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Togo : l’alternance au bout du tunnel ?

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L’incertitude règne au Togo, à la veille de l’élection présidentielle du 25 avril, contestée par un président sortant, Faure Gnassingbé.
 
Fils du général Gnassingbé Eyadéma (au pouvoir de 1967 à sa mort en 2005), il a été accusé d’avoir perpétré un coup d’Etat en s’imposant comme successeur de son père, en violation des dispositions de la Constitution sur l’intérim en cas de vacance du pouvoir.
 
Sous la pression internationale, il a ensuite organisé en 2005 des élections, qu’il avait remportées sur fond de fraude et de répression – le bilan s’étant soldé par 500 morts.
 
Faure Gnassingbé brigue aujourd’hui un troisième mandat. Mais les élections s’annoncent tendues.
 
Fraude dans les zones rurales en 2010
 
En 2010, la fraude avait été de nouveau organisée, de manière plus sophistiquée qu’en 2005. Le parti au pouvoir s’était concentré sur les populations rurales, qui s’étaient vu remettre des bulletins de vote pré-cochés en faveur de Faure Gnassingbé contre de l’argent. Des petites sommes de 5 000 francs CFA (environ 8 euros) leur ont été remises avant le vote et de nouveau après le vote, sur présentation du bulletin régulier pris dans le bureau de vote mais non utilisé…
 
A l’époque le système VSAT de centralisation des résultats, mis en place par l’Union européenne (UE) et le Programme des Nations unies pour le développement (Pnud), avait été accepté par la classe politique et la communauté internationale.
 
Un système cependant trop surveillé et transparent pour le régime qui, prétextant une panne de dernière minute, préféra une centralisation des résultats par hélicoptère et camions militaires – ouvrant la porte aux manipulations et du même coup, aux contestations.
 
Comment se présente le scrutin de ce samedi 25 avril 2015 ? Selon nos sources, la fraude qui se prépare s’avère toujours aussi subtile. Elle n’empêche pas la plus grande incertitude de régner, contraignant le pouvoir à préparer des « plans B », voire C et D. Plus rien n’est sûr, depuis que la rue de Ouagadougou, au Burkina Faso, a chassé en octobre 2014 Blaise Compaoré du pouvoir.
 
Ce président sortant voulait retoucher la Constitution pour mieux rester en place, après 27 ans de règne. Du coup, la peur n’est plus dans un seul camp au Togo. Elle est désormais largement partagée par le pouvoir, qui redoute un effet domino en provenance du Burkina Faso.
 
Polémique autour d’un logiciel de centralisation des résultats
 
Cette fois-ci, un expert franco-béninois, Clément Anagahi, aurait été recruté par le ministre de l’administration territoriale togolais Gilbert Bawara pour développer un logiciel de centralisation électronique des résultats dénommé Success – provoquant déjà des contestations en amont du scrutin.
 
Le leader de l’opposition, Jean-Pierre Fabre, a dénoncé un système imposé par le régime à la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) sans l’aval de l’opposition, ce qui fait à ses yeux sortir le processus électoral de son cadre légal.
 
L’opposition se prépare à collecter tous les procès-verbaux signés dans les bureaux de vote, pour contester les résultats officiels susceptibles de ne pas correspondre à ces documents.
 
De leur côté, les autorités se préparent à prendre tout le monde de court en annonçant dans les heures qui suivront le scrutin des résultats qui ne seront que partiellement truqués.
 
Après le troisième mandat… un quatrième ?
 
Les scores donnés pour les villes, bien quadrillées par l’opposition, seront vraisemblablement fiables, tandis que ceux des campagnes (où se trouve environ le tiers des 3,5 millions d’électeurs du pays) seront faussés, selon des sources diplomatiques africaines qui anticipent sur l’éventualité d’un conflit post-électoral.
 
La différence devrait faire pencher la balance en faveur de Faure Gnassingbé, réélu en 2010 avec 65,10% des voix dans un contexte de fraude déjà dénoncée par l’opposition – et ce, dans l’indifférence de la communauté internationale.
 
Alors que les fonctionnaires sont en grève depuis février, le front social est en ébullition. La pression diplomatique s’intensifie : le président du Ghana voisin, Dramani Mahama, émissaire de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’est rendu à deux reprises en un mois à Lomé.
 
Un président jeune mais déjà « vieux » au pouvoir
 
Le fait que Faure Gnassingbé soit à 48 ans le plus jeune chef d’Etat de la sous-région, mais aussi le plus « vieux » au pouvoir, puisqu’il a déjà fait deux mandats, représente désormais une anomalie en Afrique de l’Ouest. D’autant plus que le Nigeria vient de se choisir un nouveau président…
 
Pour cette fois-ci, le Togo se passe de tout « tripatouillage constitutionnel » – la retouche de la loi fondamentale sera faite après la présidentielle, pour permettre à Faure Gnassingbé de rester, comme son père, ad vitam æternam au pouvoir.
 
Il a déjà indiqué qu’il souhaitait « remettre les compteurs à zéro » après ce scrutin, pour procéder à des réformes qui vont lui demander, estime-t-il, de rester encore au moins dix ans chef de l’Etat.
 
Une partie de l’opinion togolaise attend de la France et de l’Union européenne qu’elles fassent pression – comme ailleurs en Afrique – pour convaincre Faure Gnassingbé de sortir par la grande porte.
 
Ce président au vaste clan laissera-t-il une alternance démocratique se produire au Togo ? A Lomé, c’est un espoir auquel beaucoup s’accrochent encore.
 
source : rue89 nouvelobs
 

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Publié le 24 avril 2015 dans Envoyez cet article à un ami

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