Togo/Réformes : Manifestations à Lome, Tsevie, Atakpame, Sokode, Aneho (Déclaration générale)

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DECLARATION

La crise politique qui mine le Togo depuis des décennies est née de la confiscation et de la conservation antidémocratique du pouvoir par le régime RPT/UNIR. Elle perdure à cause du refus de ce régime de mettre en œuvre les réformes susceptibles d’ouvrir la voie à une alternance démocratique.
 
Ainsi, les conclusions des nombreux dialogues et discussions, notamment, l’Accord-Cadre de Lomé de juillet 1999, l’Accord Politique Global (APG) d’août 2006, les 22 engagements souscrits par le gouvernement togolais auprès de l’Union Européenne à Bruxelles en avril 2004, les recommandations de la mission d’établissement des faits des Nations Unies d’août 2005, les recommandations des missions UE d’observation des élections en 2007, 2010 et 2013, les recommandations de la CVJR, etc., demeurent lettres mortes.
 
Aujourd’hui, cette crise est exacerbée non seulement par les graves dérives de gouvernance, perpétrées par ce régime, qui viole impunément la Constitution et les lois ainsi que les droits et libertés des citoyens, mais surtout du fait du rejet par les députés RPT/UNIR, le 30 juin 2014, du projet de loi de révision constitutionnelle introduit à l’Assemblée nationale par le gouvernement RPT/UNIR.
 
De plus, pour se maintenir à tout prix, ce pouvoir s’obstine, dans sa logique habituelle de coup de force électoral, à organiser unilatéralement les prochaines élections :
 

  • en faisant main basse sur la CENI officielle, transformée en boîte d’enregistrement de décisions prises ailleurs, de contrats signés à son insu et de livraisons de matériels qu’elle n’a pas commandés ;
  • en entretenant comme à chaque élection, une CENI officieuse pilotée par des personnages véreux, dont certains sont bannis des listes des consultants des institutions internationales pour manque de probité ;
  • en rejetant l’assistance électorale technique et financière de la communauté internationale et en refusant la mission d’observation électorale de l’Union Européenne.

 
Le climat sociopolitique créé et entretenu dans le pays ainsi que les conditions actuelles d’organisation et de gestion des institutions ne permettent donc pas la tenue d’élections crédibles et acceptables, pouvant contribuer à la résolution de la crise politique.
 
Une telle situation rend plus que jamais incontournable, l’adoption et la mise en œuvre des réformes institutionnelles, constitutionnelles et électorales nécessaires à des élections équitables, transparentes et démocratiques.
 
C’est dans ce sens que, pour répondre aux attentes des populations togolaises, des partis politiques de l’opposition viennent de réintroduire à l’Assemblée nationale, sous forme de proposition de loi, la question des réformes politiques prescrites par l’APG.
 
Il est inadmissible que face à une telle situation qui préoccupe la nation toute entière ainsi que la communauté internationale, le Chef de l’Etat se livre à la provocation en s’autorisant des propos en total déphasage avec les exigences d’une mise en œuvre urgente et diligente de ces réformes.
 
Nous dénonçons et condamnons fermement l’attitude radicale et l’immobilisme du gouvernement RPT/UNIR qui, au lieu d’honorer les nombreux engagements qu’il a pris en ce qui concerne les réformes politiques, ne trouve rien de mieux que d’organiser des contre-manifestations de soutien aux dérives du régime, en soudoyant à cet effet, des chefs traditionnels manipulés et des organisations alimentaires créées de toutes pièces.
 
Nous demandons au Chef de l’Etat Faure Gnassingbé, de prendre la juste mesure de la situation calamiteuse de notre pays aux plans politique, économique et social et d’engager le Togo sur la voie d’une véritable réconciliation nationale qui passe par l’adoption et à la mise en œuvre rapides des réformes constitutionnelles, institutionnelles et électorales.
 
Nous saluons la déclaration commune des églises Catholique, Evangélique Presbytérienne et Méthodiste au Togo en date du 1er octobre 2014, appelant les autorités togolaises à relancer le processus des réformes constitutionnelles et institutionnelles dans le pays, suite au rejet du projet de loi de révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale par les députés RPT/UNIR.
 
Nous saluons également la position de la France, clairement exprimée au 15ème sommet de l’OIF à Dakar par le Président François Hollande, qui affirme la disponibilité de son pays à apporter «tout le soutien nécessaire aux citoyens des pays dont on empêche l’alternance politique! »
 
Nous réitérons notre appel à la communauté internationale, notamment la France, l’Allemagne, les USA, les Nations Unies, l’Union Européenne, l’OIF, la CEDEAO, l’UEMOA et l’Union Africaine afin qu’elle use de son influence :
 
1)        pour amener les autorités togolaises à respecter leurs nombreux engagements en ce qui concerne l’adoption et la mise en œuvre des réformes politiques au Togo ;
 
2)        pour amener les autorités togolaises à accepter la mise en place d’une assistance électorale internationale technique et financière conséquente, dans la préparation, l’organisation et l’observation des prochaines élections au Togo.
 
Nous appelons enfin les populations togolaises à demeurer vigilantes et mobilisées pour répondre aux mots d’ordre.

 

Fait à Lomé, le 12 décembre 2014

 

Ont signé :

 

Pour CAP 2015                                   Pour la SYNERGIE DES ODDH

M. Jean-Pierre FABRE,                             Me Ata Messan Zeus AJAVON,

Pour la FTBC                                          Pour CLE

M. Ayao GBANDJOU                                 Me Yacoubou AGNINA

 

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