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Que va-t-on chercher dans les urnes au Togo ?

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Ou pour parler comme le psalmiste : « Pourquoi les nations ont-elles été en tumulte et les communautés nationales n’ont-elles cessé de marmonner une chose vaine… »[1]
 
Tout le monde au Togo semble d’avis que c’est maintenant le temps de la réflexion. Mais quelle réflexion ? J’avoue que venant de certains acteurs politiques dans notre pays, ce n’est pas seulement avec ironie que je prends la chose. C’est aussi avec un certain frémissement, car, en fait, nous n’avons jamais cessé de nous livrer à la réflexion au Togo, témoin déclarations, communiqués, articles, réunions et congrès de partis, conclaves, concertations, science, et même dialogues, choses que l’on ne fait jamais sans réflexion, jusqu’aux nombreux groupes déclarés, supposés, présumés, soi-disant, nommés de « Réflexion ». Il y en a de toutes les nuances.

Mais , remarquez surtout la majuscule. En fait, Dame Réflexion ne nous a jamais quittés au Togo. Elle a été, est et sera toujours avec nous. Mais, alors, pourquoi trouvons-nous, seulement maintenant nécessaire d’aller la chercher, peut-être là où elle n’est pas ? Zinsou a une tendance différemment appréciée, à se moquer de nous : « Quand nous allons chercher quelque chose, c’est que nous savons bien où elle se trouve ». J’en conviens ! Cela signifie aussi que nous savons ce que nous allons chercher dans les urnes et ce que nous n’y cherchons pas.
 
En effet, selon l’angle sous lequel on se place, on y cherche ce qu’on a déjà, ou on y cherche ce qu’on ne trouve jamais, dans les conditions où nous nageons, l’état dans lequel nous sommes tous plongés. Peut-être que si ces conditions changeaient, si cet état changeait, nous pourrions, pour ceux qui y cherchent ce qu’ils ont déjà, nous épargner les peines (notamment celle de bourrer les urnes, de les charger sur la tête ou de les fourrer sous l’aisselle et de courir) le tumulte, l’argent de la nation gaspillé, la salive répandue inutilement, tout comme le sang des adversaires tailladés à la machette, les bagarres, les cadavres, la comédie macabre, mimique et tout compris qui nous fait paraître aux yeux du monde comme de mauvais comédiens, de méchants joueurs…
 
Nous pourrions nous épargner tout cela donc : c’est si simple ! Il suffit de déclarer à la face du monde que le Togo est une monarchie héréditaire qui n’a pas besoin d’élections pour vivre en tant que nation ; nous n’éviterions pas seulement le tumulte pour une chose vaine aux Togolais, nous l’éviterions aussi pour les nations autour de nous, les organisations et institutions, les puissances du monde…jusqu’au Pape qui doivent faire semblant de nous aider à faire la démocratie. Alors que nous savons pertinemment que nous allons aux élections pour…cracher sur la République, uriner dans les urnes ( je ne fais aucune allusion à une dénomination, puisque les militants de ladite dénomination ne sont pas seuls à s’y défouler) enfin dépouiller la démocratie de toutes valeurs, de tous sens, piller, dilapider, gaspiller les biens du pays…
 
Et pour ceux qui y vont chercher ce qu’ils savent ne jamais trouver dans l’état actuel ? Mais qui y vont avec peut-être la même énergie, la même frénésie, en couleur comme ceux qui voient la chose sous une autre couleur, d’un autre angle de vue ? Eh bien, la particularité de notre réflexion est qu’elle évolue, je ne dirai pas au gré des circonstances, mais dans un ordre, soit croissant, soit décroissant, plutôt décroissant que croissant. Comme par exemple : « pas de réformes, pas d’élections », puis élections quand même. Ou « cette fois, le hold up ne passera pas » ; puis quand le hold up semble évident, « ce hold up est le dernier ». Je ne sais pas si « le dernier » signifie ce qui n’est pas passé, comme je l’espérais. Mais il y a certainement mieux, ou pire, selon l’angle sous lequel on se place toujours, car parfois le meilleur et le pire sont confondus : « Votez utile ! » et quand, comme tout homme qui réfléchit honnêtement le sait, on a voté inutile, on confie les clés de la Maison Togo à celui en faveur de qui ce tumulte inutile, cette chose vaine a été organisé.
 
La question n’est pas dans l’inutilité ou l’utilité du vote ( chacun a le droit de se placer sous l’angle de vue qui l’avantage). Mais, c’est l’inutilité de l’expression que l’on croyait être une trouvaille sensationnelle (d’ailleurs celui qui l’a faite est un spécialiste de ce genre de trouvailles et il se fait toujours désirer, entretenant un faux suspense, pour nous les brandir les unes après les autres). Comment voulez-vous, quelle utilité trouvez-vous à offrir (qui vous a élu pour) les clés de la Maison Togo à celui qui s’en empare comme il veut, par la force, la violence, massacrant qui il veut, s’il ne peut pas se l’approprier par la ruse et la fraude ? Quelles clés donnez-vous à celui qui a déjà forcé la porte de la Maison en question et s’y est installé ? Qu’on ne nous fasse pas rire !
 
Je ne veux plus rappeler l’autre belle trouvaille du même spécialiste, expert en science politique qui veut « renouveler la classe politique », mais en offrant d’abord les clés de la Maison Togo au représentant d’un clan qui a pris ces clés par la force depuis plus de cinquante ans. On va de l’avant, on fait du neuf en s’acharnant à maintenir l’ancien. La tendance, ce me semble, est celle-ci : à mesure que nos réflexions, je veux dire nos déclarations, communiqués etc. se multiplient, s’alignent, s’allongent, s’essoufflent, s’abandonnent à des soubresauts d’agonisants, ils perdent naturellement de leur force. Et meurent. Ou s’il en reste quelque chose, ce ne sont plus que ces soubresauts, ces agitations.
 
Ces agitations que nous voulons faire passer pour du mouvement, ce tumulte pour la chose vaine que nous présentons comme science, la communauté internationale les regarde comme une comédie, je l’ai dit, et du moment où cette comédie ne la dérange nullement dans ses intérêts, dans cet apartheid où sont rejetées des nations comme la nôtre, sans trop s’en mêler. C’est normal ! Ce qui n’est pas normal, c’est que nous regardons, nous vers cette communauté, ces organisations, comme nos sauveurs, ou au moins devant contribuer à notre salut.

J’ai lu aussi une déclaration de Jean-Pierre Fabre s’en remettant au peuple togolais et à l’OIF pour que sa victoire aux élections du 25 avril lui soit reconnue. Doit-on dire : « Pauvre Jean-Pierre Fabre ? ». Il sait que ni l’OIF, ni l’UE, ni la CEDEAO, ni l’UA, ni l’ONU…ne viendront le faire Président de la République togolaise, lui remettre les clés de la Maison Togo. C’est qu’il faudrait que la République togolaise, elle-même existe d’abord, que la Maison Togo soit d’abord. Or, il n’échappe à personne réfléchissant sainement, qu’en matière de République togolaise, de Maison Togo, nous n’avons rien que l’on puisse valablement appeler de ces noms. Il n’y a à la place que la Maison Gnassingbé. Qui veut travailler pour cette Maison, de l’extérieur ou à l’intérieur est le bien-venu. Ne dites pas autre chose. A l’intérieur, nous formulons allègrement, à ceux qui s’amusent à nous observer de l’extérieur, comme dans une pièce connue de certains Togolais :
 
« Une demande d’aide aux comédiens sous-développés : Messieurs les…j’ai l’honneur de vous prier très respectueusement, avec le respect le plus respectable, de bien vouloir nous accorder une assistance technique, en acceptant de participer à notre petite comédie qui fait un grand effort, pour sortir du sous-développement ! [2] ».
 
Et ces messieurs généreux acceptent. Et ils participent ! Seulement, cela demeure notre comédie. Il ne nous restera plus qu’à nous répandre en gratitude et louanges devant ces messieurs, quand la comédie tournera en tragédie, comme les comédiens dans la même pièce : « Merci papas qui fabriquez gros canons boum ! Boum ! ». En attendant, nous voulons conserver notre Maison ou si vous voulez, notre comédie, telle quelle, parce que, quoi qu’il en soit, nous gagnons. Nous y gagnons tous, d’une manière ou d’une autre. A défaut d’être président, nous pouvons être…ministres ? Députés ? Sénateurs ? Maires ? Non ! On dirait que ce bonhomme de rien du tout nommé Zinsou a tout vu ou tout prévu : « l’Ami-de-Celui-qui-vient-Directement-Après-Le-Directeur [3] ».
 
C’est un titre ! Un titre ! Un titre bien long que l’on puisse encore prolonger pour en retirer le maximum d’avantages ! Même le plus dépourvu de valeurs réelles, même le plus ridicule, pourvu que ce soit un titre ! Et qui sonne bien ! Après tout, c’est humain d’aspirer à posséder un titre, un statut dans la société. Mais ne dites pas que c’est pour assouvir cette soif de statut que nous faisons la politique. Eh, dites-moi, quel est l’Homme-qui-vient-directement-après-le-Menteur National ? A défaut d’être l’Ami de ce Menteur National lui-même…dans ce contexte où le mensonge est roi, en tout cas fort prisé, bien récompensé… ne serait-il pas légitime de…?
 
Ernerst Renan a écrit : « En politique, il n’y a que les fondations barbares qui durent. [4] ». Pour les politiciens désireux de faire une carrière bien longue et bien rémunérée, n’est-il pas plus avantageux d’être du côté d’un système qui répond à ce critère ? Et en matière de barbarie, le système Gnassingbé, depuis son crime fondateur, jusqu’aux fraudes électorales d’aujourd’hui, en passant par les massacres de populations, les assassinats d’adversaires, les actes de piraterie de l’air, les incendies volontaires d’édifices d’utilité publique, n’a rien à envier aux plus sombres du genre, connus par le passé ou aujourd’hui.
 
« Fous-nous la paix, Zinsou. Nous voulons réfléchir ! »
 
Source : [18/05/2015] Sénouvo Agbota Zinsou
 

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Publié le 18 mai 2015


Catégorie(s) : Politique
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"Je suis Jean-Pierre FABRE, je ne suis pas à vendre ni à acheter. Je ne vénère pas l'argent."



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