Agbéyomé Kodjo, un exemple factuel

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Il est depuis trop longtemps traditionnel pour le spectateur occidental, de regarder les élections se déroulant sur le continent africain, comme autant de pièces de théâtre où l’opinion publique, pour le coup, est utilisée pour tout, sauf justement pour son opinion. Quant aux observateurs internationaux envoyés par les pays considérés comme faisant autorité en matière de démocratie et de droits de l’homme, quiconque observerait les particularités de leurs trajets allers retours entre l’aéroport et l’hôtel, pourrait légitimement se questionner quant à l’efficacité et l’authenticité de leurs observations. Quoi qu’il en soit, quand on constate le peu d’intérêt porté par les médias occidentaux aux élections africaines, peu d’intérêt qui pourrait se traduire par la formule : « un peu avant, plus rien après », on est en droit de se demander si sur cette partie de la planète, il existe vraiment des opposants, ou plutôt, de vrais opposants, à ces régimes et familles souvent en places depuis des décennies.

Pour corroborer ces quelques observations par le factuel, nous pouvons prendre le cas du Togo et de ses élections présidentielles de Février 2020, et ainsi apporter un peu d’une lumière méritée, sur la personne de Mr Agbéyomé Kodjo. Officiellement estampillé comme étant « le malheureux perdant » de ces dernières élections présidentielles, Agbéyomé Kodjo possède un parcours politique et professionnel pour lequel il n’est nul besoin d’être un enquêteur chevronné, pour arriver à la conclusion que quelque chose a certainement dû échapper aux observateurs internationaux, tant soit peu qu’il y en ait eu.

De plus, le constat d’une ferveur populaire vraie, seul critère des présidents véritablement élu, jure dramatiquement avec le déchainement judiciaire survenu dès le lendemain du scrutin.

Pour Agbéyomé Kodjo, qui a déjà été plusieurs fois Ministre, et Premier Ministre durant ces dernières décennies, le conflit avec le pouvoir en place n’est pas nouveau. Caractéristique digne des véritables réformateurs, cette propension à vouloir véritablement changer les choses lui aura même valu une période d’exil. Cependant, ce qui aura le plus atterré ce président potentiel lors de ces derniers mois, c’est justement ce « un peu avant, plus rien après » susmentionné au préalable, et constituant une récurrence dans le comportement des médias internationaux, quant au destin de ces justement « vrais opposants ». Tant et si bien que M. Agbéyomé Kodjo, en a été réduit durant ces dernières semaines, à éditer lui-même une vidéo sur YouTube, pour rassurer la population Togolaise, fervente et inquiète quant au sort de son candidat dont les médias locaux avaient annoncé le décès.

Alors pour faire court et en conclusion, il faudra soit continuer à regarder d’un œil distrait et comme un divertissement tout ce qui a trait aux péripéties électorales sur ce continent pourtant universellement reconnu comme étant un acteur majeur de la suite du monde, soit il faudra urgemment que les médias internationaux s’attèlent à mettre en lumière ces femmes et hommes véritablement soucieux de présenter une alternative à la dérive de leurs Nations. Agbéyomé Kodjo en fait partie.

Source : mediapart.fr

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