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Affaire des deux présumés braqueurs abattus par la Police : Les corps envoyés à la morgue de Tsévié en état de décomposition

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Le corps d'un des présumés braqueurs ici à la morgue de Tsévié
Le corps d’un des présumés braqueurs ici à la morgue de Tsévié

. Odeur pestilentielle dégagée, nuée de mouches…

Les corps des présumés braqueurs abattus par le Groupement d’intervention de la Police nationale (GIPN) dans la nuit du 27 au 28 juillet 2019 sont arrivés à la morgue de Tsévié en fin de semaine dernière. Seulement, ils étaient dans un état de décomposition du fait de leur mauvaise conservation par la Police. Ils dégageaient une odeur pestilentielle et attiraient une nuée de mouches.

En attendant la fin des enquêtes sur les circonstances du décès des présumés braqueurs abattus par le Groupement d’intervention de la Police nationale (GIPN), des informations relatives à leurs dépouilles nous sont parvenues. De sources sûres, les corps des deux victimes sont désormais conservés à la morgue de Tsévié. Ils y ont été déposés en fin de semaine dernière.

Malheureusement, la présence des deux des corps a alerté les environs de la morgue. Et pour cause, une odeur pestilentielle a envahi les lieux à l’arrivée des dépouilles. Selon les informations, les deux corps étaient en état de décomposition quand ils ont été envoyés pour conservation à la morgue de Tsévié. « Quand ils ont apporté les morts, ils étaient dans un état tel que tout le monde a compris qu’ils étaient morts il y a longtemps, mais qu’ils n’avaient pas reçu les soins nécessaires pour rester intacts. L’état d’un des corps est plus déplorable que l’autre parce qu’il émettait une odeur qui a envahi la morgue. Dès que vous approchez des lieux, l’odeur vous prend à la gorge. Tous ceux qui étaient là ne faisaient que cracher. Ce qui rendait la scène insupportable, c’est qu’il y avait également plein de mouches tout autour du corps. Il en était couvert de partout », décrit la source.

Nous savons que la morgue du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sylvanus Olympio n’était pas encore rouverte le jour du décès des présumés braqueurs, mais l’état dans lequel se retrouvent les corps à leur débarquement à la morgue de Tsévié pose problème. Pourquoi les corps se sont-ils décomposés aussi vite ? Comment les victimes ont-elles été conservées après avoir été abattues loin de leur domicile ?

A en croire nos sources, les dépouilles de Dékpo et Sémékonawo (les deux présumés braqueurs) auraient été conservés dans des sacs plastiques. « Quand la Police a envoyé les corps, ils étaient dans des sacs plastiques. Et vu leur état, on peut conclure aisément qu’ils ont été mal conservés et mis dans des sacs plastiques avant d’être envoyés à la morgue », rapporte une source qui rappelle que les familles des victimes ont effectué des démarches vers la morgue de Tsévié pour voir les corps, en vain. Ils n’y étaient pas.

L’autre question qu’on est en droit de poser est de savoir pourquoi les corps n’ont pas été envoyés à la morgue à temps. Pour les besoins des enquêtes, diront certains. Mais ce qu’il faut relever, et c’est très important, c’est que l’enjeu dans cette affaire n’est pas de savoir comment les deux présumés braqueurs sont morts. La Police a déjà apporté la réponse en affirmant que Dékpo et Semékonawo ont été abattus par le GIPN. La question est de savoir si les victimes ont été bel et bien arrêtées à leur domicile par la Police, comme l’ont martelé leurs proches. Rien ne semble donc justifier le fait pour les forces de l’ordre de retenir les corps aussi longtemps à leur niveau. Sauf si cela cache des desseins inavoués.

Faut-il le rappeler, dans la nuit du 27 au 28 juillet 2019, le GIPN a abattu deux personnes présentées comme des braqueurs qui auraient été filés depuis plusieurs jours. Cette version est démontée par les familles des deux victimes qui ont révélé que les deux jeunes ont été arrêtés à leur domicile par la Police avant leur exécution.

La Cellule d’investigation interne de la Police nationale dit avoir ouvert une enquête, de même que la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH). Nous croisons les doigts pour que ces enquêtes fassent la lumière sur cette affaire.   

G.A.

source : Liberté

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