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Présidentielle 2015 : La machine à broyer les concurrents de Faure Gnassingbé mise en branle ; après Pascal Bodjona, à qui le tour ?

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. Les conditions drastiques de détention de l’ancien ministre à la prison de Tsévié

Débutée de façon plus ou moins paisible, la fin de la semaine passée a été marquée par l’arrestation pour la seconde fois du témoin Pascal Bodjona dans la ténébreuse affaire d’escroquerie dite internationale. Ou plutôt l’élimination par Faure Gnassingbé d’un concurrent sérieux éventuel pour le fauteuil présidentiel en 2015. Et au regard de l’état d’esprit du Prince de la République, la machine à broyer les adversaires politiques devrait fonctionner à plein régime et faire d’autres victimes. A qui donc le prochain tour ?
 
Bodjona, un sort scellé d’avance
 
Les observateurs avisés voyaient venir la seconde arrestation de Pascal Bodjona depuis le rejet récent par la Cour suprême de sa requête d’annulation de la procédure ouverte contre lui. C’était patent que l’arrêt rendu par cette Cour présageait de manœuvres futures pour l’inculper. Et les faits n’ont pas tardé à leur donner raison.
 
Selon les indiscrétions, la mise sous mandat de dépôt de l’ancien bouclier politique de Faure Gnassingbé qui devient de plus en plus dérangeant, devrait intervenir lors du séjour washingtonien de Faure Gnassingbé à l’occasion du sommet Etats-Unis-Afrique qui s’est tenu les 5 et 6 août derniers, et tout le plan a été ficelé dans des officines obscures depuis la veille de son départ pour le pays de Barack Obama. L’argument massue à brandir par Faure Gnassingbé serait qu’il n’était pas au pays et donc qu’il n’en est pour rien dans son arrestation. Le juge d’instruction aurait reçu consigne de lancer une première convocation dès le lendemain du départ du Prince. Mais la manœuvre n’a pas prospéré du fait que le dossier n’était pas encore revenu auprès du juge après la forfaiture de la Cour Suprême qui, manifestement, éprouvait d’énormes difficultés à rédiger un arrêt tenable qui soutiendrait le rejet du pourvoi de Pascal Bodjona. Mais à force de s’y employer, Abdoulaye Yaya a finalement réussi, et c’est le retour du dossier au juge d’instruction qui a servi d’argument juridique pour convoquer Pascal Bodjona et ses conseils pour un simulacre d’interrogatoire au fond jeudi dernier.
 
Le sort de l’ancien pion du pouvoir étant scellé depuis le haut lieu, rien ne pouvait empêcher son arrestation. Même pas la sagacité de ses avocats qui, juste avant l’ouverture de l’audience devant le juge chargé du 4e Cabinet d’instruction, Komi Soumdina, ont déposé unerequête qui relève les violations de ses droits lors de son interrogatoire en première comparution le 4 décembre 2013 et demandaient, sur la base des articles 92 et 119 du Code de procédure pénale et 20 de la Constitution togolaise, la transmission du dossier à la Chambre d’Accusation afin qu’elle statue sur le grief évident dont ils venaient de faire état. Selon les procédures, le juge d’instruction ne pouvait pas s’y dérober. Mais c’est là que commencèrent les manœuvres. Le reste est raconté par le confrère togoinfos.com : « Dès réception de cette requête, le juge d’instruction, le doyen des juges et le procureur se sont enfermés à clé dans le bureau du quatrième cabinet pour imaginer ensemble, les subterfuges par lesquels ils pouvaient contourner cette « flèche empoisonnée » que venaient de leur lancer Pascal Bodjona et ses conseils. Ils ont compris, en bons juristes, que le demandeur avait de toute évidence raison. Mais que faire dès lors que des consignes très fermes leur avaient déjà été données pour entendre à tout prix Pascal Bodjona sur le fond du dossier et ensuite le mettre à nouveau sous mandat de dépôt ? Malgré les coups de fil qu’ils ont lancés à leurs mandants pour expliquer la difficulté réelle à laquelle ils faisaient face, les consignes n’ont pas changé d’un iota. C’est alors qu’ils ont fini, après plus d’une heure de huis clos, par appeler Pascal Bodjona et ses conseils pour ouvrir l’audience. Là, ils ont tenté, en vain, de forcer le passage pour entendre le ministre Bodjona sur le fond. Une heure et demi après, ils observent une suspension de plus de 45 minutes pour se concerter et concerter à nouveau le vrai plaignant tapi dans l’ombre du palais de la Présidence. Là aussi, rien. A la reprise de l’audience, l’on signifie à Pascal Bodjona qu’il serait déposé s’il ne cédait pas à leur insistance de l’entendre sur le fond du dossier. En clair, le juge d’instruction et le procureur de la République qui agissaient au nom du plaignant invisible, demandaient à Pascal Bodjona de renoncer à ses droits légaux pour les aider à l’abattre au plus tôt.
 
Naturellement, celui-ci ne céda pas, et ce qui de toute évidence devrait arriver, arriva ».
Le juge Komi Soumdina a pris un mandat de dépôt contre l’ancien ministre, qui a été ainsi arrêté et conduit à la prison civile de Tsévié. Devant ses avocats hébétés. « Nous sommes purement à l’état de nature. Il n’y a plus de loi au Togo », s’est écrié Raphaël Kpandé-Adzaré, scandalisé. Pascal Bodjona lui-même l’a compris.
Conditions de détention drastiques
 
Pascal Bodjona est-il un détenu de droit commun ? C’est ce qu’il devrait être, puisque l’affaire dans laquelle il est écroué en est une de droit commun. Mais, c’est un secret de Polichinelle, derrière ce dossier sans tête ni queue se cache la main de son produit politique. La légèreté de l’accusation portée contre lui et les misères qui lui sont spécialement faites alors que les cerveaux présumés de cette affaire, Loïk Le Floch-Prigent et Bertin Agba sont libres de leurs mouvements, sont suffisamment illustratives. Ces derniers ont d’ailleurs plus d’une fois déclaré qu’ils ont été instrumentalisés lors de leur séjour carcéral afin d’impliquer ouvertement l’ancien ministre de l’Administration territoriale et faiseur de victoire de Faure Gnassingbé en 2010. Pour tout dire, Pascal Bodjona est un prisonnier spécial de son ancien produit politique. Et à prisonnier spécial, conditions de détention spéciales.
Depuis ce jeudi où il a été transféré à Tsévié, des escouades d’éléments de la Force d’intervention rapide (Fir) ainsi que de la Gendarmerie sont positionnées tout autour de la prison. Soit dit en passant, ces éléments des FAT semblent désormais prisonniers de l’ancien ministre de l’Administration territoriale. Obligés de tout suivre depuis la brousse qui entoure ce centre pénitentiaire, ils sont devenus le mets quotidien des moustiques affamés.
 
Malgré son statut d’ancien ministre, bouclier politique et faiseur de victoire de Faure Gnassingbé en 2010, Bodjona n’est pas verni à la prison civile de Tsévié. Le seul fait de l’y incarcérer n’est pas anodin. Cela vise simplement à l’éloigner de ses proches et à contrôler ses visites. Le néo-pensionnaire de la prison civile de Tsévié serait confiné dans une cellule étroite, très sale et d’où se dégagent des senteurs nauséabondes des toilettes qui lui sont contiguës. Pour tout équipement (sic), on parle d’un matelas personnel qu’il y aurait fait convoyer – sinon il dormirait peut-être sur une simple natte-, d’un ventilateur et de deux chaises.
 
Outre ce décor assez expressif de ses conditions de détention, il est presque sevré de visites. C’est l’objectif visé par son embastillement à Tsévié. Depuis vendredi après-midi, les visites lui sont donc strictement interdites. Seuls son épouse et ses enfants en ont l’autorisation. Contrairement à Bertin Agba, le cerveau présumé de l’escroquerie qui avait même bénéficié de bien meilleures conditions – il recevrait ses visites sous une paillotte -, pour parler à Pascal Bodjona, ce n’est pas face à face ; mais à travers un parloir. Bref, comme un prisonnier ordinaire. Pas de téléphone, pas de journaux, seule une petite radio est mise à sa disposition pour lui permettre de suivre périodiquement les nouvelles du pays. Surtout pas de journaliste ! Selon les indiscrétions, il aurait été prévu de lui installer un poste téléviseur afin qu’il suive les activités inscrites dans les opérations de charme et la campagne électorale de Faure Gnassingbé. Une sorte de torture donc.
 
Il nous revient que même hors de la prison, les proches de l’ancien ministre sont systématiquement filés. Ses amis sont traqués, la preuve avec l’empêchement fait vendredi dernier au Fan Club créé pour le soutenir, d’installer son premier bureau régional à Atakpamé, malgré le respect de toutes les formalités administratives et le ok du ministère de l’Administration territoriale.
 
Pascal Bodjona out ; à qui le tour ?
 
« C’est un de moins !», devraient crier le Fils du Père et ses suppôts qui n’hésiteraient pas à sabrer le champagne et célébrer l’embastillement de Pascal Bodjona. Car l’homme était très redouté par son ex-produit politique, même s’il n’a pas encore créé de parti politique ou déclaré sa candidature pour 2015. C’est juste une conférence de presse qu’il a animée le 23 juin dernier pour annoncer ses intentions de rester présent sur la scène politique. Mais cela a suffi pour semer de la panique dans le camp de ses anciens amis.
 
Dans un récent article sur les motivations des misères qui lui sont faites, nous avons exposé les atouts de l’ancien ministre s’il se portait candidat à l’élection présidentielle de 2015. Outre ses qualités d’homme politique avérées, ses origines ethniques, ses relations dans l’armée, dans l’opposition et sur le plan international lui seraient d’un grand secours. Pascal Bodjona est par ailleurs un pion du système et connait beaucoup de secrets, surtout en matière électorale qu’il pourrait retourner contre son détracteur en chef – suivez les regards. A défaut de l’emporter, il devrait marcher sur les plates bandes du Fils du Père qui remue ciel et terre pour se présenter à la présidentielle de 2015, et ainsi émietter ses voix. Et cela passe par le refus des réformes, le verrouillage du processus électoral par des lois iniques, la préparation unilatérale et l’élimination des adversaires gênants. C’est dans ce dernier moule qu’il faut placer l’arrestation et l’embastillement de Pascal Bodjona. Et comme pour conforter ces appréhensions, des indiscrétions font état de ce que l’ancien ministre ne devrait pas être libéré avant le scrutin de 2015, qu’il y ait procès ou pas. Pas trop étonnant pour les Togolais avisés. C’est simplement la machine à broyer les adversaires de Faure Gnassingbé qui est mise en branle.
 
En avril 2009, soit un an avant la présidentielle de 2010, c’est Kpatcha Gnassingbé, l’allié de Faure pour la captation du pouvoir en 2005 et co-président qui avait été arrêté dans une fable de coup d’Etat, payant en fait ses envies pour le trône. Aujourd’hui, c’est Pascal Bodjona son ex-bouclier politique et faiseur de victoire en 2010 qui est passé à l’échafaud. Lorsqu’on sait l’importance de la présidentielle de 2015 et la détermination de Faure à ne pas se faire conter l’événement, il faut craindre que d’autres concurrents réels et sérieux ne soient aussi broyés. Et en tête de liste, le leader de l’Alliance nationale pour le changement (Anc), Jean-Pierre Fabre. De tous les présidentiables et candidats potentiels de l’opposition pour cette échéance capitale, il est de loin celui qui pourrait se targuer d’une certaine popularité et à même de concurrencer vraiment le candidat du pouvoir dans les urnes. Et il faut rappeler qu’il y avait eu entre-temps des manœuvres dans ce sens, avec l’affaire des incendies. Le plan consistait à juger les leaders du Collectif « Sauvons le Togo » à la dernière session de la Cour d’assises et à les condamner ; ce qui devrait les rendre du coup inéligibles pour ce scrutin de 2015. Etait prioritairement visé Jean-Pierre Fabre qui fait figure d’épouvantail du pouvoir en place. Avec le sort de Pascal Bodjona, on peut donc légitimement se demander : à qui le tour ?
 
Tino Kossi
 
Liberté Togo
 

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Publié le 27 août 2014


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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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