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Togo : Le tortionnaire en chef Yotroféï Massina fait la fête après sa nomination à la Direction de la Gendarmerie nationale. « Je suis prêt, Patron ! »

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Chef de file des tortionnaires, le Colonel Yotroféï Massina vient d’être promu à la tête de la gendarmerie nationale six mois avant l’élection présidentielle de mars 2015. Une promotion qui suscite consternation. Pour Faure Gnassingbé qui entend gagner coûte que coûte le scrutin, c’est une affectation stratégique quand on sait que c’est l’un des rares, avec Abalo Félix Kadanga, à faire face aux situations difficiles…
 
Pendant que l’Église catholique et les églises protestantes du Togo, à travers un mémo daté du 1er octobre dernier, appellent le chef de l’État à s’engager sur la voie des réformes, alors que le Pnud, Système des Nations Unies et l’Union européenne s’associent aux États-Unis pour s’indigner de la mauvaise foi du pouvoir de Lomé, malgré les réserves exprimées par les ambassades de l’Allemagne et de la France à Lomé, Faure Essozimna Gnassingbé minimise toutes les réactions et n’a de tête que pour son armée. Il vient de procéder à une sorte de remaniement militaire, dotant enfin l’ANR, Agence Nationale des Renseignement, d’un directeur de même que la Marine. Le moins attendu des nominations, celle de l’ex directeur général de l’ANR à la Direction de la gendarmerie. Si elle sonne comme un mauvais coup à la veille de l’élection présidentielle de 2015, c’est tout de même la stratégie de Faure, ressusciter les plus contestés pour narguer diplomates et opposants et surtout, « placer l’homme de la situation à la place qu’il faut » et dans le cas d’espèce, c’est bien du Colonel Yotroféï Massina qu’il s’agit.
 
Massina, la gendarmerie au secours de l’élection
 
Nous l’avions annoncé dans un vieil article, en juillet. Afrika Express était informé de ce que, dans la foulée du scrutin, Faure Gnassingbé procèdera à des ajustements au niveau de l’armée pour disposer des gens à qui il fait confiance.
 
Pour le chef de l’Etat, Félix Kadanga, actuel chef d’état-major général de l’Armée, proche de sa concubine, Ingrid Awadé, est le « plus stable« , car, dit-il en privé, « il sait où il va et son ambition est de servir« . C’est la raison pour laquelle, malgré la gestion maladroite par cet colonel de l’affaire Kpatcha Gnassingbé, il a été promu Général et placé à la tête de la grande muette.
 
Quant à Massina, Faure estime que, bien qu’il soit brouillon et brute, « il a une notion profonde du service« . En le recevant après son retour de formation du Maroc, il y a quelques mois, le président togolais le lui a fait savoir et l’a même autorisé à « diriger discrètement, en attendant, l’ANR », ce que nous avons dénoncé et qui lui a valu une brève traversée de désert. Une traversée qui ne durera pas. Il est depuis quelques jours le patron de la Gendarmerie nationale et s’en réjouit. Il a aussitôt fait avec ses amis les plus proches, « une petite fête » à cet effet, dans son domicile de Lomé, la capitale du Togo.
 
Plusieurs élections dont notamment celle de 2005 ont été source de violences au Togo où, à la suite de la mort de l’ex dictateur Gnassingbé Eyadema, un géant massacre ayant fait autour de 2000 morts. Depuis, chaque élection est source de tensions diverses et celle de 2015 d’autant plus que plusieurs zones de controverses entourent le scrutin. D’un côté, le chef de l’État sortant qui veut briguer, contre toute logique, un troisième mandat alors qu’il vient de boucler dix ans à la tête de l’État. Il a succédé à son feu Père, l’ex dictateur, dans la foulée de son décès au bout de scrutin qu’il qualifie lui-même « d‘épouvantable« . L’Accord Politique Global, APG et les diverses recommandations du CVJR, Commission Vérité Justice et Réconciliation chargée de faire la lumière sur les points d’ombre et de sang de l’histoire récente du Togo ont souhaité une avancée rapide des réformes pour prévenir un retour à la violence, mais le président togolais a préféré aller de son pas de maître en s’occupant plutôt de l’armée que des réformes.
 
La nomination de Massina Yotroféï à la tête de la gendarmerie est la preuve que rien n’avance, en tout cas pas dans la tête du président. Il sait sans doute que, compte tenu des tensions multiples, le scrutin sera émaillé de violences et pour faire face, il lui faut un homme « dur, têtu et obéissant », épithètes qu’il attribue volontiers à son « Colonel ». Lui seul pourra en clair, livrer le combat des représailles au cas où. Les dispositions sécuritaires ayant prévu que la gendarmerie porte assistance à la police en cas de « dépassement », le Colonel Massina aura du boulot pour 2015 quand on sait que des prémices de scrutin violent et irrégulier surgissent déjà ici et là. Le refus de négocier, l’opposition aux réformes, l’installation unilatérale de la Cour constitutionnelle (suprême modérateur de l’élection) et par ricochet de la CENI (organe en charge de l’organisation du scrutin), la colère de l’opposition, les indignations des chancelleries occidentales, le tout conjugué à des conjonctures économiques et sociales auxquelles le gouvernement a tout le mal du monde à faire face, tout porte à croire que le la prochaine élection ne sera pas de toute tranquillité. Massina devient, dans le dispositif de la victoire prochaine de Faure Gnassingbé, un pion de grande importance.
 
Colonel de l’armée togolaise, de la même ethnie que le chef de l’Etat, Massina Yotroféï a inventé des centaines de méthodes de tortures notamment dans l’affaire Kpatcha et bien d’autres, au point de faire l’objet d’un chapitre spécial lors de l’EPU, Examen Périodique Universel sur le Togo en 2013 à Genève. Officier sanguinaire et sans état d’âme, il a un penchant énorme pour la violence et sait gérer avec la « brutalité » nécessaire les situations difficiles. Plusieurs ambassades et le Haut-Commissariat des nations unies pour les Droits de l’Homme, le HCDH, se sont inquiétés de son retour clandestin à l’ANR et souhaitent qu’il soit mis à la touche. Son retour à la tête de la gendarmerie à la veille de l’élection présidentielle est tout sauf une bonne nouvelle. A l’ambassade de USA, on dit « ressentir cela comme une provocation » alors que les représentations diplomatiques de France et d’Allemagne ont juste de nouveaux ambassadeurs. Quel présage pour la présidentielle de 2015 ?
 
Source : [11/10/2014] Afrikaexpress
 

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Publié le 13 octobre 2014 dans Envoyez cet article à un ami

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