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Agadazi, Gnofam, Lorenzo, Sessenou, ces ministres à scandales qui partent en toute impunité

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Ils étaient les symboles de la corruption, des détournements, du pillage, du bradage du patrimoine foncier de l’Etat dans le gouvernement Faure-Klassou. Décriés, ils avaient survecu toujours aux différents remaniements. Cette fois-ci, ils ne se retrouvent ni sur la première, ni la seconde, ni la dernière liste du gouvernement rendu public en fin de semaine. Peut-être ils sont été oubliés dans le cafouillage ou la précipitation. Ils ont pour noms Ouro-Koura Agadazi, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche ; Ninsao Gnofam, ministre des Infrastructures et des Transports ; Guy Madje Lorenzo, ministre de la Communication, de la Culture, des Sports et de la Formation civique ; et enfin Fiatuwoo Sessenou, ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Cadre de vie.

Ninsao Gnofam, c’est le chef de file des magouilleurs au sein du gouvernement. Il a collectionné les scandales sur l’ensemble des projets. L’ancien guichetier de la BTD est devenu en quelques années, grâce à la corruption, au vol, aux détournements, l’un des crésus de la place, multipliant les résidences, les voitures de luxe, les comptes bancaires, etc. Il est à lui seul le symbole de la corruption sous Faure Gnassingbé, mais aussi de l’impunité. Suffisant, arrogant, imbu de sa personne, il n’hésitait pas à déclarer à qui voulait l’entendre qu’il n’était pas le seul à prendre les sous sur les projets. Les scandales dans le domaine des infrastructures sous le ministre Ninsao Gnofam sont à la pelle. Le plus retentissant se trouve être la route Lomé-Vogan-Anfoin, avec la disparition de 26 milliards de FCFA. Le plus grand scandale jamais connu au Togo.

Cette bagatelle débloquée pour bitumer le tronçon susmentionné a pris une destination inconnue. Interpellé à l’Assemblée nationale ,il a déclaré sans scrupules et devant les députés que l’entreprise chargée d’exécuter le projet, CECO BTP a utilisé une partie des fonds pour s’équiper. Un argument tiré par les cheveux qui n’a convaincu personne. Au lieu de justifier la vraie destination des fonds lui et son collège de l’Economie et des Finances d’alors, Adji Otèth Ayassor se sont permis de poursuivre les Directeurs de publication de ‘’Liberté’’ Zeus Aziadouvo, Abi Alfa du journal le ‘’Rendez-vous’’ devant les tribunaux. Malgré la mobilisation de l’opinion, des associations de consommateurs, ce scandale a été passé pour pertes et profits. Ce tronçon est aujourd’hui repris par les Chinois sur la base d’un nouveau prêt.

Il en est de même pour la construction des contournements d’Aledjo et de Bafilo. Ces routes réalisées à plus de 17 milliards n’ont pas résisté à la circulation dès l’ouverture. Ces deux tronçons ont été décapés et repris à deux reprises. Bien évidemment, personne n’a été inquiété dans ce scandale. Les fonds, un prêt chinois sont passés du simple au double remboursable par les contribuables togolais sur 20 ans voire plus. Le Boulevard des armées du Camp RIT-Collègue protestant est également un autre scandale au cœur de la ville de Lomé, toujours sous Ninsao Gnofam qui apparait comme l’un des plus grands prévaricateurs de la République. Là aussi, la colère des riverains et des usagers n’a rien changé. Cette route est toujours à l’abandon depuis 3 ans et l’entreprise chargée d’éxécuter les travaux, CECO-BTP est portée disparue. Tout comme dans le cas de la route Lomé-Vogan-Anfoin, interpellé à l’Assemblée Nationale sur le cas du Boulevard des armées, Ninsao Gnofam, en bon filou, s’est contenté de servir des balivernes aux députés avant de déclarer que les travaux seront confiés à une nouvelle entreprise. Depuis, ce tronçon est à l’abandon, avec tous les désagréments causés aux usagers, surtout aux feux tricolores du quartier Gbadago.

Comment peut-on oublier de la liste le scandale de la construction de la nouvelle aérogare de Lomé où le coût est passé du simple au double ? De 75 milliards de francs CFA, le coût est passé à 150 milliards alors que certains aspects du projet comme l’hôtel trois étoiles prévu ont disparu lors de la réalisation. Au Port Autonome de Lomé, il est également cité dans le dépiècement des secteurs juteux passés depuis dans les mains de mafieux sous le registre de privatisations obscures. Il faut toute une encyclopédie pour découvrir les dégâts de ce monsieur. Les entreprises chargées d’exécuter les travaux convoyaient ciment, gravier, fer, plus sur les nombreux chantiers de Ninsao Gnofam et ses copines dans la banlieue de Lomé. Après tous ces scandales, ce monsieur dont la place devrait être normalement derrière les barreaux quitte le gouvernement tranquillement comme si de rien n’était. Naturellement, il n’est pas le seul à détourner ces fonds. S’il bénéficie de l’impunité de ses supérieurs, cela signifie qu’ils ont pris aussi leur part du butin. Le cas Ninsao Gnofam apparait comme un vol en bande organisée.

Le second sur la liste dont les prouesses en matière de braquage des caisses de l’Etat ne sont pas loin du premier, c’est Guy Madjé Lorenzo. Il y a encore quelques mois, il jurait de porter plainte contre L’Alternative et le journaliste de Taxi Fm Eric Gato pour le grand dossier de la CAN que nous avons publié. Magouilleur hors pair, avide d’argent ,il a de ces méthodes qui lui permettent de mettre la main sur les fonds alloués à de grands évènements sportifs. Ce nom est collé aux 600 millions de la CAN Gabon 2017. L’enquête menée par L’Alternative sur la participation du Togo à cette CAN a revelé au monde entier le rôle scabreux joué par Guy Madjé Lorenzo dans la gestion des fonds. Surfacturation à haute dose, commande de matériels non adaptés (costumes, chaussures, ceinture, cravate, fanion, etc.). Président du comité de supervision, il n’a pas manqué d’idées pour mettre la main sur une partie des sous pour démarrer son chantier avec souterrain à Agoè. Chantier qu’il a d’ailleurs achevé depuis. Le scandale des 600 millions continue d’agiter l’opinion et de mettre en difficulté la Fédération Togolaise de football et l’ensemble des acteurs dans la mobilisation de nouveaux fonds. Plusieurs opérateurs économiques rechignent désormais à mettre de l’argent dans le football. Toujours en conflit avec la FTF, il voulait imposer sa part dans les différents contrats, notamment les équipements, la vente des matchs, etc.

Le refus des premiers responsables de la FTF de lui accorder ces dessous de table l’a poussé à bouder toutes les activités de la Fédération, préférant se rendre sur les terrains périphériques pour suivre les tournois petits poteau. Dans la perspective du math Togo-Gambie pour la qualification à la CAN 2019 au Cameroun récemment réattribuée à l’Egypte, le stade omnisports de Lomé n’était pas aux normes de la CAF. Il a été demandé des travaux urgents pour pouvoir abriter ce match. La présidence de la République a débloqué un fonds spécial pour les travaux. Et C’est Guy Madjé Lorenzo qui était chargé d’exécuter les travaux. Comme il fallait s’y attendre, une grande partie des sous a pris une autre destination. A la veille du match pour rassurer l’opinion, Guy Madjé Lorenzo débarque au stade avec camera et une horde de journalistes officiels. Devant les cameras il déclare à gorge déployé que les travaux sont exécutés, tout est aux normes et le stade est prêt pour accueillir ce match de la 4è journée. Il s’est même permis de jongler avec le ballon sur la pelouse. Mais le mensonge n’avait jamais une longueur d’avance sur la vérité, le jour du match, c’est-à-dire le lendemain, une petite pluie s’est invitée sur la capitale. Et le stade se transforma en une piscine, et le football en waterpolo, ceci devant tous les objectifs du monde entier. Les réseaux sociaux étaient envahis par des railleries sur le Togo. Lui aussi s’en est allé en toute impunité. Il pourra dépenser tranquillement les sous piqués dans les caisses de l’Etat, dans l’espoir d’être rappelé un jour et le cycle pourra continuer.

Le troisième, c’est le Colonel Ouro-Koura Agazi, le champion des projets. C’est le seul ministère qui rassemble plus de projets que tous les autres réunis. La liste est longue et se décline en sigle, les uns aussi bizarres que les autres: PASA, PADAT, PPAAO, PNPR, TIRSAL devenu MIFA, etc. Le Colonel Ouro-Koura Agadazi est né sous la bonne étoile, en tout sous la présidence de Faure Gnassingbé. Ministre et DG ANSAT ( Agence nationale pour la sécurité alimentaire au Togo), il est à la fois exécutant et contrôleur.

Devenu le plus grand vendeur de céréales au Togo, lui et son épouse ont mis en place un vaste réseau de vente de céréales qui convoient les produits jusqu’en Afrique centrale alors que les togolais de meurent de faim. Il ne cesse de venir devant les caméras pour raconter des histoires à dormir debout, du genre le Togo dégage des excédents alimentaires. Son caractère difficile mettait à rude épreuve la conduite des projets qui ont nécessité des rappels à l’ordre du FIDA. Le PNPR (Projet national pour la promotion de l’entrepreunariat rural) a fini par être détaché de ce ministère après plusieurs blocages. Dans le domaine de la commande et la vente des intrants, le Colonel Ouro-Koura Agadazi avait mis en place, avec l’appui d’une des maitresses de la République, une toile d’araignée qui leur permettait, lui et ses amis, d’avoir toujours les marchés. C’est sous lui que les Togolais ont connu le scandale des tilapias impropres à la consommation ( Tilapia gate) et un nouveau scandale en cours, le riz birman qui est actuellement sur nos côtes à bord du navire Ocean princess.

Le Colonel Ouro-Koura Agadazi a joué un rôle néfaste dans la répression des manifestations du PNP à Sokodé et Bafilo. C’est l’homme dont le régime s’est servi pour martyriser la ville de Sokodé. Il était le premier à coller au PNP le terme djihadiste. Dans les troubles connus dans cette ville, sa maison a dû partir en fumée. Il espérait certainement monter en grade, comme un Général, ou rester encore longtemps ministre; mais son ami Faure Gnassingbé qu’il a servi avec zèle et dévouement en contribuant à faire du mal à sa propre communauté, s’est débarrassé de lui comme une serviette.

Le dernier, c’est Fiatuwoo Sessenou, un obscur avocat inconnu du système judiciaire qui, du jour au lendemain, est parachuté au ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et du Cadre de vie. Au lieu d’améliorer le cadre de vie des Togolais, il était occupé à brader les réserves administratives, à créer des conflits fonciers sur l’ensemble du territoire, surtout dans la capitale et sa périphérie. Son nom est revenu dans plusieurs conflits fonciers à Davié, Gbenyédji, Agoè, Alinka, etc. Il était le plus grand démarcheur de terrain de son ministère. Les commissions sur les projets constituent son sport favori. La construction du 4e lac a mis en exergue ses méthodes de rançonnement des opérateurs économiques. Le projet controversé de logements sociaux implantés dans l’enceinte du lycée technique d’Adidogomé porte sa marque. Ses accointances avec le réseau de notaires véreux pour mettre la main sur le foncier ne sont plus à démontrer.

Un de ces derniers s’apprêtait à gratifier le sieur Fiatuwoo Sessenou d’une 4X4 neuve d’une valeur de 17 millions lorsque son nom a disparu de la liste du nouveau gouvernement. Ce geste ne peut qu’être le résultat d’un business réalisé ensemble. Sur le plan politique, le ministre Sessenou a semé la zizanie dans la préfecture de Wawa, opposant les uns aux autres, montant certains villages contre d’autres. Il espérait figurer sur la liste des futurs députés UNIR, son nom n’a finalement pas été retenu par son mentor Faure Gnassingbé.

Dans un pays où on prétend lutter contre la corruption, les dégâts créés par ces 4 messieurs suffisent à les déférer devant les tribunaux afin qu’ils répondent de leurs actes. Mais il ne se passera rien, absolument rien parce que la lutte contre la corruption au Togo se limite aux incantations et ne va pas aux actes. En plus, ces pilleurs sont assurés d’une impunité totale parce qu’ils ont opéré en bande organisée et un quelconque procès à leur encontre risque d’ouvrir la boite de Pandore et révéler à l’opinion leurs complices qui sont plus au sommet de l’Etat. Bienvenue dans la République des prévaricateurs où tout est permis, en toute impunité.
 
source : L’Alternative
 

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