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Analyse scientifique du PND : Nathaniel Olympio ne voit pas Faure Gnassingbé faire de miracle après 15 ans

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Nathaniel Olympio, face aux journalistes ce 22 octobre 2019.

C’est un secret de Polichinelle. Le Plan national de développement (PND) présenté comme la recette miracle pour ouvrir la porte de la prospérité aux Togolais n’est en réalité qu’un outil de propagande pour permettre à Faure de capter un quatrième mandat. Ce programme étalé sur 2018-2022 et dont les communicants et autres propagandistes du régime cinquantenaire ventent le mérite-sans oublier que Faure Gnassingbé même le vend un peu partout dans le monde sans résultats probants- se révèle un château de carte construit dans le désert du Sahara par des architectes de l’ECHEC. C’est de manière caricaturale la position du Parti des Togolais. Après une analyse scientifique du document, Nathaniel Olympio prédit, avec éléments à l’appui, l’échec de ce nouveau plan à l’image des précédents.

Nathaniel Olympio ne croit pas au miracle avec le PND. Pour lui, ce plan subira le même sort que ceux que Faure et ses apparatchiks n’ont pas réussi à appliquer de manière efficience durant les trois précédents mandats. Il a notamment fait allusion, lors de sa présentation, au Document stratégique de réduction de la pauvreté (DSRP), version I, II ou C (2009 à 2011) ; à la Stratégie de Croissance Accélérée et de Promotion de l’Emploi SCAPE (2013-2017) etau  Programme d’Urgence de Développement Communautaire (PUDC)  (2016 ).

L’analyse produite par le Parti des Togolais se base sur des indicateurs précis. Il s’est d’abord appesanti sur le niveau de démocratisation du pays. Il ne fait l’ombre de doute que le Togo est régenté par un régime autoritaire qui ne favorise pas l’éclosion des principes démocratiques. Il est le dernier au sein de la CEDEAO en matière de démocratie. Le Parti des Togolais a également fait référence au rapport de 2018 sur le niveau de bonheur qui révèle que le Togo de Faure Gnassingbé occupe pratiquement la dernière place. Il en est de même pour l’Indice de Gini qui mesure l’écart entre les riches et les pauvres dans un pays, et de l’Indice de développement humain (IDH) qui a toujours mal classé le pays.Dans le PND, il est également évoqué la tenue régulière d’élections libres et transparentes pour sa réussite. « Prendre ce critère pour en faire une promotion de ce plan, c’est se rabaisser », ironise le président du Parti des Togolais.

Dans sa présentation, Nathaniel Olympio a fait mention de la dette publique. Pour lui, quand on prend par exemple un pays comme la Guinée qui a atteint le point d’achèvement de l’initiative Pays pauvres très endettés (PPTE) en décembre 2000, sa dette publique aujourd’hui, est de 38%. Mais le Togo qui a eu son PPTE 10 ans plus tard, c’est-à-dire en 2010, a une dette publique qui s’élève aujourd’hui à 76%. C’est dire que le pays de Faure Gnassingbé s’endette énormément, et endettement ne peut favoriser la réussite de ce plan.

Eu égard à ces indicateurs, il apparaît que « les facteurs de succès de tous les plans de développement élaborés par le gouvernement ne sont pas (et n’ont jamais été) réunis », a-t-il souligné.

Il a également passé au peigne fin les 9 points du PND qui mise en premier lieu sur la croissance du PIB. Sur la question, le Parti des Togolais rappelle qu’en 2012, le projet présidentiel TPIAC avait promis une croissance à deux chiffres en 2015. Une promesse qu’il n’a pas pu tenir, puisqu’en 2018, la croissance était toujours à 4,88%, un échec donc. Le gouvernement revient et promet, avec le PND, une croissance de 7,6% dans 5 ans. Cette promesse « est-elle crédible ? », se demande cette formation politique de l’opposition qui ajoute : « La croissance seule du PIB ne suffit pas pour lancer le développement. De plus, il faudrait une croissance à deux chiffres et qui soit inclusive ».

 « Il y a beaucoup de déclarations qui ne sont pas portées par une réalité économique, une réalité sociale. Quand on nous annonce 500 000 emplois à créer, dans le document, on n’a expliqué nulle part comment ces 500 000 emplois vont être créés. Le PND mise également beaucoup sur la croissance du PIB,mais je vous rappelle déjà qu’en 2012, lorsque le Chef de l’Etat lui-même a lancé le programme TPIAC, le gouvernement a promis au peuple togolais que la croissance du PIB va atteindre 2 chiffres en 2015, c’est-à-dire qu’on aura au moins 10 pour cent de croissance du PIB. En 2015, la croissance était à peine de 5, 74.  En 2018, nous n’avons que 4,88 pour cent du PIB et le gouvernement nous promet encore que dans les 5 ans à venir, la croissance va passer à 7, 6. En réalité, ils ne font que des promesses et n’atteignent jamais les objectifs », a déploré Nathaniel Olympio.

L’homme politique a également fait savoir que les grands secteurs qui sont indispensables à la participation du développement sont occultés de ce document. Il cite, entre autres, les secteurs du transport, de l’assainissement, d’éducation, de santé, de la protection sociale, de l’enseignement supérieur, de la recherche, du tourisme, de l’art et de la culture. « Donc au final, on voit que c’est un programme de campagne électorale simplement, ce n’est pas un document qui est de nature à apporter des solutions précises aux préoccupations des Togolais », renchérit Nathaniel Olympio.

Le gouvernement table aussi sur le secteur privé pour la réussite du PND. Or, il se fait que l’environnement socioéconomique ne favorise pas la concurrence qui puisse permettre au secteur privé de jouer ce rôle. Il faut donc que le pays s’inscrive dans une logique de concurrence entre pays de la sous-région pour attirer les investisseurs, puisque cette concurrence est très rude, aller au-delà du « doing business » et rendre le cadre des affaires confortable, stimulant tant pour les entrepreneurs nationaux qu’étrangers.

Au nom d’une certaine stabilité politique, le gouvernement invite les investisseurs au Togo. Mais pour le Parti des Togolais, c’est une « stabilité trompe l’œil » qui ne traduit que la résignation des populations togolaises. « Elle est non inclusive, car elle n’est pas construite par la volonté et la participation effective des citoyens. C’est une stabilité précaire qui ne procure pas la paix et ne stimule pas le développement », souligne Nathaniel Olympio. Pour lui, le Togo demeure une poudrière tant que les Togolais sont opprimés et qu’ils n’auront pas des opportunités pour s’épanouir.

Sur le plan financier, le PND a besoin de 4 622 milliards de FCFA pour sa mise en œuvre. Le gouvernement entend apporter 1 623 milliards de FCFA. Il compte sur le secteur privé pour trouver les 2 999 milliards de FCFA restants. La part du gouvernement représente 5,16 fois le budget de l’Etat. Pour cela, il a besoin d’un budget d’investissement de l’ordre de 405, 75 milliards de FCFA par an. L’investissement annuel actuel étant de 285 milliards de FCFA, il lui faut donc trouver 120, 75 milliards par an. Un bond de 42% par an. Ce qui n’est pas réaliste, selon le Parti des Togolais.

Le président du Parti des Togolais ne voit pas Faure Gnassingbé réaliser le miracle avec le PND après 15 ans d’échecs. Pour lui, il est hors de question pour le Prince de parler d’un 4ème mandat. « Quand on a passé 15 ans à faire tant de plans de développement et qu’au bout de la quinzième année, on fait encore un plan de développement, c’est que les 15 premières années ont été des échecs », a-t-il affirmé. « Quand vous avez 15 ans d’échecs de développement, pourquoi vous venez encore solliciter un 4ème mandat ? C’est une insulte à l’intelligence des Togolais. Parler de 4ème mandat pour le chef de l’Etat aujourd’hui est une aberration », a-t-il poursuivi.

S.A

source : Liberté

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