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Flash info :: | Le coup de force électoral d’avril 2015 au Togo | Selom Klassou a représenté ce vendredi Faure Gnassingbé à l’investiture du président du Cap-Vert, Jorge Carlos Fonseca, réélu démocratiquement début octobre 2016 (officiel). | Mettre la pression pour les réformes : CAP 2015 en tournée fin août à partir de Tône (nord) | Le match amical Gabon-Togo de fin mai prochain n’aura pas lieu. | Commémoration des 56 ans d’indépendance du Togo: Faure Gnassingbé a ouvert officiellement les portes du Radisson Blu 02 février ce 26 avril 2016.



Togo : A qui profite vraiment le frauduleux hold-up électoral de Faure Gnassingbé ?

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La question doit faire couler de l’adrénaline chez certains, notamment les inconditionnels du Prince de la République proclamé frauduleusement vainqueur de l’élection présidentielle du 25 avril dernier, après les « TAFFATABIOU séries » et les prestidigitations d’Abdou Assouma. Bien évidemment, dans le camp du parti au pouvoir, on jubile. Plusieurs séquences de bamboulas ont déjà eu lieu et on annonce dans la foulée une cérémonie d’investiture en grande pompe pour le week-end prochain. Mais à qui profite vraiment cette victoire à la tire de Faure Gnassingbé ?
 
Des célébrations non stop
 
Au sein du sérail, on n’en demandait pas mieux. Ce sont des hourras qui ont retenti au prononcé de la victoire du plus instruit et démocrate des rejetons Gnassingbé qui se présentait à un 3e mandat d’affilée au pouvoir, par le drôle de président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), Taffa Tabiou, le mardi 28 avril dernier. Même ambiance après la validation le dimanche 3 mai, du braquage électoral par la Cour constitutionnelle d’Aboudou Assouma, donnant Faure Gnassingbé vainqueur avec 58,77 % des suffrages contre 35,19 % pour Jean-Pierre Fabre. Idem à la cérémonie de prestation de serment de Faure Gnassingbé le lendemain. Un banquet a été offert par l’heureux élu pour célébrer l’événement. Des caravanes des « dovéas » (fainéants), j’allais dire de prétendus partisans du pouvoir dont le militantisme est acheté ou entretenu par des billets de 1000 ou 2000 FCFA, ont circulé en ville et dans des localités de l’intérieur en guise de célébration.
 
Des réjouissances continuent d’être organisées. La dernière en date a eu lieu le samedi 9 mai dernier à Lomé, à l’initiative du Mouvement des jeunes pour la popularisation et de la bonne gouvernance (Mjpg), l’un des nombreux supporting clubs de Faure Gnassingbé. Avec la dose habituelle de pique ou de provocation à l’endroit des perdants officiels. « Le défi était grand, mais notre vaillant peuple l’a relevé, tout est si limpide au regard des chiffres de la Commission électorale nationale indépendante croisés avec ceux des observateurs nationaux et internationaux, des candidats, de la concertation nationale, de la société civile du Togo et ceux proclamés par la Cour constitutionnelle. Nous étions nombreux à le souhaiter, nous nous sommes engagés à fond dans le combat électoral et il a plu le ciel de nous écouter et de nous exaucer. Notre candidat reste le Président de la République pour les cinq prochaines années (…) Peut-on être déclaré élu dans une République lorsque, sur 3,5 millions d’électeurs au plan national et sur 5 régions, on s’impose seulement sur une, alors que partout ailleurs, l’adversaire a été plébiscité? Les électeurs des régions des Savanes, de la Kara, de la Centrale et de la préfecture de Yoto ne sont-ils pas des Togolais aux yeux de la « Ceni du Cap 2015 » de mauvaises espérances ? », s’est permis son porte-parole, Koffi Agbessi pour qui cette réjouissance est organisée parce que le scrutin aura été transparent et démocratique.
 
On n’est pas à la fin des jubilations. La série devrait se poursuivre. C’est dans cette veine que des indiscrétions annoncent une cérémonie d’investiture de l’heureux élu sur le week-end prochain, après sa prestation de serment le dimanche 3 mai dernier. Du gâchis d’argent, dites-vous ?
 
Une impasse politique inédite et un avenir sombre
 
Le Togo est-il sorti grandi de ce scrutin ? Voilà la vraie question qu’il urge de se poser, et c’est la réponse positive qui devrait être célébrée, loin de la victoire proclamée par les institutions électorales à la solde du pouvoir. Il se trouve justement que le Togo n’est pas sorti grandi de cette élection. Le processus électoral de cette année n’aura été en rien meilleur aux autres élections organisées par le clan Rpt/Unir. L’apaisement relevé est certes une réalité, mais la transparence chantée de ce scrutin n’est qu’artifice.
 
Cette victoire proclamée de Faure Gnassingbé est le fruit d’un hooliganisme électoral inédit. Bien de Togolais, y compris des militants du parti au pouvoir, ont été persuadés de la défaite dans les urnes du Prince, avec le rejet catégorique par les représentants de l’Union pour la République (Unir) des mesures de transparence proposées par les délégués du Combat pour l’alternance politique en 2015 (Cap 2015). Le feuilleton du mardi 28 avril animé par Taffa Tabiou qui tâtonnait grave dans la proclamation des résultats, se mélangeant les pinceaux, l’irruption sur le plateau de son Vice-président, Francis Pédro Amuzun pour le rappeler à l’ordre, la non concordance des chiffres publiés, entre autres, auront définitivement convaincu les Togolais du caractère forcé de la victoire proclamée. C’est le monde entier qui a été témoin de ces « togolaiseries » à la TVT. C’est une victoire manifestement usurpée, et la pilule a du mal à passer.
 
Au Cap 2015, on rejette légitimement les résultats tels que proclamés par Taffa Tabiou et la Cour constitutionnelle. Ses délégués au sein de la Ceni ont à leur tour proclamé, sur la base des procès-verbaux délivrés à ses représentants dans les bureaux de vote et dans vingt-six (26) des quarante-deux (42) Commissions électorales locales indépendantes (Celi), Jean-Pierre Fabre vainqueur avec 52,20 % des suffrages contre 43,90 % pour Faure Gnassingbé. Et là, ce sont des Celi dont les résultats sont plus ou moins concordants. Quant aux autres, seize (16) en tout, il y est noté des anomalies graves allant des dépassements extraordinaires de voix aux bourrages d’urnes en passant par des votes abusifs par procurations et dérogations, autant de méthodes viles utilisées, sous l’instigation de certains officiels et cadres du parti au pouvoir, pour combler le retard de Faure Gnassingbé.
 
Après cette sortie de Francis Pedro Amuzun et les siens, au sein du sérail, on s’attendait sans doute à des manifestations subites de rue, comme on en avait noté en 2010. Mais le calme et la sérénité affichés par Jean-Pierre Fabre et les siens ont plus que troublé le camp d’en face. C’était une sorte de guerre froide observée. Pourquoi sont-ils aussi calmes ? Qu’est-ce qu’ils sont en train de mijoter ? Voilà autant d’inquiétudes qui devraient triturer les méninges dans les rangs de ceux qui confisquent l’alternance depuis un demi-siècle. La sortie du Cap 2015 ce samedi devrait constituer un soulagement, d’ailleurs relatif. Ses premiers responsables ont réaffirmé leur détermination à prendre leur dû. « Cette nième forfaiture ne passera pas », ont-ils chanté en chœur. Déjà il est prévu une manifestation dite décisive le 16 mai prochain. Même détermination au sein de la diaspora togolaise en Occident, notamment en France où les compatriotes ont manifesté il y a quelques jours pour dénoncer ce braquage électoral et nième complot contre l’alternance au Togo.
 
Faure Gnassingbé a prêté serment le dimanche 3 mai, démarrant ainsi son 3e mandat de démocrate (Sic) au pouvoir, et rien, absolument rien ne pourrait le lui enlever. Mais ce scrutin a le mérite de convaincre les Togolais que l’alternance ne viendra pas par les urnes, mais par une thérapie de choc. Acculé dans ses derniers retranchements, la fraude au fichier électoral prévue remise en cause par la consolidation et le système Aganahi rejeté, le pouvoir a eu recours à un hooliganisme électoral pour passer. Il suffit d’écouter les conversations, pas forcément des militants de l’Alliance nationale pour le changement (Anc) ou du Cap 2015, pour se persuader de leur pessimisme. Et pour un pays qui dit avoir opté pour la démocratie, ce n’est pas bon signe. Ce sont des lamentations chez bien de Togolais qui ne voient plus d’avenir politique meilleur au Togo. Et ils sont nombreux, les compatriotes à trouver en l’exil l’alternative pour échapper à la misère et éviter une crise des nerfs.
 
Une démocratie sans alternance, voilà l’image ultime donnée par le Togo au monde entier avec ce scrutin. Et il y a une sorte d’impasse politique qui s’est créée, loin des séquences de jubilation observées par le pouvoir ; toutes choses qui jettent des nuages sombres sur l’avenir du pays. Et d’ores et déjà, certains observateurs préconisent un nouveau cadre de dialogue devant inclure tous les acteurs de la classe politique avec l’adoption d’une nouvelle Constitution ; d’autres, une transition politique, une assemblée constituante avec un gouvernement de large ouverture et une nouvelle Loi fondamentale ; d’autres encore suggèrent une refondation de l’Etat, avec un nouveau contrat social et politique.
 
Quel changement dans le panier de la ménagère ?
 
C’est en ces termes que le commun des Togolais doit aborder la question de la prétendue victoire de Faure Gnassingbé. C’est la vraie question qui devrait donc préoccuper le bas peuple, y compris les supposés militants de base de l’Unir et l’espoir d’un avenir meilleur qui légitimerait toute jubilation. Et parlant de cette problématique, l’optimisme n’est pas évident. La misère, voilà la plus grande empreinte laissée par Faure Gnassingbé durant ses deux mandats écoulés. On peut remonter le temps et dire même que c’est le plus grand héritage laissé par les Gnassingbé au peuple togolais. Satisfaire les trois repas quotidiens se révèle un parcours du combattant pour le bas peuple, alors que les « bénis de Dieu » au sommet de l’Etat s’enivrent de luxe.
 
Faure va-t-il satisfaire les travailleurs de la Fonction publique pour que nos enfants aillent normalement à l’école et aient une éducation régulière et complète ? Va-t-il au cours de cet extra-mandat équiper les hôpitaux publics afin qu’ils ne soient plus des mouroirs et pour que nous, ses votants puissions nous soigner convenablement ? Va-t-on encore sucer les populations avec des augmentations ou maintiens à la hausse des prix des produits pétroliers pour renflouer les poches des dignitaires du pouvoir ? L’argent du contribuable sera-t-il enfin utilisé pour la satisfaction des besoins sociaux ? N’y aura-t-il plus de pillages et transferts illicites de fonds qui priveraient l’Etat de ressources ? Voilà, entre autres, les genres d’inquiétudes qui devraient triturer les méninges des Togolais, toutes tendances confondues, désireux de vivre dignement et heureux. Car la dignité et le bonheur, c’est bien ce qui manque au Togolais. Depuis plusieurs années, des études l’identifient comme le plus malheureux des citoyens au monde. La dernière (World Happiness Report 2015), le classe 158e sur 158 pays, plus malheureux que la Syrie, un pays en guerre !
 
Au demeurant, les seuls gagnants du scrutin du 25 avril 2015, c’est la minorité qui pille les ressources nationales, laissant la grande majorité, y compris les militants présumés du parti au pouvoir qu’on saoule lors des célébrations, dans la misère. Il n’y a donc pas de raison pour le commun des Togolais à jubiler. C’est d’ailleurs dans la région septentrionale, là où Faure Gnassingbé aurait été plébiscité, à en croire les chiffres officiels, que la pauvreté est plus prononcée. Célébrer sa victoire, c’est donc pour les populations fêter la continuité de leur pauvreté, et rien d’autre.
 
Source : [12/05/2015] Tino Kossi, Liberté
 

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Publié le 14 mai 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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