Axe Togo-Burkina-Terrorisme, Implication dans un Putsch Raté : Faure Gnassingbé, un Danger sous-régional ?


source : Infog : 27avril.com

Le Rendez-vous 326 a approfondi les investigations sur le rôle du Togo auprès des putschistes du Burkina et les accointances de Faure Gnassingbé et son armée avec les réseaux terroristes du Mali. Arroseur arrosé.

On ne le dira jamais assez, toute matière en déconfiture dégage des odeurs au-delà de son environnement immédiat. La dictature togolaise n’est plus un mal national, mais un danger sous régional. C’est ce qu’on peut dire avec certitude depuis qu’il se révèle que notre pays a joué un rôle, si tant est qu’il ne le joue pas toujours, dans l’instabilité sécuritaire que connait le voisin du Burkina-Faso. Quand une dictature s’invite dans un maintien d’ordre hors des frontières, les faits parlent d’eux-mêmes. Les Togolais en savent beaucoup. Il vous souvient qu’en quelques jours de grogne populaire contre un coup de force, le pays des hommes intègres a déploré 15 morts et d’importants dégâts matériels sans oublié les blessés. Les supposés auteurs de cette escalade sont devant les tribunaux au Burkina, le nom du Togo s’est déjà trouvé une place de choix parmi ceux qui ont apporté assistance à Diendéré et comparses. A analyser ce qui se passe au Togo, dire que Faure Gnassingbé et ses hommes participent au désordre burkinabé ne surprendra que le profane. A voir donc ce que le régime de Faure est pour son peuple, entre la violence militaire dans notre pays et le bain de sang au Burkina, il n y a qu’un pas. Inutile de vous rappeler qu’aux yeux de Faure et son armée, le maintien d’ordre marche avec tuerie, voici d’ailleurs la raison pour laquelle, à la sortie de la crise du coup de force burkinabé, la société civile de ce pays a laissé entendre que les forces habillées de leur pays ne sont pas capables d’une certaine violence sur les populations et que eu égard au lourd bilan, il a dû avoir des forces étrangères pour faire ce sale boulot. Zoom sur des évènements qui disent tout.

Contexte d’une mauvaise passe

Du 16-23 septembre 2015, Le Conseil national de transition (CNT) du Burkina Faso a traversé le pire moment de son histoire. Pour cause, les militaires du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), outil de travail de l’ex-président Blaise Compaoré ont tenté de réhabiliter la dictature de Compaoré en interrompant le Conseil des ministres en plein travaux au palais de Kosyam et prennent en otage le président de transition Michel Kafando, le Premier ministre Isaac Zida, le ministre de la Fonction publique Augustin Loada, le ministre de l’Urbanisme René Bagoro. Si la fin sera un fiasco, le coup de force semble bien commencé avec l’annonce par le Lieutenant-Colonel Mamadou Bamba le 17 septembre 2015, de la démission du président de la transition, Michel Kafando, la dissolution du gouvernement de transition, de celle du Conseil national de transition (CNT) et la création du Conseil national de démocratie (CND). Manu militari, un couvre-feu s’invite dans le débat de 19 heures à 6 heures ainsi que les frontières terrestres et aériennes fermées. Tout ceci n’empêche pas le vaillant peuple intègre de manifester contre les putschistes à Ouagadougou, Bobo Dioulasso, Fada-Ngourma et Yako.

La tension monte entre manifestants et les membres du Régiment de sécurité présidentielle. Les nostalgiques de l’ordre ancien seront obligés de perdre le terrain en annonçant le 18 septembre 2015, la libération des otages sauf Isaac Zida assigné à résidence. Les frontières s’ouvrent, de quoi permettre aux présidents sénégalais Macky Sall, président de la Cédéao d’alors, et Boni Yayi de se rendre dans la capitale du Burkina Faso pour relancer le processus de transition. Le 20 septembre 2015, la médiation de la Cédéao comprenant le président sénégalais Macky Sall, le béninois Boni Yayi, assistée du représentant de l’ONU en Afrique Mohamed Ibn Chambas, les représentants des putschistes et de la société civile, se réunissent dans l’hôtel Laïco de Ouagadougou. À l’annonce de ce rendez-vous, le mouvement Le Balai Citoyen avait appelé à un rassemblement devant l’hôtel pour faire pression sur les négociants et ainsi retrouver le gouvernement de transition. Le 21 septembre 2015, au soir, en réponse à l’appel de la société civile, des unités militaires loyalistes, opposées au général Diendéré, ont encerclé le palais où résident les putschistes. Le 23 septembre 2015, le président de transition Michel Kafando reprend la tête du pays après un accord entre l’armée loyaliste et les putschistes. Il annonce par ailleurs le rétablissement du gouvernement de transition. Le même jour, le général Diendéré annonce la fin de son coup d’Etat sur fond de regret : « le plus gros tort avait été de faire ce putsch », a-t-il pesté. Le 25 septembre 2015, à l’issue du premier Conseil des ministres après le coup d’Etat, le gouvernement de transition dissout et désarme le Régiment de sécurité présidentielle, crée une commission d’enquête pour déterminer les acteurs du coup d’Etat et les faire juger devant un tribunal militaire; la destitution des hauts gradés militaires ayant collaboré directement ou indirectement avec les putschistes. Le 1er octobre 2015 Gilbert Diendéré est arrêté après avoir séjourné pendant deux jours chez le nonce apostolique de l’ambassadeur du Vatican, à Ouagadougou. Le 6 octobre 2015, le général Diendéré et l’ex-ministre des affaires étrangères Djibril Bassolé arrêté le 29 septembre 2015, sont inculpés de 11 chefs dont l’« atteinte à la sûreté de l’État » et un mandat de dépôt est décerné à leur encontre.

Gilbert et ses alliés à la barre

L’heure des comptes a sonné et les auteurs du coup d’Etat raté sont devant les tribunaux. Aux grands maux les grands remèdes, la transition, après avoir repris le poil de la bête, a créé une commission d’enquête qui avait un maximum de 30 jours pour déterminer les acteurs du coup d’Etat et les faire juger devant un tribunal militaire. Sans doute conscient que les informations prouvées ne laissaient plus de place au mensonge, le Général Diendéré, cerveau supposé du coup de force, commence à lâcher ses alliés. Dans un extrait de sa déposition dont l’alternative a eu l’exclusivité, celui qui se révèle aussi possiblement l’un des bourreaux de Sankara informe que la côte d’Ivoire l’a assisté en moyens financiers pendant que le Togo a envoyé le matériel de répression. Outre cette déposition déjà publiée au Togo, les confrères du Burkina vont approfondir les investigations « L’implication du Togo est sans aucun conteste celle sur laquelle on ignorait beaucoup jusque-là.

De ce côté-là, le soutien aurait consisté uniquement du matériel de répression, apporté par le chef d’Etat-Major de la Gendarmerie nationale du Togo, le Colonel Alex Yotrofei Massina.

Pendant que les putschistes étaient de plus en plus acculés par les populations qui continuaient de descendre en masse dans les rues de Ouagadougou et des villes de provinces pour s’opposer à la forfaiture, n’ayant pas assez de moyens de répression pour contenir la déferlante, le chef putschiste a eu recours à son ami togolais qui n’a pas hésité à lui voler au secours. Le patron de la Gendarmerie nationale togolaise a donc dépêché ses hommes à la frontière du Burkina avec une importante quantité de moyens de répression. Cette fois-ci, c’est une mission terrestre qui a été envoyée pour récupérer ce matériel. Le chef des pandores togolais a-t-il agi de son propre chef ? Ou a-t-il eu la caution du président togolais pour agir ? Là aussi, rien ne filtre officiellement. Mais d’aucuns pensent que le Colonel Massina n’est pas assez « fou » pour prendre sur lui une telle responsabilité tout seul. La mission de récupération a été conduite par le Lieutenant Bouraima Zagré. Un jeune élément du RSP qui était dans la période en mission onusienne au Mali et qui était rentré au Burkina quelques jours avant les évènements en congé. Dans sa déposition, ce dernier explique que c’est le 17 septembre 2015, dans l’après-midi, que le chef de corps adjoint, le Commandant Korogo, lui a signé un ordre de mission l’instruisant de se rendre à Dapaong en territoire togolais, pour récupérer du matériel de maintien d’ordre. Mais c’est finalement à Cinkansé, côté togolais, que le matériel a été récupéré. Il précise que l’ordre de mission a été visé par la Brigade territoriale de gendarmerie côté burkinabè.

Lui et ses hommes, au nombre de 9, sont revenus à Ouagadougou le 18 septembre 2015 dans la soirée, avec le matériel objet de la mission. Ce matériel aurait été dispatché entre la gendarmerie et la Police nationale. Bouraima Zagré indique qu’au niveau de la gendarmerie, c’est l’Adjudant Dakyo de l’Escadron de sécurité d’intervention (ESI) qui est venu récupérer la part de celle-ci. Au niveau de la police, c’étaient les éléments de l’Unité d’intervention polyvalente (UIP) à bord d’un minibus. Chacun d’eux a signé une décharge en deux exemplaires avant de prendre le matériel. Un exemplaire est resté au secrétariat et ils sont partis avec le second. Il précise avoir fait la photocopie des décharges pour les garder par devers lui.

Fusils lance-grenades, grenades lacrymogènes, cartouches antiémeute…

Il donne d’amples détails sur le déroulement de la mission en terre togolaise :

« J’ai démarré le 17 septembre 2015 avec deux véhicules. Une TOYOTA LAND CRUISER mono cabine et un véhicule militaire type ACMAT.

Nous étions dix militaires en tenue de combat du RSP. Nous sommes arrivés à Cinkansé aux environs de 2 heures du matin.

Un numéro togolais qui m’avait précédemment absenté m’a rappelé. Mon interlocuteur a demandé ma position. Je lui ai dit que j’étais au niveau de la Brigade territoriale de gendarmerie de Cinkansé. Il a déclaré que dès que je franchis la frontière, de lui faire signe. Aux environs de 06 heures et quart, le conducteur de la mono cabine et moi, après avoir vêtu des tenues civiles, avons franchi la frontière à bord de son véhicule. Le contact togolais nous attendait.

Nous l’avons suivi sur à peu près quatre kilomètres. Il nous a conduits dans une villa qui faisait apparemment office d’une brigade de gendarmerie. C’est en ce lieu que le matériel a été chargé dans notre véhicule par des personnes en tenues civiles, probablement des gendarmes.

De retour à la Brigade de gendarmerie de Cinkansé, nous avons revêtu la tenue treillis et avons repris la route pour Ouagadougou ». Relate-t-il sans sourciller. A la question de savoir qui était le contact togolais, il dit ne pas le connaître. Mais c’était un Capitaine de la Gendarmerie togolaise du nom de Piasso. Ajoute-t-il. « Je l’ai ainsi identifié parce qu’il était en tenue militaire et avait une bande patronymique au niveau de sa poitrine ». Comment le contact togolais a-t-il pu vous contacter? A cette question des enquêteurs, il répond : « Je n’avais pas son numéro. Je pense que c’est depuis la base que ça a été coordonné. Je me dis que c’est la base qui a dû donner mon numéro pour qu’il puisse me joindre. Il m’a remis également son numéro sur un papillon… ».

Le missionnaire donne aussi quelques détails sur le matériel récupéré : « Le matériel était composé de cinq fusils lance-grenades de type COUGARD avec leurs munitions, des grenades lacrymogènes à fusil et à main type ATL, des cartouches antiémeutes un grain et douze grains et des cartouches propulsives. Je n’ai pas les quantités en tête mais tout était répertorié sur une feuille que j’ai laissée au corps. J’ai ouvert les paquets de cartouches qui étaient dans des boîtes cartonnées. Les autres qui étaient dans les caissons scellés ont été ouverts au corps dès mon arrivée ».
» extrait de dépositions du général et ses hommes de main.

Mais il y a pire

«Autre pays dont le nom revient dans le chapitre des soutiens aux putschistes, le Mali. Mais ici, il n’y a pas d’autorité de ce pays qui soit suspectée de quoi que ce soit. C’est dans les rangs des djihadistes maliens qu’il faut rechercher les complicités. Dans les révélations des écoutes de Djibrill Bassolé et aussi de Gilbert Diendéré, il ressort que les deux ont eu des contacts avec des éléments dans ces milieux au sujet d’un éventuel renfort. Il s’agissait essentiellement de renforts en hommes, notamment des combattants djihadistes qui devraient venir prêter main forte aux putschistes. Djibrill Bassolé, par exemple, a eu une conversation avec un numéro malien (00223…) qui l’a appelé et lui disait en substance qu’il avait pu contacter les gens et qu’ils sont prêts. Le correspondant lui a même parlé en bambara et lui a demandé s’il avait bien compris.

Quant à Diendéré, c’est avec son co-inculpé, Sidi Lamine Oumar, se présentant comme étant issu des milieux djihadistes maliens et résidant au Burkina Faso depuis 2013. Pendant les évènements, il était rentré en contact téléphonique avec Diendéré à qui il proposait de mettre à sa disposition des combattants qui seraient déjà positionnés dans un camp de réfugiés maliens dans le Nord du Burkina.

Le procès en cours devrait permettre d’en savoir davantage sur toutes ces implications extérieures dans le coup d’Etat dit le plus bête du monde» extrait du reporter N° 235.

Nos investigations

Les recoupements faits par votre journal le Rendez-Vous révèlent, en effet, les raison pour lesquelles l’ancien président Yayi Boni du Bénin est aussi intéressé par la justice militaire du Burkina. L’homme est passé près du complot, sauf qu’il aurait refusé de se faire emballer comme les voisins togolais et ivoirien. Ce n’est pas pour rien qu’il fait présentement parti des personnalités citées à comparaitre pour laisser leur part de vérité dans le drame qu’a traversé l’ancienne Haute-Volta. Nos sources proches du monde diplomatique avancent que, au moment des faits, encore président de son pays, Yayi Boni aurait été contacté par les putschistes pour bénéficier d’un coup de main en hommes et en matériel militaire adéquat. Le Béninois aurait décliné l’offre stipulant que son armée est parmi les plus indépendantes d’Afrique et qu’il lui est impossible de sortir un seul homme sans que les choses ne passent par un processus autorisé. Les putschistes, loin d’être découragés, lui auraient demandé de parler au togolais à leur profit. Là encore, l’ancien fonctionnaire international leur aurait signifié qu’il ne pouvait le faire à leur place. Le voisin togolais joint par les concernés a mordu à la demande. Le Togo est présentement indexé dans la participation au coup manqué. Monsieur Faure Gnassingbé est non seulement le chef de l’Etat, chef suprême de l’armée, mais aussi le ministre de la défense. La commission d’enquête n’a rien fait à moitié. Nos informations révèlent que grâce aux travaux de cette unité d’enquête, des tenues militaires destinées à habiller 280 militaires auraient été saisies au Burkina en provenance du Togo. Mais la commission n’a pas pu mettre la main sur les troupes togolaises qui devaient porter ces tenues pour les opérations, et pourtant elle a la certitude que les hommes sont rentrés dans le pays en provenance d’un camp togolais non loin des frontières nord du Togo. Le Béninois serait prêt à donner sa part de vérité mais il tourne autour du géant Nigérian pour qu’il lui soit permis de faire sa déposition à la CEDEAO pour qu’elle transfère à qui de droit. Le président ivoirien aussi rode autour du Nigeria pour se trouver une porte de sortie acceptable de cette mauvaise passe. Inutile de rappeler que, allié historique de notre pays, si pendant sa fuite l’ancien président du Burkina avait sérieusement lorgné notre pays où il a été dans un premier temps annoncé, sa destination finale sera quand même la côte d’Ivoire. Ceci justifie cela si on sait que le nom du dictateur déchu ne pouvait être loin de ce désordre vite maitrisé chez lui. Il vous souvient aussi qu’au moment de ce coup, des informations vite démenties ont fait état de militaires Togolais aperçus au Burkina. Les frères Togolais y résidant ont même fleuré des représailles. Présentement, il se révèle que, si les hommes envoyés de la Côte d’Ivoire par le Nord du pays n’ont pas pu accéder au territoire burkinabé, ceux du Togo ont traversé les frontières, et ce n’est pas un hasard si des tenues ont été saisies.

Commentaires

Au-delà d’une assistance militaire qui ne dit pas son nom, le grand danger est aussi que les conspirateurs ont demandé l’appui humain des djihadistes du Sahel. Sous Campaoré Blaise, Gilbert Diendéré Gilbert fut l’un des intermédiaires entre le Burkina et les réseaux Djihadistes dans les négociations afin de la libération d’otages. S’il se confirme donc que cet ancien chef d’Etat-major de son pays a invité le diable dans son coup, et que l’intervention togolaise se confirme, c’est dire que le Togo est allé combattre côte à côte avec les djihadistes contre un peuple frère. De nos informations prises dans les colonnes de ce confrère burkinabé très introduit, les auteurs du coup raté ont sollicité les djihadistes du Mali et du Niger pour participer à la besogne. Ceux-ci se sont montrés disponibles. Ont-ils finalement pu participer à ce qui s’est passé? Le procès apportera une réponse. Pendant que le Burkina s’évertue à faire connaître la vérité, nous croyons que le Togo dispose d’un parlement, il va falloir que ceux dont les noms reviennent dans ce crime transfrontalier, Faure Gnassingbé et son chef d’Etat-major Yotrofei Alex Massena, soient interrogés. Le Togo et le Burkina sont une grande famille séculaire, s’ils ont joué le rôle qui leur est reproché, la République togolaise à travers son parlement, si tant est qu’il n’est pas un parlement mouton, saurait laver le linge sale en famille avant qu’il ne soit trop tard. Si le président Béninois a récusé la demande de Diendéré, c’est par respect à son parlement et aux textes de son pays qui n’acceptent pas certaines aberrations. Mais le Togo s’y est engagée sans sourciller, parce que le parlement est sous une coupe réglée. Aujourd’hui le secret est dehors, le parlement va enfin pouvoir jouer un petit rôle pour sa dignité ? Il serait aussi question de savoir quoi dire à la communauté internationale qui combat les terroristes pendant que notre pays en fait des alliées sur certains terrains. La justice militaire, présentement à l’œuvre, s’évertue à savoir si les troupes togolaises sont ressortis du territoire et quel peut être le rôle possiblement joué dans les récentes violences djihadistes. Ceci permettra de faire la lumière et savoir qui fait quoi, quel lien possible peut avoir ce coup de 2015 avec la récente attaque djihadiste qui a même osé s’en prendre à l’Etat-major des FAT à quelques jours de ce jugement capital.

Le Togo, si on s’en tient aux informations déjà avancées dans les dépositions, a joué un rôle à côté des messieurs qui travaillent la main dans la main avec les terroristes pour déstabiliser leur pays. Quel rôle le pouvoir togolais lui-même entretient-il avec les terroristes ? Inutile de vous rappeler comment le terrorisme a été longtemps utilisé par le pouvoir de Lomé pour discréditer ses adversaires politiques. Actuellement, il se révèle que c’est plutôt l’autorité togolaise qui travaille bras dessus bras dessous avec les réseaux terroristes pour défendre la même cause. Quand un paysan est invité à aider un voisin dans son champ, le minimum est de chercher à savoir avec qui il va se partager la tâche. Au gré des intérêts, le Togo peut donc accepté coopérer avec les djihadistes pour sauver un ami commun en naufrage, l’ami ici c’est une dictature vieille de 37 ans. Etant donné que les oiseaux du même plumage volent ensemble, est-ce à dire que monsieur Faure est prêt à utiliser les réseaux terroristes pour sauver lui-même sa propre dictature ? En tout cas, au cœur de ses difficultés, la dictature togolaise s’est trop servie de la menace terroriste pour que sa présence sur un terrain avec des djihadistes comme alliés de lutte soit une simple coïncidence. C’est ce que vaut un président à la tête de la CEDEAO. Et dire que, au cœur de cette difficulté du voisin du nord, ce regroupement régional a été le premier à voler au secours. Et pourtant, parmi les acteurs de ce bon office, se trouvent des présidents terroristes. Toutefois, Wattara Dermane, peut avoir commis un impaire en voulant secourir un ami, mais il est à la tête d’un régime normal et il est en train de finir sa présidence à la tête du pays, il ne pourra donc plus continuer par être un danger pour la sous-région. Mais le second allié des terroristes compte faire une présidence à vie à la tête de son pays. Que vaut la CEDEAO si elle ne se débarrasse pas de ces chefs d’Etat qui ne sont pas seulement une menace pour leur pays mais pour la sous-région ? Ce n’est pas un hasard qu’au dernier sommet de la CEDEAO à Lomé, ce sujet s’est invité dans les échanges. Si Watara s’est débattu tant bien que mal, monsieur Faure a vraiment marmonné quand il a été interrogé sur sa responsabilité au Burkina. On peut même supposer, à juste titre, que ce n’est pas un hasard de calendrier si certains des cerveaux de ce coup n’ont pour avocats défenseurs que des Togolais. Quels avocats togolais de surcroit? Jean Dégli et Lowson Bankou, l’un est un habitué dans la défense de l’Etat togolais pour des dossiers sensibles. Jean Dégli par exemple était parmi le conseil du Togo dans l’affaire Abass El Youssef contre Bodjona Pascal. L’autorité en sait quelque chose de leur constitution en tant que conseil? A s’en tenir aux derniers discours de monsieur Faure et son cercle d’officiers qui ne voyaient que les djihadistes dans toute opposition, les faits sont trop justes pour être fortuits. Il est de notoriété publique que, c’est le sorcier qui crie toujours le premier au sorcier. Nous attendons la réaction de notre parlement pour sauver ce qui peut encore l’être. Au temps du père, quand il s’invite dans des actions du genre, il prend le temps d’effacer les traces. Avec le fils, tout est approximation et les Togolais vivant au Burkina, les relations entre deux pays frères et même la quiétude avec la sous-région, risquent de prendre un coup. Quand une dictature dure, elle se nourrit de tout, y compris le terrorisme, la CEDEAO est averti. Bon à suivre

Abi-Alfa
 
Source : Le Rendez-Vous No.326 du Avril 2018/http://www.27avril.com/blog/actualites/politiques/axe-togo-burkina-terrorisme-implication-dans-un-putsch-rate-faure-gnassingbe-un-danger-sous-regional
 




Tikpi Atchadam désormais contraint à choisir entre le Togo et le Ghana



Il a le mérite d’avoir aidé l’opposition togolaise à créer un nouveau rapport avec le pouvoir de Faure Gnassingbé au sujet des réformes constitutionnelles et institutionnelles qui étaient constamment reléguées aux calendes grecques. Mais depuis plusieurs mois, Tikpi Atchadam, l’homme à l’origine de la donne actuelle s’est réfugié au Ghana par peur de perdre sa vie. Et c’est désormais depuis le Ghana qu’il mène la lutte. Une situation qui ne convient plus au pouvoir de Lomé qui vient d’interpeller le gouvernement.

L’information avait futé au mois de février sur l’expulsion qui pesait sur Tikpi Atchadam. En effet, selon les textes qui régissent la CEDEAO, « Tout citoyen de la Communauté, désirant séjourner dans un État membre pour une durée maximum de quatre-vingt-dix (90) jours, pourra entrer sur le territoire de cet État membre par un point d’entrée officiel sans avoir à présenter un visa ».

Selon les mêmes dispositions, si ce citoyen se propose de prolonger son séjour au-delà des quatre-vingt-dix (90) jours, il devra, à cette fin, obtenir une autorisation délivrée par les autorités compétentes.

Et selon les informations, Tikpi Atchadam, qui séjourne au Ghana depuis bientôt 6 mois ne s’est pas encore conformé aux textes communautaires.

En début d’année, la question avait été évoquée entre les présidents togolais, Faure Gnassingbé et ghanéen, Nana Akufo-Addo. Ce dernier avait assuré son homologue togolais que les dispositions allaient s’appliquer. Ce qui n’a pas été fait à ce jour, certainement dans la logique des mesures d’apaisement.

Pendant ce temps, les autorités togolaises n’apprécient pas les mouvements du leader du Parti national panafricain (PNP). Selon des informations parvenues à « Togo Breaking News », le gouvernement togolais vient d’avertir son homologue ghanéen quant aux « agissements » de Me Atchadam.

« Ce dernier qui se trimbale d’un coin à un autre sur le territoire ghanéen, est désormais appelé à choisir entre un retour au Togo pour assumer ses actes politiques et leurs conséquences, ou alors à rester au Ghana mais à renoncer et à s’abstenir des actes et des agissements incitant à la haine, à l’intolérance et à la violence. S’il fait encore diffuser des messages vidéo ou audio de même nature que les précédents, il y aura nécessairement des conséquences », nous confie une source gouvernementale.

Pour notre interlocuteur, les deux pays tiennent à préserver les liens solides de fraternité et d’amitié et des relations de bon voisinage et de brassage entre leurs peuples.
 
source : togobreakingnews/https://togobreakingnews.info/index.php/politique/item/2964-tikpi-atchadam-desormais-contraint-a-choisir-entre-le-togo-et-le-ghana
 




Togo Curieux sommet surprise de la CEDEAO à Lomé Faure séquestre les leaders de l’opposition pour parler de la paix en Guinée Bissau. Un militant de l’ANC tué à Sokodé



Le Togo a accueilli samedi 14 avril dernier, un sommet extraordinaire de la CEDEAO consacré à la crise politique en Guinée Bissau. Au total dix chefs d’Etat, deux Vice-Présidents et deux ministres étaient présents à Lomé.

Il s’agit des présidents Patrice Talon du Bénin, José Mario Vaz de la Guinée-Bissau, Roch Marc Kaboré du Burkina-Faso, Alpha Condé de la Guinée, Alassane Ouattara de la Côte d’Ivoire, Georges Weah du Libéria, Ibrahim Boubacar Kéita du Mali, Mahmadou Issoufou du Niger, Macky Sall du Sénégal en plus de Faure Gnassingbé du Togo ont pris part aux travaux. De même que le viceprésident du Nigéria, Dr Yémi Osibanjo, la vice-présidente de la Gambie, le ministre de l’intégration du Cap Vert et du ministre ghanéen de la sécurité, Albert Kan-Dapaah. La session a été présidée par le président togolais, Faure Gnassingbé, président en exercice de l’organisation.

Pour les dirigeants ouest-africains réunis à Lomé principalement au sujet de la crise en Guinée-Bissau, la mission de la CEDEAO restera dans ce pays jusqu’au 30 juin 2018. Elle aura la responsabilité de rapprocher les positions des protagonistes de la crise afin de parvenir à un consensus. La conférence des Chefs d’Etat encourage le PAIGC et PSR, le deux partis politiques majeurs du pays à poursuivre le dialogue de sortie de crise.

Par ailleurs, il a été recommandé la tenue des élections législatives le 18 novembre. Un Premier Ministre de consensus a été nommé et un décret présidentiel sera pris dans ce sens mardi 17 avril prochain. Le 19 avril, le Parlement sera aussi ouvert pour statuer sur la nomination des membres de la commission électorale et de la prorogation de la législature.

Mais dans le communiqué final lu par le ministre togolais des Affaires Etrangères, le président du Conseil des Ministres de la CEDEAO, Prof Robert Dussey, la crise togolaise n’est pas en reste. Les Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO ont d’une part «salué les efforts et les initiatives déployés en vue de la résolution des tensions politiques» en terre togolaise ces derniers mois.

Il est également indiqué dans le communiqué que la conférence des chefs d’Etat et de gouvernements de la CEDEAO a décidé de renouveler sa confiance aux Présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de Guinée pour la poursuite de leurs efforts de facilitation au Togo.

« La Conférence des Chefs d’Etat les encourage à intensifier les efforts pour aider le gouvernement et les acteurs politiques dans la réalisation de réformes constitutionnelles dans le respect des délais légaux, des normes et des principes de la démocratie et de l’Etat de droit », indique la note.

De même, la CEDEAO demande aux deux chefs d’Etat « de proposer des recommandations pour une sortie de crise » lors du prochain sommet de l’organisation en juin 2018.

Au final, les Chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO présents à Lomé samedi ont invité toutes les parties prenantes dans la crise togolaise à s’abstenir de tout acte de violences afin de préserver la paix régionale.

Faure séquestre les leaders de l’opposition et se fait chantre de la paix en Guinée Bissau

Le Togo a connu une semaine particulière avec les violences policières et militaires qui ont fait au moins un mort à Sokodé. Au fond, c’est pour organiser un sommet extraordinaire consacré à la Guinée Bissau à Lomé.

A l’ouverture des travaux, Faure Gnassingbé a, tout d’abord, salué les « évolutions heureuses » enregistrées par la CEDEAO au cours du premier trimestre de cette année. Le Chef de l’Etat togolais fait ainsi allusion aux alternances intervenues au Libéria avec « la brillante élection de Georges Weah », en Sierra Léone avec l’élection de Julius Maada Bio permettant ainsi à ce pays de franchir « une étape importante dans la consolidation de la démocratie».
Pour M. Gnassingbé, la CEDEAO restera reconnaissante « au Président sortant Ernest Bai Koroma » pour sa précieuse contribution aux idéaux de l’institution.

Abordant la situation qui prévaut en Guinée-Bissau, le président en exercice de la CEDEAO a salué l’engagement collectif de l’organisation et spécialement le leadership du Président guinée, Alpha Condé dans ses offices de médiation pour l’application de l’accord de Conakry.
Faure Gnassingbé estime qu’il importe que le fil du dialogue soit maintenu en Guinée Bissau et avec la Guinée-Bissau.

« Eu égard au statu quo observé depuis le mois de janvier, et avec la perspective des élections attendues en 2018 et 2019, nous devons reconnaître que cet effort doit être poursuivi », a-t-il, déclaré.

Le Chef de l’Etat togolais a également appelé à la culture de la paix qui n’a que des avantages. Pour lui, seule la paix permet aux hommes de grandir et de prospérer, et aux communautés de s’établir durablement et de rayonner.

« Notre ambition est de réussir le pari de la paix au sein de la CEDEAO car le développement est à ce prix. Nous voulons également faire de la stabilité de nos États une réalité car la croissance et la prospérité en sont tributaires », affirme Faure Gnassingbé qui ajoute qu’il aspire garantir aux populations la sécurité à laquelle elles aspirent pour leur épanouissement économique et social.

Le président en exercice de la CEDEAO annonce l’engagement de l’institution à rester solidaire de la Guinée-Bissau, de son peuple et de ses institutions.

« Je suis persuadé de leur capacité à choisir la voie de la paix et de la concorde nationale dans l’intérêt de tous. J’ai bon espoir que toutes les pistes de dialogue continueront d’être explorées et que bientôt notre communauté pourra se réjouir du retour de la sérénité et de la cohésion en Guinée-Bissau. », a insisté Faure Gnassingbé.

Au moment où le Président du Togo faisait ce discours lénifiant, toute la capitale togolaise était ébullition. Les forces de défense et de sécurité togolaises (Policiers, gendarmes et militaires) ont empêché samedi la manifestation de la Coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise. Dans les quartiers Bè- Kpota, Baguida, Atikoumé, Totsi, Agoè et Adidogome, toute tentative de rassemblement a été systématiquement dispersée.

Des jeunes de l’opposition ont tenté de résister en brûlant des pneus et en bloquant la voie notamment à Bè- Kpota et Totsi.

Alors que ce face-à- face continuait dans la ville, les leaders de la Coalition annoncent avoir été séquestrés par un détachement militaire au Siège de la CDPA à Hanoukopé, qui sert également de siège de la coordination dudit regroupement de l’opposition.

Les militaires ont bloqué toutes les voies menant à cet endroit qui sert de Quartier Général pour les réunions de la coalition. Ceci alors que tous les responsables des 14 partis composant le regroupement y tenaient une réunion sur la conduite à tenir suite à l’interdiction des manifestations de rue.

« Tous les leaders de la Coalition sont encerclés au siège de la CDPA. Les forces de l’ordre lancent des gaz lacrymogènes partout autour du siège de la CDPA. La voiture du Chef de file de l’opposition est encore poursuivie depuis ce lieu et la course-poursuite continue dans les rues, alors que le Chef de file est dans les locaux avec ses collègues », a alerté M. Eric Dupuy.
Des jeunes militants de l’opposition ont dressé des barricades dans le quartier. Les forces de l’ordre et les militaires répondent avec des gaz lacrymogènes. La circulation est perturbée sur le Boulevard circulaire. Il a fallu plus de mobilisation des jeunes pour aider les leaders à quitter les lieux.

Par ailleurs, Eric Dupuy, Secrétaire à la Communication de l’ANC a déclaré le décès d’un militant de l’opposition à Sokodé (337 km au nord de Lomé). Abdouraim Adam, un jeune qui a arrêté et bastonné mercredi dernier par les militaires dans la ville de Sokodé n’a pas survécu. Le jeune qui est le secrétaire d’une sous-section Tchaoudjo de l’ANC a succombé à ses blessures samedi.

Quelle crédibilité peut-on accorder au Président de Union pour la République (UNIR) lorsque ses propos sont aux antipodes de ses actes ? Saluer les alternances au Libéria et en Sierra Leone pendant qu’il entend mourir au pouvoir au Togo. Blablater la paix et la cohésion pendant que les militaires, gendarmes et policiers tuent impunément leurs propres concitoyens. Faure Gnassingbé qui est en même temps ministre de la Défense, encourage ces exactions d’une autre époque.

Les dessous du sommet de Lomé

Pour certains, le fait pour les chefs d’Etat de la CEDEAO d’accepter tenir ce sommet à Lomé en pleine crise peut porter un coup à l’image de l’institution zonale. « De quelle crise parle-t-on en Guinée Bissau ? Aujourd’hui, le seul pays en crise politique véritable au sein de la CEDEAO, c’est bien le Togo », a glissé un observateur.

Pour d’autres, c’est un moyen d’accompagner Faure Gnassingbé à la sortie de la présidence de la CEDEAO. Depuis qu’il a été porté à la tête de la Communauté régionale, son pays n’a pu accueillir de session en raison de la crise politique.

N’importe comment, c’est totalement ridicule de séquestrer les leaders de l’opposition juste pour faire semblant qu’il n’y a pas de crise dans son pays. On ne cache pas le soleil avec la main mais visiblement, Faure Gnassingbé continue de démontrer à la face du monde qu’il ne mérite aucunement de diriger le Togo.
 
Kokou AGBEMEBIO
 
source : Le Correcteur
 




Togo/La Composition de la Hiérarchie Militaire, Voilà le Problème Togolais!


Félix Abalo Kadanga | Photo : Republicoftogo


«…Il faudrait que les leaders de la coalition de l´opposition fassent un effort pour créer un cadre de discussion avec les responsables de la hiérarchie militaire de notre armée. Il s´agirait de leur rappeler le rôle qui devrait être le leur et les assurer que l´alternance politique ne serait pas dirigée contre eux. Ce cadre de discussion pourrait par exemple être animé par des experts militaires nationaux, sous régionaux ou internationaux. Des officiers des armées des pays de la CEDEAO pourraient rencontrer et échanger avec des officiers au sein de la hiérarchie militaire du Togo.

La coaltion de l´opposition aura auparavant exposé et expliqué aux dirigeants de la CEDEAO et à d´autres pays amis le gros obstacle à la démocratisation que constitue l´armée togolaise… »

Voilà l´extrait d´un article que j´avais publié le 03 décembre 2017 pour proposer des mesures à prendre au cas où l´armée de notre pays continuerait à refuser de se mettre du côté du peuple.

Aujourd’hui où c´est devenu une habitude que l´armée togolaise, par ses comportements, s´érige en ennemi irréductible du peuple pour défendre le pouvoir politique. Aujourd’hui où le pouvoir ne se gêne plus pour envoyer des militaires et des forces spéciales pour étouffer et réprimer dans le sang les marches pacifiques en lieu et place de la police et de la gendarmerie, il est clair que les déclarations d´apaisement envers les forces de sécurité et de défense pour qu´elles reviennent à de meilleurs sentiments, ne servent plus à rien. Car l´armée a choisi son camp depuis longtemps, ou plutôt l´armée est incorporée au pouvoir politique depuis le régime Gnassingbé Éyadéma. Le fait que cette armée soit atypique, parce que ne répondant pas aux normes d´une armée représentative de toutes les couches de la nation togolaise, rend le problème plus difficile.

C´est un secret de Polichinelle que notre armée est tribalisée à outrance et que sa hiérarchie dans sa composition n´est autre que le bras armé du pouvoir politique incarné par Faure Gnassingbé. Dans une telle situation où le régime refuse toute idée d´alternance, donc de démocratie sincère, il ne peut le faire qu´en comptant sur un allié de poids que constituent les forces armées.

Malheureusement pour les togolais Éyadéma était en avance sur son temps quand il mettait sur pied son plan diabolique d´un règne éternel sur notre pays. Régionaliste et tribaliste pur sang, l´homme a patiemment nourri à dessein un monstre que constitue aujourd´hui cette armée anti-peuple, dont nous avons toutes les peines du monde à nous en débarrasser. Parmi beaucoup d´anciens officiers à la retraite, compagnons du défunt dictateur, originaires de toutes les régions du Togo, il y avait ceux qui pouvaient arrêter le fou, mais ne l´avaient pas fait, préférant les avantages et les délices immédiats que procure le pouvoir. Beaucoup de ces généraux-traîtres étaient les principaux animateurs de la mascarade qui plaça Faure Gnassingbé sur le fauteuil présidentiel à la mort de son père en février 2005.

La joie des togolais d´être enfin libérés d´un régime de terreur aura donc été courte, très courte. Comme pour annoncer les couleurs d´une nouvelle ère de dictature, Faure Gnassingbé accepte de marcher sur plus de 500 cadavres de ses compatriotes pour s´installer à la présidence. Et tout ceci n´était possible que par le fait d´une armée non républicaine, tribalisée, commandée par une hiérarchie militaire tribale, sinon familiale. Dans une telle situation le peuple ne peut pas se targuer d´avoir une armée sur laquelle il peut compter pour remettre de l´ordre dans la maison quand les choses tournent au vinaigre. Se débarrasser d´un tyran par exemple. L´armée faisant corps avec le tyran, comme c´est le cas au Togo, le peuple contestataire devient et l´ennemi du tyran, et l´ennemi des forces armées qui croient devoir leur survie au tyran usurpateur et vice-versa.

Le caractère non républicain de l´armée togolaise n´est pas une invention des opposants ou de tous les autres détracteurs qui en veulent à Faure Gnassingbé et à son régime. Son caractère partisan en faveur du pouvoir en place s´est à plusieurs reprises illustré depuis Éyadéma et surtout depuis l´installation manu militari de Faure Gnassingbé au pouvoir en 2005 d´abord, ensuite au cours de mascarades d´élections en 2010 et en 2015.

Depuis le 19 aoûjt 2017, début des manifestations de l´opposition pour le retour à la constitution de 1992, au lieu de la gendarmerie et de la police, on note l´immixtion de l´armée, surtout de son corps d´élite, les parachutistes pour massacrer les populations à travers le pays.

Dès les premières manifestations Faure Gnassingbé et la hiérarchie militaire, composée uniquement des membres de la famille Gnassingbé et des familles alliées, n´avaient pas hésité à envoyer les bérets rouges à Mango, Bafilo et Sokodé pour tirer à balles réelles, bastonner les populations même dans les domiciles privés. On dénombra des morts et des blessés. Beaucoup de togolais dans ces trois localités avaient dû prendre le chemin de la brousse pour échapper à la barbarie militaire, parmi eux plusieurs blessés graves.

Qui oubliera cet octobre noir en 2017 où les parachutistes de l´armée togolaise, accompagnés de miliciens, dans la foulée de l´enlèvement de l´Imam Alassane, prirent d´assaut Sokodé et tous les villages environnants pour bastonner, humilier, détruire des commerces et voler? Après plus d´une semaine de sauvagerie, le bilan, fait de morts, de blessés graves à qui on avait refusé des soins, était sans appel. La terreur était telle que beaucoup de réfugiés en brousse avaient préféré ne pas revenir et continuèrent pour un exil lointain. Depuis, les militaires n´ont jamais quitté Mango, Bafilo et Sokodé bien que la levée des sièges militaires dans ces localités soit inscrite parmi les mesures d´apaisement avant le dialogue politique.

Les dernières exactions de militaires samedi à Sokodé, Kparatao, Kadambara, Djarkpang’na, Kpalimé, Lomé… lors de la dernière journée de manifestations organisées par la coalition de l´opposition, viennent nous confirmer, comme s´il en était encore besoin, que Faure Gnassingbé, Ministre de la Défense, et la hiérarchie militaire considèrent le peuple contestataire comme un ennemi à abattre. Dans leur entendement le pouvoir politique n´appartient pas au peuple, il est un héritage à défendre, donc une question de vie ou de mort.

Et une telle vision des choses n´est possible que dans un pays où l´armée n´est en fait qu´une coquille vide, le pouvoir réel de décision étant entre les mains d´une minorité inféodée au pouvoir politique.

Une telle hiérarchie militaire dans sa configuration actuelle n´est pas et ne sera jamais une bonne chose pour l´instauration d´une démocratie digne de ce nom. C´est pourquoi je réitère ma proposition faite en décembre dernier dans mon article intitulé: « De la nécessité du cantonnement de l’armée togolaise » sous le contrôle des forces de la CEDEAO ou de l´ONU ».

Avant toutes choses la coalition de l´opposition doit mettre sur la table de certains chefs d´état « poids lourds » de la CEDEAO le problème que constituent l´armée togolaise et sa hiérarchie, dont fait partie Faure Gnassingbé, pour une véritable alternance politique au Togo. Je sais qu´elle l´a déjà fait sous d´autres formes et que les chefs d´état de la sous-région doivent avoir déjà eu vent du caractère antirépublicain des formes armées togolaises. Mais en tant que victimes, nous avons le devoir de continuer à crier pour nous faire entendre.

Le géant de la sous-région, le Nigeria, semble avoir une oreille attentive pour la souffrance des togolais par la voix de son président Mohamed Buhari; mais il revient à l´opposition togolaise de continuer à prendre d´assaut les chancelleries pour dénoncer et présenter les preuves du martyr que vivent les togolais et les togolaises depuis plusieurs décennies par la faute d´une armée pas comme les autres. C´est à ce prix que les hors-la-loi au sein de l´armée togolaise, et surtout au sein de sa hiérarchie pourront être mis hors d´état de nuire. Car les togolais rêvent du jour où ils pourront voir défiler et applaudir une armée togolaise digne de ce nom, débarrassée de pseudo-généraux qui ne doivent leur promotion qu´en faisant assassiner leurs compatriotes.

Samari Tchadjobo
Allemagne
 

La Composition de la Hiérarchie Militaire, Voilà le Problème Togolais!


 




Togo/Brigitte Adjamagbo Johnson relève la compromission de l’indépendance de la CEDEAO dans la crise.



La crise togolaise a été évoquée au sommet extraordinaire de la Communauté Économique des Chefs d’États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEA0) tenu samedi à Lomé. Des décisions d’envergure ont même été prises ce jour par des chefs d’Etats avec leurs côtés, Faure Gnassingbé. L’opposition togolaise relève certaines incohérences dans cette démarche.

Devant la presse ce mercredi à Lomé, la Coordinatrice de la coalition des 14 partis de l’opposition a relevé quelques manquements dans la prise de décisions de la CEDEAO par rapport à la crise politique togolaise.

« S’agissant du sommet de la CEDEAO, le moment viendra où nous prendrons position officiellement. Nous ne voulons pas trop parler aujourd’hui. Mais nous voulons faire observer tout simplement quelque chose. Nous voulons faire observer qu’il y a un vice dans ce qui s’est fait. Déontologiquement, lorsqu’il y a un conflit entre deux parties et que l’on veut prendre position, on écoute les deux parties. Non seulement on écoute les deux parties, mais on prend également position en toute objectivité, en tout liberté, sans la présence des deux parties. Cela n’a pas été le cas samedi », a recadré Brigitte Adjamagbo Johnson.

Selon la Secrétaire Générale de la CDPA, le régime qui est l’une des parties en conflit a eu la chance d’assister aux travaux de la CEDEAO. Il a également pris part aux huis clos sur le dossier togolais. Mais la coalition des 14, elle, n’a pas eu cette possibilité de donner sa version aux chefs d’États de la CEDEAO.

«Même pour régler la crise de la Guinée Bissau, on a fait venir l’opposition. Le chef de l’opposition a été consulté et on l’a écouté. Mais on ne l’a pas fait pour nous. Enfin on verra. Nous, nous savons ce que nous voulons. La lutte continue », a-t-elle poursuivi.

La Coalition des 14 annonce de nouvelles manifestations pacifiques et populaires la semaine prochaine.
 
A. Godfrey
 
icilome/http://news.icilome.com/?idnews=848125&t=brigitte-adjamagbo-johnson-releve-la-compromission-de-l-independance-de-la-cedeao-dans-la-crise.
 




Togo/La coalition demande à Akufo-Addo d’éclaircir sa position



Au cours de son énième conférence de presse ce mercredi à Lomé, la coalition des 14 partis politiques de l’opposition dit avoir saisi le gouvernement togolais de son projet à manifester la semaine prochaine, après la répression dont ont fait l’objet les manifestations des 11, 12 et 14 avril derniers.

Le président ghanéen, Nana Akufo-Addo, le facilitateur, a également été saisi par ce regroupement de partis politiques, afin qu’il éclaircisse sa position sur la suspension des manifestations que les protagonistes de la crise politique togolaise ont concédé au 3ème round du dialogue.

« Nous attendons du facilitateur qu’il s’exprime et qu’il précise quelles sont ses intentions par rapport aux recommandations qu’il a faites sur la suspension des manifestations. Aujourd’hui, il y a une contradiction entre notre compréhension de ces recommandations et la manière dont le régime les interprète. Il est temps que le facilitateur nous situe sur le sens qu’il donne à ses recommandations », a déclaré à la fin de la conférence de presse, Nathaniel Olympio, président par intérim du Parti des Togolais.

Brigitte Adjamagbo Johnson, la coordinatrice de lac coalition, Jean-Pierre Fabre, le chef de file de l’opposition se sont attardés sur la répression dont ont fait objet leur militants et sympathisants au cours des dernières manifestations.

« Avec ces actes posés par le régime, nous voyons qu’il est très difficile, avec une voie pacifique, d’espérer la résolution de la crise. Nous sommes supposés être en plein dialogue mais la violence d’Etat, les intimidations, la répression des manifestations pacifiques sont toujours le lot quotidien de leurs comportements », a ajouté le grand-frère d’Alberto Olympio.

Le chef de file de l’opposition a donné les raisons qui l’ont poussé à se rendre à l’hôtel 2 février le samedi au soir, une information dans laquelle certains journaux entrevoient la trahison des 13 autres leaders de la coalition. Selon M. Fabre, ce déplacement a été fait sur interpellation de la coordinatrice de la coalition contactée par le ministre ghanéen, Albert Kan-Dapaah, représentant son président au Sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la CEDEAO à Lomé.

« Je n’ai rencontré aucun chef d’Etat. Je suis allé à l’hôtel pour rencontrer le ministre ghanéen qui a souhaité me voir pour me faire le point du Sommet », a-t-il relevé.

Pour information, la répression des manifestations donne, selon la coalition, 1 mort, 174 blessés dont 92 en état grave parmi lesquels on trouve des femmes et des enfants, 253 arrestations dont 227 personnes libérées et 26 personnes déposées en prison.

Cette répression, note la coalition des 14, dénote un ‘gangstérisme d’Etat’. Elle prévient : « le peuple togolais n’acceptera jamais de se voir déposséder son droit constitutionnel à manifester ».
 
Global actu/http://globalactu.com/index.php/politique/item/1279-la-coalition-demande-a-akufo-addo-d-eclaircir-sa-position
 




Togo/Jean-Pierre Fabre : ‘je n’ai rencontré aucun chef d’État samedi à l’hôtel 2 février’



«Un leader de l’opposition au mauvais endroit au mauvais moment: Que cherchait Jean-Pierre Fabre dans la nuit de samedi à l’hôtel 2 Février?», s’interrogeait le confrère du journal «Éveil de la Nation» dans sa parution N°549 du mardi 17 avril 2018. En conférence de presse ce mercredi matin à Lomé, l’intéressé a apporté des éléments de réponses à la question.

« En principe, je devrais laisser Madame Brigitte Adjamagbo Johnson répondre à cette question. Parce que samedi après les répressions, j’étais tranquillement en train de me reposer quand elle m’a dit que le ministre de la Sécurité du Ghana, Monsieur Albert Kan-Dapaah, voudrait me rencontrer. Donc c‘est elle qui m’a envoyé. C’est elle qui est responsable de cette situation maintenant [rire]. Si elle ne m’avait pas dit que le ministre de la Sécurité, Albert Kan-Dapaah cherchait à me rencontrer, aujourd’hui personne ne dirait que Jean-Pierre Fabre est allé trahir le peuple. Ceux qui attendent que je trahisse le peuple, attendront longtemps », a lâché le Chef de file de l’opposition togolaise.

Et de poursuivre : « Sérieusement, je n’ai rencontré aucun chef d’Etat. Mais j’ai rencontré le ministre Albert Kan-Dapaah autour de 16h 30 à 18 heures ».

Selon Jean-Pierre Fabre, lui et le ministre ghanéen ont longuement « discuté sur le contenu du sommet extraordinaire » de la CEDEAO. « Si des gens me considèrent comme une personne importante, il faut que je me mette à la hauteur de ce qu’ils pensent de moi. La trahison existe bel et bien en politique. Mais, elle ne viendra pas de moi », a rassuré le président de l’ANC.

A. Godfrey
 
icilome/
 




Togo : L’Économie dégringole sous les coups de la Crise Socio-Politique



Un sondage de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo éclaire en chiffres l’impact de la situation qui y prévaut depuis août 2017.

Jusqu’à présent, aucun chiffre ne venait corroborer ceux qui circulaient sur les réseaux sociaux ou dans les rues du Togo sur les pertes possibles des entreprises travaillant dans le pays.

Depuis ce week-end, ils sont officiels : sur 912 entreprises interrogées (fin 2017), 71,93 % déclarent enregistrer une baisse de leur chiffre d’affaires de 25 à 50 % au second semestre 2017. 82,77 % des dirigeants de société affirment que ce recul est lié aux tensions politiques. 74,34 % des chefs d’entreprise questionnés par les enquêteurs assurent faire face à une situation financière précaire. Lancée fin novembre 2017, son objectif était clair : « les résultats de cette enquête nous permettront de mesurer l’impact du climat socio-politique. Nous savons déjà ce que la crise a occasionné. Les données recueillies permettront d’adapter notre stratégie et d’accompagner les opérateurs économiques », expliquait alors Germain Meba, le président de la CCIT.

Une situation économique alarmante

« Je suis très stressé et je dors mal. » Ces mots sont ceux de Germain Meba, PDG de la société d’informatique Cib-Inta et président de la Chambre de commerce et d’industrie du Togo (CCIT). Surtout, cette prise de parole est inédite venant d’un des hommes les plus influents et proches du pouvoir. Mais, huit mois après le début de la crise socio-politique qui mine le pays, l’homme a décidé de lancer cette enquête d’impact pour tirer la sonnette d’alarme.

« On nous répète que le secteur privé est le moteur du développement. En nous mettant dans cette situation, est-ce la meilleure façon de créer de l’emploi et de lutter contre la pauvreté ? La question est posée à l’opposition comme au pouvoir », a déclaré Germain Meba, cité par le portail Republicoftogo.

La nouvelle crise politique qui secoue le pays depuis août dernier intervient alors que le Togo a entrepris de transformer sa position stratégique en Afrique de l’Ouest pour devenir un hub pour le transport maritime et aéroportuaire en misant sur les atouts du port autonome de Lomé (PAL), seul port naturellement en eau profonde dans la sous-région, et son aéroport qui a été modernisé avec des financements chinois.

Le gouvernement s’est aussi lancé dans un vaste chantier de réformes en vue d’améliorer le climat des affaires. Le nombre d’entreprises créées au premier trimestre 2017 a d’ailleurs bondi de 13,6 % en glissement annuel, selon des statistiques du Centre de formalités des entreprises (CFE). Des mesures largement saluées par le Fonds monétaire international, récemment en mission au Togo dans le cadre du programme soutenu par une facilité élargie de crédit (FEC) approuvé en mai 2017. Toutefois, l’institution internationale fait le même constat que la Chambre de commerce et d’industrie : « L’activité économique a connu un ralentissement au deuxième semestre de 2017 suite aux troubles socio-politiques. En conséquence, le taux de croissance de l’économie est estimé à 4,4 % en 2017, contre 5,1 % en 2016. L’inflation est restée modérée, se situant à – 0,4 % en glissement annuel à fin février 2018. »

Et le FMI d’en arriver pratiquement aux mêmes conclusions : les tensions socio-politiques font peser un risque sur les perspectives de croissance économique avec un impact négatif sur l’économie réelle et les recettes fiscales. La croissance économique devrait être légèrement inférieure à 5 % en 2018.

Cependant, la mission indique qu’à long terme les investissements réalisés au cours des dernières années pour la modernisation des infrastructures publiques devraient stimuler la productivité et susciter un attrait marqué de l’investissement privé.

Des décisions attendues sur le front politique

Dans tous les cas, la prise de parole de Germain Meba arrive à point nommé puisque, sur le front politique, l es chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest étaient réunis samedi 14 avril à Lomé. Ils se sont aussi exprimés pour que les réformes constitutionnelles puissent avoir lieu dans le respect « des normes et principes de la démocratie et de l’État de droit ».

Dans un communiqué rendu public à l’issue de ce sommet extraordinaire, la Cedeao a désigné les présidents Nana Akufo-Addo du Ghana et Alpha Condé de la Guinée en qualité de « facilitateurs » et les a « encouragés » à « intensifier leurs efforts pour aider le gouvernement et les acteurs politiques togolais » dans la réalisation de ces réformes.

Les chefs d’État ouest-africains ont demandé à la commission de la Cedeao de « prendre toutes les dispositions pour apporter son appui aux présidents ghanéen et guinéen et de proposer des recommandations qui seront soumises au prochain sommet ».

Par ailleurs, ils invitent « instamment tous les partis politiques et la société civile togolaise » à « s’abstenir de tout acte de violence et de tout agissement susceptible de constituer une menace à la paix et à la stabilité du Togo et de la région ».

Depuis septembre, des milliers de Togolais descendent à l’appel de la coalition de l’opposition dans les rues pour demander l’application de la Constitution de 1992, qui implique une limitation à deux du nombre de mandats présidentiels.

Les négociations engagées depuis le 19 février pour tenter de mettre fin à sept mois de grave crise politique et sociale avaient été interrompues après trois séances de discussion.

Bien que le gouvernement ait répondu à certaines demandes de l’opposition – notamment la libération d’une partie des personnes arrêtées pendant les manifestations -, les pourparlers s’enlisent sur la question du « retour à la Constitution de 1992 », qui concerne la candidature de Faure Gnassingbé en 2020. Faure Gnassingbé en est aujourd’hui à son troisième mandat, ayant été réélu lors de scrutins contestés par l’opposition, en 2010 et en 2015.

Cette semaine, la coalition a décidé de reprendre ses marches, manifestations interdites par les autorités. Depuis mercredi, tous les points de rassemblement de l’opposition sont bouclés par des forces de l’ordre. Des heurts ont été enregistrés mercredi entre manifestants et forces de l’ordre dans certains quartiers de Lomé et à l’intérieur du pays, notamment à Kpalimé (à environ 120 km au nord de Lomé), où les manifestations ont été fortement réprimées.

Ce samedi, des leaders de la coalition ont affirmé avoir été séquestrés alors qu’ils tenaient une réunion à leur siège à Lomé. Des jeunes ont brûlé de pneus dans certains quartiers de Lomé, fiefs de l’opposition.

Une situation de crispation qui fait dire à Germain Meba que personne « ne pourra gouverner un pays avec un secteur privé en difficulté et dont l’économie est à terre ».

Source : Le Point Afrique
 




Togo/Nathaniel Olympio : « Lorsqu’un régime travestit les recommandations d’un facilitateur (…) alors le facilitateur, président d’un pays démocratique, se doit de rétablir le sens de ses recommandations



Le Président par intérim du Parti des Togolais, Nathaniel Olympio dont le parti est membre de la Coalition des 14 partis de l’opposition qui mène la fronde depuis plusieurs mois contre le pouvoir de Lomé, se livre à Togotopnews. Ici, il revient entre autres sur les chances de réussite du dialogue inter-togolais engagé depuis le 19 février, la question des garanties, les rumeurs relativement aux dissensions au sein de l’opposition et sur la répression des dernières manifestations de la coalition.

La coalition dont votre parti est membre et le gouvernement ont démarré un dialogue depuis le 19 février 2018 afin de trouver une solution à la crise qui secoue le Togo. Dans le contexte actuel peut-on encore avoir une issue favorable à ce dialogue ?

Ce que les Togolais peuvent considérer comme issue favorable à ce dialogue, c’est de voir une transition se mettre en place, c’est de voir ce régime quitter le pouvoir et c’est de voir un espace de démocratie et de liberté s’installer au Togo. Voilà ce que les togolais attendent.

Mais quand on voit les postures du régime, quand on entend les déclarations du chef de l’Etat ou de ses ministres, on est convaincu que ce régime ne veut absolument pas ouvrir ses positions à la démocratie et donc dans ces conditions, tous les Togolais comprennent que l’initiative de dialogue prise par ce régime n’était simplement que pour casser la dynamique de la mobilisation. Mais ils seront surpris parce que les Togolais sont très déterminés dans cette lutte dont l’issue est inéluctable. C’est une question de temps.

L’un des points d’achoppement du dialogue, c’est la question de la candidature de Faure en 2020. L’opposition dans son ensemble ne peut-elle pas mettre un bémol à sa position et s’organiser pour battre le régime dans les urnes ?

Les Togolais ont expérimenté la participation à des élections dans ce pays à de multiples reprises, y compris en présentant un candidat unique. Et à chaque fois, cela s’est terminé par des contestations, par une violence d’Etat et par la confiscation du pouvoir, parce que le régime considère les élections comme un instrument de confiscation du pouvoir. Aujourd’hui, plus aucun Togolais n’est prêt à participer à des élections dans les conditions actuelles imposées par ce régime où toutes les institutions sont inféodées à l’Exécutif. Ce serait une ineptie. Et d’ailleurs, s’ils s’entêtaient à maintenir leur referendum ou à organiser unilatéralement leurs élections, alors ils vont faire peser sur le pays de graves menaces.

Le régime ne lâche pas. L’opposition est tout aussi déterminée à faire aboutir les revendications du peuple. Ne court-on pas de graves risques pour l’avenir ?

De graves risques, c’est certain ! Mais vous savez ce que vous devez avoir à l’esprit ? C’est que nous avons d’un côté, un peuple désabusé et meurtri qui veut mettre un terme définitif à un régime qui régente le pays depuis plus de 50 ans dans un monolithisme politique et une brutalité caractérisée. Ce peuple exige une voie pacifique de mise en place d’une transition pour une évolution en douceur vers la démocratie et plus de liberté.

En réponse, malgré le troisième mandat qu’effectue le chef de l’Etat sortant, le régime dit qu’il maintient la confiscation du pouvoir jusqu’en 2020, terme de son troisième mandat, et qu’il envisage d’en faire deux autres. Soit un total de cinq mandats pour la même personne, en violation de la Constitution votée à 98% par le peuple en 1992 et charcutée par ce régime qui a fait sauter le verrou de la limitation de mandat, violant ainsi l’esprit de cette Constitution.

N’est-ce pas trop de demander une transition à un régime élu par le peuple et reconnu par les institutions de la République ?

C’est quand même assez extraordinaire que l’on puisse poser une question de cette nature-là, ici au Togo. Quand un peuple souverain exprime sa volonté et exige que le régime quitte le pouvoir pour qu’on puisse entrer dans une phase de transition, c’est parce que ce peuple estime que le régime qui est en place, en l’occurrence depuis 50 ans, n’a absolument aucune légitimité. Les Togolais savent qu’ils n’ont pas donné leurs voix à ce régime dans une quelconque élection. C’est aussi simple que ça. On ne peut pas dire au détenteur du pouvoir qu’il demande trop en voulant reprendre son pouvoir en main. N’oubliez pas que le pouvoir n’appartient pas à celui qui gouverne. Le pouvoir n’appartient pas au chef de l’Etat. Le pouvoir appartient au peuple souverain. Le peuple souverain peut parfaitement à tout moment, s’il juge que la personne en place ne correspond pas dans sa gouvernance à ses attentes, lui demander de se démettre surtout quand il confisque le pouvoir depuis des décennies.

Qu’est-ce que le peuple ? C’est qui ce peuple qui a la souveraineté ?

Même celui qui n’a pas l’âge de voter fait partie du peuple. Le peuple ce ne sont pas les électeurs. Le peuple, c’est l’ensemble des citoyens d’un pays. Mais quand on parle d’une majorité, parce que nous sommes supposés être en démocratie, c’est simplement lorsque le plus grand nombre exprime une volonté. On considère que c’est la volonté du peuple. Et dans toutes les communautés, il faut considérer ceux qui sont plus représentatifs d’une position donnée. Tous les 7 millions de togolais ne peuvent évidemment pas parler de la même et unique voix. Mais quand la grande majorité de la population va dans un sens, le même sens, on peut légitimement dire que le peuple s’exprime. C’est le cas aujourd’hui au Togo avec le peuple qui conteste le régime en place.

D’un côté, le peuple qui demande liberté et démocratie, de l’autre, le régime qui confisque le pouvoir d’Etat et qui impose violence et arbitraire. Quand vous mettez ces deux visions sur la balance, d’après vous de quelle coté cela devrait pencher ?

Bien entendu, les gens qui veulent rester au pouvoir par la force font effectivement courir de grands dangers à ce pays. C’est pour cela qu’on en appelle à leur sens des responsabilités et de patriotisme pour qu’ils comprennent qu’après 50 ans, il est temps de marquer une ouverture démocratique. Surtout que le peuple et la coalition des partis de l’opposition sont prêts à ne pas procéder à une chasse aux sorcières, sont prêts à accepter que tous les Togolais puissent travailler ensemble et je pense que c’est une excellente opportunité qu’on leur offre.

Malheureusement, le dialogue qu’ils ont initié est juste une occasion de gruger encore les Togolais. Malheureusement pour eux, les Togolais d’aujourd’hui vivent dans un monde qui a beaucoup changé. Ils sont dans un espace CEDEAO où le Togo est le seul pays figé dans un passé révolu. Les jeunes qui sont ouverts sur le monde avec les réseaux sociaux sont déterminés, les jeunes ont soif de liberté, les jeunes ont soif de démocratie et c’est pour cela que le Togolais est debout depuis plus de 8 mois maintenant. Le peuple togolais ne va pas rentrer à la maison tant qu’il n’aura pas obtenu ce qu’il cherche. L’alternance au sommet de l’Etat.

Est-ce que la question des garanties est inscrite au dialogue parce que c’est une question fondamentale pour l’alternance pacifique ?

Avant même d’entrer dans le fond de ce sujet, le régime doit d’abord intégrer le concept de vouloir marquer une ouverture démocratique. Mais tant que les gens sont fermés et que leurs démarches, est de tout faire pour que l’on ne puisse justement pas discuter du pouvoir, cette question des garanties ne peut pas être abordée. Le régime n’a pas encore intégré que la rotation du pouvoir est un fondement qui garantit la solidité de la démocratie. Pour eux, ils sont là, ils doivent rester là aussi longtemps que possible. Donc il n’y a aucune possibilité de discussion, ni de garantie, ni d’alternative envisageable sur la manière de conduire le pays, rien du tout ! C’est pour cela que jusqu’ à présent les discussions de ce dialogue ne donnent rien de tangible, parce qu’on tourne autour du pot et on ne met pas l’accent sur le véritable problème qui mine le Togo.

Le dialogue dans son contexte actuel ne donnera aucun résultat tangible. Il nous faut exercer plus de pression à l’intérieur du pays. Il nous faut également exercer plus de pression à l’extérieur du pays. C’est la conjonction de ces facteurs qui produira les résultats attendus.

Selon les dernières informations, l’opposition ne réclame plus le retour originel de la Constitution 1992. Est-ce une vérité ou de l’intox ?

Il y a beaucoup d’incompréhensions, de méprises et peut être aussi quelque part, il y a pour certains une volonté de désinformer les populations. La coalition des quatorze partis de l’opposition n’a jamais renoncé au retour de la Constitution originale de 1992. Ça fait partie de notre plateforme et c’est l’un des socles d’ailleurs de notre plateforme de revendication. Nous ne pouvons pas ne pas réclamer le retour à la constitution de 1992. Ceci étant dit, il est vrai que lors des discussions, la coalition a relevé les points fondamentaux qui fondent cette Constitution pour que les gens comprennent pourquoi cette Constitution est si important pour les Togolais.

Cette explication que nous avons donnée a été complètement manipulée et la communication qui en a suivie a fait penser que la coalition renonçait au retour à la Constitution de 1992. Nous continuons de défendre l’esprit et la lettre de cette Constitution.

Est-ce qu’il est possible d’espérer par rapport à la résolution de la crise togolaise ?

Bien sûr qu’il faut être optimiste. Il n’y a pas d’autres issues que la réussite de ce combat-là. Aucune lutte pour la liberté ou pour la démocratie ne reste sans issue. Et des pays ont connu des moments plus terribles mais ont trouvé la paix par la suite. Le Togo n’est pas en conflit armé. Au Togo, il y a un peuple qui se bat pour sa liberté, qui se bat pour la démocratie, il faut avoir foi en la détermination du peuple. Il faut savoir qu’un peuple qui est debout, un peuple qui se bat, il y a rien qui puisse le vaincre. Nous allons trouver une solution et nous la recherchons aussi pacifique que possible. Nous estimons que le bon sens devrait prendre le dessus pour que nous évitions des douleurs inutiles à ce pays. C’est pour cela que j’ai foi que la mobilisation va permettre que les Togolais atteignent ses objectifs.

Est-ce que les forces coalisées vont aller jusqu’ au bout de leur lutte ? Est-ce que vous donnez cette garantie?

Je pense qu’il y a des signes. Il faut faire la lecture des événements. C’est vrai que par le passé, l’opposition a eu quelques difficultés à travailler de concert dans la durée. Mais aujourd’hui, vous avez noté que c’est la première fois que les forces de l’opposition se sont mises ensemble et continuent d’être ensemble pratiquement huit mois après. C’est une première au Togo. Cela veut dire que chaque parti politique a compris que tout seul, il ne peut absolument rien faire et que c’est dans la mutualisation des ressources, c’est dans la création d’une synergie que nous pouvons affronter le régime en défendant les mêmes choses. Nous avons la conviction que c’est ensemble que nous allons atteindre les objectifs et je ne vois pas aujourd’hui ce qui amènerait la coalition à s’affaiblir.

D’ailleurs, la coalition n’est pas seule. La diaspora togolaise est très active. Il faut la féliciter et l’encourager. Elle travaille avec engagement et détermination. Les forces de l’intérieur du pays et les forces de l’extérieur doivent renforcer davantage la mutualisation des énergies pour augmenter l’efficacité de la lutte. Je crois profondément au génie créateur du Togolais.

Mais des rumeurs persistantes font toujours croire qu’il y a des dissensions au sein de la coalition. Qu’en dites-vous ?

On ne peut pas le nier, il y a toujours des discussions sur des points de vue parfois divergents mais la force que nous avons, c’est que malgré les voies préconisées qui peuvent être parfois un peu différentes, nous arrivons toujours à retomber sur nos pieds et à continuer de travailler ensemble comme nous le faisons depuis huit mois déjà. C’est cette capacité à surmonter nos divergences qui montre notre solidité. La lutte pour la liberté n’est pas un long fleuve tranquille, pas même au sein d’une coalition qui lutte pour la même cause.

Une réaction sur l’arrestation des militants des droits de l’homme ?

Vous savez que le régime a donné comme seule réponse à cette crise, une expression de violence, une volonté d’intimider, de démobiliser par la terreur et de traumatiser les Togolais. On arrête les militants des droits de l’homme, on convoque les journalistes dans les locaux des Services de Renseignements. On passe les gens à tabac, on pose des actes qui sont complètement injustes. On cherche à casser en fait toute la dynamique de la contestation. C’est ce qui est en train de se passer avec le défenseur des droits de l’homme Assiba Johnson. Toutes les tracasseries qu’ont subies le professeur David Dosseh, son fils et le professeur Ihou, sont également une démarche bien réfléchie de la part du régime pour bâillonner les gens. Et tout ceci est la continuité de la mise sous pression des villes de Mango, de Bafilo et Sokodé. Il s’agit d’un plan machiavélique que le régime met en place pour traumatiser les populations. C’est fort déplorable mais nous continuerons de nous battre contre l’arbitraire, contre l’injustice et contre tout ce qui s’apparente à la confiscation du pouvoir. Les choses que nous sommes en train de déplorer aujourd’hui ne sont que des conséquences d’une situation donnée et cette situation, c’est la confiscation du pouvoir par ce régime-là. C’est pour cela qu’il faut demeurer combatif. Il faut être très déterminé, il faut rester très engagé pour que ce régime comprenne qu’absolument rien ne va arrêter les Togolais dans leur quête de la liberté et de la démocratie.

Que dites-vous des événements de la semaine écoulée, lors de vos manifestations des 11, 12 et 14 Avril 2018 ?

Lorsqu’un régime travestit les recommandations d’un facilitateur, en l’occurrence le Président Nana Akufo Addo, pour en faire un instrument d’interdiction de manifester, contrairement à la Constitution, alors le facilitateur, président d’un pays démocratique, se doit de rétablir le sens de ses recommandations. Les Togolais ont besoin de comprendre. Les Togolais veulent être libérés de cette entrave.

Les Togolais vivent un cauchemar. Le cauchemar, c’est quand les citoyens paisibles sont roués de coup publiquement par une escouade d’hommes en arme, sans aucune retenue malgré la présence des caméras. Le cauchemar, c’est quand les forces de l’Etat pourchassent les leaders politiques dans les rues de Lomé en tirant des gaz lacrymogènes sur eux, aux risques de provoquer de graves accidents. Le Cauchemar, c’est quand les leaders politiques se sentent victimes de tentative d’assassinat et que l’on brise les vitres de leurs voitures à coups de crosse de fusil.

La semaine écoulée est symptomatique de la gouvernance de ce pays. Nous continuerons d’affronter ces barbaries.

Un mot de fin ?

Je dirai pour terminer cet entretien que nous avons tous une responsabilité. Toutes les composantes de la Nation ont une responsabilité. Toutes les institutions ont une responsabilité. Celle de l’armée est encore plus significative lorsque le pays part à la dérive comme c’est actuellement le cas dans notre pays. Que l’Eternel bénisse le Togo, comme le prône notre marche républicaine.

 
Interview réalisée par Hélène Doubidji
 
source : Togotopnews
 




Togo/Mort à Sokodé, blessés à Djarkpanga, désert à Kparatao, séquestration des leaders politiques à Lomé… Le règne du crime continue


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Une semaine sanglante vient encore de passer au Togo. La folie meurtrière des forces de défense et de sécurité a été observée particulièrement dans la région centrale du pays et à Lomé. Pendant que la meute pourchassait les Togolais épris de justice, de démocratie et de l’alternance à Lomé et dans les villes intérieures, avec en toile de fond la séquestration des leaders de la Coalition des 14 partis de l’opposition, Faure Gnassingbé se réunissait avec ses pairs de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à l’hôtel 2 février pour parler de la Guinée. Evidemment, le dossier togolais a été aussi évoqué.

Pour des manifestations pacifiques organisées par la Coalition de l’opposition, le régime RPT/UNIR s’est encore vu dans l’obligation de faire sortir l’artillerie lourde pour réprimer. Les conséquences sont bien là avec un mort et des blessés graves. Comment peut-on être fier de cette gouvernance ? A moins qu’on soit un syndicat du crime pour qui la vie des citoyens est reléguée au second plan. Le peuple togolais était resté stupéfait en apprenant la mort du jeune Abouraim Adam samedi dernier. Ce jeune homme, Secrétaire d’une sous-section de l’ANC à Tchaoudjo, a été arrêté et bastonné par les militaires le mercredi 11 avril, premier jour des manifestations. Transporté à l’hôpital de la localité, il n’a pas survécu. Il a rendu l’âme le samedi 14 avril, jour où les mêmes militaires continuaient de réprimer sauvagement ses frères à Sokodé, Kparatao, Djakparga, Tchamba et à Lomé.

Cette nouvelle de la mort du jeune Abouraim Adam n’a pas été la seule à scandaliser les Togolais ce samedi. Puisque la dictature cinquantenaire a séquestré les leaders de la Coalition des 14 à Lomé au siège de la Convention démocratique des peuples africains (CDPA). C’était une véritable bataille que les jeunes manifestants ont livrée aux forces de défense et de sécurité ce jour dans le quartier Hanoukopé. Ils ne semblaient reculer devant rien pour protéger les leaders qui ne pouvaient pas sortir. Les militaires et les forces de l’ordre ne cessaient de lancer les grenades lacrymogènes dans le quartier.

En réponse, les manifestants dressaient des barricades pour empêcher les jeeps de pénétrer les coins et recoins du quartier. « Généralement, quand on a une journée de manifestation, on se réunit le matin pour faire le point de ce qu’il y a lieu de faire. Comme la marche est interdite, nous sommes réunis pour voir les stratégies à adopter. Dès qu’on a commencé, on nous a avertis qu’il y a des forces de défense et de sécurité qui sont arrivées. On se demandait ce qui se passait quand on a commencé par entendre les gaz lacrymogènes pleuvoir », a relaté Me Paul DodjiApevon, président des Forces démocratiques pour la République (FDR), membre de la Coalition des 14. Et curieusement, le ministre de l’Administration territoriale, de la Décentralisation et des Collectivités locales, PayadowaBoukpessi ne savait pas qu’il y avait cette séquestration au siège de la CDPA.

« J’ai été obligé d’appeler le ministre de l’Administration territoriale pour lui dire qu’on ne peut pas être des responsables réunis quelque part, juste pour réfléchir et on va être encerclés. Je lui ai dit que ce qui se passe là va envenimer les choses. On n’est pas en train de manifester, on est dans une salle et on est encerclés, alors là il y a quelque chose qui ne va pas. Et il (le ministre, Ndlr) m’a dit de lui laisser le temps d’aller aux informations… », a ajouté Me DodjiApevon.

Encore une fois, les Togolais ont eu la preuve du règne de la terreur. Rien ne semble inquiéter le régime cinquantenaire, surtout lorsqu’il s’agit d’user de toutes les méthodes pour conserver le pouvoir. En tout cas, à en croire de nombreux observateurs, cela ne peut être autrement quand on sait que celui qui bénéficie de tous ces crimes s’est emparé du pouvoir dans le sang des centaines de Togolais. Mais jusqu’à quand cela continuera-t-il ?
 
source : L’Alternative