Togo / Pied de nez au dialogue entamé : La provocation de l’autre Kadanga

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A la veille de l’ouverture du dialogue, le Comité préparatoire avec à sa tête Daniel Oséi, Ambassadeur du Ghana au Togo et porte-parole du Facilitateur, avait rendu public le règlement intérieur des pourparlers. Dans ce document de quatre pages, les sujets de discussions ont été également mentionnés. On évoque entre autres la mise en œuvre de façon prioritaire des mesures d’apaisement, le rétablissement de la Constitution de 1992, l’implication du rétablissement de la Constitution de 1992, la transition, l’organisation du référendum portant révision de la Constitution de 1992, le cadre du dialogue, la participation du gouvernement au dialogue, l’inclusivité du dialogue, les réformes constitutionnelles, les réformes électorales, l’Etat de droit et la situation humanitaire, le mécanisme de mise en œuvre et suivi des conclusions du dialogue.

A l’entame des travaux, le gouvernement et le parti au pouvoir avaient demandé la suspension des manifestations de l’opposition.

La Coalition des 14 partis politiques de l’opposition a exigé aussi l’arrêt du processus électoral en cours ainsi que la libération des personnes arrêtées lors des manifestations et celles détenues dans l’affaire des incendies.

Mais depuis le jeudi 1er mars, le Président de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) unilatérale Prof Kodjona Kadanga a procédé à la nomination de 38 présidents de Commission Electorale Locale Indépendante (CELI). Ces nominations ouvrent la voie aux opérations de révision des listes électorales dans la perspective de l’organisation d’un référendum, des élections législatives et éventuelles des locales pour cette année 2018.

La provocation de l’autre Kadanga

C’est en pleine crise politique que le gouvernement a lancé le processus de renouvellement de la CENI fin août 2017. L’opposition parlementaire qui a été rejointe par d’autres partis politiques a boudé ce processus. Malgré les dénonciations, le pouvoir a procédé unilatéralement à l’élection des membres de la CENI et fait semblant d’annoncer tête basse avec cette CENI bancale et incomplète.

La nomination du Prof Kadanga, frère du Général Abalo Kadanga, chef d’Etat-Major des Forces Armées Togolaise (FAT), à la tête de la CENI a fini par convaincre même les plus incrédules à mieux comprendre le projet de coup de force en préparation. Il se rapporte que tout est déjà concocté pour le couplage des locales et du référendum en juin prochain mais pour quel résultat ?

C’est une provocation de trop en pleine crise aiguë dans le pays. Le fichier électoral, la CENI caporalisée tout comme la Cour Constitutionnelle, ces questions devraient être abordées au niveau des réformes électorales figurant à l’ordre du jour du dialogue. La position du gouvernement est un véritable pied de nez aux discussions entamées le 19 février. Sensément, on peut se demander ce que Faure veut faire du Togo. Pays le plus endetté de la sousrégion et dont l’économie est totalement plombée par la crise politique sans précédent, un chef d’État responsable devait marquer un coup d’arrêt pour évaluer les risques que courent son pays. Un énième coup de force électoral ne ferait qu’empirer la situation critique actuelle du pays.

Par ailleurs, il ne serait pas surprenant de voir aussi la coalition des 14 reprendre les manifestations de rue avec toutes leurs conséquences. Il n’y a jamais de bénédiction pour le mal. Que Faure Gnassingbé et ses séides regardent un peu le visage tuméfié de ce petit rectangle de pays qui fait finalement honte à ses fils et filles qui ont encore le sens de l’honneur et de la dignité.
 
Kokou AGBEMEBIO
 
Le Correcteur
 

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