Interview/Nicodème Habia président de ‘Les Démocrates’ : « Nous avons en face un dictateur… »



La prochaine feuille de route de la CEDEAO pour une sortie pacifique de la crise politique au Togo, le rififi au sein de la Coalition avec la désolidarisation du PNP des manifestations, les réformes, le départ de Faure Gnassingbé, bref, l’alternance et le changement au Togo, Nicodème Habia, président du parti Les Démocrates en parle avec nous dans cet interview. Suivez plutôt !
 

 
source: icilome
 




Togo, Rencontre avec la mission de la CEDEAO : Le régime RPT-UNIR dribble la Facilitation



Il faut créer des situations subsidiaires pour empêcher les discussions de fond (retour à la constitution de 1992 dans sa version originelle, réformes politiques nécessaires…) lors du dialogue politique arbitré par la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). C’est sans doute la logique dans laquelle s’inscrit le régime de Faure Gnassingbé qui fait tout pour gagner du temps et ainsi crier sur tous les toits un délai constitutionnel pour aller aux élections.

Depuis février dernier, on ne parle que des mesures d’apaisement lors de ces discussions politiques. Les Facilitateurs désignés de la CEDEAO, les présidents Alpha Condé de la Guinée et Nana AkufoAddo du Ghana reconnaissent qu’il appartient au régime de faire le grand pas. Mais c’est compter sans la volonté de Faure Gnassingbé et des siens de retarder les choses. Hier encore, la mission de l’institution communautaire a constaté cette situation déplorable.

En effet, le Commissaire à la paix et à la sécurité de la CEDEAO, le Général Francis Behanzin, à la tête d’une mission d’évaluation de la situation politique au Togo, n’a pas constaté une grande évolution. Elle va rendre compte à la Facilitation et aux chefs d’Etat de la CEDEAO, à l’issue de cette consultation. A l’hôtel 2 Février (dans la salle Adjifo), la mission a rencontré la Coalition des 14 partis de l’opposition, le parti au pouvoir, UNIR et le gouvernement. A en croire le Général Francis Behanzin, l’approche de la CEDEAO est progressive. Il s’agit d’abord de régler ce qui concerne les mesures d’apaisement, puisqu’on ne peut pas aborder les problèmes de fond si ces questions ne sont pas réglées. D’ailleurs le 27 juin dernier, les deux Facilitateurs ont indiqué qu’ils devront demander et recevoir un mandat auprès leurs pairs de la sous-région pour pouvoir attaquer les problèmes de fond concernant la crise elle-même. Et donc, ce sont les mesures d’apaisement qui sont discutées depuis le 19 février dernier jusqu’à aujourd’hui. Hier jeudi, la Coalition des 14 a l’impression que rien a bougé, et les responsables l’ont signifié à la mission de la CEDEAO.

« Le régime a une spécialité. Quand il y a un problème, il crée un autre. On s’occupe du problème qu’il a créé et on laisse le problème de fond perdurer. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui. On n’a pas encore abordé le problème de fond », a indiqué Jean-Pierre Fabre, président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), membre de la Coalition des 14. La libération de toutes les personnes détenues, la liberté de manifester sur toute l’étendue du territoire national et la suspension du processus électoral, c’est ce que sont venus évaluer le Général Francis Behanzin et sa suite. « Nous avons balayé tous ces points avec le commissaire à la paix et à la sécurité, le Général Behanzin, et nous lui avons dit notre appréciation : tout reste à faire », a souligné le chef de file de l’opposition.

Selon lui, même la libération, mercredi dernier, des personnes détenues qui est devenue une campagne pour le régime, est une mise en scène. En réalité, ce ne sont pas 19 personnes qui ont été libérées, puisque 12 d’entre elles ont été déclarées depuis en liberté provisoire par la justice. Ce sont 7 personnes seulement qui ont recouvert leur liberté depuis le passage d’Alpha Condé et Nana Akufo-Addo à Lomé le 27 juin dernier. Il y a encore plus d’une cinquantaine de détenus dans les prisons civiles à travers le pays. « Il y a une volonté de ne pas respecter les recommandations de la Facilitation. La mission va faire son rapport aux chefs de l’Etat », a ajouté Jean-Pierre Fabre.

Pour l’instant, la décrispation du climat politique pour des discussions sereines n’est pas encore une réalité. Faure Gnassingbé a visiblement décidé de dribbler tout le monde, y compris ses pairs de la CEDEAO. Les responsables de la Coalition des 14 partis de l’opposition ont été clairs hier à la sortie de la rencontre avec la mission. Ils n’attendent ni n’espèrent que cette institution sous-régionale vienne résoudre le problème togolais. C’est pourquoi ils se remettent au peuple togolais qui doit prendre ses responsabilités dès maintenant, puisqu’il est le seul à libérer le Togo de ce régime cinquantenaire qui l’a pris en otage.

Il faut peut-être le rappeler, cette rencontre avec la mission de la CEDEAO a amené les responsables de la C14 à revoir un peu le calendrier des meetings d’information et de sensibilisation à Lomé et à l’intérieur du pays. Ces meetings commencent ce matin à Mango à partir de 8 heures. Ces manifestations se terminent à Tsévié le 28 juillet prochain par un grand meeting, sans oublier l’étape de Lomé ce dimanche 22 juillet au Collège des Plateaux à Tokoin Cassablanca

Source : L’Alternative No.720 du 20 juillet 2018
 




Togo : Pas de manifestation de rue entre le 23 juillet et le 1er août, décide Yark



Le meeting d’information et de sensibilisation que la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise organise le 28 juillet prochain à Tsévié n’aura probablement pas lieu.

Dans un communiqué rendu public ce vendredi soir, le ministre de Sécurité et de la protection civile, le général Damehame Yark décide qu’il n’y aura aucune manifestation de rue sur la période allant du 23 juillet au 1er août prochains à cause des grandes rencontres que le Togo abrite dans les tous prochains jours.

Le Togo accueille le 30 juillet prochain, le premier Sommet entre la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et la Communauté économique et monétaire des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC). Cette conférence des chefs d’Etat et de gouvernement sera suivi le 31 juillet du Sommet de la CEDEAO.

Et pourtant, la coalition, dans le cadre des recommandations faites par les facilitateurs le 27 juin dernier au gouvernement de rendre les manifestations publiques pacifiques possibles sur toute l’étendue du territoire, a démarré des meetings de sensibilisation ce même vendredi.

A ce titre, les populations de Mango et de Bafilo, deux (3) des trois (3) villes où l’opposition n’est plus autorisée à manifester depuis plusieurs mois à cause, dit-on au gouvernement, des armes qui sont en circulation, ont accueilli les responsables de la coalition dont Jean-Pierre Fabre.

Il en sera ainsi pour celles de Sokodé le samedi 21 juillet et de Lomé le 22 juillet. Suivant le programme établi par la coalition, le meeting du 28 juillet à Tsévié n’aura pas lieu si on s’en tient au communiqué produit par le gouvernement togolais.

Quelle sera la réaction des responsables de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition face à cette mesure prise par les autorités togolaises ?
 
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Togo : La coalition des 14 demande le départ de ZETES



Devant les émissaires de la Commission de la CEDEAO ce jeudi à Lomé, la délégation de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise a fait part d’une inquiétude : les préparatifs des élections, malgré les recommandations des facilitateurs, ne sont pas totalement suspendus.

Selon la coalition, même si la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ne se réunit plus, en respect à cette exigence faite par les présidents ghanéen et guinéen le 27 juin dernier, ce n’est pas le cas de ZETES. La société belge à laquelle le gouvernement fait appel pour l’enrôlement des Togolais sur le fichier électoral ou pour sa mise à jour, continue de travailler, à en croire la coordinatrice de la coalition des 14, Brigitte Adjamagbo Johnson.

« Le constat que nous avons fait en la matière, c’est que même si la CENI ne se réunit pas mais les travaux continuent, notamment les travaux confiés à ZETES », a-t-elle déclaré.

Face à cette situation, le regroupement de partis politiques de l’opposition exige que les travaux de cette société s’arrêtent immédiatement et qu’elle quitte le pays.

Même si ce n’est pas le cas, la coalition dit qu’elle n’acceptera pas qu’on lui impose le moment venu les travaux réalisés par une commission électorale aux travaux de laquelle ses représentants ne prennent pas part. « Dans tous les cas, on n’entérinera rien qui soit fait sans nous », a-t-elle indiqué.

Depuis plusieurs années, l’opposition togolaise ne cesse de pointer le doigt accusateur sur cette société belge à laquelle le gouvernement a fait appel pour la première fois aux élections législatives de 2007. Elle a travaillé pour l’avènement des autres élections qui ont suivi, notamment la présidentielle de 2010, les législatives de 2013 et la présidentielle de 2015.
 
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Togo : Faure Gnassingbé, Rattrapé par ses Mensonges



Il est connu pour sa propension à de fausses promesses. Depuis 13 ans au pouvoir, Faure Gnassingbé est assis sur une série de promesses non tenues. Il suffit de reprendre son premier pamphlet de campagne de 2005 pompeusement baptisé les « 20 plus de Faure » pour mesurer la dimension du successeur de Eyadèma Gnassingbé.

L’Accord Politique Global du 20 août 2006 et le sort qui lui est réservé depuis 12 ans quant aux réformes constitutionnelles et institutionnelles est une autre couche de la politique de celui qui se faisait appeler « Esprit nouveau ».

A la rencontre du 27 juin dernier avec les deux facilitateurs Nana Akufo-Addo et Alpha Condé dans la crise togolaise, il a été recommandé entre autres, la libération de toutes les personnes arrêtées lors des manifestations. Mais trois semaines après, rien n’y fit. Or, cette décision a été prise avec l’accord de Faure Gnassingbé luimême invité expressément à l’Hôtel 2 février par Condé et Akufo-Addo. Va-t-il s’exécuter avant le sommet de la CEDEAO du 31 juillet à Lomé ? Par-dessus tout, des révélations du chef de file de l’opposition Jean-Pierre Fabre dans la dernière interview accordée à notre Rédaction à propos de la fuite d’un militaire avec une urne sous l’aisselle à Bè-Kamalodo en 2005 après la présidentielle du 24 avril, finit par convaincre les plus incrédules que le chef de l’Etat est bien avare en vérité.

« Faut-il rappeler que, pendant que se perpétrait cet horrible massacre [ndlr 500 morts selon le rapport de l’ONU], Faure Gnassingbé déclarait, dans une interview publiée par le journal français « Le Monde », quelques jours après le scrutin, que le militaire qui courait l’urne sous le bras, tentait de soustraire cette urne à l’opposition pour l’empêcher de frauder ? Dois-je également ajouter, que, malheureusement, ce mensonge grotesque, indigne et scandaleux, a été soutenu, par Cheick Oumar Diarra, à l’époque Secrétaire Exécutif-Adjoint chargé des affaires politiques de la CEDEAO, au cours d’un colloque organisé par la CEDEAO en 2005 à Cotonou, devant des centaines d’auditeurs dont le professeur Abdoulaye Bathilly du Sénégal, l’ex Président du Parlement de la CEDEAO, le Malien Nouhoun Diallo, l’ancien Premier Ministre de Côte d’Ivoire Pascal Affi N’guessan, Me Yawovi Agboyibo et moi ?

Heureusement que l’image de ce militaire courant, une urne sous le bras, a fait le tour du monde et a révélé à la terre entière le drame que vit le peuple togolais », a indiqué M. Fabre dans notre dernière parution. Comment Faure Gnassingbé peut-il oser affirmer que le militaire a soustrait l’urne pour empêcher l’opposer de frauder ? Ces révélations ont le mérite de montrer aux Togolais les réelles dimensions de celui qui les dirige depuis 13 ans et qui entend continuer à vie malgré la banqueroute du Togo.

K.A.

Source : Le Correcteur No.828 du 16 juillet 2018
 




Togo : Mango est très mobilisé ce matin



La ville de Mango est la première étape de la tournée des meetings d’information et de sensibilisation de la Coalition des 14 partis de l’opposition. Ce matin, les populations n’ont pas hésité à prendre d’assaut les lieux du meeting.

« Ce que nous avons vu démontre la soif des populations pour l’alternance et le changement dans notre pays », a déclaré l’un des leaders de la Coalition des 14. On peut noter parmi la délégation de la Coalition des 14 qui était à Mango ce matin, Aimé Gogué de l’ADDI, Sambiri Targone de DSA, Ouro-Akpo Tchagnao de l’ANC et autres.

Ces responsables politiques de l’opposition ont entretenu la population sur les derniers développements de l’actualité sociopolitique dans le pays, surtout les discussions dans le cadre du dialogue politique et la feuille de route de la CEDEAO qui est attendue le 31 juillet prochain.

Après Mango, la délégation continuera sur Bafilo où le grand meeting est prévu pour cet après-midi à partir de 15 heures.

I.K
 
icilome
 




Togo : Le régime continue toujours le processus électoral, selon Mme Brigitte Adjamagbo



Jeudi devant les émissaires de la CEDEAO, à part la question de libération des détenus politiques, les responsables de la Coalition des 14 partis de l’opposition ont également insisté sur l’arrêt immédiat du processus électoral dans le pays.

Selon Brigitte Adjamagbo-Johnson, Coordinatrice de la Coalition, malgré les recommandations des facilitateurs, le gouvernement n’a pas mis fin à son projet électoral. Il poursuit toujours en solo le processus.

« Nous avons également évalué la suspension des élections. Et le constat que nous avons fait en la matière, c’est que même si la CENI ne se réunit pas, les travaux continuent. Donc nous avons demandé que ça s’arrête toute de suite », a confié la Secrétaire Générale de la CDPA.

Sur la question de libération des détenus politiques, notons qu’il en reste encore une cinquantaine dans les geôles du pays.

Faut-il le rappeler, les questions de fond n’ont pas été abordées au cours de cette consultation bilatérale entre les protagonistes de la crise togolaise.

Godfrey Akpa
 
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En marche vers l’alternance/La candidature de Faure en 2020 de moins en moins sûre : Que cherche la CEMAC à Lomé le 30 juillet ?



Les soubresauts de la crise politique togolaise qui se succèdent depuis plusieurs dizaines d’années se ressemblent à l’exception de celle en cours dont l’ampleur a été minimisée par le pouvoir de Lomé à ses débuts. Tout comme une petite étincelle banalisée sur un tas de paille sèche, le mouvement de contestation du long règne du système RPT-UNIR, à l’image d’un petit feu, a pris une tournure inextinguible alors que ceux qui sont censés l’éteindre se disaient: « C’est un vent, ça va bientôt passer, comme cela a toujours été le cas..»

 »Le PNP c’est qui? » se demandait la forteresse de l’empire qui se donnait un air apparemment imperturbable. Tikpi ATCHADAM, le patron du PNP (Parti National Panafricain) recevra, suite à son appel, une réponse favorable de ses voisins de l’opposition quelques jours après le déclenchement par son parti des hostilités nouvelles et particulières. Il se forma sans tarder une Coalition de 14 partis politiques de l’opposition pour fédérer les énergies.

La mobilisation monstre du peuple au fil des jours a fini par ébranler la quiétude du règne du prince. Jusque-là, le régime contesté, confiant de sa puissance et ses méthodes habituelles, avait encore foi en sa capacité d’étouffer ce qu’il considérait encore comme des velléités d’une opposition adepte des combats jamais gagnés et toujours inachevés. En lieu et place d’une approche de solution à la crise, le système RPT-UNIR a plutôt mis en branle tout une série de méthodes pour asphyxier le mouvement de contestation parce que, dit-il, cela a toujours marché. À la place du peuple dépassé par un demi-siècle de système politique routinier et calamiteux, l’oeil du pouvoir en place ne voyait que la personne des leaders. La myopie était aveuglante et l’agnosie incurable. La surestimation de soi et de sa force a pris le pas sur l’humilité et la recherche d’une solution intelligente et sage.

Le difficile appel au dialogue s’était fait rien que sur le bout des lèvres. Le plan échafaudé était le même que ce qu’on a toujours connu: créer un cadre de dialogue de sourds et passer aux élections gagnées d’avance et sans réformes après le blocage artificiel programmé. Mais le contrôle de la situation a cette fois-ci échappé aux artisans du plan habituel que certains s’amusent à appeler ANAGO PLAN. Conséquence, la CEDEAO, actuellement appuyée par la France, prend la commande de la médiation dont la sentence est attendue le 31 juillet.

La candidature de Faure en 2020, chose pas très sûre

Au fur et à mesure qu’on s’approche du 31 juillet, les indiscrétions nous situent de mieux en mieux sur le dénouement prochain du vrai problème togolais : la question de la candidature de Faure Gnassingbé à la présidentielle de 2020.

En effet, les sources proches des coulisses de la CEDEAO indiquent que tout est fin prêt pour amener Faure Gnassingbé à renoncer de son gré à sa candidature au scrutin présidentiel de 2020. La seule question épineuse qui reste posée est celle des garanties et du statut qu’il faut à sa personne après 2020. Mais au-delà, il se pose également le sort à réserver aux personnalités de son entourage qui craignent d’être abandonnées toutes seules. Sur ces deux questions, le cercle des décideurs de la CEDEAO ne trouve pas d’inconvénient et est prêt à tout mettre en œuvre pour le retrait en douce du fils du Général Eyadema de la présidence, sauf revirement de situation provenant du président togolais à la dernière minute.

Mais avant d’en arriver là, le président ivoirien était soupçonné d’apporter son soutien à son homologue togolais quant à sa volonté de briguer un quatrième mandat contre vents et marées. À l’origine, était sa déclaration de briguer lui aussi un troisième mandat en Côte d’Ivoire au moment où la CEDEAO se bat à finir avec la prolongation des mandats au Togo et dans l’espace CEDEAO. Cette triste sortie de Ouattara il y a quelques semaines a été mal accueillie auprès des autres chefs d’État de la CEDEAO. Et pour démontrer qu’il ne soutient pas Faure Gnassingbé, Alassane Ouattara a dû faire une nouvelle sortie cette semaine pour déclarer publiquement qu’il renonce à sa volonté de se présenter à la présidentielle de 2020 dans son pays, ce qui devrait amener Faure aussi à en faire autant.

Cette situation bien embarrassante dans le camp d’UNIR explique le refus de ces hauts cadres de s’exprimer devant la presse et sur les médias ces derniers jours et même après la rencontre de ce jeudi avec les émissaires de la CEDEAO.

Que cache l’import de la CEMAC dans la capitale togolaise ?

La CEMAC par définition est la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale. Mais pour une des rares fois, cette organisation de l’Afrique centrale est invitée à Lomé en Afrique de l’Ouest et encore le 30 juillet à la veille du sommet de la CEDEAO qui va consacrer l’essentiel de ses travaux à la crise togolaise. Que cherchent donc les chefs d’État de l’Afrique Centrale dans la capitale togolaise au moment où la CEDEAO se concentre sur la feuille de route pour sortir le Togo de la crise ? Se demande-t-on. D’après nos recoupements, cette invitation des dictateurs de l’Afrique centrale (Sassou N’Guesso, Paul Biya, Joseph Kabila, Bongo Odimba…) a pour objectif inavoué de vouloir influencer la décision de la CEDEAO en faveur de Faure Gnassingbé qui cherche, à défaut de s’accrocher au pouvoir, à se faire succéder par l’un des siens dans UNIR avec la bénédiction de ses pairs. Pour l’instant, celui qui a remué ciel et terre pour déplacer les chefs d’État de la CEMAC détient à lui seul d’autres détails imprévisibles qui se cachent derrière cette initiative.

Seulement, des informations sûres indiquent que quelques Chefs d’État de la CEDEAO menacent déjà de boycotter le sommet du 31 juillet si une autre date en dehors du 30 juillet n’est pas trouvée pour les travaux avec la CEMAC car beaucoup se posent des questions sur cette curieuse arrivée des dinosaures de l’Afrique centrale à la veille d’un sommet de la CEDEAO aussi décisive que délicate.

Les jours à venir nous situeront davantage sur ce que nous réservent les 30 et 31 juillet 2018.

Joachin S.
 
icilome
 




Togo : Que veulent les Togolais, que peut la CEDEAO pour endiguer la crise et ses rechutes mortelles au Togo ?



« Ce qui vaut la peine d’être fait, vaut la peine d’être bien fait ». Dans sa Correspondance, Nicolas POUSSIN nous apprend que s’il faut faire le bien, il faut avoir l’intelligence et se donner les moyens de bien le faire. Quand les problèmes sont bien analysés et que les équations posées pour les résoudre sont connues, il n’y a que l’engagement ferme et le sens de responsabilité qui participent de la logique pour trouver des réponses judicieuses absolument nécessaires à ouvrir les horizons les plus prometteurs.

Nous n’avons pas le droit de mourir de nos remèdes parce que nous connaissons les effets pernicieux des traitements partiels et parcellaires de nos maladies démocratiques et leurs aggravations ravageuses. C’est pourquoi la proportion des moyens pour garantir la non rechute doit être à la hauteur de l’efficacité de l’ « acte médical ».

Nous ne devons pas perdre de vue les vingt-huit ans de combat pour l’alternance politique au Togo avec les épisodes continus de terrorismes d’Etat, ses crimes pluriels-la Lagune de Bè, Fréau jardin, l’attaque de la primature, l’attentat de Soudou, l’exode en vagues successives de nos jeunes, nos exilés, nos morts, nos handicapés a vie, les massacres d’avril 2005 et ceux du dernier rebond de l’insurrection de la conscience citoyenne à partir du 19 aout 2017-Nous escamotons à dessein les détails et les relevés criminels de la répression fauve d’un régime dont les Togolais, fort exaspérés, ne sont plus disposés à se leurrer sur ses gages de parjure pour lui accorder une prolongation.

La somme de nos morts dépasse de loin le bilan de tous ceux qui ont connu la guerre civile dans la sous-région-Liberia, Sierra-Léone, Côte d’Ivoire-et même ceux qui connaissent le terrorisme islamique-Niger, Nigeria, Tchad, Mali, Burkina-Faso. La densité de notre population, comparée à tous ces pays et au nombre des disparus, illustre l’étendue du désastre humain, économique, culturel, social, environnemental-La guerre civile en Côte d’Ivoire a fait trois mille morts sur vingt-quatre millions d’habitants. Le régime a massacré sur cinq millions de Togolais en 2005, huit cent onze togolais aux mains nues, selon l’identification de la CNDH et cinq cent selon les enquêtes onusiennes sans dénombrer tous ceux qui sont tués après avril 2005.

La question de l’alternance politique au Togo n’est-elle pas le vrai brasier où des vies se consument encore dans la sous-région par la répression sauvage ?

Si nous n’avons jamais été aussi solidaires sur le plan national jusqu’aux confins de la diaspora pour exiger dans nos revendications fumantes, « Faure must go », pouvons-nous nous laisser abuser par une solution à la CEDEAO ?

1) Togo, un Etat de morbidité mensongère et crime

Le goût du crime chemine toujours avec le mensonge permanent, le parjure, le simulacre et le faux. Cette concomitance est toute l’histoire d’une dynastie, enracinée dans la transgression autoritaire, dans le déni, qui ne voit pas passer le temps dans des mutations où prennent le pouvoir les peuples dans leurs légitimes aspirations.

Le régime de Faure s’est déconstruit dans l’aveuglement de ses méthodes qui ne correspondent plus à une ère de grandes transitions démocratiques. Il a végété dans des habitudes vieillies qui n’ont de réussite qu’à irriter un peuple exaspéré, lucide qui se projette sur un avenir clair, le rêve d’une liberté et d’une souveraineté à décider du vivre-ensemble.

L’insurrection de la conscience nationale contre l’ordre du mensonge, du crime, du déni, du viol et du vol dénote dans son ampleur nationale, une accumulation de manques, de frustrations et d’exclusions dans les choix de la gouvernance. La force brute, toujours dans son déploiement massif de contrainte ne donne aucun gage de sérénité et de paix

La puissance politique ne se trouve pas dans une démultiplication des camps militaires et garnisons pour un étouffement des réclamations populaires, surtout à une époque autre en ses mœurs. La ruse politique peut emmener les dictatures les plus féroces à décréter une ouverture par le tintamarre de dialogue. Mais si les conclusions de ses assises sont certifiées comme des profits pour gagner du temps, cette absence de courage politique pour résoudre les vrais problèmes qui sollicitent une action urgente et décisive met un levain à l’implosion sociale

De l’Accord politique Global (APG) à la Commission Vérité-justice et Réconciliation, le châssis des conclusions est renvoyé au conservatoire de la duperie politique pour créer un boulevard à l’éternité d’un règne sans aucune perspicacité d’approche sur l’esprit que prévaut à l’échelle du peuple togolais. Les sondages Afro-baromètre évaluent la proportion de la Volonté populaire à 82% dans l’opinion nationale et à 53% dans les rangs du Rpt/Unir ceux qui veulent l’alternance

Aucun mensonge, aucun crime, aucune guerre contre le peuple togolais n’est en mesure de mettre frein ou de geler l’expression populaire et le combat national pour l’alternance et le changement de la gouvernance.

Eyadema avait juré devant CHIRAC sur son supposé honneur militaire qu’il renonçait à se présenter à une présidentielle au Togo. Son fils l’a suivi en promettant un service de propreté à la CEDEAO dans une durée de cinq ans pour une alternance proprement démocratique. Comme son père, il tient à mourir au pouvoir. Il est à son troisième mandat en tenant mordicus à une remise du compteur à zéro après tous ses crimes de masse, économiques jamais connus au Togo

La CEDEAO est si redevable au peuple du Togo pour avoir naïvement soutenu l’impensé et l’impensable d’une dynastie naissante dont notre pays n’en voulait pas. Elle a aligné des cimetières inconnus et connus et s’extasie d’une suffisance à refuser les ordres de libération des prisonniers politiques intimés à elle par la CEDEAO dans le cadre de sa médiation pour un meilleur état d’esprit à la table ronde. La dimension cynique du « Timoniertricule » se porte aujourd’hui sur l’Organisation sous-régionale, défiée crânement par un monstre qu’elle a elle-même fabriqué, engendré, robotisé contre notre peuple.

L’expérience que nous faisons tous du fils du père sur le plan national, sous-régional, international ne souffre plus d’illusion. Nous avons, en tant que peuple, tiré notre conclusion; notre sentence est implacable. Il appartient à la CEDEAO de ne plus se mettre à dos nos populations qui continuent de démontrer sur l’échiquier national et dans la diaspora, un rejet plantureux d’une dynastie imbue d’elle-même, aux crimes et aux délits intolérables contre son propre peuple.

L’unicité d’action des togolais dans l’insurrection de la conscience nationale ne saurait être déconsidérée dans la prise de position de la CEDEAO sur le règlement de la crise. Car: « Il n’y a point de petits événementspour les nations et les souverains ; ce sont eux qui gouvernent leur destinée » nous apprend NAPOLEON 1er cité par Las Casas dans le Mémorial de Sainte-Hélène.

2) Devoir de se mettre à l’écoute des Togolais

Nous savons mieux que quiconque ce que nous voulons pour notre pays. L’échéance démocratique a été fortement retardée par une intrusion maladroite de la CEDEAO en 2005, pendant que le président de la commission de l’Union africaine, Alpha Omar KONARE s’alignait sur l’expression populaire. L’histoire lui donne amplement raison en ce que le soutien à toute dictature, à l’effraction institutionnelle déverse des suites funestes sur l’évolution des peuples.

En treize ans d’héritage dynastique, nous comptons des infanticides, des handicapés à vie, toujours des exilés, des embastillés, des crimes de masse, des crimes économiques. C’est pourquoi, il ne serait pas du tout judicieux et décent que la CEDEAO ne veuille pas écouter ce que nous entendons échafauder comme la meilleure approche de solution pour résoudre définitivement l’exception togolaise qui n’honore en rien la Communauté sous-régionale.

La conscience citoyenne est si virile dans notre pays et dans la diaspora que les ébauches claires des solutions viennent de la réflexion de nos concitoyens qu’ils soient de la société civile, du clergé, des partis politiques en Coalition, et au confluent des diverses propositions, la transition apparaît comme le pôle des assentiments que la CEDEAO ne saurait négliger. Sous la transition politique, toutes les réformes institutionnelles, constitutionnelles et électorales connaîtront une réalisation propre pour relancer une ouverture démocratique, équitable et non contestable avec des consultations électorales.

Celui qui a été protégé abusivement par la CEDEAO et contre qui l’insurrection populaire s’érige et se densifie doit être prié de respecter l’expression légitime de ce peuple qui demande qu’il ne se représente plus à la présidentielle pour un quatrième mandat. Il n’a été que le champion de la rapine électorale étayée par les forces de la barbarie à trois reprises.

Il n’y a pas de prouesses à susciter la révolte d’un peuple ou une insurrection des populations. Nous sommes à une époque où les peuples sont les plus écoutés que les tyrans. Nous voulons des leaders de la CEDEAO un suivi objectifs tant exprimés par les émanations diverses de la dynamique sociale de notre pays sur la question démocratique et de l’alternance politique.

La sécurisation des organes de la transition est le principal défi que la CEDEAO doit être capable de relever pour sa propre crédibilité et pour apaiser le peuple du Togo dont l’âme a déjà explosé à l’autel de l’alternance politique et sur les rêves d’un nouvel ordre de la gouvernance. Nous avons soif d’une protection des forces militaires de la CEDEAO pour nous mettre à l’abri des fossoyeurs impénitents de la liberté des peuples et de la démocratie au regard de l’expérience passée et de l’histoire des « forces incontrôlées » que l’autorité centrale à l’habitude d’indexer comme les forces du mal dans son propre camp.

Les leaders de la CEDEAO ne peuvent pas vouloir pour eux-mêmes et pour leurs pays respectifs la liberté, la justice, le respect des Droits humains l’alterance sans le vouloir pour les Togolais qui ont déjà fait le grand chemin sur l’alternance politique avec un schéma claire qui ne demande qu’à être accompagné par la force et la puissance communautaire
 
source : L’Alternative
 




Francis Behanzin : « les Togolais veulent sortir du tuyau de la crise »



L’évaluation de la mise en œuvre des mesures préconisées par les facilitateurs au dernier round du dialogue togolais viennent de prendre fin à l’hôtel 2 février à Lomé. Le général Francis Behanzin, le Commissaire des affaires politiques, paix et sécurité de la CEDEAO, envoyé par les présidents ghanéen et guinéen, facilitateurs désignés de la crise politique togolaise, dit repartir avec le sentiment que la dynamique du dialogue continue d’exister entre les protagonistes de la crise togolaise.

« Les discussions se sont déroulées dans une ambiance de bonne convivialité et de bonne fraternité pour continuer à poursuivre la réconciliation. L’impression majeure, c’est la disponibilité des uns et des autres à sortir de ce tuyau qui ne fait pas du bien au peuple togolais et du peuple de la sous-région toute entière. C’est toute la communauté qui est concernée quand un pays souffre des difficultés politiques », a-t-il annoncé à la presse.

Selon lui, au cours des discussions, il y a eu une ouverture d’esprit, un franc-parler et une recherche de compassion partagée. « Au cours des différents événements, ce sont quand même des Togolais qui sont morts », a-t-il rappelé.

La suite, a-t-il poursuivi, c’est le plan d’action que les chefs d’Etat ont demandé à la Commission de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) d’élaborer pour rendre compte des rencontres d’aujourd’hui et des recommandations qui ont été faites il y a quelques semaines par les facilitateurs.

Le général béninois s’est fait accompagner dans sa mission par certains ambassadeurs dont le représentant permanent de la CEDEAO au Togo, Garba Lompo. Les émissaires des facilitateurs ont rencontré les représentants du pouvoir et de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition.
 
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