CDPA : Les actes posés par le gouvernement sont aux antipodes des aspirations du peuple

 

Communiqué : Depuis quelques mois, contrairement aux apparences, la situation sociopolitique dans notre pays ne cesse de se dégrader, compromettant gravement la réconciliation tant attendue par le peuple togolais. Au lendemain de la formation du gouvernement RPT-UFC, la CDPA a fortement souligné ses préoccupations, à savoir : « ce gouvernement, pour marquer l’histoire, devrait être celui des réformes pour plus d’équité politique, en même temps qu’il devrait promouvoir une plus grande équité économique et sociale. » Contrairement aux promesses faites lors de la constitution de ce gouvernement, les actes posés jusqu’à ce jour sont aux antipodes des aspirations des Togolaises et Togolais.
– la loi portant sur la liberté de réunion et de manifestation sur la voie publique ou dans les lieux publics a été votée sans une concertation sincère des parties prenantes et dans un climat politique délétère ;
– fort d’un quorum réuni dans des conditions acrobatiques, le pouvoir (RPT – UFC) s’organise au niveau de l’Assemblée Nationale pour modifier la constitution en certains de ses articles, ignorant les recommandations de l’APG relatives aux réformes constitutionnelles et institutionnelles.
Alors que le Chef de l’État avait annoncé un dialogue, comment comprendre que le pouvoir se décide subitement à modifier en cati mini la constitution sans prendre en compte les préoccupations fondamentales du peuple togolais à savoir, le rétablissement de la Constitution originelle de 1992 votée par referendum, entre autres, la limitation du nombre de mandats du Président de la République, la restauration des deux tours des scrutins présidentiel et législatif etc.?
Le ‘toilettage’ de la Constitution est en effet intervenu dans des conditions historiques qui n’ont échappé à personne. Ces conditions sont maintenant révolues et rien ne s’oppose plus à son ‘dé toilettage’. Ce sera là le vrai signal pour la réconciliation.
Sur le plan socioéconomique, la situation est tout aussi préoccupante. Des décisions sont hâtivement prises, sans prendre en compte le pouvoir d’achat des populations. Pour ne citer que les mesures prises ces derniers temps :
-augmentation du prix du courant électrique ;
-augmentation du prix des produits pétroliers ;
-répression des manifestations des étudiants et fermeture de l’Université de Lomé ;
-incapacité à apporter une réponse concrète aux revendications des hospitaliers etc.
– décision de suspendre l’allocation de départ à la retraite sans aucune consultation préalable ayant débouché sur un consensus, et alors même qu’aucune autre mesure permettant aux fonctionnaires admis à la retraite d’assurer la transition vers leur nouveau statut n’ait été prise.
– le démarrage simultané de plusieurs chantiers de travaux de réhabilitation de voies urbaines, planifié avec une précipitation indescriptible, sans être précédé d’une communication adéquate et efficiente à l’adresse des bénéficiaires potentiels, est actuellement source de cauchemars pour de nombreux concitoyens.
Et, n’est-on pas fondé à établir une relation entre ces travaux et l’ampleur des inondations à Lomé dès les premières grandes pluies ?
La CDPA tient à souligner fortement la gravité de tous ces actes entre autres, et plus particulièrement de la situation que créerait la modification unilatérale de la constitution par le biais d’un quorum réuni dans les conditions acrobatiques que l’on sait.
Par ailleurs, nous sommes à un an des élections législatives et éventuellement des élections locales : à quand la révision de la liste électorale pour un fichier électoral fiable ? Quelle CENI ? Quel mode de scrutin ? Quel découpage électoral, surtout si l’on sait que de nouvelles préfectures ont été créées et le recensement des populations a eu lieu ? S’agissant des locales, entre autres questions, à quand la détermination des ressorts territoriaux et du poids démographique des différentes entités locales (commune, préfecture, région)?
En tout état de cause, si ces élections devaient encore se jouer avant la date du scrutin, les conséquences risquent d’être désastreuses pour notre pays. Avant qu’il ne soit trop tard, le pouvoir doit comprendre qu’on ne peut s’opposer indéfiniment et impunément aux aspirations de son peuple.
La CDPA considère que dans les circonstances actuelles, les partis politiques d’opposition et la société civile ont l’impérieux devoir de se mobiliser pour faire échec à tous actes de nature à prolonger la crise sociopolitique dans notre pays et à retarder la possibilité de l’Alternance au Togo. La CDPA est convaincue que c’est ensemble que nous vaincrons.
Fait à Lomé, le 13 juin 2011
Le Secrétaire Général
Pr. Léopold M. Gnininvi.

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