Tribune Libre : Burkina Faso / Transition militaire, un moindre mal

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De George Washington, l’un des pères fondateurs de la nation américaine, qui était d’une manière ou d’une autre un militaire pour avoir fait la guerre, au capitaine Jerry John Rawlings, qui a joué un rôle important dans la stabilisation du Ghana en tant que jeune démocratie, en passant par Napoléon Bonaparte ou Charles De Gaulle en France, les responsables militaires dans les moments de difficultés particulières que rencontrent les Etats ou les Nations, ont toujours été déterminants dans la recherche des solutions appropriées.
Aujourd’hui le Burkina Faso est au coeur d’une crise pour avoir commencé et réussi une révolution, dont elle n’a pas prévu la suite. Il s’agit là d’une erreur stratégique grave, que l’histoire ne pardonne pas, et qui disqualifie tous ceux qui d’une manière ou d’une autre ont réclamé et obtenu le départ de Blaise Compaoré sans avoir pensé à la suite à lui donner. Est-il sage de compter sur des civils si impulsifs pour conduire la transition au Burkina Faso?
 
Certes, l’armée du Burkina Faso a été surprise par la tournure prise par les événements et n’a pas parlé d’une seule voix face à cette révolution. Mais aujourd’hui, parce qu’elle reste une armée soucieuse des intérêts de la Nation Burkinabé, elle a accordé ses violons et désigné unanimement le Colonel Isaac Zida pour conduire la transition. Il faut ici rendre hommage à cette armée pour avoir sauvé l’honneur de toutes les armées par cet accord sur la personne du Colonel Zida. Le Chef d’Etat Major le Général Traoré en tant qu’acteur ayant concédé ce rôle au Colonel Zida a fait preuve d’un grand sens de l’intérêt public, qu’il est nécessaire de saluer.
 
Maintenant, il faut faire le pari de confiance de croire que l’armée du Burkina Faso, à travers la personne du Colonel Zida est capable de gérer cette transition, pour remettre le pays sur les rails d’une véritable démocratie. Tout militaire visé sait que la force ne l’emporte jamais sur l’esprit quand il s’agit de construire dans la durée, selon les enseignements de Napoléon Bonaparte, ce grand familier de la force, qui diait par ailleurs qu’on peut tout faire avec des baïonnettes sauf s’asseoir dessus.
 
Dans le contexte actuel du Burkina Faso, on peut compter sur les baïonnettes pour rétablir l’ordre républicain au moins. C’est le choix le plus raisonnable, d’autant plus que l’on sait une chose: il est facile de se liguer contre quelqu’un comme les Burkinabé l’ont démontré en forçant Blaise Compaoré à démissionner, mais il est difficile de s’entendre au profit de quelqu’un, comme tout le monde a pu le voir depuis le départ de Blaise Compaoré avec des vainqueurs de la révolution qui n’avaient plus aucune idée sur celui qui allait encadrer la transition.
 
L’armée a balbutié, mais l’armée est parvenue avant toutes les forces à proposer une solution. La refuser serait une erreur grave, qui peut retarder le retour de l’ordre, voire plonger le Burkina Faso dans un horrible engrenage, dont il faut faire l’économie.
 

Dy GILID

 

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