Les conditions de Jean-Pierre Fabre à Houngbo



Le leader de l’Alliance Nationale pour le changement (ANC, opposition), Jean-Pierre Fabre a réagi mercredi à l’invitation du premier ministre Gilbert Houngbo, conviant son parti aux discussions relatives au code et au découpage électoral.
Fabre trouve peu orthodoxe les conditions dans lesquelles la réunion a été convoquée par le premier ministre et affirme que « cette précipitation du gouvernement à vouloir faire des réformes » n’augure rien de potable.
«Nous ne sommes plus en mesure d’accompagner le RPT dans sa stratégie de confusion, de précipitation qui fait que tout se fait dans le désordre », a-t-il averti.
Afreepress : Pourquoi l’ANC a boycotté l’invitation de Houngbo ?
Jean-Pierre Fabre : D’abord, il faut d’abord voir les conditions dans lesquelles cette réunion a été convoquée. Elle a été convoquée dans la précipitation. J’ai reçu un coup de téléphone du Premier Ministre le samedi dans l’après-midi et il a invité l’ANC à cette réunion et je lui ai dit que nous ne devons pas discuter de deux problèmes, le code électoral et le découpage électoral.
Nous avons toujours dit qu’on doit discuter de tous les problèmes relatifs au cadre électoral, tous les problèmes qui concernent les réformes politiques que sont les réformes institutionnelles et constitutionnelles.
Si aujourd’hui le gouvernement veut faire des réformes dans la précipitation, ce n’est pas notre problème, c’est le problème du gouvernement. Nous ne sommes pas là pour régler leurs problèmes. Ils ont eu cinq ans pour s’atteler aux réformes, ils ne l’ont pas fait. Aujourd’hui, ils veulent nous chevaucher, nous ne sommes pas d’accord. C’est le premier point.
Le deuxième point évidemment concerne la révocation des députés ANC de l’Assemblée Nationale. Nous avons posé un préalable et dans l’attente de la deuxième décision de la Cour d’appel d’Abuja, nous avons accepté de discuter et cette décision confirme la première et le chef de l’Etat à qui notre avocat a écrit, garde le silence.
Le Premier Ministre me dit que nous avons été déboutés. Face à des actes manifestes d’autant de mauvaise foi, je crois que les discussions ne sont pas possibles. Mais quand ils reviendront à de meilleurs sentiments, nous reviendrons. Mais, nous n’avons pas envie de perdre du temps. Vous savez, tous ceux qui se précipitent d’aller à des élections, en tout cas, ceux qui répondent favorablement aux discussions, savent très bien les scores qu’ils font à ces élections. Donc ils peuvent se précipiter d’aller à ces élections et d’accepter des invitations formulées dans la précipitation, ça ne nous intéresse pas.
Si le préalable des neuf députés est réglé, nous examinerons la possibilité de nous présenter si on nous dit que les discussions concerneront les réformes politiques, toutes les réformes politiques. L’argument du juge institutionnel ne tient même plus déjà à partir du moment où il a été introduit dans la constitution la disposition selon laquelle l’Assemblée Nationale reste en place jusqu’à la mise en place d’une nouvelle assemblée. Donc, nous ne sommes plus en mesure d’accompagner le RPT dans sa stratégie de confusion, de précipitation qui fait que tout se fait dans le désordre.
Afreepress : Que comptez-vous faire dans la mesure où les débats se poursuivent à la primature ?
Jean-Pierre Fabre : C’est le peuple qui impose la manière dont il souhaite qu’il soit traité.
Si le peuple togolais veut que le pouvoir en place se conforme à la loi, c’est le peuple. Il lui revient de se lever comme un seul homme et de dire « ça suffit la manière dont vous me traitez ».
Pour moi, c’est très simple, tout dépend du peuple et c’est pour ça que nous appelons le peuple togolais à la mobilisation pour arracher les bonnes conditions des élections pour que le pouvoir respecte le peuple.
Tout le peuple togolais a son destin en main, il lui revient de se lever pour dire nous ne voulons plus des élections qui débouchent sur la fraude électorale et nous voulons choisir nos propres dirigeants, c’est un droit de l’homme, le droit de se choisir les dirigeants.
A partir de ce moment-là, tout dépend du peuple et moi je compte énormément sur le peuple togolais pour qu’il se lève comme un seul homme et dire non. Je sais que le peuple l’a toujours fait. Nous allons nous adosser à la mobilisation populaire pour arracher le pouvoir.
Afreepress/Victoire FM.