Annulation in extremis du voyage de Faure à Libreville: Panne dans le système ?

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Par Fraternité

Par voix officielle, le Président togolais, Faure Gnassingbé était annoncé à Libreville sur le lundi 13 juillet. Visite dite de travail et d’amitié en terre gabonaise au cours de laquelle, il devrait s’entretenir avec son homologue et hôte Ali Bongo. Mais patatras, ce voyage confirmé dans les deux palais est annulé à la dernière minute, sans raison aucune. D’où la question, pourquoi une telle volteface ?

Un voyage à risque Coronavirus…

Ainsi donc pour la troisième fois, après sa convalescence, Bongo fils devrait recevoir Gnassingbé fils.

Nonobstant les raisons officielles évoquées pour justifier les fréquentes liaisons entre Lomé et Libreville, l’énigme reste entier. Il l’est encore plus, surtout à une période où Ali Bongo jouit d’une santé fragile, au sortir d’un accident vasculaire cérébral (Avc) qui l’a sensiblement affaibli, courant novembre 2018. Est-ce donc pour des secrets d’État entre Princes, ce raffermissement apparent des liens entre deux rejetons de deux ex-Chefs d’État? Encore que les liens d’amitié entre les pères Omar et Eyadema, deux hommes au goût de règne infini, étaient un secret de polichinelle. Même l’on peut se faire des idées.

Toutefois, ce qui suscite intérêt et curiosité auprès de nombre d’observateurs, c’est justement le timing choisi par les deux «amis» pour cette dernière visite dite de travail. La réflexion est si pertinente en ce sens que les deux États ont procédé, jusqu’à nouvel ordre, à la fermeture de leurs frontières respectives. Ceci, dans le cadre d’une lutte efficace contre la maladie à Coronavirus (Covid-19) qui sévit depuis cinq mois déjà en Afrique.

Faure et délégation payeront-ils les 500.000 de mise en quarantaine?

C’est la question que se posaient jusque-là nombre d’observateurs togolais. Ceci, au lendemain de la décision, il y a quelques jours, de l’autorité de la mise en quarantaine forcée de tous ceux qui sortiront du pays pour une quelconque raison. Avec à la clé, l’ardoise de la prise en charge, estimée à 500.000 FCFA, entièrement à la charge des mis en causes.

Dès lors que la nouvelle disposition est entrée vigueur avec des citoyens déjà sous la rigueur de la loi, Faure et s délégation ne devraient pas se soustraire de cette nouvelle disposition qui s’impose à tous. Surtout au regard du risque plus élevé que l’on courait derrière ce voyage, des protocoles à l’aéroport à la Présidence en passant par l’Hôtel et les conditions du voyage retour jusqu’au pays.

L’on en était là quand ce voyage est annulé sans raison aucune. Pourtant, du côté du Libreville, tout aurait été mis en place pour un accueil des plus illustres pour l’invité avec bien sûr la communauté togolaise au Gabon qui était mobilisée au plus fort. Dès lors, se dessinent des hypothèses nourris.

Pourquoi cette volte-face?

Au-delà du mauvais casting fait du timing, les derniers développements de l’actualité sociopolitique ne sont pas à négliger. En effet, on se rappelle que la 10 mai dernier, la chaîne de télévision numérique Tempo Tv qui appuie la lutte pour l’alternance politique au Togo depuis les États-Unis a lancé une grande mobilisation en faveur de l’alternance au profit de la Dynamique Kpodzro et son candidat, Agbéyomé Kodzo. Deux mois après avoir réuni les fonds, elle a lancé depuis le 10 juillet dernier, 21 jours d’actions qui devront arriver à leur paroxysme le 31 juillet prochain. Et   le 1er août 2020 sera pour la célébration de la victoire du peuple. Date à laquelle Agbéyomé Kodzo devra récupérer sa victoire et exercer le pouvoir.

Même si cela paraît peu réaliste, qu’on annonce à une dictature cinquantenaire son jour de départ et par quel moyen encore, certains points semblent nourrir des interrogations devant motiver la volte-face du voyage de Libreville. Tout compte fait, personne à la place de Faure Gnassingbé qui a déjà bunkérisé les voies d’accès à son palais pendant qu’il se fait rare, n’oserait bouger de Lomé. Surtout avec une armée dont l’harmonie vacillée et lézardée depuis les mouvements d’août 2017 n’est plus au mieux. Malgré tout ce qu’on a fait pour garder l’homogénéité, le meurtre du Colonel Madjoulba, le  04 mai 2020, est venu tout mettre à nu. Dans la foulée, ce sont de curieux décès qui s’alignent depuis lors.

Quand dans ce décor vous avez la dynamique du prélat Kpodzro qui réclame à tue-tête la lumière sur le crime Madjoulba avec en cérise Kpodzro lui-même qui lors de sa dernière sortie affirme encore plus haut que son candidat savourera, sous peu sa victoire, il faut être assez fou pour laisser son fauteuil dans les mains des sécurocrates dont on ne peut plus miser aujourd’hui sur leur va-tout.

Et à ce titre, l’un des éléments majeurs a été l’option France qu’on a été obligée de prendre après deux (02) mois de nœud dans l’affaire Madjoulba au lieu de deux semaines annoncées précédemment. Même si on connaît les accointances incestueuses entre l’hexagone et le pouvoir de Lomé, cette option semble une porte d’aération, autrement une volonté de faire dire par le colon ce qu’on ne peut pas assumer soi-même vis-à-vis de sa famille. Ce n’est que l’expression de l’entièreté de l’intrigue.

Au regard de tous ces éléments, la volteface du voyage de Libreville peut-être bien comprise. Peut-être à tort. Est-il qu’il y a éléments à moudre.

FRATERNITE

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