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Robert Bakaï et Taïrou Bagbiègue en « mission de rachat »

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Présidentielle de 2015 et recomposition de la CENI
 
Quelle prise réelle des délégués de l’opposition sur le processus ?

 
bagbuiegue.jpegCommencé depuis le mardi 9 septembre, le processus de désignation des dix-sept (17) membres de la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a connu son apothéose ce mercredi, avec l’élection des délégués des partis parlementaires et de l’administration. Mais quelle prise réelle des nouveaux élus, surtout les délégués de l’opposition sur le processus de préparation qui est presque à son achèvement ? A noter la présence parmi les représentants du pouvoir Rpt/Unir, de deux personnages entre-temps écartés par Faure Gnassingbé : Robert Bakaï et Taïrou Bagbiegue. Un retour qui sonne comme une grâce présidentielle et une sorte de mission de rachat à eux confiée et qui les verra s’investir à fond. Afin de plaire au Prince et retourner dans ses bonnes grâces. et ce sera aux dépens de la transparence et de l’équité du processus.
 
La Céni au complet
 
Dix-sept (17). C’est le nombre de membres devant composer la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Le processus débuté le mardi 9 septembre dernier n’a pu aller à terme. Il a été suspendu afin de permettre des tractations et le consensus entre le pouvoir et l’opposition autour des désaccords. La séance du lundi 15 septembre n’a permis que l’élection des six (06) membres de la société civile et des partis extraparlementaires. Ils ont pour noms Yao Daté du Centre d’observation et de promotion de l’Etat de droit (Coped), Mme Batchassi Baloukina-Eza Nimon du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (Refamp/Togo) et Taffa Tabiou de l’Association pour l’Education et le Progrès (Aep), pour la société civile ; et Lardja Kolani du Parti pour la démocratie et le renouveau (Pdr), Biaou Tchalla du Pacte socialiste pour le renouveau (Psr) et Boutchou Sibabi de la Convention démocratique des peuples africains (Cpda), pour les partis extra-parlementaires. Ce dernier est venu remplacer au pied levé Extase Akpotsui d’Initiatives et Développement (ID) irrégulièrement élu lundi dernier. Alors que son nom ne se trouvait nullement sur la liste originelle des candidats soumise par le pouvoir Rpt/Unir, il a été glissé au dernier moment à travers une gymnastique dont le régime a le secret. Un scénario qui n’est pas loin de celui qui ayant abouti à l’élection des trois reines de la beauté togolaise le 30 août dernier au Palais des Congrès de Lomé. Il était sans doute sur la « liste additive », glosait un confrère qui était dans la salle, faisant allusion à l’argumentaire de Yark Damehame lors de la polémique sur les résultats du concours de recrutement dans la Police et la Gendarmerie.
 
La séance de mercredi a permis l’élection des délégués manquants. Devront siéger, au titre de la majorité parlementaire, sinon de l’Union pour la République (Unir) : Taïrou Bagbiegue, Robert Bakaï, Mme Mokpokpo Dosseh, Koffi Ayéfoumè Kekeh et Bandifoh Ouro-Akondo ; et au titre de l’opposition parlementaire : Essem Edoh Amelewonou, Edem Atantsi et Bemba Nabouréma du groupe Anc-Addi, N’Galou Passoki de la Coalition Arc-en-ciel et Jean-Claude Homawoo de l’Union des forces de changement (Ufc). La présence de ce dernier dans les rangs de l’opposition doit étonner plus d’un, car le positionnement de l’Ufc au sein de l’opposition a été l’objet de désaccords et de blocage, le groupe Anc-Addi et la Coalition Arc-en-ciel le contestant vigoureusement. Alors qu’on parle de consensus, ce choix de l’Ufc continue de susciter des récriminations. Et pour finir, c’est Latifou Kegbero qui représentera l’administration.
 
Quelle influence des délégués de l’opposition sur le cours des événements ?
 
Voilà donc la Céni au grand complet. Il ne reste qu’à tous ces dix-sept (17) élus de prêter serment devant la Cour suprême et prendre fonction. Mais une chose est d’élire des délégués, une autre est de savoir l’impact réel qu’ils auront sur le processus. Quelle prise auront les représentants de l’opposition sur le cours des événements ?
 
C’est la grande problématique légitime qui se pose, d’autant plus qu’un pan non négligeable des préparatifs qui relevait des prérogatives de tous les nouveaux membres de la Céni a été mené par le reliquat de l’ancienne équipe (sans Angèle Aguigah mise sur la touche à cause d’une curieuse maladie) acquise à Faure Gnassingbé. Ou plutôt par le pouvoir à travers le très détestable ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, Gilbert Bawara qui a noué des pactes secrets avec la société Zétès, l’éternel partenaire du clan Gnassingbé en fraudes et manœuvres électorales, pour sans doute les mêmes prestations qui ont toujours permis au pouvoir de l’emporter. A preuve, le reconditionnement et certains travaux sur les kits ont été faits, sur ordre de Bawara, sans l’aval du bureau ou à l’insu des membres du reliquat de la Céni de 2013. Et pourtant, c’est au cours de ces opérations clandestines que les manipulations des kits sont faites pour leur usage futur.
 
A l’occasion des débats sur certains sujets, et pour prendre des décisions, on a bien peur que les voix des délégués de l’opposition ne portent pas plus loin qu’un soupir, à cause du rapport de force qui est en leur défaveur. De tous les 17 membres, les vrais représentants de l’opposition ne sont que sept (les 4 de l’opposition parlementaire sauf l’Ufc, le délégué de la Cdpa, celui du Psr et le représentant du Coped). Lorsqu’il sera question de vote, il est aisé d’imaginer l’issue. C’est sans doute en prévision de ces instants que le pouvoir est revenu sur le gentlemen agreement préalable qui l’avait vu concéder une répartition équitable des sièges des partis extraparlementaires et de la société civile avec l’opposition, et a tout fait pour placer l’Ufc au sein de l’opposition. L’opposition risque simplement de subir les événements, vu l’enjeu du scrutin et la détermination du pouvoir à paver la voie à son champion pour jouer la prolongation au pouvoir.
 
Robert Bakaï et Taïrou Bagbiegue en « mission de rachat »
 
Parmi les délégués élus au titre de la majorité parlementaire, deux noms figurent : Robert Bakaï et Taïrou Bagbiegue. Il s’agit là de deux ex- chouchous de Faure Gnassingbé, mais entre-temps tombés en disgrâce. Le premier s’était illustré beaucoup plus par son zèle.
 
Nommé procureur de la République près le Tribunal de première Instance de Lomé par décret présidentiel numéro 2004-0066/PR du 17 mars 2004, Robert Baoubadi Bakaï a été limogé le 18 mai 2011 par décision du Conseil des ministres, qui le mit « au service de la Fonction publique ». Une éviction qui avait surpris l’opinion, d’autant plus que l’homme a rendu de bons et loyaux services à ses mandants. Par son zèle. S’il était au poste depuis quatre (04) ans, c’est le dossier Atsutsè Agbobli, du nom du politologue, journaliste, écrivain et président du parti politique le Modena (Mouvement pour le développement national) dont le corps a été retrouvé mort le 15 août 2008 sur la plage, qui a été son fait d’arme. Alors que la polémique enflait sur les circonstances du décès de l’homme, Robert Bakaï vola au secours du pouvoir mal en point et ordonna une autopsie dont les résultats en ont plutôt rajouté à la polémique. Après que par les pressions, les services de l’expert onusien Dr Nizam Peerwani furent requis et ses résultats remirent en cause les thèses avancées à la pelle par Atcha Titikpina, à l’époque ministre de la Sécurité et de la Protection civile qui parla de noyade, puis le Pr Gado Napo-Koura qui évoqua une intoxication médicamenteuse, le Procureur tout feu tout flamme monta à nouveau au créneau et ordonna une contre-expertise à celle du spécialiste onusien. A l’époque, Robert Bakaï avait laissé entendre que des prélèvements ont été effectués et seraient envoyés dans des laboratoires de renom en Europe pour les analyses. On était en novembre 2008. Bientôt six (06) ans après, les résultats se font toujours attendre. Il avait simplement participé à étouffer la polémique sur le meurtre d’Atsutsè Agbobli.
 
Deuxième dossier à révéler les talents de l’homme, et pour être plus précis, ceux de comédien, l’affaire Kpatcha Gnassingbé, du nom de l’ancien député de la Kozah accusé de tentative d’atteinte à la sureté de l’Etat. On se rappelle, c’étaient des numéros de Jamel Debouzze ou de Gogoligo que le procureur de la République faisait sur les médias. Il s’était surtout illustré lorsque Me Zeus Ajavon et Djovi Gally étaient entrés dans le dossier. Ils y étaient « entrés par effraction », avait-il glosé, avant de menacer sous cape de faire radier du barreau Me Zeus Ajavon qui se trouvait être son ancien professeur de droit. « Ce n’est pas ce que je lui ai appris », avait déclaré, dépité, l’avocat. La séquence restée figée dans la tête de bien de Togolais est sans doute celle qui avait vu Robert Bakaï, au journal de 13 heures sur la TVT, brandir une pseudo lettre de Kpatcha Gnassingbé récusant les deux avocats, avec des pitreries à l’appui, et disant que le député avait crié lorsqu’on lui a appris que ce sont ces deux avocats « opposants » qui devraient le défendre.
 
Le troisième dossier était celui de Jacques Dupuydauby, du nom du Directeur Général de Progossa, la société de manutention portuaire qui avait le vent en poupe au Togo, mais qui sera chassée au profit de Bolloré, à travers une cabale ourdie au sommet même de l’Etat.
 
Malgré tout ce zèle ostentatoire, Robert Bakaï fut limogé le 18 mai 2011 et garé dans un petit bureau au ministère de la Fonction publique. On apprendra plus tard que son malheur tenait du fait qu’il avait refusé de servir de courroie pour coincer Bertin Agba, arrêté en mars 2011 dans l’affaire d’escroquerie dite internationale, et surtout saisir ses biens comme on avait tenté de le faire.
 
Lui, il n’était pas zélé, mais chouchouté en matière d’emploi. Directeur Général de la Société des Postes du Togo depuis le 23 novembre 2007, Taïrou Bagbiegue fut parachuté au premier gouvernement d’Ahoomey-Zunu le 25 août 2012 au ministère des Mines et de l’Energie entre-temps rattaché à la Primature. Poste qu’il a cumulé avec celui de DG avant d’être remercié par décret présidentiel le 24 janvier 2013, cinq (05) mois seulement après. Au motif assez diplomatique de besoin de restructuration du secteur des Mines. Mais tout le monde savait que les vraies motivations de ce limogeage étaient ailleurs. Ce qui a été constant, c’est que Taïrou Bagbiegue a été éclaboussé par un scandale de pillage systématique de la Société des Postes du Togo fait de détournements, de magouilles de toutes sortes, de surfacturations dans l’achat des bus, de missions et dons fantaisistes et budgétivores, de dilapidations des fonds de la société et révélé par la presse. Et un nom était aussi cité parmi ses complices : Ouro-Akondo Bandifo, le 3e larron nommé à la Céni, à l’époque Président du Conseil d’administration (fantoche) de la SPT, et quelque temps plus tôt « sous-ministre » (Secrétaire d’État auprès du ministre de la Coopération, du Développement et de l’Aménagement du territoire chargé de l’Aménagement du territoire) au 1er gouvernement de Gilbert Fossoun Houngbo rendu public le 15 septembre 2008. Sans doute que ce scandale a été la cause du limogeage de Taïrou Bagbiegue qui, quelques semaines plus tôt, rappelons-le, avait été remplacé à la direction de la Poste.
 
Ce qu’il faut retenir, c’est que ces trois personnages parachutés aujourd’hui à la Céni au nom du pouvoir Rpt/Unir, étaient depuis un moment en disgrâce auprès de Faure Gnassingbé et ont connu une longue traversée du désert. Une sorte de châtiment donc pour les péchés commis (Robert Bakaï pour refus d’aider à noyer Bertin Agba, Taïrou Bagbiegue pour pillage de la SPT). Mais après la traversée du désert, les voilà rappelés et nommés pour un travail assez important pour l’avenir de Faure Gnassingbé, la gestion de l’élection présidentielle de 2015 à laquelle il veut bien se présenter bien qu’étant au terme de ses deux mandats. Avec tout ce qu’ils ont vécu, ils s’investiront à fond et avec la dose de zèle nécessaire, pour (re)plaire à Faure Gnassingbé, retourner dans ses bonnes grâces et ainsi retrouver une place à sa droite (au Paradis). C’est sans doute le dessein secret de leur mandant. Pour des observateurs, ils sont donc en « mission de rachat ». Et comme par hasard, des indiscrétions font état de ce que Robert Bakaï est pressenti pour la présidence de la Céni…
 
Tino Kossi
 
Liberté Togo
 

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Publié le 22 septembre 2014


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