de candidatures sont nécessaires avant le scrutin. 75 jours au plus et 60 jours au moins sont aussi nécessaires entre le scrutin et la convocation du corps electoral à la lumière de l’article 61 de la loi fondamentale. A la lecture de tout ceci, l’organisation est sortie de son cadre et l’honnêteté politique aurait voulu que dans un tel contexte les différentes dates se fixent d’une façon consensuelle entre les différentes partenaires. Mais la machine à fraude de UNIR ne veut même pas reconnaître que sa trouvaille est déjà hors délais.
 
L’ANR, le secret de polichinelle ?
 
Etat policé, au Togo l’armée est souvent présente dans les arcanes insoupçonnés de la vie de tous les jours. Tout rassemblement est surveillé par des infiltrations des agents de renseignement, de véritables fourmis magnat qui
hantent les rassemblements publics. Dans les marchés, les prisons, dans la circulation, les administrations publiques et autres départements, dans tous les lieux de forte concentration humaine, ils sont là. Les éléments de l’ANR sont partout, ils se taillent même une place entre deux coups de fil. Toute cette présence vise à remonter les informations et prévoir toute éventualité.
 
Donc leur présence dans un mécanisme d’organisation des élections ne devait normalement pas surprendre. Mais ici, ils ne sont pas là seulement pour espionner et remonter l’info, ils participent à la chose et au besoin, jouent un grand rôle dans l’organisation de la fraude. Ils sont dans tout le mécanisme. La fraude a horreur de la transparence et du travail bien fait, donc ce n’est pas un hasard si certaines difficultés techniques sont délibérément créées dans les zones à forte concentration de population non acquise au pouvoir. Ils sont partout. De sources biens recoupées les estiment à des dizaines. Ils sont reconnaissables à leur attachement aux téléphones portables. Ils sont toujours entre deux SMS, pour rendre compte, ils sont toujours partagés entre les entrées et sorties pour recevoir des directives. Ils sont des agents normaux recrutés pour travailler et ils émargent parallèlement à leur salaire régulier. Pour leur coordination, il y a un responsable qui ne cache même plus ses allers-retours entre son bureau et le siège de l’ANR sans oublier ses permanents contacts avec la gendarmerie. Les noms des éléments de l’ANR, nous en faisons économie. Mais M.Clément Aganahi est trop gros pour rester dans l’anonymat.
 
Son contrôle ne relève même pas de Bawara, il est géré directement par l’ANR. C’est lui, de surcroit, qui dirige les agents de l’ANR qui sont à tous les niveaux du processus électoral afin de procéder aux fraudes. Ils ne sont pas seulement des opérateurs de saisie, ils sont aussi des techniciens chargés de conditionner les kits et d’autres matériels de recensement. Ils seront là au dépouillement et à la compilation des résultats. Aganahi est en effet un expert béninois mis à la disposition de la CENI, recruté par le ministre de l’Administration territoriale. Après avoir été vomi à la CENI du Tchad par des dénonciations repétées, il est devenu un expert au Togo. En démissionnant du Tchad, il a clairement mentionné, dans une lettre dont la publication est ci-contre, qu’il quittait le Tchad car cinq éléments d’UNIR sont remplacés de la CENI au Togo. Ce monsieur est sensé être un expert qui est sollicité pour un travail scientifique et objectif pour le pays. Pourquoi c’est le départ des membres UNIR qui doit motiver son départ du TCHAD ? Il travaille pour le Togo ou pour UNIR ? Le RPT-UNIR doit sa longévité à la fraude maisjamais elle n’a été aussi en live.
 
De quoi peut accoucher une lutte divisée pour le départ du régime ?
 
Il faut refonder les énergies, recomposer les ensembles et faire un choix. Si malgré les énormités d’une fraude en live il faille participer à cette présidentielle, il faut le faire en bloc. Ceci a l’avantage de resserrer les rangs autour de JPF. Si demain celui-ci se fait voler sa victoire et qu’il appelle à une mobilisation, que le PNP et son regroupement se sente un devoir citoyen de se mobiliser avec lui afin qu’il ne soit pas seul pour une mobilisation qui faiblit déjà. Si la fraude est trop importante pour une participation de l’opposition, que celle-ci boycotte en bloque de façon à redéfinir un plan commun pour battre les pavés et faire plier monsieur‘’Fraudevi’’.
 
Le front Tchoboé ne peut pas être efficace seul, le CAP 2015 ne peut non plus obtenir la victoire en 2015 seul. Il n’est pas trop tard pour arrondir les bords. Il se dit que le système a payé des plaisantins pour scander « pas de reformes pas d’élection » afin de décourager la participation de l’aile dure. Si tel est le cas, Fabre veut participer.
Si cela ne marche pas, il aurait légitimé une fraude.
 
Parmi ceux qui scandent « pas de reformes pas d’élection », il y a des leaders sincères mais en même temps, des leaders en mission commandée pour que Fabre se retire afin que Faure soit face à une opposition apprivoisée par les billets. On vous comprend, quand une lutte dure,elle accouche aussi de divisions, mais il est encore temps pour choisir une stratégie unique qui fera renaître la confiance des populations.
 
Abi-Alfa Izotou
 
source : togonews
 

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Publié le 8 mars 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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