Quand le SRI arrêtera-t-il sa comédie ?

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Ayéwalagni-Akakpo


« On devient charlatan sans le savoir et comédien sans le vouloir » (Henri Frédéric Amiel)



Combien de temps faudra-t-il pour le Service de renseignement et d’investigation (SRI) pour boucler ses fameuses enquêtes ? Deux mois ? Trois ? Six, et peut-être en décembre 2013 et plus précisément le 13 décembre, puisque tout avait commencé le 13 du premier mois de l’année, pourquoi ne pas le finir le 13 du dernier mois de l’année ? En janvier, des Togolais ont été arrêtés. On a cherché à savoir pourquoi, et l’on nous a dit que c’est pour l’incendie des marchés de Kara et Lomé. La toute première arrestation, celle de Gérard Adja, le pauvre, qui ne peut même pas faire du mal à Satan que tout le monde hait, si l’opportunité lui était offerte, est celle qui a surpris ceux qui le connaissent bien. Puisque 24 heures auront suffi pour lui mettre le grappin dessus. Quelque chose semble caché derrière et des articles en avaient fait cas. Pas surprenant donc ! Occasion de régler des comptes.

Par vagues, des arrestations se suivront. Le mois suivant, c’est-à-dire en février, encore des interpellations par intermittence. Le professeur Napo Tchin, membre de l’ANC et donc du CST, Tchakoura Bodé, le trésorier du CST feront l’un après l’autre les frais de cette affaire qui a tout l’air d’un mystère mais n’en est pas un. Nous avons alors cherché à savoir ce qu’ils ont fait, eux. On nous a dit que c’est pour les incendies. Ne serait-il pas trop facile que d’autres soient arrêtés et ‘’mis au frais’’ ou au chaud et qu’ils se pavanent, eux, sans être inquiétés ? Parce que le coordonnateur du CST et ses deux collègues avocats semblaient en savoir trop sur des pistes compromettantes pour …, puisque Me Ajavon aura communiqué même des éléments d’informations au Procureur, patron de la commission d’«enquête à la togolaise», pour s’en servir, il faut trouver le moyen de leur clouer le bec à eux trois et les interdire de sortie du pays. Raison du plus fort.

Alors que l’on croyait cette affaire à dormir debout en train de s’éteindre côté interpellations, patatras, mardi c’étaient deux autres ‘’CSTistes’’ (et jusqu’ici ce ne sont que ceux-là) dont le tort est d’avoir eu l’imagination fertile de se transporter dans l’antiquité alors qu’on est au 21ème siècle, osant parler de «Derniers tours de Jéricho» d’être sur la sellette. Il s’agit de Jean-Pierre Fabre et d’Abass Kaboua dont on aura soumis les nerfs à rude épreuve plus de douze heures durant. Après janvier et février, on est en mars, le troisième mois de l’année et nos ‘’grands enquêteurs’’, ceux qui savent investir de gros sous dans les technologies de dernier cri quand il s’agit de suivre les conversations des citoyens, de repérer leurs voix, etc., en sont toujours à rechercher les auteurs des incendies de Lomé et de Kara à tâtons, mieux, en ‘’jetant cauris’’ pour savoir les prochains sur la liste. Si l’on n’impliquait pas ces deux, n’auraient-ils pas l’impression d’être intouchables ?

Qu’en mars, on continue d’interpeller des gens, les Togolais ne comprennent plus et beaucoup parlent même de pures provocations et d’approximations. Nous parlons de comédie parce que Tchalakou Yaovi fut menacé à la gendarmerie d’avoir menti dans le compte du sergent qui voulait mettre le feu à la station MRS. Nous parlons de comédie parce que nous pensons à Toussaint Tométy, le jeune manipulé. Nous parlons de comédie parce que nous pensons à ce prévenu qui s’est emporté à la prison civile par rapport au non respect de promesse. Nous parlons de comédie parce que nous pensons à cette joyeuse ambiance dans la cour de la gendarmerie entre un gendarme et l’un des jeunes qui ont déclaré avoir participé à l’incendie, menottes aux poignets.

En tout cas, le jour où le Pouvoir expliquera aux Togolais entre autres, pourquoi les sapeurs pompiers ghanéens qu’ils disent avoir appelés ont été bloqués à la frontière pendant des heures, ce jour-là seulement, nous déchargerons le Pouvoir de la responsabilité. Pour le moment, ce n’est pas le cas et le reste n’est que CO-ME-DIE


Alain SIMOUBA

liberte-togo

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