Rejet du projet de loi/ Réformes : « Il reste à l’opposition une seule solution : se parler, se retrouver ensemble pour affronter ce régime aux élections et les gagner »

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L’Assemblée nationale a rejeté lundi dernier, la loi portant modifications de certaines dispositions de la constitution, texte introduit par le gouvernement et comportant une bonne partie des réformes exigées par les principaux partis de l’opposition.

 

Le texte a été rejeté par des députés de l’Union pour la République (UNIR, le parti au pouvoir), majoritaire au Parlement avec 62 députés sur 91.

 

Le véritable point de discorde entre le parti au pouvoir et l’opposition parlementaire est la question de la limitation du mandat présidentiel.

 

Selon l’article 59 (nouveau), « le président de la république est élu au suffrage universel direct et secret pour un mandat de 5 ans, renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats. Le président de la République reste en fonction jusqu’à la prise de fonction effective de son successeur élu ».

 

Dans l’actuelle constitution, le mandat présidentiel n’est pas limité.

 

Pour l’opposition parlementaire, la nouvelle disposition, une fois adoptée, doit « prendre effet immédiatement ». Une exigence qui vise le président Faure Gnassingbé élu en 2005 et réélu en 2010. Pour ces opposants, Faure Gnassingbé ne doit plus se représenter pour la présidentielle de 2015.

 

Faute de « consensus » sur ce point, les députés du parti au pouvoir, ont préféré rejeter en bloc, toutes les modifications introduites par le gouvernement.

 

Selon Patrick Lawson, vice-président de l’Alliance Nationale pour le Changement (ANC, principal parti de l’opposition), le gouvernement n’a joué que le « jeu de Pilate : je m’en lave les mains, je vous remets le texte en l’état. C’est ce que le gouvernement a dit, tout en comptant sur ses députés ».

 

Il reste à l’opposition une seule solution : se parler, se retrouver ensemble pour affronter ce régime aux élections et les gagner. Quand le peuple se réunit derrière des hommes et des femmes, il est invincible », a-t-il souligné.

 

« Et nous sommes sûrs que si, pendant l’intersession, nous arrivons à aplanir nos problèmes — comme nous avons déjà commencé à les aplanir — nous irons à ces élections unies et avec ces lois scélérates, et nous gagnerons comme Macky Sall l’a fait au Sénégal », a ajouté Patrick Lawson.

 

La Coalition Arc-en-ciel (l’un des deux regroupements de partis d’opposition) avait qualifié mardi de « véritable hérésie politico-intellectuelle », l’attitude des députés du parti au pouvoir.

 

L’Assemblée nationale « peut ne pas s’aligner automatiquement sur les initiatives du gouvernement si les intérêts du peuple sont en jeu », ont souligné des sources proches du parti au pouvoir, régissant aux différentes réactions.

 

« Aucun député ne peut recevoir des ordres à voter dans tel ou tel sens. Il exerce librement ses fonctions en qualité de représentant de la nation toute entière et il tire sa protection de l’immunité parlementaire que lui reconnait la constitution », ont-ils précisé. FIN

 

Edem Etonam EKUE

 

Savoir News

 

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