Acharnement contre les opposants, cas Loïk Le Floch-Prigent Silence, Ahoomey-Zunu parle d’indépendance de la Justice togolaise!

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Interrogé sur la vague d’arrestations dans les rangs de l’opposition, et aussi sur le cas du Français Loïk Le Floch-Prigent en prison au Togo dans la scabreuse affaire d’escroquerie internationale, Ahoomey-Zunu (cité par RFI) a prétendu que la Justice togolaise est indépendante et que le gouvernement ne peut interférer dans les enquêtes judiciaires ouvertes dans les différentes affaires. Mais de quelle indépendance parle-t-il ?
D’abord dans l’affaire d’escroquerie, on se rappelle comment la Présidence de la République a été transformée en Palais de justice parallèle et les décisions prises et/ou influencées depuis là. Des journaux (dont L’Alternative) avaient récemment publié des échanges de correspondances entre le plaignant Abbas Al Yousef et ses avocats togolais, avec clairement mentions de la Présidence comme acteur incontournable dans les procédures. On retrouve notamment le nom d’un conseiller du Prince de la République, qui entre-temps était d’ailleurs cité dans des missions personnelles de Faure Gnassingbé vers le fameux Emirati.
Dans la même affaire, on sait aussi comment le président de la Cour suprême de l’époque, Abalo Petchelébia a été éjecté de son poste parce qu’on lui reprocherait d’avoir contribué à faire prendre à la Chambre judiciaire de la même Cour une décision de libération de Bertin Agba. Décision jusqu’ici non appliquée. Il n’est pas superflu de rappeler aussi la grande mutation qu’il y a récemment eu dans les rangs des magistrats pour, vraisemblablement, dégager ceux dont on n’est pas sûr des services dans cette affaire.
Parlant d’implication de l’Exécutif dans ce dossier, on ne peut non plus passer sous silence le scénario qui a permis l’extradition vers le Togo de Loïk Le Floch-Prigent. Il est vrai qu’un mandat d’arrêt international était délivré par le Togo, mais la Côte d’Ivoire a décidé finalement d’arrêter le Français en échange de l’arrestation (suivie de l’extradition du Togo) de l’ancien ministre de la Défense de Laurent Gbagbo qui était en exil à Lomé. Un échange de bons procédés hautement politique qui dépassait le cadre judiciaire, puisque les extraditions n’avaient respecté aucune procédure judiciaire en la matière.
Par ailleurs, on voit clairement des mains noires du pouvoir derrière les arrestations des opposants qu’on tente de présenter comme auteurs des incendies des deux marchés du Togo. Le mardi dernier, pendant que le directeur de l’enquête, le Procureur de la République annonçait la veille, que les enquêtes étaient toujours en cours, le gouvernement par le biais du ministre de la Sécurité a, lui, jugé utile de monter une bande de jeunes pour accuser devant les médias les acteurs de l’opposition, histoire de retourner le peuple contre cette dernière. Rapidement, les témoignages ont été démentis par des proches des fameux jeunes accusateurs ; ce qui naturellement prouve que la sortie du ministre de la Sécurité n’avait rien de judiciaire. Ce n’était qu’un show à relent politique, une manipulation du pouvoir.
C’est une tradition qui ne trompe plus personne. Chaque fois que le pouvoir est acculé, il se lance dans une compagne médiatico-diplomatique sur le plan international. C’est visiblement encore le cas avec le Premier ministre Arthème Ahoomey-Zunu qui, durant son séjour européen (comme lors de son séjour précédent), multiplie les rencontres et les sorties médiatiques pour peindre une image paradisiaque du régime. Seulement avec les moyens de communication modernes, impossible désormais de tromper le monde. Et au Togo c’est si gros, comme le nez au milieu de la figure, que la Justice togolaise est un outil au service du clan au pouvoir pour régler des comptes à des indésirables.
Au demeurant, comme c’est Ahoomey-Zunu qui le dit, le jour où il connaîtra des déboires comme Eugène Koffi Adoboli, on lui rappellera qu’il avait dit que « la Justice est indépendante ».


Mensah K.


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