Togo : En dépit des mesures, les routes ont tué plus en 2014 qu’en 2013

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« Sans raison, il y a la passion, mais la passion sans raison finit toujours dans l’échec » (Emile Chartier dit Alain)

C’est le triste constat. Il y a eu plus d’accidents en 2014 qu’en 2013. De janvier à novembre 2014, on dénombre 4943 accidents contre 4295 en 2013. Sur ces 4943 accidents, il y a eu cinq cent vingt-quatre (524) morts et 1338 blessés. Ces informations ont été communiquées jeudi dernier par le ministre de la Sécurité et de la Protection civile et son collègue des Travaux publics et des Transports. Des chiffres qui contrastent avec la kyrielle de mesures qui ont été prises et la satisfaction affichée lors du bilan à mi-parcours.
 
En effet, le gouvernement a annoncé en début d’année qu’il appliquerait le nouveau code de la route dans toute sa rigueur afin de réduire un tant soit peu les accidents sur les routes. Et l’accident tragique de Talo sur la nationale N°1 qui a fait 48 morts allait faire accélérer les choses. L’utilisation du téléphone au volant est interdite et le port de la ceinture de sécurité ainsi que du casque est devenu une obligation. Il a été aussi décidé que les véhicules manifestement vétustes seraient interdits de circulation et que tout véhicule en panne n’était plus autorisé à stationner sur la chassée durant plus de six heures. En plus, les autocars de plus de 15 places et les véhicules poids lourds ne sont plus autorisés à circuler entre 18h50 et 5h00. Une mesure qui a suscité une vague de réprobations avant que l’heure d’interdictions de circulation de ces véhicules ne passe de 22h à 5h. Aussi dans son discours à la nation le 26 avril, le chef de l’Etat a-t-il fait de la sécurité routière une priorité après avoir exprimé sa compassion aux victimes de l’accident de Talo et à leur famille : « Ce drame, mes chers compatriotes, nous rappelle une fois encore, combien il est important de renouer avec les valeurs civiques et notamment le respect en toutes circonstances, des prescriptions du code de la route, car ce sont avant tout des vies humaines qui sont en jeu. Compte tenu des pertes immenses que nous avons subies sur nos routes ces dernières années, et afin de renforcer la prévention à tous les niveaux, j’ai décidé que l’année 2014 soit décrétée année de la sécurité routière dans notre pays. Les usagers de la route, comme les agents de sécurité sont ainsi conviés à conjuguer leurs efforts pour préserver les vies humaines, en mettant notre pays à l’abri des drames qui se nouent trop souvent sur nos routes ».
 
Naturellement, un bilan a été fait à mi-parcours. Le 25 juillet dernier, les deux ministres ont fait le point avec les responsables des syndicats des conducteurs et transporteurs. Selon les informations, le Togo est passé en trois mois de 902 à 394 cas d’accidents, de 79 à 24 cas de décès dus aux accidents, de 1075 à 73 cas de blessés pour toutes catégories confondues d’engins. « Nous saluons la prise de ces mesures visant à réduire l’insécurité sur nos routes. L’objectif concerne aussi bien le nombre que la gravité. Nous avons été heureux de constater que la gravité surtout a baissé », s’est félicité M. Kpego Otto-Günter, président de l’Action pour les victimes de la route (AVR). « Ces chiffres éloquents sont à mettre à l’actif des mesures prises en amont pour éviter les accidents de la route », a renchéri M. Souleymane Sikao, Directeur général des transports.
 
Bien que ces chiffres communiqués jeudi aient été arrêtés fin novembre dernier, on se rend compte que les routes ont tué cette année plus qu’en 2013. Pour l’heure, la différence étant de 648 accidents. Ce qui signifie que les mesures qui ont été prises, n’ont pas marché et que la sécurité routière décrétée par le chef de l’Etat a été un vœu pieu. Quel échec !
 
Zeus AZIADOUVO
 
source : Liberté Togo
 

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