Agéyomé KODJO : « Je dis que la transhumance politique, amorale et immorale de Dahuku Péré a surpris plus d’un »

agbeyome_18mai2013
 
Beaucoup de togolais disent ne pas avoir été surpris par le retour de Dahuku Péré le président de l’alliance à son ancienne famille politique, le Rpt aujourd’hui Unir. Ces mêmes Togolais affirment que chasser le naturel il revient au galop ou encore que l’habitude étant une seconde nature, intéressée par la question, l’agence Afreepress a tendu le micro à AGBEYOME Kodjo, le président du parti politique Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire (OBUTS) qui donne son point de vue sur le sujet à travers cette interview
 
Afreepress : Dahuku Péré a rejoint aujourd’hui son ancien camp (le parti UNIR ex-RPT). AGBEYOME Kodjo ne tardera-t-il pas aussi à rejoindre son ancienne famille politique si l’occasion se présente ? .
 
Agbéyomé KODJO : Je crois que votre question relève de la provocation parce que moi je n’ai aucun contact avec le pouvoir en place. Vous savez que je suis leur bête noire. S’ils peuvent même procéder à un anéantissement physique de ma personne pour avoir échoué d’obtenir ma mort politique, ils le feraient. J’ai des convictions solidement ancrées. Il est vrai que je me suis battu aux côtés de Dahuku Péré pour obtenir des réformes pour notre pays au printemps 2002. Les choses n’ont pas évolué parce que l’immobilisme a été fortement ancré. Nous avons créé l’alliance ensemble avec Péré à ma sortie de prison de Kara, mais quand j’ai vu l’orientation qu’il voulait donner du moins à l’alliance, je me suis retiré. J’ai observé un temps de réflexion assez long avant de me décider à faire une offre politique aux Togolais sous la bannière de l’Organisation pour bâtir dans l’union un Togo solidaire, Obuts.
 
Je fais confiance à ma formation politique, je fais confiance aux hommes et aux femmes qui partagent les idéaux et les valeurs de cette formation politique, je suis aussi convaincu que l’alternance et le changement que nous souhaitons tous, qu’une large frange de la population togolaise désire, sera au rendez-vous et donc je n’ai pas à abandonner mes militants en tout cas en rade et rejoindre ce que j’ai voué aux orties hier. Péré, un garçon intelligent et responsable, il sait ce qu’il fait, mais si quelqu’un vous dit que je serai tenté par l’aventure de Péré, dites-lui qu’il connait très mal Agbéyomé KODJO.
 
Afreepress : En tant qu’ancien compagnon de lutte de Dahuku Péré, êtes-vous surpris par le choix de ce dernier à rejoindre ses anciens compagnons du parti au pouvoir qu’il a longtemps combattu lorsqu’il était opposant ?
 
Agbéyomé KODJO : Je suis fortement surpris parce que je connais la base idéologique sur laquelle Péré a fonctionné jusque-là. Je connais également les principes spirituels qui le guident. Ce n’est pas parce le RPT s’est mué à unir avec les mêmes pratiques et les mêmes méthodes qu’on peut dire que le Rpt ou l’unir a fondamentalement changé, mais il doit avoir ses propres raisons. Mais pour le moment, je considère que c’est une façon de trahir la lutte, de trahir ses convictions. Ce n’est pas moi qui l’ai dit. C’est lui-même qui a dit sur la place de changement que jusqu’à la dernière goutte de sang, il verserait pour le changement au Togo. Je ne sais pas si c’est dans Unir qu’il espérait ce changement, mais attendons de voir.
 
Mais moi qui suis puriste en terme de valeur et de principe, je considère que la cour constitutionnelle serait mieux inspirée en invalidant la candidature de Péré comme tête de liste à Blitta que d’invalider la candidature de Abi TCHESSA dans la Kozah pour la simple raison que nulle part nous n’avons entendue que Dahuku Péré ait donné sa démission de l’alliance. On ne peut pas être candidat d’une formation politique sans y être membre et la charte des partis politiques est assez claire. Nul ne peut appartenir à deux formations politiques à la fois. Je pense qu’avant le verdict de la cour constitutionnelle, la Ceni aurait dû observer cela et faire des observations utiles à l’adresse de l’impétrant.
 
Afreepress : L’aviez-vous connu transhumant politique ?
 
Agbéyomé KODJO : Je dis que la transhumance politique, amorale et immorale de Dahuku Péré a surpris plus d’un. Mais je dis la vraie réponse de cette mutation inédite et surprenante qui a jeté du discrédit sur l’ensemble de l’opposition y compris sur sa personne, la réponse se trouve dans le subconscient de Dahuku Péré.
Afreepress : Le départ de Dahuku Péré et sa mutation ne mettent-ils pas le peuple surtout les militants de l’opposition dans l’embarras et dans une profonde interrogation à trois semaines des élections législatives ?
 
Agbéyomé KODJO : Je crois quand même que le premier responsable de cette imposture politique ce que les presses ont décrit de mercato de l’année, je considère que c’est Faure Gnassingbé. C’est son parti. Comment un Chef d’État soucieux de la bonne gouvernance, soucieux de la moralité en politique peut encourager des funambules, des transfuges et qui ne sont pas en règle avec les lois de la République à porter le dossard de son parti à Blitta. Et donc moi, la confusion politique et le fait que l’opinion se trouve complètement désarçonnée par ce genre de transhumance politique de mauvais aloi et de mauvais goût, il n’est pas de nature de toutes les façons, à construire une démocratie respectueuse des valeurs, des principes et de la transition.
 
Afreepress : Dahuku Péré hier membre influent du RPT, entre temps opposant et aujourd’hui retourné au bercail, le même cycle sans cesse recommencé avec les défections enregistrées ça et là. Ce constat ne reflète-t-il pas le vrai visage de l’opposition togolaise ?
 
Agbéyomé KODJO : Je crois quand même que je m’aventurai en conjecture en affirmant du moins que la posture empruntée par Dahuku Péré est le reflet du caractère de l’opposition togolaise. On considère que Péré a ses propres problèmes, peut être en allant à unir, il trouverait la clé pour les résoudre, je pense que si nous pouvons avoir la meilleure explication, c’est à lui qu’il faut tendre le micro. Mais cela a secoué l’opinion et cela a amené l’opinion à se poser des questions sur les convictions de ceux et de celles qui aujourd’hui animent la vie politique notamment au niveau de l’opposition.
 
 

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