TOGO : Second acte manqué dans le complot pour « boucler » Pascal Bodjona



Après une première tentative dans la soirée de vendredi, pour déposer l’ancien Ministre de l’Administration territoriale à la prison civile de Lomé, une seconde a été démontée de justesse par Pascal Bodjona et ses conseils, dans la journée du lundi 13 Août 2012.
Comme Koaci-Lomé l’annonçait, Pascal Bodjona a été de nouveau convoqué le lundi 23 Août 2012. En effet, suite à la tentative manquée du vendredi 10 Août, le juge d’Instruction Kélouwani Mataké du 4ème Cabinet d’Instruction du Tribunal de Première Instance de Lomé, lui a adressé dans la journée du lundi 13 Août, une convocation à comparaître dans la même journée à 17 heures.
Rappelons que le même magistrat mis sous pression par le Garde des Sceaux pour inculper Pascal Bodjona, alors convoqué au titre de témoin, avait craqué et déchiré la feuille d’inculpation, vendredi 10 Août 2012, à l’issue d’une audition houleuse. Mais dans la soirée du dimanche 12 Août, il a été instruit lors d’une réunion, de revenir à la charge. La pression mise par le Garde des Sceaux, Ministre de la Justice Me Tchitchao Thalim et les « Sécurocrates » était tellement si forte que le magistrat n’a eu d’autre choix que de s’exécuter.
Or, déjà dans la matinée du lundi, l’ancien Ministre d’Etat, Pascal Bodjona, a pris soin d’adresser au Greffier du 4ème Cabinet d’Instruction, une lettre portant « Appel de la décision d’audition du 10 Août 2012 ». Juriste de formation, l’ancien ministre entendait ainsi relever appel de la décision du juge chargé du 4ème Cabinet d’Instruction « qui a cru devoir l’auditionner dans la soirée du vendredi 10 Août 2012 en qualité de témoin dans l’affaire opposant le Ministère Public au Sieur Agba Sow Bertin et autres ».
Le « Ministre Grand Format » fait valoir que son audition a été effectuée en violation « flagrante » de l’arrêt N°48/ rendu le 20 juin 2012 par la Cour Suprême dans la même affaire. Ladite décision en application de l’article 422, alinéa 2 et 3 du Code de procédure pénale, donne compétence exclusive au Président de la Cour d’Appel de Lomé, à l’effet d’auditionner une personnalité « en qualité de Ministre ».
L’ancien Ministre d’Etat conclut donc à l’annulation du procès-verbal de l’audition du 10 Août 2012, pour « irrégularité ».
Par ailleurs, Pascal Bodjona relève dans sa lettre, qu’avant même son audition, alors qu’il avait prêté serment conformément aux dispositions de l’article 84 du Code de procédure pénale, ce qui signifie qu’il « n’existe contre lui des indices graves et concordantes de culpabilité », le juge avait arrêté de l’inculper. Cet appel devrait avoir pour conséquence une saisine de la Chambre d’accusation de la Cour d’Appel, pour être statué.
C’est donc logiquement, que l’ancien Ministre d’Etat, a dès réception de la convocation du juge Kélouwanou Wataké, adressé le lundi 13 Août 2012, une lettre à ce dernier pour lui faire les observations ci-après :
1) – Dans la matinée, avant 08 heures, vous avez personnellement accusé réception de mon acte d’appel qui vous dessaisit momentanément du dossier.
Il va sans dire que le dossier doit être transmis à la Chambre d’Accusation pour que cette dernière se prononce sur les mérites de mon appel dans tous ses contours.
2) – Même dans l’hypothèse d’école où vous n’auriez pas été dessaisi du dossier, vous ne sauriez me faire délaisser à 11H35 un ordre de convocation à comparaître le même jour à 17 heures en violation des dispositions légales.
Ainsi donc, Pascal Bodjona ne fera pas le déplacement du palais de justice pour son audition. Au contraire, son domicile a été envahi par ses sympathisants attendant une éventuelle descente des « Séurocrates », qui lui reproche d’avoir manœuvré pour les mettre à nu, dans l’affaire de torture exercée sur des détenus dans les locaux de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR). Pendant ce temps, les agents de l’administration pénitentiaire réquisitionnés pour accueillir le Ministre Bodjona, ont attendu en vain.
Tout porte à croire qu’on est bien loin de l’issue de ce nouveau feuilleton qui s’écrit sur fond de mesquinerie au sommet de l’Etat.
koaci.com