Togo – Grogne à l’université de Kara : Les étudiants asphyxiés par de lourdes programmations

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Exacerbés par ce qu’ils appellent « une mauvaise programmation des cours » les étudiants de l’université de Kara (à 420 km au nord de Lomé) ont observé des mouvements d’humeur ce jeudi selon les informations.

Insuffisance des salles de TD et amphis, coïncidences des heures de programmation des unités des éléments d’unités d’enseignements aux examens, incessibilité des notes après les examens, absence de transparence dans la gestion des notes des étudiants, c’est le système LMD dans toute sa splendeur face à une administration universitaire aux moyens financiers, humains et technologiques très limités.

D’où la fameuse formule des étudiants, « en aucun cas nul ne peut nous imposer un système » en allusion au LMD (Licence-Master-Doctorat), un système qui serait devenu une norme internationale obligatoire depuis près d’une dizaine d’années dans les universités publiques et privées du Togo.

« Comment peut-on composer de 7h-9h dans une UE (unité d’enseignement) et à la même heure une autre UE obligatoire à tout étudiant. Programmation de Lundi jusqu’à Samedi soir; on donne deux ou trois jours de révision. Consulter même ses notes même en ligne c’est problèmes », dénoncent les uns, et les autres de s’indigner : « Nous ne sommes pas des Robots ».

Selon un des responsables d’un mouvement syndical estudiantin, le système LMD en soi n’est pas une mauvaise chose. « Nous sommes embêtés à partir du moment où les autorités universitaires tardent à mettre en place les conditions financières, techniques et humaines pour la bonne exécution de ce système. Imaginez un étudiant sérieux qui décroche son Baccalauréat à 17 ans et passe 7 années supplémentaires sur le campus sans obtenir sa licence. C’est triste, mais c’est l’organisation autour du système qui prend notre avenir en otage ».

Partout dans les deux (02) universités publiques du Togo, le système LMD est décrié pour les contorsions administratives liées à son application. Toutefois, l’administration de l’université de Kara soutient sur son site qu’avec ce système, « l’étudiant devient responsable de ses propres formations : avec l’aide d’un conseiller académique, il choisit le parcours qui lui convient. Il capitalise les UE, c’est-à-dire qu’il conserve les UE acquises, même après abandon de son parcours ».

On brandit également les arguments de mobilité et des formations adaptées au parcours à l’affût d’objectifs professionnalisant.

A Kara ville interdite aux contestations sociopolitiques, un étudiant soupçonné d’activisme peut rapidement se retrouver radié de l’université ou encore accusé dans affaire judiciaire et jeté en prison. Le cas de Kaming Pyabalo et cie est encore vivant dans les mémoires, ce qui raréfie ces mouvements d’humeur à l’université de la ville, sanctuaire du parti au pouvoir.

A. Lemou

icilome

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