Togo : Le déclin à l’horizon



Les vieilles habitudes ont la vie dure. Cette maxime est en fait le reflet parfait des attitudes empruntées au paléolithique par le régime Faure Gnassingbé pour s’imposer et s’éterniser. Un pouvoir qui depuis bat de l’aile et est au bord de l’implosion du fait de son fourvoiement pour finalement se faire prendre dans son propre piège. Du forcing, de la terreur et de multiples erreurs, jamais un menu aussi indigeste que les frasques répétées du pouvoir RPT-UNIR n’est en passe de provoquer des vomissements fatals. Forcing, terreur et erreurs, cette infernale trine d’un régime aux abois, marque sans nul doute l’apogée du pouvoir togolais ou les prémisses d’une chute prochaine d’un régime vomi de toutes parts.

C’est assez fini, le pouvoir RPT-UNIR n’est plus ingénieux, il n’est plus créatif, inventif. Il est désormais à court d’idées et n’a véritablement plus de projets nouveaux à faire valoir dans son plan de prédation et de conservation de pouvoir à vie. Alors, il est retourné à plus de 20 ans en arrière et a renoué avec les vieilles méthodes autocratiques, c’est-à-dire la culture de violence et de terreur qui a singularisé le régime Eyadéma.

« La culture de la violence, fondement de la pérennité du pouvoir du Président Gnassingbé Eyadéma constitue une dimension importante des violations des droits de l’homme sous son règne et un facteur explicatif de la montée de la violence après son décès. Les mécanismes opératoires de cette culture sont d’une part, le silence sur la réalité des actes et les pratiques de terreur, de répression et d’autre part, l’impunité totale pour leurs responsables, commanditaires et exécutants ». C’est de cette manière ramassée que la Mission de l’ONU présentait son rapport d’enquête sur le Togo en 2005.

En se remémorant les derniers développements dans les villes assiégées du nord Togo, entre autres, Kparatao, Bafilo et Sokodé, tous ceux qui estimaient il y a encore quelques années que beaucoup d’efforts ont été faits dans le cadre de la restauration et de la promotion des droits de l’homme au Togo depuis l’avènement de Faure Gnassingbé à la tête de l’Etat du Togo, ceux-là doivent justement commencer à s’interroger sérieusement, se demander aujourd’hui s’ils n’étaient pas dans une totale illusion au moment où ils « béatifiaient » le Prince de Lomé II, « le fils du Père ».

Hier, sous Eyadema, l’ONG Amnesty international présentait la République togolaise en ces termes : « Togo : Etat de terreur ». Tenir aujourd’hui le même discours en se fondant sur les circonstances actuelles et les gros ennuis quotidiens des populations dans les villes assiégées du Togo, certains pourraient croire qu’on utilisait plutôt de l’euphémisme en parlant de terreur. Sinon comment peut-on expliquer que des militaires togolais lourdement armés et d’autres à bord des blindés et des pick-up tiennent au respect les populations de certaines villes du pays, Mango, Kparatao, Bafilo et Sokodé etc. alors que ces localités précitées ne sont jamais sous la menace d’une agression extérieure ? Comment peut-on expliquer que certaines de ces populations de Bafilo et de Sokodé, en rentrant tardivement de leur activité quotidienne soient prises à partie par des militaires censés les protéger, ils les bastonnent, les molestent sans oublier les graves traumatismes que subissent ces populations en entendant çà et là dans leur ville, des coups de feu permanents ? Comment peut-on enfin expliquer le silence des autorités togolaises sur cette situation qui n’honore pas le Chef d’Etat qui se veut démocrate ? Dis-moi ce que tu fais, je te dirai qui tu es !

Recensement galvaudé, infantilisé et mimé dans un forcing apparent, scène de provocation au Parlement avec des députés bleus qui avalisent des coups de force permanents, des ministres qui s’illustrent dans des discours virulents…c’est le relevé saisissant des attitudes d’un régime aux abois qui ne comprend que le langage de la force et de la violence pour gouverner contre les aspirations profondes du peuple togolais qu’ils sont prêts à martyriser aussi longtemps que possible pour l’obliger à les suivre.

Ce qui se passe aujourd’hui au Togo, sort véritablement de l’entendement humain parce que le degré de cynisme que les apparatchiks du régime RPT-UNIR font subir aux populations togolaises, est totalement inacceptable et insupportable. Mais pour le leader du PNP, Tikpi Atchadam, natif de Kparatao, village assiégé, ce qu’ils font, n’est pas du tout nouveau. « Il s’agit d’un vieux projet du régime retiré du tiroir à chaque fois que les Togolais sont à deux doigts de leur liberté… le projet en question, c’est la deuxième fois que nous en parlons se résume en ceci : peuple togolais tu nous laisses gouverner à vie ou bien nous te laissons un pays complètement détruit qui ne pourra plus se relever, » a déclaré l’homme politique qui fait aujourd’hui la misère au pouvoir togolais. À l’en croire, les armes disparues, le refus de lever le siège sur les villes de Mango, Bafilo et Sokodé et certains quartiers de la capitale Lomé, les rafles répétées des populations, les incendies des mosquées et des exemplaires des Coran déchirés et brûlés, les incendies des églises, les actes de vandalisme contre le nouveau siège du PNP Sokodé la nuit du 24 au 25 octobre 2018 font partie du projet. « En vue de la mise en œuvre de ce projet, ils ont mis de côté tous les moyens, le prologue annonçant la pièce de théâtre proprement dite est cousu de provocations. La stratégie est simple, multiplier les provocations pour obtenir la réaction supposée ou vraie de la population pour enfin justifier la mise du pays à feu et à sang. Ceci doit commencer à Lomé, Mango, Bafilo, Sokodé ou Tchamba, » révèle le président du PNP qui explique aussi que les actes de vandalisme contre le siège du PNP dans la nuit du 24 au 25 Octobre 2018, l’incendie volontaire du siège de UNIR dans la nuit du 26 au 27 octobre 2018, les bastonnades dans la ville de Sokodé et ses environs dans la nuit du 27 au 28 octobre 2018, tout ceci en lien avec ce qui s’est passé dans la nuit du 28, constituent des actes d’une même pièce de théâtre tragique bien ficelée.

Tout en demandant aux populations togolaises à garder leur calme et à ne pas céder à la provocation, Tikpi Atchadam interpelle la CEDEAO, l’Union africaine, les diplomates accrédités au Togo et à toute la communauté internationale à « parer à toute situation désastreuse », car estime-t-il que « le moment est venu de dépasser les condamnations de principe pour prendre des mesures adéquates contre ce régime pyromane dont les actes pourraient réduire à néant les efforts déjà réalisés dans les autres pays de la sous-région. La facilitation et le comité de suivi doivent saisir les signaux annonciateurs du chaos recherchés par le pouvoir cinquantenaire en place pour enfin prendre des mesures avant qu’il ne soit trop tard ».

Au demeurant, l’analyse des fourvoiements répétés et des erreurs politiques que ne cesse de multiplier le système RPT-UNIR est symptomatique de la « peur panique » qui s’est emparée de Faure Gnassingbé et de tous ses amis de la minorité depuis les évènements du 19 août. Ces évènements qu’aucun observateur avisé de la politique togolaise ou africaine n’a pu prédit, hantent toujours le sommeil des dirigeants togolais et la peur de perdre le pouvoir devient plus profonde. C’est ce qui peut expliquer cette culture de violence et de terreur, une manière de créer une psychose générale au sein de la population pour se sortir d’affaires. C’était pour rappel la méthode du Père. Seulement que les époques, les défis et la détermination du peuple togolais ne sont plus les mêmes. Le pouvoir RPT-UNIR est en train de filer du mauvais coton. L’histoire des peuples renseigne que les dirigeants qui ont bâti leur pouvoir sur la force et la brutalité finissent toujours par être victimes de leurs propres turpitudes, de leurs erreurs. Le Togo vit sans nul doute un moment crucial de son histoire. Les oppresseurs et autres marchands de terreur se verront bientôt pris dans leurs propres pièges, victimes de leurs propres erreurs. La fin est merveilleusement proche. Le déclin est juste à l’horizon.

Sylvestre BENI
 
source : La Manchette
 




Togo : La communauté internationale appelle l’opposition à rejoindre le processus électoral



La coalition des 14 partis de l’opposition (C14) a annoncé en conférence de presse mardi 13 novembre 2018, la reprise de ses manifestations.

Ajouter à cela, elle a fait connaître sa volonté d’appeler au boycott des trois jours de prorogation exceptionnelle du recensement électoral recommandée par la facilitation de la CEDEAO et son refus d’autoriser ses représentants à aller prêter serment devant la Cour constitutionnelle afin de rejoindre les rangs de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), institution chargée de l’organisation et de la supervision des élections.

Une posture qui inquiète visiblement le Groupe des 5, qui dans un communiqué rendu public mardi 13 novembre 2018, a invité ce regroupement à saisir l’opportunité des recommandations de la CEDEAO relatives au processus électoral et à la prorogation des opérations d’inscription sur les listes électorales afin de faire enrôler ses partisans pour des élections prochaines qu’il veut «régulières», «transparentes» et «crédibles».

En saluant l’implication de la CEDEAO dans la résolution de la crise togolaise, les ambassades d’Allemagne, des Etats‐Unis d’Amérique, de France, la Délégation de l’Union européenne (UE) et la Coordination du Système des Nations Unies au Togo (SNU) ont insisté sur la nécessité de « préserver » un climat de paix et éviter toute forme de violence dans le pays.

Ce groupe a par ailleurs encouragé le gouvernement à poursuivre les mesures d’apaisement entamées par l’accélération des procédures judiciaires et l’exploration de mesures de « clémence additionnelle » pour la « libération » d’autres détenus.

Pour finir, les ambassadeurs ont affirmé leur disponibilité à accompagner les Togolais vers la résolution durable de la crise.

Raphaël A.
 
afreepress
 




David Kpelly : « Les Togolais Ne Veulent Pas des Élections de la Cedeao Mais le Départ de Faure ! »



Source/video : Bill Emile Davolk/YT
 




La coalition reporte son entrée à la CENI et retourne dans les rues



Prévue pour ce lundi, la conférence de presse de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a finalement eu lieu ce mardi à Lomé. Le regroupement de partis politiques coordonné par Brigitte Adjamagbo Johnson n’enverra pas ses 8 représentants à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) dans les conditions actuelles.

Les 14 partis politiques posent une pile de revendications et disent avoir adressé un courrier allant dans ce sens aux facilitateurs de la crise politique togolaise que sont les présidents ghanéen, Nana Akufo-Addo et guinéen, Alpha Condé.

Ces préoccupations sont la mise en œuvre des mesures d’apaisement, le consensus sur la présidence de la CENI, la composition équilibrée des démembrements de la CENI, à savoir les CELI et les comités de listes et cartes, l’abandon de la présidence des CELI par des magistrats es qualité, l’élaboration d’un chronogramme électoral consensuel, l’étude et l’adoption d’un découpage électoral équitable conforme au principe une voix admise en démocratie, l’arrêt du processus électoral en cours entamé sans la participation de la coalition et l’annulation du recensement électoral du 1er au 25 octobre 2018.

« Nos 8 représentants à la CENI ne prêteront serment devant la Cour constitutionnelle qu’une fois ces préoccupations prises en compte. La seule façon de régler le problème de recensement reste une reprise pure et simple. Nous invitons les populations à boycotter la prolongation de 3 jours de recensement unilatéral prévu du 16 au 18 novembre prochains par le pouvoir », indique la déclaration de circonstance.

Autres préoccupations de la coalition des 14, l’adoption d’un recensement biométrique intégral permettant la vérification formelle du porteur de la carte d’électeur au moment du vote, l’adoption du mode de scrutin uninominal majoritaire à 2 tours, le vote des Togolais de l’étranger pour les législatives en cours de préparation.

Par ailleurs, la coalition invite la CEDEAO à tirer toutes les leçons des ‘violations répétées de la feuille de route par le régime togolais’. Elle rappelle aux populations qu’elle sera dans les rues le samedi 17 novembre prochain pour exiger les réformes constitutionnelles et institutionnelles, la révision du cadre électoral, l’arrêt immédiat du processus électoral en cours, la libération des manifestants et acteurs de la société civile et la levée de siège dans les villes de Mango, Bafilo, Sokodé, Tchamba, Kara et des quartiers de Lomé.

« Nous n’accepterons pas que la CEDEAO nous mène à l’abattoir. S’ils nous appellent, nous irons et nous retournerons dans les rues », a insisté Mme Adjamagbo Johnson.
 
Global actu
 




Tous dans la rue ce samedi…



La Coalition des 14 partis de l’opposition est poussée à bout. Elle n’a d’autre choix que de reprendre la pression populaire. C’est en tout cas ce qu’indiquent ses responsables devant la presse ce matin au siège de la CDPA.

Ainsi, elle appelle les populations à descendre dans les rues de Lomé et de ses environs ce samedi 17 novembre 2018 pour manifester leur colère à la CEDEAO et au régime de Faure Gnassingbé qui a décidé de faire blocage à la feuille de route pour une sortie pacifique de la crise politique togolaise.

Deux points de départ sont retenus pour cette manifestation. Le premier, le rond-point de Bè-Gakpoto. Le carrefour du marché de Bè est le second point de départ. Le point de chute reste le carrefour de l’Eglise des Assemblées de Dieu de Kpota-Dzifa.

« Nous n’accepterons pas que la CEDEAO nous mène à l’abattoir. Nous serons dans les rues. S’ils nous appellent, nous irons écouter et nous retournerons ensuite dans la rue », a indiqué Mme Brigitte Kafui Adjamagbo-Johnson, Coordinatrice de la Coalition des 14.

S’agissant des itinéraires choisis, elle demande aux populations de faire confiance à la Coalition des 14. « Nous avons décidé d’aller là-bas, faites-nous confiance ! Nous savons ce que nous faisons à chaque fois. Dans ce pays quand nous avons commencé dans nos mobilisations, on nous a reproché à un moment donné d’accepter d’aller devant Sancta Maria. Mais aujourd’hui, des gens disent Santa Maria c’est mieux. Faites-nous confiance ! Nous manifesterons de manière à ce que le monde entier voit que les Togolais ne sont pas contents », a promis la Coordinatrice.

I.K
 
icilome
 




Togo : Togo Debout pour les réformes avant les élections



Au lendemain de la convocation du corps électoral par le gouvernement en vue de la tenue des élections législatives du 20 décembre prochain, le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) s’est prononcé. C’est au cours d’une rencontre ce 12 novembre avec la presse.

Le 08 novembre dernier, le gouvernement, réuni en Conseil des ministres, décide de convoquer le corps électoral pour la tenue des élections législatives le 20 décembre 2018. Pour le FCTD, cette décision relève d’une « intention machiavélique ».

Pour les responsables du FCTD, cette course contre la montre du gouvernement vers l’organisation des législatives le 20 décembre relève plusieurs incongruités.

« La première incongruité a consisté pour le gouvernement de détourner toute l’attention du peuple togolais, au lendemain de la publication de la feuille de route de la CEDEAO, pour faire croire au peuple togolais que la question fondamentale est une question électorale. Mais en réalité, le peuple togolais n’est pas sorti pour demander les élections, mais pour demander les réformes », a souligné Me Raphaël Kpande-Adzaré, 2è porte-parole du Front Citoyen Togo Debout.

A l’en croire, la résolution de la crise ne réside pas dans l’organisation des élections, car « sans ces réformes, le gouvernement peut tenir ces élections le 20 décembre 2018, mais le gouvernement n’arrivera pas à apporter une résolution, une issue pacifique et durable à la crise ».

« Il y aura une crise qui va s’exacerber et la tension risque de remonter. Parce qu’aujourd’hui, il est clair que les Togolais ne sont pas prêts à accepter qu’on les conduise comme des bêtes de somme et vers des élections pour lesquelles ils ne se sentent pas à l’aise d’y participer », a précisé le 2è porte-parole du Front Citoyen Togo Debout.

L’organisation de l’espace communautaire, a-t-il poursuivi, semble accompagner le pouvoir de Lomé dans ce forcing électoral du fait de sa complaisance envers le régime et sa légèreté dans la résolution de la crise. Il interpelle donc la CEDEAO à jouer sa crédibilité dans la gestion de la crise.

Me Kpande-Adzaré invite instamment le gouvernement à faire preuve de responsabilité et de patriotisme, et à abandonner cette pagaille savamment orchestrée. Une démarche qui, selon le FCTD, cache une intention machiavélique indigne d’un État en marche vers la démocratie.

Togo Debout appelle les populations togolaises sur toute l’étendue du territoire national et de la diaspora à une participation massive aux prochaines manifestations pour exiger du pouvoir les réformes avant la tenue des élections.

Edem A.
 




Nathaniel Olympio : « Nous devons obtenir une alternance à la tête de l’Etat »



Il était l’invité du journal sur Africa24 ce lundi. Le président du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio est revenu sur la situation sociopolitique du Togo, marquée ces derniers jours par la volonté du régime de Faure Gnassingbé de foncer droit vers des élections sans lendemain. Lisez plutôt !

Africa24 : Quel regard portez-vous sur la modification des trois articles de la Constitution adoptés le 9 novembre en Conseil des ministres concernant les mandats présidentiels ?

Nathaniel Olympio : Alors ce que les téléspectateurs doivent d’abord savoir, c’est que le peuple togolais aujourd’hui se bat contre un régime qui est en place depuis 50 ans et qui se passe le pouvoir de père en fils. Donc c’est tout à fait légitimement que ce peuple cherche à avoir une alternance à la tête de l’Etat. La recherche de cette alternance passe par un certain nombre d’exigences, notamment en matière de réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales, et les articles dont vous venez de parler font partie de la longue liste des réformes que les Togolais attendent.

Depuis août 2017, le Togo enregistre des tensions politiques. Qu’est-ce que la Coalition des 14 partis de l’opposition prévoit pour sortir de cette impasse ?

La Coalition a d’abord accepté de participer, contre l’avis des populations, à un dialogue qui est conduit par la CEDEAO. Ce dialogue a produit une feuille de route qui émane des chefs d’Etat de la CEDEAO. Malheureusement, on constate que le régime passe à côté des préconisations de la feuille de route et s’est engagé de manière unilatérale dans une organisation d’élections qui ne respectent aucunement les règles démocratiques.

Mais la date du 20 décembre avait été proposée par la CEDEAO

C’était une proposition. Et cette feuille de route comprenait également des dispositions de réformes à effectuer avant d’aller aux élections. Malheureusement, le régime a, comme à son habitude, botté en touche toutes les recommandations et s’engage dans une organisation d’élections que toute la population togolaise rejette. En tout état de cause, la Coalition se réserve aujourd’hui le droit de reprendre les pressions populaires sur ce régime, parce que notre acceptation de participer à ce dialogue se trouve être un jeu de dupe qui a permis au régime de faire baisser la pression. Il faut repartir sur les fondamentaux de la lutte, il faut exercer davantage de pression. Il faut que les partenaires, notamment la CEDEAO comprennent que l’aspiration profonde du peuple togolais aujourd’hui, c’est d’avoir une alternance.

Pensez-vous que les mouvements mis en place par la Coalition de l’opposition depuis août 2017 ont produit des fruits ?

Les fruits ne seront définitifs que lorsque nous aurons l’alternance. Il y a des étapes à passer.

Mais l’élection c’est en 2020

Il y a une démarche à mener, il y a des réformes à faire pour que l’élection présidentielle à venir se déroule dans de bonnes conditions et que ce ne soit pas surtout l’occasion d’une déflagration au Togo. Nous savons qu’au Togo, chaque élection produit des contestations, des violences et des répressions. Il faut sortir de ce cycle. Il faut produire une élection qui soit le régulateur de la vie démocratique.

Pour l’instant, ce n’est pas le cas, et nous devons absolument, nous Togolais d’abord, mais également la communauté sous-régionale doit comprendre que les aspirations du peuple togolais est telle que nous ne pouvons pas faire marche arrière dans la démarche qui est engagée. Le peuple togolais se bat, il est déterminé. Nous devons obtenir une alternance à la tête de l’Etat, de manière pacifique surtout.

Transcrit par la Rédaction
 
africa24
 




Raphaël Kpandé Adzaré : « Les faits nous donnent raison, les Togolais sont en droit de se demander à quel jeu joue la CEDEAO ? »



Les responsables du Front Citoyen Togo Debout (FCTD) désapprouvent la légèreté avec laquelle la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) gère la crise politique togolaise. En conférence de presse hier, Me Raphaël Kpandé Adzaré, 2e Porte-parole du FCTD, estime qu’il est temps que la CEDEAO prenne ses responsabilités.

Source:Togo-Actualités
 




Togo : Philippe ATAKPA appelle la coalition au boycott des trois jours de recensement



Les huit représentants de la coalition des 14 partis de l’opposition devront prêter serment ce mardi 13 novembre devant les juges de la Cour constitutionnelle.

L’annonce a été faite lundi par les juges de cette cour qui ont fait savoir que tout est en place pour que cette cérémonie se tienne ce mardi. Mails il y a peu de chance que la coalition autorise ses délégués à se soumettre à cette exigence au regard des derniers développements de l’actualité. Tout porte à croire que la coalition boycottera la cérémonie.

« Est-ce que nos délégués iront devant la Cour constitutionnelle pour prêter serment ? Non nous n’irons pas. Nous disons qu’il faut tout recommencer à zéro », a asséné Philippe Matitoma ATAKPA dans la matinée de ce mardi sur une radio Nana FM. Le délégué national chargé des actions du PSR plaide clairement pour un boycott en règle de cette cérémonie.

Il y a mieux. Il conseille à la coalition des 14 partis de l’opposition de boycotter les trois jours de recensement supplémentaire accordés par la Commission électorale nationale indépendante (CENI) aux retardataires. « Moi je demande aux Togolais de ne pas aller se faire recenser les trois jours supplémentaires. Ce pouvoir il faut l’arrêter très tôt et lorsqu’on n’est pas d’accord on dit non. Nous allons sortir dans la rue pour démontrer notre désaccord à la CEDEAO », a-t-il martelé.

Cette position semble être partagée par la Coordonnatrice de la coalition, Brigitte Adjamagbo-Johnson qui est montée au créneau pour situer l’opinion sur la décision de son regroupement face à la Cour constitutionnelle. « Nous irons prêter serment lorsque les conditions seront réunies », a-t-elle défendu et d’exiger du gouvernement togolais, un processus électoral « consensuel », « fiable » et « digne de ce nom ».

Le Togo organise des élections législatives le 20 décembre prochain, conformément aux recommandations de la CEDEAO. Mais en moins de deux mois de cette échéance, des divergences de point de vue entre l’opposition et le pouvoir persistent sur le processus rendant la situation sociopolitique du pays de plus en plus tendue.

A.Y.
 
afreepress
 




Voici les motifs que met en avant Tikpi Atchadam pour appeler à la reprise des manifestations



A moins de deux mois de l’organisation des prochaines élections législatives, la coalition des 14 partis de l’opposition est plus que jamais déterminée à contraindre la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et le pouvoir de Lomé à suspendre le processus électoral en cours. Elle exige avant toute chose, la mise en œuvre effective de l’ensemble des recommandations de la feuille de route de la CEDEAO et des réformes constitutionnelles qui prennent en compte ses aspirations.

Pour parvenir à ses fins et forcer la main au pouvoir, le regroupement compte renouer avec ses manifestations de rue sur l’ensemble du territoire national et dans la diaspora.

Longtemps silencieux sur la situation sociopolitique actuelle de son pays, Tikpi Achadam, le président du Parti national panafricain (PNP), parti à l’origine des événements du 19 août 2017, est sorti de son silence pour soutenir les marches annoncées. Ce qui est contraire aux dernières habitudes prises par sa formation politique qui se désolidarisait systémiquement des appels à manifester de la coalition de l’opposition.

Dans un message audio posté dimanche 11 novembre sur les réseaux sociaux, le président du PNP invite ses camarades de lutte à rester fermes dans leur position. « Nous devons, tout en restant fermes sur nos positions, faire le maximum possible d’efforts pour rester cohérents et logiques », a-t-il lancé.

« Les marches que nous organisons dans le cadre de cette lutte de libération doivent être justifiées de façon imparable non pas aux yeux de la dictature que nous combattons, mais aux yeux de l’opinion nationale et internationale », a-t-il poursuivi. Tout en dénonçant la « non-application par le pouvoir » des recommandations de la feuille de la CEDEAO, il a appelé l’organisation sous régionale à prendre ses responsabilités.

« Pour nous, tout acte posé ou toute procédure engagée en dehors du cadrage de la feuille de route l’est en fraude à celle-ci (…) Afin de remettre les pendules à l’heure, il suffit pour la CEDEAO de contraindre la partie qui s’oppose à la mise en œuvre de la feuille de route. La balle est dans le camp de la CEDEAO », a-t-il martelé.

« Il est clair avec la convocation du corps électoral que le pouvoir contourne la feuille de route extériorisant et affichant davantage sa volonté de conduire jusqu’au bout le processus de monarchisation de notre pays ce que le peuple togolais n’admettra jamais. Voilà ce qui justifie la reprise des manifestations. Nous tenons un motif sérieux pour reprendre les marches et personne ne nous le reprochera sans apparaître comme un soutien de la dictature », a-t-il ajouté.

Pour finir, le fils de Kparatao au nord du Togo, a lancé un appel à ses collègues de la C14 à mobiliser leurs militants simultanément sur l’ensemble du territoire de façon synchronisée et dans les autres pays du monde pour ce qu’il qualifie de « manifestation gigantesque ».

Il faut rappeler que le gouvernement togolais, par la voix du ministre Gilbert Bawara avait annoncé qu’il n’y aurait plus jamais au Togo, un 19 août bis.

Vers quel lendemain s’achemine le Togo au regard des prises de position des uns et des autres et de la radicalisation des discours ?

Raphaël A.
 
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