Togo : Togo Debout contre une parodie d’élection



Le Front Citoyen Togo Debout (FCTD) a organisé une rencontre d’échanges avec la population de Tsévié mardi dernier. Cette rencontre qui avait pour thème « recentrer le débat autour de l’impérieuse question des réformes pour la concorde nationale » a abouti à la « déclaration de Tsévié » dont voici la teneur.

DECLARATION DE TSEVIE

1. TOGO DEBOUT !

En Août 2017, la tension sociale qui couve au Togo depuis des années sur fond de misère grandissante des citoyens, devient crise ouverte avec des manifestations dans la diaspora et sur l’ensemble du territoire national, manifestations durement réprimées, avec des brutalités et des arrestations, des destructions de bâtiments, des blessés, des morts même.

Des togolais déjà conscients de leur devoir de vielle citoyenne décident alors de regrouper leurs forces : il s’agit pour eux, comme le dit notre hymne national, de se lever comme un seul homme, pour prendre ensemble leurs responsabilités, et constituer une société civile, consciente de sa force de protestation contre la violation des droits des citoyens, mais plus encore de sa capacité à proposer des pistes pour l’avènement d’une société du bien-être commun et du mieux vivre ensemble.

Ainsi nait le 22 septembre 2017, le FRONT CITOYEN «TOGO DEBOUT».

Il s’agit pour les acteurs de ce front formé de citoyens et d’organisations de la société civile d’offrir un cadre où tous peuvent mettre en commun idées et compétences pour agir dans le sens de l’intérêt général car ils espèrent que le changement dans notre pays passe par l’engagement résolu des citoyens.

2. LUTTONS !

Le Front Citoyen «TOGO DEBOUT» a entrepris dès lors la lutte avec détermination en organisant plusieurs séries d’activités d’éveil citoyen et de veille citoyenne :

Pour l’éveil citoyen, le FCTD a organisé des conférences de presses et conférences publiques, des meetings et émissions à la radio et à la télévision. Toutes ces activités d’information et de formation du citoyen, avait aussi pour but de nous faire connaître et reconnaître par les acteurs et autorités politiques en particulier. C ‘est ainsi que le FRONT CITOYEN «TOGO DEBOUT» est connu aujourd’hui comme une organisation de la société civile crédible et responsable.

Pour la veille citoyenne, le FCTD a organisé des rencontres avec des partis politiques, nous sommes allés aussi dans les ambassades et les chancelleries (Ghana, Guinée,Nigéria, Bénin, Sénégal, France, Union européenne, Allemagne, Etats Unis, CEDEAO à Lomé). IL a écrit aux facilitateurs et aux chefs d’Etats de la CEDEAO pour apporter notre contribution à une résolution durable et pacifique de la crise de notre pays.
Aujourd’hui, après une année d’engagement, regardant le chemin parcouru, nous sommes fiers de ce qui a été accompli à tel point qu’un des membres du Comité de suivi de la CEDAO que nous avons rencontré le 10 septembre dernier, nous a reconnus comme organisation de la société civile crédible et fiable. L’heure de la société civile responsable a sonné et le FCTD entend assumer pleinement ce rôle.

3. SANS DEFAILLANCE !

Nous ne devons pas nous relâcher malgré ces éléments positifs, nous devons au contraire continuer la lutte sans défaillance en comptant sur l’engagement de chaque citoyen, des OSC et des pays amis. En effet, depuis février 2018, nos frères de la sous-région ont voulu s’impliquer dans le problème togolais pour nous aider à sortir de la crise, notamment par le biais de la CEDEAO. Et c’est dans ce cadre que nous avons décidé de ne pas renoncer à nos choix mais de poursuivre la lutte sans faiblir.

Nous voulons porter le désir des Togolais de vivre dans une société plus équitable, une société sans laissés pour compte, alors nous refusons que l’on nous remette dans le cycle infernal élections –contestations et troubles sociaux – dialogue, accord non appliqué – élections, etc. Pendant ce temps la vie quotidienne continue de plus en plus pénible avec les difficultés pour scolariser les enfants, pour se soigner et même pour manger à sa faim…

Nous pensons donc qu’il est absolument nécessaire de recentrer le débat autour de la question des réformes tant institutionnelles, constitutionnelles qu’électorales, gage non seulement d’un climat apaisé avant les élections mais aussi d’élections transparentes et fiables permettant aux citoyens de choisir vraiment ceux à qui ils vont confier leur destin.

Dans cette optique, il faut revoir la composition de la CENI et ses démembrements, refaire le fichier électoral, le cadre électoral, le découpage électoral. Nous ne voulons plus des parodies élections au Togo.

Il faut impérativement revoir les institutions comme la Cour Constitutionnelle, la HACC, la Cour des Comptes pour qu’elles ne soient plus au service du pouvoir.

Nous tenons à dire aussi ici que les citoyens togolais sont prêts à recevoir les aides des institutions et pays amis mais nous ne voulons pas que ces institutions et pays imposent des élections rapides. Car ce qu’ils n’accepteraient pas dans leurs pays ne doit pas être proposé aux Togolais au nom des intérêts particuliers. Les citoyens togolais n’accepteraient plus cette façon de faire car les citoyens occidentaux n’ont pas plus de dignité que les citoyens togolais. Les droits de l’homme sont valables pour nous tous. Et avoir des institutions justes et équitables sont un de nos droits.

Le combat actuel nous semble si important que Le FRONT CITOYEN «TOGO DEBOUT » a voulu avec d’autres citoyens et d’autres organisations de la société civile fédérer encore plus d’énergies : LE FCTD est ainsi membre très actif du mouvement des Forces Vives ESPERANCE POUR LE TOGO, qui s’est manifesté publiquement le 4 septembre 2018.

4. TOGOLAIS VIENS !

En tout état de cause, le FCTD réaffirme les propos de la Conférence des Evêques du Togo dans leurs différents messages et Lettres dont celle du 26 Avril 2017 intitulé : « Il y a de l’espérance pour ton avenir (Jérémie 31,17) ». En effet, les évêques écrivent que l’alternance « est au cœur de toutes les luttes qui opposent les fils et les filles de notre pays ; elle est la première pomme de discorde qui alimente nos conflits. A ce propos, nous avons tenu à rappeler que le principe de l’alternance politique, avant d’être une valeur démocratique, est surtout une exigence de droit naturel. Précisément, parce que les gouvernants sont à notre service, il est légitime de les remplacer quand nous estimons qu’ils ne remplissent plus leur mission ou qu’ils ont atteint une limite qui ne leur permet ou ne leur permettrait plus de bien remplir cette mission. Il ne s’agit donc pas d’une faveur que l’on pourrait accorder ou non au peuple ; il est plutôt question d’une exigence capitale que tout citoyen ou parti politique devrait respecter. »

Il s’en suit donc que la cause est nationale et les enjeux sont au-dessus des seuls partis politiques.

C’est pourquoi le FCTD poursuit le cheminement entrepris le 22 septembre 2017, il y a un an, par cette visite à vous habitants de Tsévié, marquant ainsi notre désir de partager largement nos idées, nos compétences et nos stratégies avec de plus en plus de citoyens.

Nous espérons que comme d’autres, à qui nous voulons exprimer toute notre gratitude pour la confiance qu’ils nous font, vous allez prêter une oreille attentive à notre appel, vous allez nous rejoindre pour qu’ensemble nous prenions nos responsabilités et jouions pleinement notre rôle.

Venez donc BATISSONS LA CITE !

Fait à Tsévié, le 18 septembre 2018

Le Front Citoyen« TOGODEBOUT »
 




Togo « : Les réformes constitutionnelles seront réalisées et elles le seront de préférence par voie parlementaire », précise le ministre Gilbert Bawara



Le gouvernement sort de son silence et se prononce sur le procès qui lui est fait d’avoir laissé la Commission électorale nationale indépendante (CENI) annoncé la tenue d’un référendum pour le 16 décembre prochain et de tenter d’empêcher la réalisation des réformes constitutionnelles par voie parlementaire.

C’est par la voix de son porte-parole, le ministre de la Fonction publique, du travail et de la réforme administrative, Gilbert Bawara que le gouvernement vient de donner des précisions sur ce qu’il en est réellement et rassurer l’opinion sur sa bonne foi à appliquer les recommandations contenues dans la feuille de route de la CEDEAO.

« Il ne sert à rien de continuer à entretenir des polémiques et des débats stériles sur des sujets qui n’en sont pas un », a déclaré le ministre Gilbert Bawara, dans une interview accordée mercredi 19 septembre 2018, à l’Agence de presse Savoirnews.

Pour le gouvernement, la feuille de route, les décisions et recommandations de la CEDEAO seront appliquées et mises en œuvre de manière globale et intégrale, et non de manière sélective aussi bien sur le fond que sur la forme, a-t-il tenu à préciser dans cette interview.

« De manière spécifique, les réformes constitutionnelles seront réalisées et elles le seront de préférence par voie parlementaire comme cela a été préconisé par les chefs d’État et de gouvernement lors du sommet du 31 juillet dernier », a-t-il dit.

Et pour marquer cet engagement, le ministre a annoncé l’adoption dans les prochains jours par le gouvernement et l’envoi d’un « projet de révision constitutionnelle » devant l’Assemblée Nationale, ceci avec l’aide et l’assistance de l’expert en droit constitutionnel de la CEDEAO qui arrive.

Il s’agira d’opérer les réformes tout en respectant à la lettre le processus préconisé par l’organisation sous-régionale.

« Dans les prochains jours, le gouvernement adoptera et soumettra à l’Assemblée nationale un projet de révision constitutionnelle. Cela ouvrira la voie au débat démocratique au sein de la représentation nationale, et nous espérons que l’esprit de responsabilité prévaudra afin que cette réforme soit votée et adoptée par les députés. Le référendum constitue une option ultime qui n’aura de pertinence et de sens qu’en cas de blocage ou d’échec du débat et du vote à l’Assemblée nationale », a laissé entendre Gilbert Bawara.

C’est sans doute en s’appuyant sur la feuille de route de la CEDEAO que la CENI a adopté un chronogramme global des élections, en y incluant l’éventualité d’un référendum, a-t-il défendu. « Du reste, les élections locales ne font pas partie de la feuille de route, mais la concrétisation de la décentralisation est attendue par tous les bords politiques et par nos concitoyens et nos partenaires extérieurs », a-t-il souligné.

Raphaël A.
 
afreepress
 




Le PNP se désolidarise encore de la coalition des 14


Quelques leaders de la C14 | Photo : DR


Comme à la veille du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) tenu à Lomé le 31 juillet dernier, le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam ne s’associera pas aux meetings que prévoit organiser la coalition des 14 partis politiques de l’opposition togolaise les 22 et 23 septembre prochains.

L’information a été donnée ce mardi par le chargé des affaires politiques de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Edem Abalo Atantsi. Selon ce collaborateur du chef de file de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, les responsables du PNP, pour se désolidariser de ces manifestations, arguent de la mise en place des bureaux fédéraux de leur parti.

Laurent Kodjogan Atsu, le vice-président de l’Alliance des démocrates pour le développement intégral (ADDI), invité ce mercredi sur la radio Zéphyr FM, confirme l’information selon laquelle le parti politique de Tikpi Atchadam ne prendra pas part aux prochains meetings que la coalition des 14 organise dans 19 localités du Togo mais conteste l’argument avancé par son collègue pour justifier la position du PNP.

« M. Atantsi ne prend pas part aux réunions de la coalition. Les r

© aLome.com par Edem Gadegbeku & Jacques Tchako
Dernier jour des 3 nouvelles journées de manifestation de l`Opposition togolaise contre le régime UNIR
Lomé, le 02 décembre 2017. Devanture de l`Hôtel Sancta Maria. Meeting. Des milliers de Togolais ont de nouveau répondu à l`appel de l`Opposition, à ce dernier jour des 3 journées de mobilisation pour décrier concomitamment le pouvoir togolais dans plusieurs villes du pays. Un nouvel appel à manifester a été lancé sur jeudi 7 décembre prochain.
© aLome.com par Edem Gadegbeku & Jacques Tchako
Dernier jour des 3 nouvelles journées de manifestation de l`Opposition togolaise contre le régime UNIR
Lomé, le 02 décembre 2017. Devanture de l`Hôtel Sancta Maria. Meeting. Des milliers de Togolais ont de nouveau répondu à l`appel de l`Opposition, à ce dernier jour des 3 journées de mobilisation pour décrier concomitamment le pouvoir togolais dans plusieurs villes du pays. Un nouvel appel à manifester a été lancé sur jeudi 7 décembre prochain.
esponsables du PNP ne nous ont pas dit à la réunion qu’ils ne participeront pas aux meetings parce qu’ils sont en train de mettre en place des bureaux quelque part. Il a peut-être fait ses affirmations sous le coup de la colère », a-t-il expliqué.

Pour lui, un parti au sein de la coalition peut s’excuser de ne pas pouvoir faire une activité prévue par le regroupement des 14 partis politiques. Et s’agissant du PNP, il a énormément fait pour le peuple togolais (allusion faite au 19 août 2017), et la coalition peut le substituer et lui rendre la monnaie de sa pièce.

Le PNP n’a pas attendu sa réunion hebdomadaire du samedi prochain pour donner sa position. « Toutes les manifestations de rue dans lesquelles le nom du PNP figure, que personne ne vienne nous demander si le PNP figure ou non. Car, selon les 13 autres partis politiques de la coalition, il faut à tout prix organiser des marches ces moments-ci. Et pour le PNP, il n’en est pas question », déclare Ouro-Djikpa Tchatikpi, le conseiller du président du PNP.

Pour le PNP, la première préoccupation, c’est l’accomplissement des mesures d’apaisement. Et on apprend que certains (10) des 53 détenus qui croupissent encore en prison, ont été libérés.

Pour information, la coalition des 14 partis politiques organise les 22 et 23 septembre prochains des meetings d’informations à Dapaong, Kanté, Kétao, Guérin kouka, Bassar, Bafilo, Sokodé, Badou, Anié, Atakpamé, Tohoun, Notsé, Tsévié, Kpalimé, Kévé, Tabligbo, Afagnan et Vogan. Qutre (4) équipes ont été constituées pour ce faire.
 
Global actu
 




Complicité, légèreté et plaisanterie dans la gestion de la crise post-sommet : CENI, une diversion sur fond de calcul des frais de mission des émissaires de la CEDEAO



La réunion des 10 et 11 septembre derniers entre le Comité de Suivi de la feuille de route de la CEDEAO et les protagonistes de la crise politique togolaise laisse planer de profonds doutes sur la crédibilité des missions de la CEDEAO.

Des deux jours de discussions, rien à mettre sous la dent en dehors des invectives de Gilbert Bawara, point focal du gouvernement au dialogue. Pourtant, la feuille de route avait invité « les acteurs politiques et de la société civile à s’abstenir en toute circonstance, des actes et des propos susceptibles d’alimenter de nouvelles tensions et de compromettre les efforts en cours ». Une séquence royalement bottée en touche par le plus zélé des ministres de Faure Gnassingbé.

De la première rencontre avec le Président de la Commission de la CEDEAO Jean-Claude Kassi Brou, des représentants des facilitateurs ghanéen et guinéen Albert Kan-Daapah, Tibou Kamara ainsi que le Commissaire Paix et Sécurité de la CEDEAO, le Général Francis Behanzin, que de la pagaille.

« À l’issue de la rencontre, nous étions dépités c’està-dire que c’était comme de la pagaille et une cacophonie organisée et on s’est demandé comment une institution sous régionale aussi élevée et organisée peut nous faire aller et revenir de la sorte. Nous avons eu l’impression qu’ils n’étaient pas préparés avant d’arriver mais comme l’opinion voulait qu’il faut que la CEDEAO vienne, ils sont venus sans être prêts pour nous apporter des solutions concrètes. La CEDEAO a une responsabilité majeure dans la question togolaise. Elle a une responsabilité de réparation envers le peuple togolais », a laissé entendre le député Jean Kissi.

Pour lui, les manifestations de rue restent une voie légale pour les Togolais de faire entendre leurs revendications. « Nous voulons la mise en œuvre de la feuille de route avec un chronogramme précis. Pas un chronogramme des élections mais celui de l’application des recommandations. Les manifestations, c’est pour arrêter ce qui ce passe à la CENI. Nous voulons manifester également pour la libération des prisonniers politiques. Peut-être que si, d’ici deux jours ils arrêtent ce qu’ils sont en train de faire à la CENI, peut être qu’on attendra le retour des facilitateurs», a déclaré Kissi.

Refus de discussions entre Togolais, une amnésie ?

Au premier jour des travaux, un débat ou une polémique du refus du dialogue direct entre les acteurs politiques togolais a refait jour. Les émissaires de la CEDEAO en l’occurrence Francis Behanzin, après la cérémonie d’ouverture le lundi 10 septembre, sous forme de plaisanterie, avait demandé aux représentants du pouvoir et de la coalition des 14 partis politiques de l’opposition de rester pour continuer à discuter entre eux en attendant leur retour l’après-midi. Fin de nonrecevoir des deux parties, estimant ne s’être pas préparées à une telle éventualité. Une plaisanterie qui devait s’arrêter là. Mais on a constaté que c’est un grand débat qui fait croire que les Togolais ne parlent pas entre eux de la crise qui secoue leur pays. En réalité, il s’agit d’une vue trop simpliste. Il suffit de revisiter l’histoire politique togolaise pour dénombrer la ribambelle de dialogues inter-togolais sans lendemain.

A preuve, le Togo est à son 27ème dialogue sans trouver de solution. Depuis 2006, Faure Gnassingbé s’est engagé pour les réformes. Mais cela n’a jamais été traduit dans les faits usant de la roublardise et de l’insincérité. Pour une fois, la C14 exige la présence d’un tiers pour toute discussion, on peut simplement conclure à une nouvelle approche pour tester la bonne foi du régime cinquantenaire.

CENI, une diversion sur fond de calcul de frais de mission des émissaires de la CEDEAO

Au sortir du sommet du 31 juillet de la CEDEAO, plusieurs points relatifs aux réformes constitutionnelles et institutionnelles, la libération des prisonniers politiques ont été contenus dans la feuille de route de la CEDEAO. Curieusement la même CEDEAO, du moins, ses émissaires post-sommet ne font que diversion pour résumer tout autour des élections législatives du 20 décembre et singulièrement la composition de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Pour le représentant du facilitateur Alpha Condé, la crédibilité de la CENI est en jeu avec la position actuelle de la C14. Pour Tibou Kamara, « l’évolution voir la recomposition souhaitée de la CENI donnera un plus à la crédibilité du processus en cours vers des élections législatives et permettra la participation que nous souhaitons de l’opposition. Puisqu’il faut mener le processus de manière inclusive.

Comme le prévoit la loi, la CENI a en son sein des représentants de l’opposition. Mais il se fait que ceux qui y siègent ne semblent pas avoir reçu le mandat ou du moins n’ont plus la reconnaissance de cette opposition. c’est un problème de fond. Cela veut dire qu’il faut faire évoluer la CENI de manière à ce que l’opposition s’y reconnaissent véritablement et que tous ceux qui y soient, soient véritablement légitimes vis à vis de ceux qui les ont mandatés à y être» a détaillé Tibou Kamara à la presse.

Et de poursuivre : «Cette évolution est nécessaire en vue de renforcer la crédibilité, l’image et la fiabilité de l’institution».

Tibou Kamara, le ministre d’Etat, ministre de l’industrie de la Guinée, conseiller spécial du président facilitateur de la crise politique togolaise Alpha Condé a indiqué par ailleurs que le relevé de conclusion de la première réunion du comité de suivi ‘sera examiné par les deux facilitateurs mandatés par la conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest’ pour prendre une décision ou recommander la conduite à tenir.

Si la délégation de la CEDEAO qui était déjà à Lomé le 08 août en promettant de revenir avec le chronogramme de la mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO, était sincère et sérieuse, la question de cette CENI bancale devait avoir sa réponse lors de la rencontre de la semaine dernière. Mais voilà Brou et compagnie confortement à l’Hôtel 2 février à Lomé pour une réunion sans ordre du jour pour enfin déclarer n’avoir pas mandat pour trancher la question de la CENI. Qui trompe qui ?

Déjà au premier jour, cette délégation insinuait que si les acteurs ne font pas vite, les travaux risquaient de finir le lendemain.

Curieusement, ils se sont employés pour que ce soit le cas. De loin, certains estiment que c’est une manière pour les émissaires de faire de bonnes affaires en terme de frais de mission. Plus la situation perdure, ils ne pourront que se frotter les mains. Et si cette diversion autour de la CENI se résumait à ces pécules, il importe que des mesures appropriées soient prises pour arrêter la pagaille.

Kokou AGBEMEBIO
 
source : Le Correcteur
 




Jean Kissi : « Les élections ne peuvent pas avoir lieu le 20 décembre 2018 »



La Coalition des 14 partis de l’opposition a annoncé dans une conférence tenue mercredi à Lomé, la reprise très prochaine des manifestations de rue partout dans le pays.

Reçu jeudi 13 septembre 2018 dans l’émission « Club de la Presse» sur radio Kanal Fm, Jean Kissi, Secrétaire général du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR) est revenu sur les raisons de cette décision.

Pour le député, les décisions issues de la première rencontre avec le comité de suivi et de mise en œuvre de la feuille de route de la CEDEAO, ne sont pas acceptables.

« À l’issue de la rencontre, nous étions dépités c’est-à-dire que c’était comme de la pagaille et une cacophonie organisée et on s’est demandé comment une institution sous-régionale aussi élevée et organisée peut nous faire aller et revenir de la sorte. Nous avons eu l’impression qu’ils n’étaient pas préparés avant d’arriver mais comme l’opinion voulait qu’il faut que la CEDEAO vienne, ils sont venus sans être prêts pour nous apporter des solutions concrètes. La CEDEAO a une responsabilité majeure dans la question togolaise. Elle a une responsabilité de réparation envers le peuple togolais », a laissé entendre le député Jean Kissi.

Pour lui, les manifestations de rue restent une voie légale pour les Togolais de faire entendre leurs revendications. « Nous voulons la mise en œuvre de la feuille de route avec un chronogramme précis. Pas un chronogramme des élections mais celui de l’application des recommandations. Les manifestations, c’est pour arrêter ce qui ce passe à la CENI. Nous voulons manifester également pour la libération des prisonniers politiques. Peut être que si, d’ici deux jours ils arrêtent ce qu’ils sont en train de faire à la CENI, peut être qu’on attendra le retour des facilitateurs », a déclaré M. Kissi.

Pour l’honorable Jean Kissi, les élections législatives ne pourront pas avoir lieu le 20 décembre prochain. « Les élections ne peuvent pas avoir lieu le 20 décembre 2018 parce que quand on voit le rapport des représentants des facilitateurs sur le recensement biométrique général intégral, apparemment ce recensement se fait sur une période minimum de trois (3) à six (6) mois. Et c’est çà que les experts électoraux de la CEDEAO viendront nous rappeler et nous dire qu’il y a des choses à faire aussi avant la tenue de ces scrutins. L’essentiel, c’est de préparer de bonnes élections et ce n’est pas la course à une date », a-t-il insisté.

Raphaël A.
 
afreepress
 




Togo : Pour une alternance démocratique, la diaspora togolaise fait une proposition à la Coalition des 14



Les Togolais de la diaspora ne baissent pas les bras dans la recherche de solution pour une alternance démocratique au Togo. Ils viennent de faire une proposition de recommandations à la Coalition des 14 partis de l’opposition à cet effet. Lisez plutôt !

Sujet: Proposition de recommandations de citoyens actifs de la diaspora togolaise à l’endroit de la C14 en vue d’une alternance démocratique immédiate au Togo.

Luzern, Suisse, le 09 Septembre 2018

Chers leaders,

Epris d’un sentiment patriotique et conscients du devoir que ceci exige de tout bon citoyen, nous, divers acteurs actifs de la diaspora togolaise de tous horizons, préoccupés par la situation politique confuse dans laquelle navigue notre chère patrie le Togo depuis le 19 Aout 2017, venons par ce mémorandum, qui fera l’objet d’une lettre ouverte, nous adresser fraternellement à vous, leaders et membres de la coalition des quatorze partis de l’opposition togolaise (C14), pour vous émettre nos points de vue sur cette nouvelle étape difficile que traverse notre pays.

Pour commencer, nous tenons à vous exprimer nos remerciements, notre soutien et nos encouragements pour ce désir qui vous a toujours animés de vous dévouer, sur plusieurs plans, pour essayer de changer le sort de notre pays qui semble être jeté définitivement dans une fatalité quasi-irrémédiable.

Il n’est nul besoin de vous rappeler l’évidence qu’aucun être humain n’est jamais parfait, malgré ses énormes qualités. C’est pourquoi beaucoup de vos concitoyens, vivant au Togo ou hors de nos frontières, ont très souvent eu à vous adresser de diverses manières des critiques parfois acerbes mais constructives. Vous ne devez pas tenir rigueur de la forme que ces critiques peuvent prendre, mais tout simplement considérer le désir des uns et des autres à voir les choses évoluer autrement, pour que notre pays sorte enfin du bagne cinquantenaire auquel l’a condamné le règne dynastique des Gnassingbé et leur clan.

Considérez que tout responsable social ou politique est une personne exposée et susceptible d’approbation ou de désaveu de la part de la masse populaire. Armez-vous donc de plus de courage, de patience et de discernement pour mettre en avant le salut du peuple pour lequel vous vous êtes engagés depuis plusieurs décénnies.

Tout comme nous, vous n’ignorez pas le type de régime que nous combattons de toutes nos forces : une dynastie machiavélique de type colonial, soutenue sans relâche par une armée sanguinaire et anti-républicaine, érigée par les mains noires des puissances impérialistes occidentales et leurs multinationales, dont la France en chef de file. Un régime qui, malgré sa vieillesse de 52 ans, sa stérilité et son échec sur tous les plans dans la gestion du Togo, ne lésine sur aucun moyen
pour s’éterniser.

Chers leaders, sachant que vous êtes presque tous des militants précoces qui se sont levés dès le vent des contestations populaires ayant officiellement emporté notre pays dans le combat pour sa liberté à partir du 05 Octobre 1990, nous n’avons pas besoin de passer en revue tous les efforts et sacrifices que beaucoup parmi vous ont consentis, au péril de leur vie, pour l’avènement d’un Togo démocratique. Il est inutile de rappeler à une mère comment elle a porté sa grossesse et les douleurs qu’elle a endurées pendant l’enfantement. Vous savez tout le mal que vous vous êtes donné, chacun à sa manière, pour le changement politique au Togo, sans grand succès apparent jusqu’ici, hélas, à cause des atrocités, hypocrisies et malices du pouvoir RPT rebaptisé UNIR qui ne veut en aucun cas rendre le changement démocratique possible sur la Terre de nos Aïeux.

Nous voulons ici encore rappeler, puisque bien des Togolais semblent sitot l’oublier, que de 1990 à ce jour, le Togo comptabilise 6 élections presidentielles toutes frauduleuses et lourdement meurtrières pour le peuple, 4 élections léglisatives de la meme teneur en fraudes et trucages massifs, 26 dialogues et accords politiques, entre pouvoir et oppositions, sans issues salvatrices pour les Togolais qui n’en peuvent plus de souffrir des suites de tous les blocages nés des querelles politiques.

Et nous sommes au regret de constater une évidence que personne, ni vous ni nous, ne peut plus nier: le 27e dialogue politique togolais dans lequel le RPT-UNIR a embarqué la C14, sans le consentement du peuple que vous supposez représenter, est un nouvel échec. Ce dialogue, comme les précédents, ne mènera nullement ni aujourd’hui, ni demain le peuple togolais à l’alternance pour laquelle il s’est lourdement sacrifié.

Sur ce, et vu la manne accordée par le syndicat des chefs d’État de l’Ouest africain, CEDEAO, au RPT-UNIR agonisant, par le biais de sa « Feuille de Route » ambigue qui offre à Faure Gnassingbe et sa clique une occasion de mise en oeuvre de leurs plans de diversions habituelles, que nous connaissons tous, dans l’unique but de conserver leur pouvoir usurpé, il nous tient à coeur de vous adresser les recommandations suivantes censées créer les conditions d’une vraie alternance dans notre pays:

1- La C14, si elle représente réellement le peuple comme cela se fait dire, doit se référer régulièrement au peuple togolais, le premier et vrai détenteur de la souveraineté nationale, afin de recueillir son avis et agir conformement à lui.
2-
2- La C14 doit rendre fidèlement et régulièrement compte au peuple dont elle est sensée avoir obtenu le mandat d’agir. Ceci doit se faire à travers des meetings d’information, des conférences de presse et des publications sur les réseaux sociaux et les autres masses-médias.

3- La C14 doit se rendre à l’évidence que la CEDEAO ne peut pencher en faveur du peuple togolais que lorsque celui-ci affiche manifestement son désir indiscutable d’en finir avec ce système cinquantenaire des Gnassingbe et sa milice armée. Et la seule arme dont dispose ce peuple face à la dictature restent les manifestations de rue qu’il faudra reprendre incessamment dans le but de généraliser le soulèvement populaire porteur de changement démocratique.

4- La C14, en s’associant avec les organisations de la société civile crédible, doit donc valablement se servir de cette arme du peuple, les manifestations de rue, pour stopper immédiatement la course entêtée dans laquelle s’est lancé le RPT-UNIR à travers les travaux de sa CENI-béquille et partisane taillée sur mesure pour lui garantir une énième victoire frauduleuse.

5- La C14 doit exiger de la CEDEAO et de toutes les organisations internationales engagées de près ou de loin dans la crise togolaise:

-La mise en place sans délai du comité de suivi promis par la CEDEAO pour superviser le processus électoral.
-La libération immédiate et sans conditions de tous les détenus arbitraires dans le cadre des manifestations, et en l’occurrence ceux de la société civile au rang desquels EZA Kokou et KOKODOKO Mesennth du mouvement citoyen Nubuéké, SATCHIVI Folly du mouvement « En Aucun Cas » et JOHNSON AssibaBiova, président de l’organisation civile REJADD.
-La levée du siège sur les villes assiégées dont Sokodé, Bafilo et Mango et l’autorisation des manifestations de toutes les formations politiques sur toute l’étendue du territoire togolais.
-La recomposition de la CENI afin d’avoir une représentation pouvant servir de contrepoids aux manoeuvres frauduleuses du RPT-UNIR, ainsi qu’une profonde réforme de la Cour Constitutionnelle qui à elles deux ont toujours été les organes d’institution et de validation des fraudes et trucages électoraux, sources de tensions, de troubles, de violences et de milliers morts…

-Le redécoupage électoral, la refonte du fichier électoral, un recensement complet avec des cartes d’électeurs biométrisées.
-Le déploiement d’une force de la CEDEAO pour sécuriser le processus, rôle que n’a jamais joué l’armée togolaise inféodée au régime.
– L’exigence du vote de la diaspora togolaise.

Par ailleurs, il ne serait pas outrancier de déclarer, que tant que toutes ces mesures ne seront pas satisfaites, aucun parti politique se réclamant de l’opposition ne doit participer à aucune élection dont nous connaissons tous d’avance les résultats. En ce sens, l’unique et immuable devise de tous les partis de la C14 doit être: «PAS DE RÉFORMES, PAS D’ÉLECTIONS AU TOGO!»

Cette lutte n’a que trop duré, et nous devons empêcher ce pouvoir pernicieux qui fait tout pour faire croire à une frange de citoyens indolents que la dictature était mieux que la démocratie pour laquelle le peuple est si tant éprouvé!

Il est donc logique que le peuple, qui jusqu’ici a payé le plus lourd tribut dans cette lutte, mette en garde tout parti ou individu qui, au nom du peuple, participera à une élection sans toutes les réformes constitutionnelles, institutionnelles et du cadre électoral, qu’il sera combattu au même titre que le RPT-UNIR et ses acolytes. Il est désormais révolu, le temps où l’opposition doit servir de pigeon au régime RPT-UNIR pour se donner aux yeux du monde une légitimité de façade à travers des élections truquées aux résultats préfabriqués. C’est donc le moment pour tous les acteurs de la vie politique togolaise de réaliser que désormais dans notre chère Patrie, face à un peuple révolté et aussi déterminé que le nôtre, plus rien ne sera comme avant!

Nous restons disposés à collaborer étroitement avec la C14 et toutes les organisations crédibles de la société civile togolaise engagées pour l’alternance, afin d’apporter toutes nos contributions nécessaires pour la victoire finale du peuple.

C’est ensemble et dans la vérité de notre engagement pour un Togo nouveau que les fils et filles du Togo et de la Diaspora parviendront à conjurer un meilleur sort pour notre patrie. Nous restons ouverts et disponibles à vos suggestions.
Meilleures salutations.

Ont signé:

EmmanuellaEssivi KPETSU, Karlsruhe, République Fédérale d’Allemagne.
Romaricson ALOGNON, Bremen, République Fédérale d’Allemagne.
David KPELLY, Bamako, République du Mali.
Olivier TOKANOU, Meet Maastricht, Pays-Bas
KokouNouwozan LANGUEH, Montréal, CANADA.
Léandre APPOM, Minneapolis, USA.
Hubert ATISSO, Davenport, Iowa, USA.
Jean-Paul EdohNunyava OUMOLOU, Luzern, Confédération Suisse.

NOTRE CONTACT :
Email : groupe.strategiquetg@gmail.com / Téléphone + WhatsApp : +41 79 472 1854.
 




Togo : En attendant l’Arrivée Hypothétique des Facilitateurs…Des jours mouvementés en perspectives



L’éléphant annoncé est arrivé avec un pied cassé, c’est Tiken Jah Fakoly qui avait raison. La montagne attendue de la venue de la mission de la CEDEAO a accouché d’une grosse souris, la désillusion est grande dans les rangs de l’opposition et du peuple qui espéraient beaucoup de cette première réunion du Comité de suivi de la mise en œuvre de la feuille de route. Et en attendant l’hypothétique arrivée des Facilitateurs pour régler certaines équations, les jours à venir risquent d’être mouvementés…

Désillusion totale

Recrutement des experts électoraux par la CEDEAO et leur arrivée prochaine au Togo en vue de l’audit du fichier existant et de la production du nouveau envisagé pour les élections à venir ; engagement des experts en mission d’observation électorale et bien d’autres qui s’occuperont des réformes constitutionnelles et institutionnelles. Voilà les annonces phares faites par la mission de la CEDEAO à cette première réunion du Comité de suivi ces lundi et mardi, et donc les résultats concrets de cette venue au Togo. Par ailleurs, il est annoncé l’arrivée dans la semaine du 20 septembre, des deux Facilitateurs pour régler la question de la Commission électorale nationale indépendante (CENI).

Ce n’est pas rien, diront certains. Mais c’est la désillusion totale dans les rangs de la Coalition de l’opposition et des citoyens. Et pour cause. Ils attendaient de la mission de la CEDEAO qu’elle vienne siffler la fin de la pagaille entretenue par le pouvoir, notamment le forcing de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) bancale consistant à engager unilatéralement des actions et accélérer les préparatifs du processus électoral. L’opposition et les populations espéraient aussi que les émissaires des Facilitateurs ordonnent et/ou recommandent la recomposition équitable de la CENI entre les deux camps protagonistes de la crise – une proposition de présidence assurée par la communauté internationale, notamment un expert de la CEDEAO a été faite. A la C14, on espérait aussi de la mission, l’annonce d’un chronogramme détaillé de la mise en œuvre des recommandations et de la préparation du processus électoral, de même qu’une explication détaillée des recommandations avec leur contenu.

Mais ces attentes n’ont pas été comblées par la mission espérée depuis des lustres. Et la déception est grande dans les rangs de l’opposition. Les déclarations au sortir de la séance avec les émissaires ce mardi sont assez illustratives. C’est cette peine qui réjouit les délégués du pouvoir qui ont profité de l’occasion pour se gausser de leurs interlocuteurs d’en face, avec des propos à la limité de l’incivilité.

Impasse, de l’électricité dans l’air…

Dans l’immédiat, le bon sens aurait voulu que la mission de la CEDEAO se prononce sur la problématique de la CENI et de sa façon de conduire le processus. Les émissaires se devaient de l’arrêter dans son élan de préparation unilatérale du processus, procéder à sa recomposition sur des bases d’équité, confier sa présidence à une instance neutre, ou de l’adouber. Au moins ainsi, ils auront le mérite d’être clairs et les populations togolaises sauront à quoi s’en tenir. Mais la mission de la CEDEAO a créé une véritable impasse en laissant cette question en suspens. Est-ce une façon indirecte de dire que la CENI fait du bon boulot et ainsi l’adouber ?

Même si les émissaires des Facilitateurs ont annoncé l’arrivée prochaine – on parle de la semaine du 20 septembre – de ces derniers eux-mêmes pour régler cet épineux problème et bien d’autres, il est évident que ce mutisme sera interprété par le pouvoir Faure Gnassingbé comme une victoire. Du moins il va profiter du temps de latence jusqu’à la venue des Présidents ghanéen et guinéen, pour accélérer le processus. « Cette situation créée arrange bien les affaires du pouvoir. Ne soyez pas étonnés si dans les heures ou jours à venir, la CENI accélère le processus et engage même des actions qui n’étaient pas prévues. D’ailleurs le chronogramme détaillé n’a jamais été rendu public (…) Que les gens ne soient pas dupes, même si la CEDEAO venait à mettre fin à la CENI de Kadanga, ce ne sont pas toutes ses actions menées qui seront annulées ; on ne va pas reprendre le processus à zéro, certaines activités seront validées. C’est en connaissance de cette réalité que le régime fonce dans les préparatifs sans se retenir», analyse une source. On peut s’en convaincre lorsqu’on lit entre les lignes des propos du Président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Brou qui a laissé entendre que du travail a été fait en termes de préparation du processus (par la CENI de Kadanga)…

Ces éventuelles actions à engager par le pouvoir et la poursuite du processus n’auront pour effet que d’augmenter les frustrations et les tensions déjà manifestes. Les déclarations des délégués de la C14 au sortir de la réunion sont assez expressives. On a surtout l’impression d’être floués par la CEDEAO. Me Yawovi Agboyibo du Comité d’action pour le renouveau (CAR) fulmine de colère et a le sentiment que lui et ses camarades sont pris pour des « bambins », tournés en bourriques. « Il faut qu’on change d’orientation », a-t-il appelé. Jean-Pierre Fabre et Habia Nicodème ont aussitôt annoncé les couleurs de ce que seront les jours à venir : la reprise des manifestations de rue. « Si les choses trainent, les Togolais vont se lever et prendre leurs responsabilités », a fulminé le Président du parti Les Démocrates. Comme pour tout confirmer, la C14, en conférence de presse hier, annonce déjà des manifestations sur toute l’étendue du territoire. Manifestement, les heures et jours à venir seront assez chauds, en attendant l’arrivée des Facilitateurs pour peut-être colmater les brèches…

Tino Kossi

Source : Liberté No.2754 du 13 septembre 2018
 




La CEDEAO encore dans le dossier Togo: Qui pour sauver le peuple togolais ?



Longtemps reportée, la première mission du comité de suivi de la Cedeao s’est finalement effectuée lundi 10 et hier mardi 11 septembre, dans la capitale togolaise. Pour l’essentiel de ces travaux ayant réuni autour d’une même table, majorité présidentielle et coalition des 14 formations (C14), il est a retenir le recrutement des experts de diverses compétences dont les missions seront de surveiller, aux côtés des acteurs locaux, le processus électoral et les réformes constitutionnelles. Une avancée à pas de caméléon et au goût amer en ce sens que la question sensible de la CENI est toujours reléguée aux calendes grecques. Au point de susciter interrogations et courroux au sein de l’opinion.

Que retenir de cette première réunion de travail du comité de suivi ?

Au sortir de ces deux jours de travaux, on retiendra le recrutement, par les soins de la Commission de la Cedeao, de plusieurs experts notamment juristes, constitutionnalistes et d’audit du fichier électoral. Lesquels, à en croire Brigitte Kafui Adjamagbo, assisteront les acteurs togolais tout au long du processus électoral. Aussi, doit-on retenir, le recrutement de 20 observateurs électoraux qui observeront la régularité du scrutin du 20 décembre prochain. Tous prendront fonction à Lomé le 14 septembre prochain. Quant au sujet brûlant de l’heure ayant trait à la Ceni, la mission conduite par le Président de la Commission, Jean-Claude Kassi Brou estime qu’un tel sujet de fond est du ressort des deux facilitateurs attendus à Lomé dans une semaine. Rien de plus.

Questionnements et courroux

Si l’opinion se félicite de ces quelques avancées, il n’en demeure pas moins vrai que zones d’ombre persistent toujours, au point d’agacer nombre de togolais. En premier, les responsables de la C14 qui ne semblent pas comprendre le silence de la communauté sous-régionale sur un sujet aussi important que celui de la Ceni qui, à l’antipode des recommandations de la feuille de route, poursuit, de façon unilatérale et tête basse, les travaux de refonte du fichier électoral. Et ce, malgré les nombreuses interpellations de la coalition. Ceci, au point de supputer, d’ores et déjà, une «complicité passive» de la Cedeao contre le peuple togolais qui aura déjà payé le lourd tribu dans la lutte pour un Togo plus démocratique.

Dans la foulée, le Président du Comité d’action pour le renouveau (Car), en homme averti, n’a pas hésité à porter haut sa voix et crier sa déception. « Le problème clé du moment, c’est le fait que la CENI soit en train de fonctionner et d’accomplir les tâches comme si elle était normale. Nous sommes dans une situation de crise et ce à quoi on s’attendait, c’est que cette rencontre soit un moment de recherche de solution. Mais j’ai constaté le long des débats qu’on a tourné autour du pot », a expliqué le bélier noir pour qui, il est inadmissible que la CEDEAO tourne autour du pot en ce qui concerne la question de la CENI en se contentant d’annoncer l’arrivée des experts pour réparer les dégâts. Et d’appeler ensuite ses camarades de lutte à réfléchir sur la nécessité d’une réorientation de la lutte qui, selon lui, reste entière. « Ce n’est pas du côté de la facilitation qu’il faut poser le diagnostic. Il est temps que nous-mêmes, en tant qu’opposition, sachons ce que nous voulons et que nous puissions le démontrer à travers nos gestes », a-t-il précisé, avant de lever le voile : «Mais globalement, j’ai le sentiment que nous sommes dans un marché de dupes».

Finalement un marché de dupes ?

Loin d’être prise à la légère, cette sortie de l’ancien Premier ministre, du haut de ses expériences en politique togolaise amène à se questionner sérieusement sur la démarche de la Cedeao dont tous les acteurs ont pourtant salué la justesse de sa feuille de route. En qualifiant justement la première réunion du Comité du suivi d’une «amorce angoissante d’échec», Me Agboyibo renvoi la Cedeao face à ses responsabilités, devant un peuple togolais déjà meurtri et dont la souffrance sur le chemin de l’alternance politique aura trop duré. Surtout quand la Commission, explicitement, renvoi le sort de la Ceni que rien ne semble arrêter dans les mains des facilitateurs qui se font malheureusement et toujours attendre, il y a vraisemblablement anguille sous roche. Ou alors, l’espace communautaire ouest africaine prend toutes ses responsabilités pour donner un coup d’accélérateur à la lutte démocratique au Togo, ou alors il cautionne l’injustice en se mettant du côté de l’oppresseur contre le peuple.

Tout compte fait, le Cedeao a encore le temps de rectifier le tir. Si tant est qu’elle est décidée à aider le Togo à se remettre définitivement sur les rails démocratiques, rien ne saurait alors justifier sa passivité devant la scène qui se joue à la Ceni. S’agit t-il vraiment d’un marché de dupes orchestré par la Cedeao en laissant le pouvoir de Lomé causer des dégâts que ses experts viendront, ensuite, «réparer», comme l’insinue Me Yawovi Agboyibo. Tout compte fait, c’est une sorte de jeu à la con et le peuple souverain du Togo attend encore de voir clair, pendant que rien n’est encore perdu.

Mais pour l’heure, il se demande toujours, qui pour écouter ses cris de détresse.

Cyrille Pessewu

Source : Fraternité No.284 du 12 septembre 2018
 




La Bande des 14 : « On Nous Prend pour des Bambins »


Ayayi Togoata Apedo-Amah | Photo : FB


« On nous prend pour des bambins » dixit Yaovi Agboyibo, après la rencontre avec les envoyés de la facilitation, le 10 septembre 2018. Ce cri du cœur du leader du CAR mérite réflexion.

En effet, lorsque la CENI Rpt/Urine fonce tête baissée pour concocter une énième élection frauduleuse, sans les représentants de l’opposition, il y a vraiment lieu de s’inquiéter. Agboyibo a dit la stricte vérité. La monarchie Gnassingbé et la CEDEAO les considèrent comme des bambins, de vrais bambins, malgré leurs âges avancés de grands-parents. Et en cela, ceux qui les traitent de bambins ont entièrement raison. Un adage de chez nous dit bien: « C’est en tenant compte de la tête que tu lui présente que le coiffeur choisit ta coupe de cheveux ». Quand la bande des 14, par bêtise ou trahison, abandonne l’arme de la rue pour se présenter comme des élèves sages devant les facilitateurs, ils ont révélé leur carrure de piètres politiques. Je suis persuadé que les chefs d’État ghanéen et guinéen doivent encore se moquer de ces grands amateurs sans culture politique.

Ces éternels abonnés à l’échec, ne veulent en aucun cas tirer les leçons du passé. La vingtaine de négociations bidon ne leur ouvre toujours pas les yeux. Que devient le sort du peuple face à tant de médiocrité et de turpitudes ? Le Rpt/ Urine n’a jamais agi différemment. Cette dictature pourrie est la plus prévisible du monde. Alors d’où vient que nos grands opposants soient incapables d’anticiper ? Sont-ils tarés ? Sont-ils achetés ?
En trahissant la volonté populaire qui comptait sur la rue pour chasser Faure Gnassingbé du pouvoir en proclamant » Faure must go », ils se sont eux-mêmes mis nus devant l’ennemi. C’est aussi de l’arrogance que d’avoir cru que leurs baratins à la con face aux facilitateurs auraient plus de poids que la volonté d’un peuple déterminé dans la rue.

Et le comble de la bêtise, tout en refusant la CENI de la fraude, ils se préparent, avec rage, en rangs dispersés, à aller à l’abattoir, c’est-à-dire aux élections frauduleuses. Croient-ils que la solution à la monarchie héréditaire passe par des élections ? Combien y a-t-il eu d’élections depuis 1993 dans ce pays ? Le père et le fils les ont toutes perdues et pourtant le pouvoir est toujours entre leurs mains avec l’armée. Ils croient au miracle, ces opposants ? Les miracles ne se passent que dans la Bible; et encore ! A moins qu’ils veuillent attendre la fin du monde.

Faire le constat de son échec, relève d’une réaction intelligente. Mais se refuser à en tirer toutes les conséquences, relève du crétinisme.

Dans tous les cas, nous devons aussi dénoncer les Machiavel aux petits pieds de la CEDEAO qui se font aussi les complices répugnants de la monarchie gnassingbéenne. Sont-ils arrivés au pouvoir suite à une succession dynastique, ces chefs d’État prétendument démocrates ? Ils ont poignardé le peuple togolais dans le dos en même temps que les peuples qui les ont élus démocratiquement.

L’Afrique a du pain sur la planche.

Que faire, en conclusion ? Il appartient au peuple togolais et aux vrais opposants démocrates de tirer toutes les conséquences des provocations des traîtres de de la bande des 14 et des présidents renégats de la CEDEAO.

Ayayi Togoata Apedo-Amah
 




Abass Kaboua dénonce le « semblant de lutte politique » du chef de file de l’opposition



Le président du Mouvement des Républicains Centristes (MRC), Frédéric Abass Kaboua a fait mercredi 12 septembre 2018, des révélations sur le chef du file de l’opposition et les coulisses des démarches qui ont permis à sa fille d’être embauchée à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD).

Le président du MRC, lors de cette sortie médiatique a dénoncé ce qu’il appelle « l’embauche complaisante » de Mlle Gaëlle Audrey Fabre, fille aînée du chef de file de l’opposition à la BOAD.

Selon les informations rendues publiques par M. KABOUA, Mlle Fabre a été embauchée depuis le 1er septembre 2018 comme cadre de marketing à la Banque Ouest Africaine de Développement pour un salaire mensuel et hors avantages de un million (1.000.000) Francs CFA.

« Nous n’avons jamais cessé de dénoncer ce genre d’actes de favoritisme sectaire au risque d’envoyer des enfants d’autrui dans les manifestations macabres », a condamné le président du MRC qui accuse Jean-Pierre Pierre Fabre d’avoir « négocié en catimini le recrutement de sa fille à la BOAD ».

« Il se contredit bien dans son semblant de lutte politique sinon ces genres d’actes ne peuvent qu’apporter haine, division et révolte dans une nation », a-t-il martelé et de se positionner comme un lanceur d’alerte qui appelle à la « prise de conscience patriotique de tous les acteurs politiques du Togo au sujet de favoritisme et du népotisme dont bénéficie Jean-Pierre Fabre au dépens des autres citoyens méritants ».

Sur la résolution de la crise togolaise et les derniers résultats des travaux du comité de suivi de la feuille de route de la CEDEAO, Abass KABOUA estime que la CEDEAO ne pourra pas régler le!problème togolais.

« Ce n’est pas les deux facilitateurs qui viendront résoudre notre problème », a-t-il déclaré.

Christelle A.
 
source : afreepress