Trafic de jeunes filles/Filière libanaise : Véritable « enfer » pour des jeunes filles togolaises au Liban

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Le sujet fait couler beaucoup d’encre et de salive, au lendemain d’un communiqué rendu public par les responsables du Mouvement Martin Luther King, « la Voix des Sans Voix » (MMLK) : la situation des jeunes togolaises au Liban.

Dans une enquête publiée ce mercredi, le bimensuel Focus Infos est largement revenu sur ce sujet, avec des témoignages poignants de certaines filles qui ont « fui l’enfer » et celles qui sont toujours « coincées » au Liban, appelant les autorités togolaises et les organisations de défense des droits de l’homme au secours.

Selon le journal, plus de 1.500 togolaises travaillent dans des familles au Liban comme aide-ménagères et domestiques.

« Souvent âgées entre 16 et 30 ans, elles sont pour la plupart de jeunes diplômées, maîtrisant bien le français, à tenter l’aventure au pays des cèdres, attirées par la +disponibilité+ d’emplois prétendument bien payés. Ce sont des +agences+ dites de placement, dirigées par des Libanais, associés à des Togolais qui sont au début de la chaîne », écrit le journal.

Il s’agit d’une filière bien organisée, le réseau étant constitué de « recruteurs » exerçant pour le compte de ces agences, moyennant rémunération.

« Ces +recruteurs+ sont pour la plupart des pasteurs ou hommes d’églises, qui arrivent à convaincre des fidèles en grandes difficultés sociales ou au chômage, de tenter l’aventure libanaise, avec au bout des conditions dignes d’un cadre togolais. Parfois, des annonces d’emplois sont diffusées en circuits fermés au sein de la communauté libanaise installée au Togo pour pourvoir à la demande », révèle Focus Infos dans son dossier titré : « Trafic de jeunes filles togolaises : la filière libanaise / Enquête exclusive sur un circuit criminel rôdé ».

Le journal a décrit en détails, la manière dont les choses se déroulent, en piégeant l’un des recruteurs installé dans un quartier au centre ville.
« (…) Nous faisons passer une de nos collaboratrices pour une candidate tentée par le voyage au Liban », poursuit Focus Infos.

Ce recruteur a donné toutes les informations. Les filles versent la somme de 200.000 F.CFA, une fois que tout est fin prêt pour le départ. Selon lui, au Liban, l’employée de maison peut gagner entre 200 et 400 dollars américains (net) par mois. La famille d’accueil prend en charge tous les besoins notamment le logement, la restauration, l’habillement etc…

« Mais, une fois au Liban, les belles promesses s’envolent. Dès leur descente d’avion, les jeunes filles voient leur passeport et tous leurs papiers confisqués par les agents de la police de l’aéroport de Beyrouth. Elles sont ensuite conduites dans une pièce en compagnie de plusieurs autres filles de diverses nationalités, visiblement là pour les mêmes raisons. Puis, une à une, l’on vient les chercher pour les confier à leurs employeurs. Le passeport et autres documents d’identité sont remis aux employeurs, afin d’empêcher toute tentative de fuite. Ce sera la dernière fois qu’elles verront les lumières de la ville. Car, durant tout le reste de leur séjour, elles resteront cloîtrées entre les quatre murs de l’appartement de leurs employeurs », raconte le journal.

« C’est là que les jeunes filles se rendent compte trop tard qu’elles ont été tout simplement +vendues + comme des esclaves, surtout que le visa qui leur est accordé n’a qu’une durée de 3 mois maximum », précise Focus Infos.

Au fait, le système est bien huilé. Les futurs employeurs, par le biais d’agences de placement tenues par des libanais, financent le voyage de ces jeunes filles. La famille qui souhaiterait recevoir une travailleuse domestique verse 2.500 dollars à ces agences, en plus des frais de visa et de billet d’avion . Les 2.500 dollars sont ensuite répartis entre les collaborateurs togolais basés au Liban, les recruteurs au Togo et les responsables des agences de placements, dévoile le journal. FIN

En Photo : Des jeunes filles travailleuses manifestant à Beyrouth en avril 2012

Junior AUREL

 

Savoir News

 

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