Togo : La HAAC, une institution malade. Les dessous de la débilité de Kokou Tozoun, Jean Pierre Homawoo et des autres séniles à l’endroit d’Afrika Express…

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Kokou_Tozoun


Ces derniers jours, un vieux différend, réel ou supposé, qui opposait notre rédaction et son Administrateur à la Haac, Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication a refait surface. Nous avons décidé de l’évoquer avec vous, pour plus d’éclaircissement. Alors que nous nous préparions à notre lancement initialement prévu pour le 25 septembre dernier, une convocation de l’institution à laquelle nous avons répondue a tourné court, contraignant le président à suspendre la séance et à délibérer dans la foulée des égoïsmes. Résultat, un communiqué un peu plus que ridicule, un peu plus que bizarre. Pardon, la juriste du groupe Mme Awizoba n’était pas présente. Cela justifie tout ceci ?
 
Deux précisions importantes. Afrika Express a toujours été accusé d’être « critique » à l’égard du pouvoir de Lomé comme s’il avait deux classes de médias, ceux « gentils » amis protégés de la Haac et ceux « méchants » qui ne mérite rien, ni même l’aide de l’Etat à la presse. Secondo, MAX-SAVI Carmel, Administrateur de Afrika Express a toujours eu avec la haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication, Haac, des relations tendues dont le comble fut la saisine de la justice par son ancien journal, Tribune d’Afrique contre l’institution. Kokou Tozoun, président de l’institution ne s’en est jamais remis, jusqu’à ce que, la dernière fois, évoquant sa maladie, notre site ne soit allé plus loin que d’habitude, « racontant cela la Haac des ignominies injurieuses et irrespectueuses ». C’est à Mathias Ayéna, Rapporteur de l’Institution de dire ce qu’il entend par cet alignement de mots qu’il place avec l’apparence colère qui le caractérise.
 
La Haac évoque dans son communiqué une conformité avec la loi, conformité qui n’existe point. Comment comprendre ce choix que par celui de dérapages institutionnels ? Comment accepter qu’une institution censée protéger la presse se livre à de pareilles dérives et curieusement, pas pour la première fois ? Ce ne sera pas non plus sans doute pour la dernière fois. Le pire, c’est de pouvoir, après une telle rencontre, publier un communiqué. A l’heure actuelle, aucune loi, aucune législation n’organise l’espace des médias web au Togo et les premiers à s’en plaindre, ce sont d’ailleurs les journalistes eux-mêmes.
 
Ce que la Haac reproche à Afrika Express
 
La première source de malaise, c’est bien sûr le fameux article, consacré au président de la Haac malade, qui a eu du mal à être évacué. Cet article a fini avec une chute qui n’a pas plu à Kokou Tozoun et qui revient sur ce « désastreux » ministre de la justice qu’il fut, quelques années plus tôt. L’épithète n’a pas plu à ce qui tient si tant à son image qu’il veut intouchable. C’est aussi la colère de quelqu’un qui s’estime incompris et ne digère pas le fait que, « bien qu’il se batte pour Faure, le chef de l’Etat togolais se refuse à le recevoir, avec son équipe ». En décembre dernier encore, il a introduit une demande esquivée par le chef de l’Etat togolais qui évoque le Sommet de l’Elysée, début décembre. Il a promis les recevoir à son retour, depuis, pas de nouvelle. C’est la première équipe jamais reçue en tout honneur, comme le veut la tradition. Tozoun interprète cela comme une aversion personnelle que nourrit à son égard son maitre d’hier. Ce qui aggrave le complexe et augmente les malaises.
 
La seconde raison de conflit, c’est un différend qui n’en finit pas. La Haac reproche à l’Administrateur de Afrika Express de lui avoir fait un procès devant une cour nationale et une cour sous régionale, notamment la CEDEAO (Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Lors de ladite rencontre, les conseillers ont insisté sur cet élément comme « source d’une vieille guerre ».
 
La troisième raison est la ligne éditoriale de Afrika Express. « Votre média s’en prend au Togo, parfois violemment, souvent de façon subjective ». Remarque de la très noble Assemblée des conseillers comme si elle voulait des « médias dociles ». Au finish, la Haac nous a demandé de surseoir au lancement, nous avons organisé une conférence de presse à la place.
 
La dernière remarque de la Haac est liée au fait que Afrika Express ne soit pas légal. Curieux d’autant plus qu’un site internet au Togo n’a besoin ni d’une autorisation préalable, ni d’un récépissé, ni même d’une déclaration, aucune loi ne régissant le secteur.
 
La Haac qui est une institution importante a besoin de conseils juridiques plus sérieux pour ne pas sombrer dans des communiqués fantaisistes. Ce n’est malheureusement pas encore le cas, il faut plaider pour cela afin de renforcer nos institutions, s’il en a. Pour le reste, Afrika Express continue de travailler normalement, comme si de rien n’était. Il prend toutes les dispositions pour rester en ligne et continuer à être un média d’investigation, d’influence et de contributions à la création de l’Etat de droit et de la démocratie.
 
Xénophobe-moi-non-plus
 
A la Haac, la xénophobie est devenue une affaire de communauté, faute d’arguments. Il est surprenant de voir de notables et soi-disant intellectuels se livrer à la scène à laquelle nous avons assistée et où, plus rien ne tient la route si ce n’est l’origine. On s’est progressivement éloigné de l’essentiel pour une équipe dont plus de la moitié a largement plus de 60 ans.
 
La Haac, celle du Togo, souffre de plusieurs maux dont aussi et surtout la sénilité. Si la moitié d’entre eux furent des journalistes, on ne finit pas dans cette institution quand on n’en a été de bons et cela est d’autant plus vrai qu’ils sont tous à la solde d’un parti politique, dont ils tiennent sans vergogne la carte sur le front. Chacun se bat pour son parti afin d’être reconduit. C’est tout de même 500.000 fcfa (750€) par mois, salaire luisant pour des anciens journalistes dont certains furent moins que médiocres. Alors, tous les arguments tiennent et en arriver à ceux de la xénophobie frise un peu la bassesse d’une institution que nous voulons tout de même plus haute.
 
Mais en attendant, c’est l’institution elle-même qui pose problème, son mode de fonctionnement, ses prérogatives, le mode de choix de ses membres. Peut-être faut-il aller vers un mandat unique, pour éviter qu’accablé par la maladie, son président, Kokou Tozoun qui, le jour de la rencontre, se tenait à peine debout, ne s’obstine à rester, au point de ne poser des actes que pour cela. Dans deux ans, ils seront à la fin de leur mandat et tous veulent être réélus, ce qui est devenu l’unique idéal d’une institution qui était pourtant censée servir la presse et qui la dessert, sans pudeur.
 
La rencontre Afrika Express avec la Haac était un procès du Bénin et cela ne s’explique aucunement sinon par l’absence d’arguments solides. On sent un besoin d’insister sur des origines pour mieux se prévaloir d’un certain nationalisme. Le clash, c’est quand, sans la moindre délicatesse, Jean Pierre Homawoo, un conseiller de la Haac se livre à son réquisitoire contre Afrika Express, amalgamant « Béninois » et « Togophobie » utilisant des propos à la sémantique insultante comme il en a l’habitude, dans un français on ne peut plus approximatif… comme si le comble ne débordait jamais. Pauvre Haac, tu mérites mieux.
 
Homawoo, le comble de dérives
 
Cet homme, Jean Pierre Homawoo, doit avoir une autre notion de sa propre dignité. Ancien passionnaire d’un centre psychiatrique en France, il a surgi dans l’ombre de l’ex opposant historique, Gilchrist Olympio rapproché du régime de Faure Gnassingbé, ce qui lui a valu, en récompense de soir, une entrée à la Haac. Il y est depuis la dernière législature et devrait rester encore deux ans. L’excès et le zèle avec lesquels il exprime sa reconnaissance, ne dénote pas seulement de ce que, dénudé de tout mérite, le hasard l’a élevé là où il s’y attend le moins mais repose la question de son « intégrité intellectuelle » et « psychologique » Sa facilité légendaire à se laisser aux dérives, ses limites intellectuelles parfois trop abougries pour quelqu’un qui se prévaut du parcours qu’il exhibe, sa facilité à dire et sans pudeur le contraire du raisonnable, son obstination gueuse pour « ses » certitudes ne peuvent être justifiées exclusivement par le fait de vouloir s’accrocher au demi-million, noble salaire par lequel finit celui qui a eu peu d’occasion de travailler, il faut aller au-delà.
 
La question que nous nous sommes posée après la rencontre du mercredi 24 septembre dernier avec la Haac est de savoir si seul tout ce qui précède justifie un tel comportement ? Plusieurs confrères qui sont passés devant la Brigade des Médias avant lui se sont posés la même question : qu’est-ce qui motive réellement cet homme, Jean Pierre Homawoo? Difficile d’y répondre. Propos d’une exceptionnelle imbécilité, quelques provocations basses, une aisance à se laisser aller à ses impulsions dont peu sont pures, c’est un monstre qu’on découvre derrière ce personnage aux traits sombres, aux motivations à la limite satanique, à la cadence troublée, un vieil adolescent que la turbulence intellectuelle et les excessivités sociales éloignent de toute humanité, réduit à lui-même, dans un égo sans limite et rattrapé par les illusions de son enfance que sa vie adulte lui permet à peine de réaliser.
 
27 Avril
 

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